CHAPITRE VI
Bénéfices de l’éducateur.
$ 1. Dépenses.
Nous avons maintenant à notre disposition tous les éléments nécessaires pour faire le compte d’une éducation et constater les bénéfices auxquels l’éducateur intelligent peut prétendre.
La feuille constituera notre dépense principale. Je suppose qu'elle revient à 4 fr. les 400 kil. à l’éducateur qui possède des müriers. Je prouverai dans un autre ouvrage que ce prix est exact.
La main-d'œuvre est un autre élément important de la dépense. Fadmets que les journées seront payées, l'une dans l’autre, À fr. sans nourriture, ou 60 cent. avec nourriture.
Un ouvrier ordinaire peut cueillir 50 kil. de feuille dans sa journée ; il faudra donc vingt journées pour 1000 kil. de feuille.
Quant au travail intérieur, l'expérience apprend qu'il faut quarante journées par 54 gr. 25 d'œufs.
Le chauffage coûtera très peu de chose à la campagne, et d'autant moins que l'éducation sera plus importante. On dépenserait peut-être 20 fr. pour 40 à 50 grammes d'œufs; on ne dépensera pas plus de 50 fr. pour 500 grammes. Souvent même le propriétaire pourra entretenir les foyers sans aucuns frais pour lui avec des bois dont il ne pourrait tirer aucun parti.
Il en est de même des rameaux. La plupart du temps on les recueillera à peu de frais sur la propriété. Cependant je porterai 5 fr, par 54 gr. d'œufs pour cette dépense.
Quant aux œufs, je supposerai que le magnanier les aura faits lui-même avec des cocons de choix, et je les estime alors à 5 fr. les 54 gr. 25.
Résumons maintenant nos dépenses pour une éducation de 500 grammes d'œufs que nous pouvons faire dans la magnanerie dont nous avons donné la description. .
300 grammes d'Œufs. % |. … , . : . 50 10,000 kilogrammes de feuille. . . . . . 400 200 journées pour la cweillette. . ,. , . 200 400 journées dans l'atelier... . . , ,. 400 ne. 22 SU. 50
ME eût: eue le à sie CUP Ramoaux PU, RIDE, TEE MÉTREU 50
ÉDUCATION INDUSTRIELLE. 297 $ 2. Recette et bénéfice.
J'ai dit plus haut quelle était la quantité de cocons sur laquelle on peut compter dans une éducation bien dirigée ; soit 60 kil. par 51 grammes d'œufs ou 2,000 kil. de feuille. Nous en aurons done 600 kilogrammes.
Ils se vendront 4 fr. le kil. ou 2,400 fr. Le bénéfice sera done de 4,250 fr. ou 420 fr. environ par 51 gr. d'œufs. Il faudra en déduire les intérêts du capital employé en constructions et ameublement. Il pourra ètre très minime ou considérable, suivant les lieux et les circonstances. En prenant un terme moyen, nous retrancherons les 250 fr. pour cet objet. Il restera un bénéfice net sur l'éducation de 4,000 fr., ou 400 fr. par 34 grammes d'œufs.
Mais il est essentiel de remarquer que j'ai tenu compte de tous les frais d’une éducation, e'est-à-dire que j'ai fait tout payer par l'éducateur. Or, sou propre travail, celui de sa famille, de ses domestiques, réduiront la somme de 600 fr. portée pour main-d'œuvre et augmenteront d’autant le bénéfice. J’ajouterai que dans le midi les habitants de la campagne se chargent des éducations à raison de 50 fr. par 54 gr. 25 d'œufs, et j'ai compté 60 fr. Il est vrai qu'on n'obtiendra pas toujours 60 kil. de cocons par 54 gr. 25 d'œufs; mais la consommation de la feuille restant la même proportionnellement au produit en cocons, c'està-dire de 4,000 kil. de feuille pour 60 de cocons, la différence ne portera que sur des œufs perdus, ce qui est peu important,
On peut donc estimer qu’en moyenne une éducation de 500 grammes d'œufs donnera par an un bénéfice de 4,000 fr. Ce résultat s'accorde avec d'autres calculs, d’après lesquels les cocons reviendraient à 50 p. 100 du prix de vente, sans compter l'intérêt du capital employé en constructions.
Les hommes qui savent combien il est difficile de réaliser des bénéfices en argent en matiere d'agriculture, apprécieront certainement une recette de 4,000 fr. qui est acquise après un travail d’un mois, dans lequel la peine qu’on prend est rendue bien légère par l'attrait qu'offrent les éducations de vers à soie. On sait, en effet, que partout où l’on s’en occupe, elles excitent une passion qui ne le cède en rien au zèle ardent qu'on voit naître au moment de la vendange parmi les habitants des pays vignobles.