‹ Manuel de l'étudiant magnétiseurChapitre 4 sur 84 · VIII PRÉFACE · texte numérisé non relu

VIII PRÉFACE

plusieurs d’entre vous l’ont outragée, l’ont frappée même , et cette fille divine ne cesse de vous implorer. Ouvrez-lui donc enfin. C’est Hygie, chassée par vous et qui revient dans votre temple : son voile est levé, vous ne pouvez méconnaître ses traits. Le charlatanisme impur lui a dit déjà: Viens ici ! Elle y est venue, et des guérisons surprenantes sont venues confondre votre raison. Elle s’est retirée bientôt de ces lieux qui n’étaient point faits pour elle, car ces nouveaux prêtres ne pouvaient ni la comprendre ni la servir. Désolée, elle vous implore de nouveau ; c’est de vous qu’elle a besoin , vous qui connaissez l’homme physique jusque dans ses moindres ressorts. Fxoutez-la donc cette fois , craignez de nouveau son éloignement. Songez que c’est de la France que doivent partir les vérités destinées à éclairer les hommes et à les rendre meilleurs et plus humains. Relevez donc les autels de votre Dieu et soyez de nouveau les ministres de ses décrets. Une découverte, grande comme le monde , sera , quand vous le voudrez , renfermée dans votre temple , pour ne plus en sortir.

Vous serez supérieurs à tous les autres hommes , car vous saurez plus qu’eux; vous calmerez les alarmes et ferez cesser les craintes ; les douleurs , la mort même , au lieu de vous suivre , fuiront à votre approche.

Préférez-vous le mensonge à la vérité , les ténèbres à la lumière ? voulez-vous continuer de verser inutilement des flots de sang humain ? Si c’est de l’or que vous voulez, la vérité vous en donnera plus que l’erreur, et les larmes que vous ferez répandre

PRÊPACi;. ix

ne seront plus les larmes du désespoir, mais celles de la joie.

Sans doute, il faut qu’on meure, mais que l’on ne meure point avant l’âge et victime d’assassinats; lorsqu’on saura que la nature rappelait à elle la créature qu’elle avait faite infirme, sans que vous ayez en rien rapproché le terme fatal , on se courbera sous le niveau sans vous maudire et sans blasphémer contre Dieu.

Que ne puis-je, dépouillant par la pensée cette masse d’étres humains grouillant dans la grande cité , vous la montrer telle qu’elle est ! Apercevezvous les traces de vos instruments? Voyez-vous ces vésicatoires , ces sétons , ces cautères, ces ulcères , ces bras sans muscles, ces poitrines amaigries, celte peau livide et tlétrie , ces cancers; le pus sortir de ces émonctoires comme de ces poitrines que la phthisie dévore? Celui-ci rongé par des dartres, cet autre l’écume à la bouche et se roulant dans la fange? Ceux-ci, jeunes encore, n’ont plus de dents, plus de cheveux, leurs yeux distinguent à peine les objets, et il faut que l’optique vienne à leur secours. D’autres ont des hernies, des engorgements scrofuleux !...

Y a-t-il un de ces corps qui n’ait reçu quelques unes de vos cruelles atteintes, et n’ait dans le sang quelques uns de vos poisons? L’air semble vicié par l’odeur qu’exhale sans cesse cette population confiée à vos soins et à votre sagesse. Mais , sans dépouiller cette génération , ne voyez-vous pas ces gibbosités, ces corps courbés, atrophiés, déviés, ces membres amputés? Tant de maladies, que vous

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