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Étant soi-même au point de départ, on l’envoie en avant. Lorsque l’on juge qu'il est à une distance suffisante, on l’appelle par un coup de sifflet. L'homme se tourne du côté d’où vient le son et répond par un hop prolongé où par un coup de corne. Il plante en même temps un piquet sur le chemin, ou fait un simple trou facile à reconnaître. Puis 1l repart en avant.
L’explorateur, en entendant la réponse du pilote à son coup de sifflet, place l'extrémité bleue de l'aiguille sur la division Nord, estime la direction d’où est venu le son et note cette direction. Puis, se mettant en marche, il lit le compte-pas au moment où il arrive au piquet ou au trou fait par le pilote dans le chemin. On a ainsi
une distance et un orientement approximatifs.
38. Une seconde méthode, avec laquelle il convient de se familiariser, d’abord parce qu’elle peut être employée en toute circonstance, ensuite parce qu’il peut arriver que l’on ne dispose pas d’un pilote, est celle de l'estimation à vue des orientements pendantla marche, sans regarder autre chose que la position de l'aiguille de la boussole. Il faut, dans ce cas, tenir la boussole de façon que l’extrémité bleue de l'aiguille coïncide exactement avec la division Nord. On voit alors facilement sur la rose, au bout de peu de temps d'observation, quel est l’orientement suivi. Les orientements avec cette méthode ne s'inscrivent plus avant de franchir la distance comme plus haut, mais seulement lors que l’on constate un changement bien accentué dans la direction.
On pourrait croire que les erreurs doivent être plus nombreuses en procédant de cette manière : il n’en est
rien cependant et, avec un peu d'habitude, on arrive
assez rapidement à démêler la direction générale de la route suivie, en éliminant les changements accidentels et momentanés résultant des coudes du sentier. C’est ce que l’on appelle acquérir le sentiment de l'orientation.
Cette facon de procéder, que l’on ne peut souvent remplacer par aucune autre, constitue une des raisons pour lesquelles nous adoptons, après expériences personnelles et après avis recueillis auprès de nombreux explorateurs, la méthode d’estimation des orientements de la route avec la rose des vents. Comme nous venons de le dire, en pays forestier, où l’on ne peut apercevoir les parties de la route que l’on va parcourir, on n’inscrit les orientements qu'aux changements de direcons ; 1] faut donc que la direction suivant laquelle on marche soit fixée dans l'esprit par un signe plus frappant qu'un simple chiffre et les signes de la rose, qui représentent des directions familières, se gravent plus facilement dans la mémoire.
39. Tenue du carnet. — Le carnet ne doit pas contenir seulement les indications que nous venons d’énumérer. Ilest bon d’y fixer, par des croquis rapides, les abords de la route, et, en cas d’inhabileté du dessinateur, d’y noter d’une façon claire la position qu’occupe le chemin par rapport au terrain.
Il conviendra ainsi de signaler si l’on marche suivant la ligne de plus grande pente, ou bien sur les flancs du coteau dont le sommet se trouve à droite ou à gauche; on estimera alors au clisimètre la pente de ce coteau, l'élévation de sa ligne de crête par rapport aux points où l’on observe et dans une direction perpendiculaire à la route. En un mot, on réunira tous les renseignements
qui peuvent concourir à donner plus de détails dans le report ultérieur de la Carte.
k0O. On comprendra, par ce que nous venons de dire, les principes sur lesquels repose un lever d'itinéraires, que chacun peut perfectionner suivant ses aptitudes et son habileté au dessin.
Pour acquérir la pratique dans ce genre de travail et en tirer profit dans les explorations, on devra exécuter de nombreuses expériences sur des routes connues, comparer les distances obtenues au podomètre avec les distances exactes, modifier l’étalonnage de son pas suivant les résultats de ces comparaisons et opérer de même pour l’estimation des orientements.