TRAITÉ DE T ROY ES
Grand fut l'effroi du conseil lorsque Jean déclara qu'il était le meurtrier du duc d'Orléans; de sourdes rumeurs éclatèrent; on oublia les défauts de ce prince et l'on ne voulut voir que la belle duchesse Valenti ne, sa femme, à genoux, baignant de ses pleurs les pieds du roi. Jean se retira dans ses états de Bourgogne; puis quand il pensa qu'il avait laissé à la douleur le temps de se calmer, il revint à la tête d'une nombreuse escorte, accepta les honneurs que les Parisiens lui décernèrent, et parcourut la ville aux cris répétés de Noël , Noël. La reine et les princes d'Orléans ne l'avaient pas attendu , mais le roi était resté à Paris. Ce fut à lui que Jean s'adressa en plein conseil ; il fit présenter sa défense par un Cordelier nommé Jean Petit. Ce long discours n'était qu'un amas de citations , tirées des écritures saintes et des auteurs profanes , pour prouver
qu'il était bon et louable de tuer un tyran et que, pour celte action , le duc de Bourgogne méritait honneur et profit. Le conseil d'état n'osa braver les lances Bourguignonnes qu'on voyait briller hors de l'enceinte ; il déclara le duc absous et innocent, et le roi Charles donna des lettres pour que , à l'avenir, Jean ne fût pas inquiété au sujet de ce meurtre.
Ce duc ne put jouir long-temps de son triomphe : une révolte des Liégeois l'appelait en Flandre, et il y courut en toute hâte ; aussitôt après son départ la reine revint à Paris ; la duchesse d'Orléans se précipita de nouveau aux pieds du roi en lui criant grâce et merci , et, par ses larmes, elle obtint un arrêt qui déclara Jean de Bourgogne ennemi de l'État. On avait compté sur le courage des Liégeois , sur les révoltes des Flamands , pour le tenir quelque temps éloigné de la cour ; aussi grand fut l'étonnement quand on apprit peu après à Paris que , dans une seule bataille donnée dans le Hasbain , les révoltés avaient été mis entièrement en déroute , et forcés de demander la paix. Trop faible encore pour oser résister , le parti d'Orléans quitta Paris emmenant avec lui le roi pour sanctionner les actes dont il pouvait avoir besoin. Jean se hâta de revenir dans cette dernière ville, et tout se prépara de nouveau à la guerre civile. Des conseillers de paix s'interposèrent encore pour arrêter l'effusion du sang , mais tout ce qu'ils purent obtenir de Valentine fut qu'elle se contentât de la soumission de l'assassin et de la confession de son crime. Jean rejeta bien loin ces conditions; il donna même ordre à son frère le comte de Hainaut de quitter Tours où il l'avait envoyé comme médiateur. La mort de la duchesse d'Orléans, arrivée quelques jours après, rendit les négociations plus faciles. Le roi pardonna dans l'église de Chartres , le 16 mars 1 409, le meurtre de son frère ; les jeunes princes y acquiescèrent et jurèrent de ne jamais inquiéter Jean de Bourgogne à ce sujet; mais cette paix fut loin d'être regardée comme sérieuse ; la haine était trop grande entre les rivaux, et c'était, les yeux baignés de larmes, que les jeunes d'Orléans avaient promis pardon et oubli.
ai.
Les princes profilèrent de ce moment de paix pour grossir leur parti : Jean de son côté ne restait pas inactif, et il s'était fait donner par le roi la garde du jeune dauphin déjà marié à une de ses filles ; de plus il força Charles VI à l'associer, pour ainsi dire, à la royauté ; il contracta de fortes et puissantes alliances avec les principaux seigneurs de la cour ; mais son arrogance lui en éloigna plusieurs et les princes signèrent contre lui le traité de Gien ; à la tête de leurs partisans on voyait Bernard d'Armagnac qu'ils s'étaient attaché par alliance. Cet homme brave était le chef militaire de l'expédition; à sa voix puissante tout le Midi s'était soulevé en faveur des princes, et une fois encore la guerre civile fut imminente. Elle commença par des ravages, jamais dans leurs excursions à main armée , les étrangers n'avaient commis des désordres aussi épouvantables ; les paysans fuyaient au sein des cités , qui souvent ne leur offraient qu'un bien faible abri ; les routes étaient désertes , le commerce languissait ; plus de ces belles foires si riches et si fréquentées, plus de ces nombreux marchés de grains; les marchands étaient dépouillés heureux quand ils pouvaient garder la vie sauve, et les cultivateurs n'osaient ensemencer les champs dans la crainte d'être poursuivis. Plus de chevaux , plus de mules pour le labourage ; les gens conduisaient eux-mêmes leurs charrues , au clair d'une lune douteuse , espérant ainsi tromper l'œil avide des pillards. En Picardie on vit des paysans se former en troupes , prendre la croix de St.-André et la fleur de lys, signe de ralliement des Bourguignons, se cacher dans les forêts et , animés d'une rage vengeresse , fondre sur quiconque portait l'écharpe blanche, marque distinctive des Armagnacs.
I<es Bourguignons de leur côté n'étaient pas plus modérés ; Jean avait cherché des amis et un appui dans les derniers rangs du peuple ; ses défenseurs étaient les Legoix , les St-Yon chefs de la corporation des bouchers et cruels au-delà de toute expression. A eux la garde de la ville, à eux le soin de protéger les bourgeois 1 Ils se maintinrent au pouvoir à l'aide de
centuries formées de leurs garçons boucliers , de leurs écorcheurs, des chirurgiens, en un mot de tous gens habitués à verser le sang. Au cri , c'est un Armagnac , le peuple se levait en masse, et l'homme ainsi désigné était mis à mort avant d'avoir pu se justifier. Le chef de la ville était le connétable de St- Pol, capitaine habile sans nul doute, mais, pourvu qu'il réussit, peu soucieux des moyens qu'il employait. Les excès des Cabochiens \ 44 1 (car ils s'étaient donné ce nom) , furent tels que Jean eut un moment de crainte et que, pour apaiser cette populace soulevée , il s'abaissa jusqu'à prendre publiquement la main du bourreau Jean Capeluche. Cet état de choses ne pouvait durer ; les Parisiens effrayés à juste raison n'attendaient qu'une occasion de secouer un joug si lourd ; les Armagnacs (nom du parti d'Orléans) étaient venus camper sur les hauteurs de la ville et le duc de Bourgogne ne savait quel parti prendre. Déjà l'année précédente il avait voulu tenter une bataille rangée à la tête de ses troupes de Flandre, mais le jour du combat, il n'avait pu les retenir et elles étaient retournées dans leurs cités. Il fit cette fois un appel à l'Anglais sans cesse avide de profiter de nos troubles , et Calais vomit un secours dont Paris avait le plus grand besoin. Sans doute le moyen était honteux mais la ville était sauvée, peu importait le reste ; d'ailleurs le roi, toujours au pouvoir des Bourguignons, n'avaitil pas déclaré les Armagnacs ennemis de l'étatet n'avait-on point déployé contre eux l'oriflamme. Les princes d'Orléans, voyant la victoire leur échapper encore , firent un appel aussi à leur? voisins d'Angleterre (4412) et comme il était égal à Henri IV de soutenir l'écharpe blanche ou la croix de St-André pourvu que la discorde se maintint en France , il leur accorda son appui et promit d'envoyer bientôt de nouvelles troupes. Les conseillers de paix ne lui en laissèrent pas le temps ; ils finirent par amener ces deux puissans rivaux à signer un nouveau traité a Bourges. Les conditions étaient les mêmes qu'à Chartres , et chacun renonçait à l'alliance de l'Angleterre. Mais quoique les ducs d'Orléans et de Bourgogne eussent prononcé les sermens
les plus sacrés , et qu'ils eussent fait leur entrée montés sur le même cheval , personne ne crut à leur sincérité et eux moins que tout autre.
Cette paix était à peine signée que le parti Armagnac essaya de s'emparer de la Bastille. Les Parisiens , se voyant ainsi soutenus , résolurent de se soustraire à l'ambitieuse cruauté des Legoix et des St-Yon ; le duc Jean effrayé crut n'avoir d'autre abri que les murs de ses bonnes villes de Flandre , et , sous le prétexte d une chasse , il quitta Paris. Il avait espéré enlever le roi, mais il ne put réussir dans son dessein. Après son départ les princes d'Orléans entrèrent dans Paris ; leurs vengeances furent terribles , et on eut bientôt à leur reprocher les mêmes excès dont s'étaient rendus coupables les Bourguignons. Heureusement la France n'avait rien à craindre à l'extérieur ; le roi Henri IV n'avait pu mettre a exécution ses ambitieux projets , car la mort l'avait surpris.
Le duc Jean n'avait point regardé la partie comme perdue ; aussi revint-il bientôt, à la tête d une nombreuse armée, planter ses étendards non loin de Paris , et offrir une bataille rangée à son rival. Mais Bernard d' Armagnac était un trop habile guerrier pour se laisser prendre à ce piège ; il se contenta de faire déclarer par le roi de France le duc de Bourgogne ennemi de l'Etat , et d'intercepter les communications qu'il eût pu avoir avec les bourgeois. Ce n'était certes pas chose facile, et cependant il réussit au gré de ses désirs ; parcourant à chaque heure les rues de la ville , l'épée nue à la main , ordonnant à ses hommes d'armes de frapper de mort quiconque approcherait des remparts , il était parvenu à inspirer une grande crainte aux bourgeois. Puis, lorsque l'armée Bourguignonne se fut dissoute d'elle-même , que son chef eut été forcé de se retirer le désespoir dans le cœur, il alla chercher l'oriflamme et porta la guerre dans les propres états du duc. Les gens du Nord n'avaient pas encore perdu tout respect pour le roi , et les conquêtes furent faciles. Jean . réfugié dans Arras , craignit un moment de tomber aux mains de Charles; après avoir soutenu
un siège assez long, il commençait à ressentir de vives inquiétudes; aussi reçut-il comme une faveur les dures conditions débattues sous les murs de cette place. Il devait ouvrir toutes ses villes au roi , chasser de ses états les principaux chefs de la faction populaire et demander grâce pour le meurtre du duc d'Orléans ; il promettait de plus de ne venir à Paris que d'après l'ordre du dauphin ou de son père (\ 4 septembre \ 41 4.)
Le dauphin voulut prendre dans ses mains débiles le gouvernement du royaume , mais il ne put réprimer le dérèglement de ses passions et son amour désordonné des plaisirs. Cependant jamais pays ne s'était trouvé plus près de sa ruine; les princes , malgré leurs protestations de paix , continuaient une guerre d'autant plus sanglante qu elle était partielle : le nom de Français avait , pour ainsi dire , fait place à ceux d'Armagnac et de Bourguignon , et l'Anglais menaçait de venir revendiquer les vieux droits qu'il prétendait avoir au trône de France. Henri V était alors roi d'Angleterre ; après avoir eu une jeunesse dissipée , il apporta en prenant la couronne une noble ambition qui surprit ses sujets, et le rendit un des plus grands rois de ce pays ; il ne demandait rien moins que l'exécution du traité deBretigny et la main d'une des filles du roi de France. On ne pouvait accepter ces dures conditions; on lui en fit d'avantageuses qu'il refusa également; de plus il passa la mer et vint débarquer en Normandie. Depuis long-temps on n'avait vu une si belle et si forte armée fondre sur le territoire Français, mais Henri perdit un temps précieux à faire le siège d'Harfleur et d'autres places peu importantes. Puis voyant ses forces diminuées , il songea à se retirer sur Calais pour en rassembler les débris.
Cette retraite renouvela l'ardeur belliqueuse des Français ; les ducs d'Orléans et Bernard d'Armagnac se mirent à la tête des troupes rassemblées ; leur aveuglement fut tel que , voulant réserver à eux seuls la gloire de la victoire , ils refusèrent les secours des Bourguignons et des Parisiens. La rencontre des deux armées eut lieu sur les confins de la Picardie et de l'Ar-
lois : là , comme à Créey et à Poitiers , un aveugle enthousiasme décida la perte des Français. L'avant-garde, où se trouvait la noblesse, se précipita sur les archers Anglais retranchés derrière des pieux et des palissades ; les chevaux s'enfonçaient jusqu'à mi-jambes dans un terrain détrempé par les pluies de la veille , et le désordre se mit bientôt dans les rangs. Ce fut bien pis encore quand les archers , tirant leurs coutelas , se précipitèrent sur les Français , en poussant de grands cris , se glissant jusque sous les chevaux et frappant à coup sûr ; les hommes d'armes Anglais n eurent que la peine de faire les prisonniers , car l'armée était déjà en déroute avant qu'ils eussent pu avancer. Toujours comme à Crécy et à Poitiers , la valeur Française fit de beaux faits d'armes; quatorze chevaliers sous les ordres du duc d'Alençon avaient juré de pénétrer jusqu'à l'endroit où se tiendrait Henri d'Angleterre et ils tinrent ce serment : leur chef même abattit de son épée le cimier du casque royal. Au moment où Ton croyait la journée finie , le bruit courût que le duc de Bretagne attaquait les derrières de l'armée avec six mille cavaliers ; cette nouvelle redonna de l'ardeur aux Français; l'avant-garde releva ses étendards et Henri donna l'ordre d'immoler les prisonniers. On sut bientôt que ce n'était qu'une fausse alerte accasionnée par un seigneur du pays qui , voyant les bagages Anglais mal gardés , s'en était emparé a l'aide d'une troupe de paysans : la noblesse Française n'en eut pas moins de grandes pertes à déplorer. Quel est ce château , dit Henri à l'un de ses prisonniers? c'est celui d'Azincourt lui fut-il répondu : eh bien l donnons à notre victoire le nom de bataille d'Azincourt (25 octobre 1445.) Quoiqu'il en soit, ses forces étaient tellement affaiblies qu'il fut obligé de retourner à Calais, et que pendant deux ans on ne vit plus d'armée Anglaise sur le continent.
Le duc de Bourgogne ne voulut voir dans la bataille d'Azincourt que la ruine des Armagnacs; tenant peu de compte du traité jure à Arras , il se dirigea vers Paris à la tète de ses troupes; mais déjà y était arrivé Bernard d'Armagnac qui ve-
nait de se faire donner la charge de connétable vacante par la mort du sire d'Albret. Il organisa dans cette ville une défense énergique , renouvela toutes les rigueurs contre les Bourguignons, et imprima une telle crainte que nul n'osa bouger ; alors il (Ha aux bourgeois les chaînes des rues, leur défendit de faire le guet et d'approcher des remparts. Jean était toujours à Lagny près de Paris , espérant tôt ou tard se ménager quelques partisans dans la ville ; mais , fatigué de ces retards , il se retira en Flandre, attendant une occasion plus favorable. Cependant le connétable n'en continuait pas moins de se perdre dans l'esprit du peuple : maître du roi et du dauphin il avait altéré les monnaies , accablé d'exactions les riches bourgeois ; les choses les plus saintes n'avaient pu être à l'abri de sa rapacité et les monastères avaient été soumis à une taxe rudement exigée. Les Parisiens quittaient en foule leur ville; plusieurs même allèrent en Flandre ranimer le courage du duc Jean que sa dernière défaite semblait avoir abattu.
Il n'en était cependant pas ainsi , le Bourguignon n'avait fait qu'ajourner ses projets ambitieux ; il venait de signer un traité avec l'Angleterre , et il se rendit de suite aux propositions qui lui furent faites. Tandis que Henri débarquait en Normandie à la téte d'une nouvelle et nombreuse armée , Jean s'avançait vers le centre de la France , tournait Paris et allait à Tours rejoindre la reine Isabeau , voulant ainsi donner quelqu'autorité à ses actes. Mais rien n'effrayait d'Armagnac , rien ne paraissait même l'émouvoir. Sur ces entrefaites le 61s d'un centenier, ayant été outragé par un soldat du Midi, et n'ayant pu en tirer vengeance, livra une des portes de la ville aux Bourguignons , qui , soutenus par les bourgeois en armes , se virent bientôt les maîtres. Cette attaque avait été si prompte et si inattendue que le dauphin lui-même faillit être pris ; il ne f ut sauvé que par le courage de Tanneguy-Duchâtel qui , sans lui laisser le temps de s'armer, l'enleva de son lit et l'emporta à la Bastille , d'où il put gagner Melun lieu de rassemblementdes gens do son parti.
Les» Bourguignons , maîtres de la ville, se rappelèrent leurs anciens désordres ; les chefs de la faction opposée furent tous jetés en prison, puis, sous le simple soupçon d'un retour des Armagnacs , lâchement assassinés. Le connétable, qui avait refusé d'accéder à aucune des propositions de paix, partagea le même sort ; plus de deux mille personnes furent les victimes de ce faux bruit. Jean lui-même ne put calmer cette fureur populaire, et , pour y mettre un terme , il ne crut pouvoir mieux faire que d'envoyer cette populace faire le siège de quelques châteaux et de fermer sur elle les portes de la ville. La guerre n'en continua pas moins entre les princes ; et cependant chaque jour apportait de la Normandie de fâcheuses nouvelles. On sut enfin à n'en pas douter que Henri s'était emparé de cette riche province , que Rouen même , faute de secours , était tombé entre ses mains , et l'on put voir des remparts ses coureurs venir fourrager jusqu'aux portes de Paris. Dans un moment aussi critique pour le royaume , les haines privées durent se taire , et des conférences eurent lieu pour la paix à Melun (U19.)
Le roi d'Angleterre y fut appelé : on convint d'une suspension d'armes pendant quelques mois entre les princes ; quant à Henri il ne voulut accéder à aucune proposition de paix ; de plus ses troupes s avancèrent vers Pon toise, firent le siège de la ville et la livrèrent aux flammes. Cependant les pourparlers n'avançaient point; les deux partis avaient chacun une nombreuse armée qui eût pu repousser l'invasion étrangère , mais aucun des princes ne voulait se démettre de ses prétentions. Enfin un traité provisoire se signa , et Ton promit de conférer de la paix d'une manière définitive au pont de Montereau-Faut-Yonne. Soit avertissement , soit pressentiment, Jean pour se rendre à cette entrevue ne céda qu'à de vives instances. A peine availr il passé la barrière, et au moment où il s'inclinait respectueusement devant le dauphin, qu'il reçut un violent coup de masse d'armes, etTanncguy-Duchâtel l'acheva avec son épée (10 septembre 1419.)
Aussitôt qu'il connut cette nouvelle , Philippe son fils appela les Anglais à son secours , se jeta dans leurs bras et jura de venger, par la ruinede la France, la mort de son père. L'année suivante la ville de Troyes vit ce traité honteux se signer dans ses murs. Charles VI et Isabelle gardaient la royauté pour le reste de leur vie ; la couronne devait ensuite retomber sur la tête d'Henri V et de ses héritiers à la condition qu'ils ne pourraient faire administrer le royaume que selon les usages anciens et par des nationaux. Dès-lors Henri fut nommé régent et dut gouverner le royaume à ce titre (1420.) Quant au faible Charles VI, il signa et approuva tout ce qu'on voulut; les principaux du royaume vinrent faire leur cour à Henri V et les princes d'Orléans eux-mêmes, captifs en Angleterre , dans l'espoir de recouvrer leur liberté , offrirent de le reconnaître pour leur souverain légitime.