‹ Manuel de l'educateur de vers a soieChapitre 45 sur 57 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Races à cocons blancs.

$ 1. Races de premier blanc.

- Un distingue dans le commerce deux espèces de soies blanches : celles dite de premier blanc et celles de second blanc.

Elles proviennent de cocons différents. C’est en vain ‘qu on voudrait faire des soies premier blanc avec cerlaines races; elles ne peuvent donner que des soies de second ordre.

$ 2. Race Sina.

On donne le nom de sina à une race de vers dont les cocons, d’une blancheur parfaite et azurée, fournissent la soie la plus belle et la plus précieuse.

Cette race, importée de Chine en France il y a environ 75 ans!, a été élevée avec tant de soin qu’elle a acquis de grandes qualités. Les vers sina sont les plus robustes qu'on connaisse; on voit rarement parmi eux, à moins de circonstances extraordinaires, des morts-flats , des gras, des passis. La race est arrivée aussi à un tel état de pureté, qu’on ne voit pas un seul cocon jaune dans des millions de cocons blancs.

Le œufs de sina sont d’un beau gris azuré; il en faut 1550 à 1550 pour 4 gramme. Les vers de cette

(4) En 1772, par M. Mathon de Fogère.

DES RACES DE VERS À SOIE. OT race acquièrent un poids de # à 5 grammes et une longeur de 8 à 40 centimètres.

Par leur transformation en eocons, ils perdent environ 60 pour 400 de leur poids, c’est-à-dire que 400 grammes de vers mûrs donnent 40 grammes de cocons.

Les cocons sina pèsent en moyenne À gr. 80. Il en faut done cinq cent-cinquante à cinq cent-soixante pour un kilogramme. Ils contiennent de 40 à 42 pour 100 de soie, jamais davantage, et comme ils sont assez volumineux en général, leur coque est peu épaisse.

Les cocons sina sont cylindriques avec un faible étranvlement au centre. Les bouts sont arrondis. Ils sont d’un blanc magnifique et peuvent seuls donner les belles soies premier blanc qui servent à fabriquer les blondes et quelques autres tissus à couleurs tendres, qui ne seraient pas parfaits si on employait, pour les confectionner, des soies blanchies artificiellement.

Jusqu'à présent il a été impossible de faire un kilogramme de soie avec moins de A0 kilogr. de cocons sina. On en emploie mème ordinairement 42 kilogrammes. Il y a donc de 45 à 50 pour 100 de perte ou de déchet sur la soie existant dans les cocons, lorsqu'on soumet ceux-ci aux opérations de la filature.

Les cocons sina se vendent généralement plus cher que les jaunes ou les blancs de second ordre. Quand les jaunes valent 4 fr. le kilogr., les sina peuvent se vendre À fr. 50 et mème 5 fr. Malheurensement ces cocons sont assez légers. Il en faut un grand nombre pour peser un kilogramme. On a vu aussi que les vers perdaient 60 pour 400 de leur poids en se converlissant en cocons.

Enfin la consommation de la soie sina est assez bornée. en sorte qu'elle perdrait bien vite sa valeur si elle était trop abondante sur le marché. Ces diverses considérations ont jusqu’à présent limité à quelques localités les éducations de sina. 11 ne s’en fait guère qu'à Annonay et Bourg-Argental.

$ 3. Races de deuxième blanc: espagnolet blanc.

Les soies de deuxième blane sont fournies principalement par deux races : l’espagnolet et le roquemaure.

L'espagnolet blanc ne diffère absolument que par la couleur de l’espagnolet jaune ; nous renvoyons donc à ce dernier pour les détails que nous avons à donner.

$ 4. Race Roquemaure.

On donne différents noms à cette race. Elle offre aussi le blanc et le jaune. Nous la décrivons sous le nom de Saint-Jean-du-Gard.

Avec ces deux variétés on fait des soies de deuxième blanc dont le prix diffère généralement peu de celui des soies jaunes; aussi on les élève rarement seules. Presque tous les cocons blancs du midi proviennent d’un mélange à parties égales environ de cocons blanes et jaunes. Il y a peu d’avantage à élever ces races blanches pures, parce que les taches presque inévitables que reçoivent les cocons les déprécient dans une proportion beaucoup plus forte que les cocons jaunes.

Il existe quelques autres races blanches, mais qui ne sont pas appréciées ; telles sont les syriens et les tigrés. Les vers de ces derniers se distinguent par des bandes noires transversales qui leur ont fait donner le nom de tigrés.

M. Hedde, l'un des délégués du commerce français en Chine, à rapporté une race blanche nouvelle qui se fait remarquer par des protubérances brunes que portent les vers sur leur dos. Cette race donne des cocons d’un beau blanc. On s'occupe de son étude.

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