CHAPITRE L
Généralités.
Chacun sait qu'il existe des cocons blancs et des eocons jaunes. Ils proviennent de vers de différentes variétés ou races.
Mais là ne se bornent pas les distinctions qu'il importe de faire entre les races connues. La bonne con stitution des vers, la forme , le volume et la richesse en soie des cocons, sont des conditions non moins importantes et qui doivent guider l’éducateur dans le choix d’une race. On doit consulter aussi la nature du climat, celle du sol et les habitudes traditionnelles du pays.
En effet, certaines races réussissent moins sous l'in fluence d'un climat tempéré que sous celle d'un soleil brlant. Un sol humide ne convient pas également à
toutes, et, enfin, il ne faudrait pas s’obstiner à produire des cocons qui ne conviendraient pas aux filateurs du pays.
Dans un travail spécial sur les races, publié dans les Mémoires de la Société royale et centrale d’agriculture en 4844, j'ai fait ressortir l'importance d’un fait qui avait échappé aux observateurs qui m'ont précédé.
Quand on pèse les vers à soie au moment même de la montée, lorsqu'ils ont cessé de prendre de la nourriture, et que l’on compare leur poids avec celui des cocons, on trouve que, pendant la formation de ces derniers, il s’est fait une perte qui varie de 46 à 69 pour 100; c’est-à-dire que dans certaines races 400 kilogr. de vers muürs donnent 54 kilogrammes de cocons, tandis que d’autres n’en donnent que 51 kilogrammes. Il'est facile de comprendre l'importance de cette différence, puisque probablement il faut la même quantité de feuilles dans les deux cas pour produire les 100 kilogrammes de vers.
J'aurai soin d'indiquer les races les plus avantageuses sous ce rapport.
Quant à la richesse des races en matière soyeuse, jai donné au chapitre Appréciation de la récolte, page 259, le moyen de la reconnaitre. Il est évident qu'une race qui offre 48 de matière soyeuse sur 400 de cocons est de beaucoup préférable à une autre race dans laquelle cette proportion n’est que de 40 à 42 pour 400.
La forme et le volume des cocons ne sont pas des con-
ditions indifférentes. On préfère les cocons cylindriques aux cocons sphériques ; un certain étranglement au milieu du cocon est aussi une qualité recherchée; enfin les cocons sont d'autant plus estimés qu'ils sont moins volumineux avec un poids égal. On conçoit en effet que plus les cocons sont petits, plus la couche soyeuse est épaisse. Les déchets à la filature sont moins considérables,
Mais il ne suffit pas que des cocons présentent en apparence les meilleures qualités, il faut encore qu'ils supportent avec succès l’épreuve de la filature, c'est-àdire qu'ils donnent beaucoup de bonne soie et fassent peu de déchet.
Avec certaines races on obtient À kilogr. de soie pour 8 kilogr. de cocons frais ou pesés au moment du déramage ; d’autres races vont à 40, 41, 42, 45 et jusqu à 44 kil. pour le même rendement. On conçoit combien il est important de s'assurer par des épreuves réitérées du produit qu'on peut espérer d’une race quelconque. Les épreuves ont été faites, j'en donnerai les résultats.
Les explications qui précèdent doivent suffire pour faire comprendre l’importance de ce que j'ai à dire sur chaque race en particulier. Je ne parlerai dans ce ma nuel que des principales.