‹ Manuel de l'educateur de vers a soieChapitre 33 sur 57 · D > EE · texte numérisé non relu

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Figure 38.

Ces rameaux doivent avoir une longueur de 0,55 à 0",60, afin de s'appuyer et de se recourber contre

la surface inférieure de la table supérieure (fig. 59).

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Figure 39.

Ils forment alors des espèces de berceaux dans lesquels les vers trouvent à se loger.

Quand une haie parait insuffisante pour garnir une place , on en met deux à côté l’une de l’autre.

Les haies peuvent être faites d’une autre manière. On prépare des tringles de bois plates, dont la longueur est égale à la largeur des tables. Sur une de ces tringles on étale des rameaux, de manière que leurs pieds dépassent la tringle de 4 à 5 centimètres.

Sur les rameaux on pose une seconde tringle correspondante à la premiére, et on les réunit toutes deux

242 VRINCIPES GÉNÉRAUX par des pointes qui les traversent ou par des liens quel-

conques (/g. 40).

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Figure 40.

Par ce procédé on obtient, comme par l’autre , des haies avec lesquelles on forme des berceaux sur les tables.

Pour les poser on écarte à la main les vers à soie et la litière qui se trouvent sur la ligne transversale qui doit recevoir le pied de la haie. On la place perpendiculairement, puis l’on arrange sa tête à droite et à gauche en forme de berceau (fig. 59).

Ce procédé peut séduire au premier abord. Il parait simple et expéditif; tout est préparé d'avance et peut ètre posé sans retard. Voiei les inconvénients les plus graves qu'il présente.

Les pieds des liaies reposent sur le filet; il devient dès lors impossible d'enlever celui-ci et la litière avec lui. Le dernier nettoiement se fera forcément à la main entre chaque haie ; ce travail sera long et désagréable.

Les haies seront verticales ; beaucoup de vers se laisseront tomber en y montant.

La confection de ce grand nombre de baguettes percées de trous et leur entretien oceasionnent une dé-

ET PROCÉDÉS. 215 pense assez considérable. Les haies formées entre deux iringles n'ont aucune solidité ; les pointes ou tout autre moyen d'attache qu'on aurait employé se relâchent promptement el la haie se défait. Si les haies sont bien varnies, elles deviennent très lourdes et d'un maniement difficile ; quand elles sont légères , elles sont insuffisantes : le ramage est maigre.

Enfin les haies constituent un matériel spécial d’encabanage qu'il faut préparer de longue main, entretenir el conserver.

Évidemment, si nous avons un procédé qui r’offre aucun de ces inconvénients, nous devons le préférer.

On trouvera dans l'emploi des balais, construits et posés avec intelligence , tous les avantages et aucun des inconvénients que nous avons signalés.

$ 4. Balais.

Quand l'éducation avancera, on fera préparer avec les rameaux quelconques qu'on aura à sa disposition des balais assez forts, dont le pied aura environ la grosseur du poignet, suivant que les tiges elles-mêmes seront plus ou moins grosses et suivant que les sommités seront plus ou moins volumineuses. On peut faire des balais avec toute espèce de rameaux, même ce qu'on appelle des broussailles.

Les balais doivent avoir à peu près le volume d'un gros plumeau d'appartement ou d’un balai d'écurie : ils auront en tout 50 à 60 centimètres de longueur.

Les balais seront formés avec une poignée de rameaux réunis par une ficelle placée à 45 centimètres environ de l'extrémité inférieure des tiges (fig. 44). Cette ficelle,

placée à cette hauteur et pas trop serrée, permettra

d'écarter en forme d’éventail le pied du balai, et par conséquent d’étaler aussi sa tête touffue (fig. AA).

Les extrémités inférieures des tiges seront coupées d'égale longueur d'un coup de hache.

Le ramage avec les balais n’exige pas d’autres préparalls, et l’on peut juger que la dépense se réduit à peu près à l'acquisition des rameaux.

Lorsque le moment de ramer est arrivé, deux personnes se placent aux deux côtés d’une table, en face l’une de l’autre. Elles relèvent une partie du filet, de manière à faire une place pour le pied du balai, le long des bordures. C'est sur cette partie libre de la toile qu’on place les pieds des balais, des deux côtés et en face les uns des autres ; ils reposent sur la traverse longitudinale qui porte la bordure de la table (fig. 50 et 91).

Les balais et surtout leurs têtes sont inclinés vers le centre de la table supérieure. Les têtes se joignent et se soutiennent mutuellement ; on les mêle, on les étale dans fous les sens, de manière à former sous la table

RE Ce nd 0 à à

ET PROCÉDÉS. 215 supérieure une épaisse voûte de branchages, ni trop serrée n1 trop claire. Au besoin, les cordes qui tendent les toiles servent à supporter les têtes des balais et à les disposer convenablement.

Les pieds des balais, étalés en forme d’éventails, garnissent en grande partie l’angle que forme la bordure des tables. A la hauteur des liens il reste un vide très large, pour passer la main qui distribuera les derniers repas.

Pour éviter que des vers courent sur les bordures, dans tout l'espace qui sépare deux poteaux, on fait passer par-dessus la bordure quelques brins des pieds des balais ; les vers rencontrent ces brins, les suivent et gagnent le sommet des balais. ;

Voilà donc des tables garnies sur leurs deux côtés de balais dont les pieds offrent de nombreuses échelles aux vers ; mais ces tables ayant 4",15 de large, il pourrait arriver qu un certain nombre de vers, qui ne se porteraient ni à droite ni à gauche et suivraient au contraire Ja table dans toute sa longueur, ne trouvassent pas assez tôt un moyen de faire leur ascension.

Pour remédier à cet inconvénient , qui tient à la largeur des tables, on formera au centre de celles-ci une petite hace claire, parallèle aux bordures. Elle se composera de quelques rameaux flexibles , fixés par le pied dans la voûte des cabanes et dont la tête trainera sur la litière. Ces rameaux seront tous inclinés dans le même sens ; 1ls seront placés à la main avec une grande rapidité (fig. 50 et 51).

Ils formeront une troisième ligne d’échelles, qui di-

visera la table en deux parties égales dans le sens de fa longueur.

© Les rameaux étant renversés, leurs tètes , qui traineront sur la litière, offriront aux vers de nombreux points d'appui pour s'élever dans la voûte rameuse formée par les balais.

Voilà tout ce qui repose sur le filet ; mais 1l est facile de comprendre qu'il n’en résulte aucun inconvénent.

Il ue restera plus qu'à s'assurer si aucun brin de rameau ne pend en dehors des tables. S'il en restait quelques-uns, les vers pourraient les suivre et, arrivés à leur extrémité, se laisser choir. Il faudra donc rentrer avec soin tous les brins qui pourraient dépasser, ou les couper avec de forts ciseaux.

Cette opération aura aussi pour résultat de supprimer une cause d'incendie.

Au bout de vingt-quatre à trente heures, presque tous les vers sont montés. On enlève à la main les retardataires ou burnous. Deux personnes se placent aux extrémités de la table; elles saisissent solidement les quatre coins du filet, que rien ne retient, le reploient sur lui-même, au centre de la table; puis l'une d'elles le tire dans le sens de linclinaison de la petite haie, avec la litière dont il est chargé.

La petite haie vient en partie avec le filet et reste en partie attachée aux cabanes. Comme on a eu soin de placer ces rameaux la tête en bas, les vers ne s’y sont point arrèlés, où du moins en si petit nombre qu'on peut les népliger.

Le filet, amené à l'extrémité de la table, est emporté avec la litière. Il reste un peu de celle-ci entre les pieds des balais; on l’enlève à la main. Les crottes sont ramassées sur la toile avec une carte.

Ainsi donc, par ce procédé aussi simple qu’économique, on aura ramé les vers à soie en satisfaisant à toutes les conditions que j'ai posées comme essentielles : les vers ont eu à monter sur des branchages inclinés; ils ont trouvé une couche épaisse de rameaux, à l'abri des courants d’air, dans laquelle ils ont fait peu de cocons doubles ; on leur a offert des échelles nombreuses et rapprochées qu'ils ont trouvées facilement ; /a litière a pu être enlevée d’un seul coup avec le filet. Le ramage a été exécuté au moment le plus favorable, et sans aucun retard ; il n’y a pas de vers courts. Les cabanes n’ont pas interceplé /a circulation de l'air, ni empèché la distribution des derniers repas. Enfin tous ces avantages ont été obtenus avec des balais grossiers, qui n'ont exigé aucuns préparatifs, qu'on a pu faire avec toute espèce de rameaux et mème de broussailles, et qui n’auront entrainé d’autre dépense que le faible prix de leur acquisition ou de leur ramassage.

Après l'éducation, ces balais sans valeur peuvent être brülés si leur conservation doit occasionner la moindre gène. Dans le cas contraire on les flambe, pour les débarrasser de la soie qui reste attachée aux rameaux, et on les entasse dans un grenier. L'année suivante on les retrouve en bon état; ils n’exigent ni soins pour leur conservalion, ni réparations.

Pour flamber les balais, on fait un feu clair avec de

la paille ou des copeaux, et l'on présente le balai à la flamme en écartant les rameaux pour que tous soient atteints. Si les balais sont formés de rameaux très fins dont une partie pourrait brûler au grand détriment des vers, on y remédie très facilement en exposant les balais à l’air humide de la nuit, avant de les flamber. Au besoin on les humecte avec un arrosoir quelques heures d'avance. Par ce procédé on peut flamber mème les rameaux délicats du colza.

On doit flamber les balais avant de les mettre en magasin, afin qu'ils perdent d’une saison à l'autre l'odeur de fumée qu'ils ont contractée.

$ 5. Ramage avec déplacement.

Dans les opérations qui viennent d’être décrites, les vers à soie n'ont pas été changés de place. Quelques personnes, et les Chinois surtout sont de cet avis, ont pensé qu’il y avait plus d'avantages à disposer séparément des rameaux et à transporter les vers mürs près d'eux.

On a donné le nom de coconnitres à ces appareils qui ont beaucoup varié dans leur forme ou dans la nature des matériaux qu’on a fait entrer dans leur composition. Il ne me paraît pas nécessaire d'entrer dans les détails que nécessiterait la description de ces appareils, parce qu'ils sont à peu près abandonnés et devaient l’être par deux raisons qui frappent tous les esprits :

4° Le ramage avec déplacement exige un local spécial en dehors de la magnanerie. En petit, cet incon-

EF PROCÉDÉS. 219 vénient peut paraître léger ; mais dans des éducations d’une certaine importance, il est insurmontable. Comment songer à augmenter de moitié l'étendue des hâtiments, uniquement pour établir des eoconnières ?

2° Le ramage avec déplacement exige la séparation des vers mürs de ceux qui mangent encore. Les premiers doivent être portés dans la coconnière , les autres rester sur les tables. Ce choix, quin’est pas impossible dans une éducation d’amateur, est impraticable dans une éducation industrielle. Vouloir l’opérer, c’est se donner une tâche immense et coûteuse. Transporter les vers en masse, quand la majorité est mûre, c'est sacrifier une grande quantité d'excellents vers qui ne demandaient qu'à manger encore quelques heures.

Enfin, attendre que tous les vers soient mürs pour procéder au transport, c’est s’exposer de gaielé de cœur à trouver un nombre considérable de vers courts.

Les coconnières sont condamnées sans retour.

$ 6. De quelques autres procédés de ramage.

Je dois avertir mes lecteurs qu'il a été proposé un très grand nombre de procédés de ramage, qui different plus ou moins de ceux que j'ai décrits. Je n'en dis rien, parce que ces procédés sont en général plus ingénieux que pratiques. Tous exigent des. appareils, des dispositions, des matériaux spéciaux. Comme on à pu en juger, le procédé que j'ai décrit se compose d'éléments qui sont sous la main de tout le monde; il n’exige absolument aucun apprêt. À quoi bon men-

tionner des choses qu'il me serait impossible de recommander et que les praticiens sérieux ont négligées ?

Je dois au contraire engager les éducateurs à ne pas se laisser aller au désir d'inventer aussi leur boisement. Après bien des essais ils reviendraient au point de départ, c'est-à-dire au procédé le plus simple, le plus économique et le plus prompt.

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