MALADIES DE LA VESSIE
de là s’élendit jusque sur la vessie. L^inflammatlon de ce dernier organe (cystite) occasionna, comme il arrive presque toujours en ces cas, une rétention d’urine; cependant la maladie était au septième jour de son invasion et dans la période de déclin , pour parler le langage des pathologistes : la rétention d’urine continuait malgré l’emploi des fomentations et cataplasmes sur l’hy pogastre. Depuis trois jours, la malade n’avait pas rendu une seule goutte d’urine, et depuis plusieurs nuits elle n’avait pas fermé l’œil, éprouvant des envies continuelles d'uriner, et, malgré les plus violents efforts, ne pouvait parvenir à satisfaire ce besoin. La vessie commençait â former une tumeur assez sensible dans la région sous-pubienne ; dans cette extrémité, je ne voyais plus que la sonde qui pût remédier à cet incident, que l’on devait, sans plus attendre, faire cesser, pour en prévenir de beaucoup plus graves. J’en proposai donc l’emploi à ma malade, mais sa pudeur en fut révoltée; j’insistai , je fis tout pour la déterminer r vains efforts! elle répondit toujours, dans le délire d’une vertu assurément mal placée : « J’aime mieux mourir que de me laisser sonder. »
» Dans la perplexité où je me trouvais, il me
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vint à l’esprit d’ essayer r action du magnétisme contre cette ischurie alarmante. Plein de cette idée, je me rends sans dilTércr auprès de ma malade ; je la trouve en proie aux mêmes douleurs : j’applique une main sur la région de la vessie, dans l’intention de soulager la malade , que je prie de laisser ma main ainsi appliquée pendant quelques instants. Je magnétisai alors avec toute la force de ma volonté. Durant toute l’opération, dont la malade ne se doute en aucune manière, des besoins d’uriner plus vifs que jamais se firent sentir J la vessie elle-même semblait se contracter sous sa main. Je continuai ainsi mon action magnétique environ pendant vingt minutes, après quoi j’invitai ma malade à essayer d’uriner, ce qu’elle fit, à son grand étonnement, avec assez de facilité. L’écoulement des urines apporta un soulagement très prompt au malaise qu’entretenait nécessairement cette isiJiurie.
»Le lendemain de ce succès magnétique, je quittai la province, je cessai conséquemment de donner mes soins à cette malade; mais depuis j’ai eu la satisfaction d’apprendre que sa convalescence et sa complète guérison ne s’étaient pas fait longtemps attendre. »
Procéder selon cet exposé dans le catarrhe
HÉMORRHAGIES SPONTANÉES. 71
vésical chronique , la néphrite , les diabètes, etc.
§ IX. Hémorrhagies spontanées.
Quelques hémorrhagies essentielles, que je ne saurais préciser, cèdent très promptement; il en est d’autres, au contraire, où le magnétisme agit comme excitant, et des réactions efficaces ne pouvant avoir lieu à cause de désordres organiques, vous devez craindre qu’il soit tout à fait contraire.
Ce n’est qu’en tremblant, je dois l’avouer, que j’ai quelquefois expérimenté dans ces cas graves.
J’avais soin de tenir un doigt sur une artère, et lorsque la circulation prenait du développement, je cessais.
Des magnétiseurs assurent avoir réussi dans tous les cas; moi, non. Peut-être sont-ils doués de propriétés que je n’ai pas.
Il est essentiel de ne pas confondre V hémoptysie, où l’on réussit parfois complètement, et les hémorrhagies symptomatiques, qu’on arrête aussi, mais qui reviennent à coup sûr si l’organe affecté n’est pas guéri.
En l’absence de données précises, il faut magnétiser avec la plus grande prudence dans les
pertes utérines, par la raison que le magnétisme, excitant ordinairement les menstrues, peut dans ce cas devenir tout à fait contraire.
h' hématurie rénale et vésicale, Vhématémese peuvent aussi être heureusement modifiées.
§ X. Rage, morsure de serpents.
Le magnétisme agissant principalement sur la sensibilité, on doit espérer réussir dans ces affreuses maladies. Deux fois dans ma vie je me suis trouvé en présence d’hydrophobes, et j’étais allé auprès d’eux avec l’intention d’essayer* mais j’en fus empêché par une coutume absurde : les représentants de l’art médical avaient déjà fait prendre au malade des doses énormes d’opium.
11 n’y avait donc plus rien à faire pour moi : on avait tué la sensibilité, c’est-à-dire la force réactive; ils étaient enfin empoisonnés. Cependant sur l’un je produisis des moments de calme extraordinaire. C’est donc à essayer avant toutes choses.
Chez les sauvages, qui ne possèdent point les sublimes connaissances des écoles de médecine, on pratique, dans des cas de morsures de serpents les plus venimeux , une magnétisation véritable. Ils frictionnent légèrement et longitudina-
APPECTIONS CHRONIQCES. 73
lement le malade durant des heures entières, jusqu’à ce que l’enflure diminue et qu’une abondante transpiration sé soit établie. Dès lors ils regardent le moribond comme sauvé , et ne se trompent jamais dans leurs prévisions.
Pourquoi ne réussirait-on pas de même dans l’hydrophobie? Un virus quel qu’il soit, introduit ' dans la circulation , si l’on parvient à le diviser, doit perdre de son activité, et la violence de ses désastreux elîets s’affaiblir.
J’ai la conscience que le magnétisme, plus que tout autre moyen , pourra faire obtenir ce résultat. Quand donc en essaiera-t-on l’emploi raisonné ?
Comment procéder dam lea arfections chronliiaee.
Chercher à augmenter la vitalité; ceci obtenu, produire des crises ;]e ne veux pas parler de convulsionSf mais de mouvements dans les fluides.
Il faut que le malade soit replacé dans Vétataigu, c’est-à-dire dans la disposition où la maladie, montrant toute sa gravité , appelait les secours puissants de la médecine.
Je ne puis ici espérer d’être compris que d’un très petit nombre d’hommes. C’est un travail curieux que de semblables magnétisations : il
74 MANUEL DE L’ÉTUDIANT MAGNÉTISEUR, faut, pour s’en expliquer les effets, les voir, les revoir encore -, alors on conçoit la possibilité d’une espèce de rajeunissement, causé pai> l’expulsion, souvent moléculaire, de matériaux hétérogènes séjournant dans l’organisation. On conçoit comment des humeurs indolentes, inactives, souvent d’une grande ténuité et ne jouant sur l’organisme d’autre rôle que celui d’un corps étranger inerte, acquièrent cependant tout à coup, par des courants vitaux , des propriétés physiques et chimiques nouvelles, et peuvent ainsi être expulsées.
Les fondements de cette vérité jetés en passant, suivons les procédés.
Pendant huit ou dix jours vous appliquez lu méthode pure et simple, vous ne cherchez le développement d’aucun effet, vous abandonnez même ceux qui surgissent, sans en chercher l’augmentation ou la diminution. Lorsque vous pensez que tout le corps a été parcouru par le magnétisme, vous changez de procédé -, vous dirigez de préférence la magnétisation sur le siège du mal , s’il est bien connu ^ dans le cas contraire, sur la région où vous le supposez. Il faut y développer de la chaleur, de la douleur même, et ne rien craindre des nouveaux symptômes qui appa-