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igure 50.
Ces dispositions ont été prises d'avance. À mesure qu’on sépare les femelles, on les saisit délicatement par Jes ailes et on les pose sur le papier, à la distance de 5 à 6 centimètres dans lous les sens : il en tient vingt-cinq à trente sur une feuille de papier. Les femelles ne lar-
dent pas à pondre, et s'efforcent d'étaler leurs œufs; elles évitent autant qu’elles peuvent de les déposer par paquets.
Quelquefois elles courent et vont pondre derrière la feuille de papier ou sur son support. On doit y veiller et rapporter les papillons sur une place vide.
Quand une feuille de papier n’est pas assez garnie, on peut y placer de nouvelles femelles, ou les femelles du second jour recueillies sur d’autres papiers.
Le lendemain on réunit les femelles sur une nouvelle léuille de papier, mais en les rapprochant davantage. Le troisième jour, on les rejette, la ponte ne vaut pas la peine d’être recueillie,
On a recommandé de séparer la ponte du premier Jour de celle du second. Cette précaution est inutile.
La couleur du papier n’est pas moins indifférente.
Enfin il n’est nullement nécessaire d’obseurcir le lieu dans lequel on tient les femelles. Il suffit, comme je l'ai déjà dit, de les préserver, ainsi que les œufs, de l’action directe des rayons solaires.
On doit écrire sur un des coins, ou derrière Ja feuille de papier, le nom de la race dont elle recoit les œufs. Après la ponte on attache une petite étiquette portant la mêuie désignation. Cependant tout cela est inutilequand on n'a qu'une seule espèce de vers dans l'établissement.
$ 10. Conservation des œufs.
Quand les feuilles de papier sont suffisamment garnes d'œufs, on les metde côté, ou du moins on cesse d’y poser des papillons. Bientôt les œufs changent de couleur ; ils deviennent eris.
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On pourrait les peser dès ce moment ; mais il faudrait recommencer l’opération plus tard, quand la dessiccation qui a lieu avant le travail d'organisation du printemps est complète. Ce n’est donc qu'en octobre à peu près qu’il convient de peser les œufs pour s’assurer de la quantité dont on dispose.
Pour peser les œufs exactement on s'y prend de la manière suivante.
Avec une brosse on enlève la poussière qui s’est attachée au papier et aux œufs. Si la brosse enlevait trop d'œufs, on recueillerait ceux-ci pour les conserver à part; mais si le papier à été bien choisi les œufs y adhéreront fortement. Si, malgré toutes les précautions qu'on a prises, il se trouvait sur les feuilles des parties d'œufs jaunes, c'est-à-dire inféconds, on les enlèverait en les grattant avec un couteau. Du reste, ces œufs sont très légers et ne causeraient qu’une faible erreur dans le poids.
Quand les feuilles d'œufs sont bien propres, on les coupe en deux parties avec des ciseaux, de manière que la demi-feuille vide soit exactement pareille à la demifeuille pleine. Si donc l’une d'elles présentait sur les bords des vides, ou des épaisseurs, on la taillerait régulièrement sur l’autre.
Il résulte de cette manière d'opérer, que la demi-feuille vide peut servir de tare pour la demi-feuille couverte d'œufs. On les met dans les deux plateaux d’une balance, et les 45 à 20 grammes qu'il faut ajouter du côté de la {euille vide, pour établir l'équilibre, représentent exactement le poids des œufs que porte la demi feuille pleine.
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On inscrit ce poids sur la feuille ou sur l'étiquette, et on réunit les deux demi-feuilles avec une épingle. Plus tard on aura peut-être besoin de vérifier ce poids ou de diviser une feuille en plusieurs morceaux. On aura soin alors de couper ensemble les deux feuilles de papier pareilles; la portion vide servira detare pour la partie pleine.
Après la pesée des œufs on dispose les feuilles dans le lieu où elles doivent passer l'hiver. Une cage d'escalier où le soleil ne pénètre pas, un vestibule , une pièce au nord, qu’on ne chauffe jamais, sont des locaux très convenables. On tend des cordes ou des fils de fer à peu de distance du plafond, et on y suspend les feuilles de papier en ayant soin de mettre les œufs en dedans, afin que la poussière ne s’y attache pas. On peut sans inconvénient mettre plusieurs feuilles l’une sur l’autre.
Les œufs restent ainsi exposés à toutes les variations de la température jusqu’au retour de la belle saison. Ce serait une grande faute que de vouloir les soustraire aux froids de l'hiver ; non-seulement ils n’en souffrent pas, mais encore il paraît démontré, par l'expérience, que l'action du froid est nécessaire pour empêcher un développement prématuré du vers qui languirait ensuite jusqu'au moment de l’éclosion.
Après l'hiver on doit être attentif au changement de Ja température. On a deux thermomètres. L'un est à côté des œufs, l’autre à la cave. Quand la température des deux places est arrivée au même degré, on doit descendre les œufs à la cave, parce que celle-ci conservera la fraicheur bien plus longtemps que l'autre local. 1 suffit alors de ranger les œufs dans une boîte pour les
descendre à la cave; il n’est même pas nécessaire de Juter le couvercle avec du papier ou autrement.
Ce n’est que dans le cas où l’on aurait appris par l'expérience que les œufs moisissent dans la cave pendant Je séjour de deux à trois mois qu'ils y font, qu on prendrait d’autres précautions. Alors on aurait une boite en fer-blane, ou de grands pots de grès qu'on fermerait plus exactement qu’une simple boite de bois. Mais, dans ce cas, il faut ouvrir les pots de temps en temps pour s'assurer si les œufs ne s’humectent pas.
En général, les caves sont assez sèches pour ne pas exiger ces précautions extraordinaires.
Quand on veut conserver des œufs pour l’arrière-saison , la glacière devient indispensable. On y dépose les œufs enfermés dans des bocaux de verre ou des pots de grès soigneusement bouchés. Tous les mois on les visite. J suffit de placer les vases sur des planches attachées an mur de la glacière, non loin de son entrée.
Telles sont les précautions qu’exigent les œufs pour leur conservation.