‹ Manuel de l'histoire de la littérature française (volume 2)Chapitre 36 sur 74 · I. — Les commencements de l'Opéra français · texte numérisé non relu

I. — Les commencements de l'Opéra français

1* Les Sources. — Goujet. dans sa Bibliothèque française, articles Bbissekads et QuiNAULT ; — ChaufcpiÉ , dans son Dictionnaire, article Quin*uLi; — Tîton du Tillet, dans son Parnasse français, articles Quinault et Lulli; — Grimm, dans l'Encyclopédie, article PoiuE LvniQUB; — Vie de Quinault, en tète de l'éditioa de ses Œuvres, PariB, 1778; — Léris, Dictionnaire des Théâtres.

Nuitter et Thoinan, les Origines de l'Opéra français. Paria, 1886; — Romain Rolland, Histoire de l'Opéra en Europe, Paris,

2° La CoBrLiT de l'Opéra et db i-a Tragédib. — Que le triomplic des espèces pures, tra^die et comëdïe, n'a pas tout àfaitanéaoli les espèces hybrides : tragi-comédie, pastorale et ballet, — Les pièces à machines : l'Andromède, 1650, et la Toison d'or de Corneille; — Isaac de Benserade et ses Ballets; — les comédies-balleta de Molière ; la Princesse d'Elide, 1661 ; Mélicerle. \^%; Psyché, 1671.

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Quelques jésuites aussi s'en mêlent, et, comme autrefois ils donnaient des leçons de morale, donnent maintenant des leçons de goût. Les professeurs envahissent la critique. Le Père Bouhours publie ses Dialogues sur la manière de bien penser dans les ouvrages de l'esprit. Il y enseigne qu'on doit imiter la nature. Mats comme exemple d'une pensée parfaitement naturelle, c'est dommage qu'il cite la suivante : « Les actions des princes ressemblent aux grandes rivières dont peu de gens ont va l'origine, et dont tout le monde voit le cours, d Le Père Rapin, son confrère, entre deux chapitres de son Histoire du Jansénisme, discute avec Bussy la question de savoir « si l'on doit tutoyer sa maltresse »; et sans doute ce n'est

— Analogie de toutes ces tentativea. et qu'elles ont pour objet : — de donner aux yeui les satiafactions que la tragédie leur refuse;

— d'uliliaer le» fables de la mythologie; — et de mettre en liberté l'élément musical que contient ea soi toute a poésie > . — La fondation de • l'Académie de musique a , 1669, — et le premier opéra fran> çais : Pomone, 1671. — Jean-Baptiste Lully [Cf. les Mémoires de M"* de Montpensler]. — Sa collaboration arec Molière, — et avec QuinauU. — Leurs premiers opéras ; Cadmus et Hermiûne. 1678;

— AleesU. 1674; — Thé$ée, 1675; — Atjê. 1676; — Isis, 1677. Du génie particulier de Quinault pour l'opéra ; — pompeux éloge

que Voltaire en ■ fait; — et que, de Quinault et de Lully, c'est bien le premier qui, cent cinquante ans durant, a passé pour « le grand homme d. — Libertinage aimable de l'imagination de Quinault; — fluidité de son style; — et, i ce propos, de l'abondance dans ses Ters des comparaisons tirées de la nature * liquide » ; — sa constante préoccupation de plaire; - — et, pour plaire, de ne jamais approfondir la passion. — Des n lieux communs de morale lubrique » dans les opéras de Quinault.

Comment le succès du genre opéra a fait dérier l'évolution de la tragédie. — Les triomphes de Quinault ont certainement excité la jalousie de Racine ; — et,qui pis est, son émulation. — De l'intention de rivaliser avec Quinault dans la Phèdre de Racine [Cf. les Epoques du théâtre français]. — Que In retraite de Racine a favorisé le développement de l'opéra. — La Psyché de Thomas Cor-

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qu'une question de style, mais Pascal l'eût trouvée a jolie ». Cependant Quinault triomphe : le succès de ses Atys, de ses Persée, de ses Armide le venge des attaques de l'auteur des Salireê; et une demi -douzaine de livrets d'opéra lui refont une réputation dont l'éclat, après quatre-vingts ans, corrompra le jugement de Voltaire. Les romans se multiplient, dans le genre de VHistoire amoureuse des Gaules, sous la plume des pamphlétaires, de l'espèce de CourtiU de Sandras, l'auteur des Mémoires de Rochefort et des Trois Mousquetaires, — je veux dire des Mémoires de M. d'Arlagnan. En même temps, sur la scène illustrée par Molière, et dont ils ont fait o un échafaud n, — selon la forte expression de

neilte, 1678 ; — le Bellérophon de Footenelle, 1679 ; —la Proserpine de Qutnaull. 1680, — Les i auteurs tragiques a preaueut l'habilude de fl'eiercer in diffère m ment dans la tragédie, ou daus la tragédie lyrique, — De quelques coDséqueaces de cette habitude; — et comment, après avoir agi sur le style, dont elle rellche le liasu, — elle s'étend de la forme au fond ; — amollit la conceptiou du drame; — et, k l'art de peindre des caractères ou des passions, — substitue l'art d'émouvoir la seosibilité.

30 Les Œuvkbs — De Quînault : Cadmus. 1673, — Aïcesle, 1674,— Thésée, \^7f>.~Atjs, 1676, —/sw, 1677; — de FonteoeUe et Th, Corneille : Piycké. 1678, — Bellérophon, 1679; — de Quinault : Proserpine 1680, — Persée, 1682, — Pkaiton, 1683, — Amadis, 1684, — Roland, 1685, — Armide, 1686; — de Campistrou : Acia et Galaikée, 1686; — Achille, 1687; — de Foateaelle : Thétia et Pelée, 1687, — Énêe et Lavinie, 1690.

IL— Nicolas Malebranche [Paris, 1638; f 1^15. Paris].

!■> Les Sources. — Fontenelle, Éloge de Malebranche; — Tabaraud. article Malebranche dans la Biographie universelle.

Cousin, Fragments de philosophie moderne; — Francisque Bouillier. Histoire de la philosophie cartésienne, 1854; — Sainte-Beuve dans son PortSoyal, Liv, Vl, chap. vet vi; — Blampignou, Élude tur Malebranche, Paris, 1861; — L, OlLê-Laprune, la Philosophie de Malebranche. Paris, 1870,

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LA KATIONALISATION DE LA LITTéRATCRB 391

Racine, — tes Montfleury, les Poisson, Dancourt, qui débute, exposent leurs a turlupinades ». La Fontaine, rendu par la disparition ou l'éloignement de s«h anciens amis à son vrai tempérament, n'écrit plus guère que des Contes; et quels Contes, si l'on songe qu'il a passé la soixantaine! Le vieux Saint-Evremond, de l'autre cdté du détroit, l'encourage. On se grise royalement, au Temple, chez les Vendôme, où d'ailleurs ce n'est pas ce que l'on fait de pis. Les princesses du sang fument la pipe. Et pour qu'enfin à tous égards les dernières années du siècle ea ramènent le commencement, après ou avec les débauchés et les précieux, ce sont maintenant les e libertins » qui rentrent à leur tour en ligne.

Le Pire André : Vie du Père Malebranehe, publiée par le Père Ingold, Paris, ]SS6.

1" Lb Philosophe; — et avant tout, du juste hommage qu'il con- TÏent de rendre A l'écriraiD. — Bel ëloge que Daunou, — se souvenant d'avoir été lui-rnSme de l'Oratoire, — a fait du style de Mâlebranche [Cour» d'étadea historiques, VI et XX]. — Simplicité parfaite; — naïveté ; — éloquence ; — et surtout aisance de ce style. — d'autant plus admirable que tes matières qu'il traite sont plus éloignées de l'usage commun. — Il n'y a pas en français de style philosophique comparable à celui de Malebranehe.

Le disciple de Descartes [Cf. son Éloge, par Fontenelle] \ — et que la philosophie de Malebranehe est un essai de conciliation du christianisme et du cartésianisme. — - Confiance démesurée de Malebranehe dans le pouvoir de la raison, — et dans sa capacité d'expliquer ■ naturellement • l'inexplicable. — Son optimisme ; — et que, e'il lui vient de Descartes en droite ligne, — il n'eu est pas pour cela plus conforme k la conception chrétienne de la vie. — L'idée de la Providence dans la philosophie de Malebranehe; — et qu'à peine ditfère-t-elle de l'idée que s'en formaient les stoïciens de l'antiquité. — Que toutes ces théories tendaient à établir la suffisance de la a religion naturelle ■ ; — et qu'en effet, contre son gré sans doute, l'influence de Malebranehe a produit ce résultat.

Lescritiquesde Malebranehe; — Arnauld, — Bossuet, — Fénelon, — Leibniz; — une Relire de Bossuet [21 mai 1697] à un disciple du

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Un seul homme eût peut-être pu leur faire tête, les contenir et leur imposer : c'est Bossuet, qui ne prêche plus, à la vérité, qu'en de rares occasions, mais qui prononce pourtant, en 1685, 1686, 1687, ses dernières Oraisons funèbres; et qui, soulagé ou libéré de l'éducation du Dauphin, donne précisément alors presque tous ses plus grands ouvrages. Le Discours sur l'histoire universelle est de 1681, et VHistoire des variations des églises protestantes est de 1688. C'est le premier surtout qu'on loue. Mais il faut dire du second que l'on n'a pas écrit de plus beau livre en notre langue, sî d'abord il contient, comme les Provinciales, d'impérissables modèles de tous les genres d'éloquence, et qu'encore il ait sur elles cet avan-

P. Malebranche. — Pénelon r^fiite le Traité de la nature et de la grâce. — Qo'ils en ont surlout à la théorie de l'action de Dieu par

a lea voies gënërales o, — i l'abri de laquelle Ub voient poindre la théorie de la o stabilité des lois de la nature a ; — c'est-à-dire la négation du surnaturel; — et tomber du même coup la possibilité du miracle; — la nécessité de la révélation; — et l'utilité de la

3» Les Œuvhes. — la recherche delà vérité, 1674-1675;— Conversations chrétiennes, 1676; — Traité de la nature el de la grâce, 1680; — Médilaiiona chrétiennes . 1683; — Traité de morale, 1684; — Entretiens sur la métaphysique, 1688; — Traité de l'amour de Dieu, 1697 ; — Entrelien d'un philosophe chrétien et d'un philosophe chinois, 1708; — Héponses à M, Arnauld, quatre volâmes, dont le dernier est de 1709; — Réflexions sur la prémotion physique, 1715.

Victor Cousin, dans ses Fragments de philosophie moderne, t. II, a publié une importante Correspondance de Malebranche, dontl'intérèt littéraire est de nous le montrer en relations avec Mairan et le groupe de Fontenelle.

Il n'existe qu'une édition de ses Œuvres complètes, en deux volumes in.-4o, Paris, 1837,

Jules Simon a publié en 1871 une édition des Œuvres de Malebranche en quatre volumes, qui contient les Entretiens sur la métaphysique, les Méditations chrétiennes, et la Recherche de la vérité.

LA NATIONAT-ISATION DE LA LlTTÉBATrRB «S

tage d'être an vrai livre, divers et un en toutes ses parties, doDt il n'y a pas une page, ou même une Ugoe, qui ne s'inspire de l'idée de l'ensemble, et ne concoure à en démontrer la justesse. De récentes recherches ont établi que jamais d'ailleurs œuvre de polémique n'avait été plus laborieusement ni plus impartialement préparée [Cf. Rébelliau, Bossuet historien du protestantisme, Paris, 1891]. Et pourquoi n'ajouteriona-nous pas qu'on en citerait peu dont le dessein suit plus noble ou plus généreux, si l'auteur ne l'a conçu qu'en vue de travailler à cette « réunion des églises », qui a été, dès le temps de sa première jeunesse, le plus cher de ses rêves, et qui est demeurée jusqu'à son dernier jour la plus tenace de ses illusions?

lo Lss SouHCBB. — Calendarium CttHananum, 1660-1 687, et Correspondancede Bay\e; — DeBmiiEeanx, Vie de JV. P. Bayle, 1730, dans les dernières éditions da Dictionnaire; — abbé Marsy, Analyse raisonnes des eeuvres de Bayle, 1755; — Ssiote-Beuve, Portraits littéraires, t. I, 1835; ~ L. Feuerbach, Pierre Bayle. ein Beitrag sur Gesehichte der Philosophie und Mcnsckheit, Leipaig, 1838 et 184S ; ~ Uamiron, Essai sur l'histoire de la philosophie en France au XVII'' siècle, Paris, 1846 ; — A. Sayous, la Littérature française à l'étranger, Paris et Genève, t. I, 1853; — Lenient, Etude sur Bayle, Paris, 1855; — Arsèoe Deschamps, la Genèse du scepticisme érudit chez Bayle, Bruxelles. 1878 ; — Emile Gtgas, Choix de la correspondance inédite de Pierre Bayle, Copenhague, et Paris, 1890; — F. Brunetière, Études critiques, V» série, Paris; 1893; — Ch. Renouvier, Philosophie analytique de l'histoire, t. III, Paris, 1897.

2* L* Critique de B».ti.e,

A. La Jeunesse et les premiers e protestantes; — ses études k Pnylai — il se convertit au catholicisme, 1669; protestantisme, 1670; — son départ pour Genève, et ses préceptorats : — chez M. de Normandie; — chez le comte de Dhoua; —

%3k MANUKL DB L HISTOIRE DK LA LITTKRATURR FRANÇAISE

Les Ànerliaaement^ aux protestants, qui complètent ou qui fortifient V Histoire des variations, sont de 1689 et de 1691. Mais ni la « réunion » ne devait aboutir, ni Bossuet, en dépit de aon éloquence et de l'autoriié de sa dialectique, ne devait réussir à retarder beaucoup les progrès du « libertinage ».

Ce n'est pas certes qu'il ne les eût vus, et tant de passages qu'on pourrait extraire de aon œuvre suiEsent à le prouver [Cf. notamment le Sermon sur la divinité de la religion, 1665 ; le Discours sur l'histoire universelle, II' partie, 1681; et VOraison funèbre d'Anne de Gonzague, 1685]. Il a très bien vu, du premier coup d'ceil, oii tendait l'exégèse de Richard Simon, ce qui n'était pas si

■ou retour en France, 1674. — Bayle professear de philosophie k l'acadéinie protestante de Sedan, 1675-1681 [Cf. son Cursua pkilo' tophiw, et Bourchenin. les Académies protestantes]. — Suppres- BÏon de l'académie de Sedan. ~ fiayle s'établit à Rotterdam, 1681,

— comme professeur libre de philosophie, pensionné par la ville.

— Publication des Pensées tur la eomèle, 1682, — et de la Critique générale de l'histoire du calvinisme du Père Maimbourg. — Caractère singulier de ces deux ouvrages ; — dont la forme est en retard; — et les idées sont en avance de trente ou quarante ans sur celles de ses contemporainB. — Bayle entreprend la publication des Nouvelles de la République des lettres, 1684. — C'est un journal on une i Revue » sur laquelle il faut se garder de le juger : — a Je n'y faisais point de critique, a-t-il écrit lui-même, et ne voyais dans les livres que ce qui pouvait les faire valoir, v — Révocation de l'Ëdit de Nantes. — Bayle public ses deux pamphlets : Ce que c'est que la France toute catholique sous le règne de Louis le Grand, 1686; et le Commentaire philosophique sur le Compelle tnirare, 1686. — Indignation du parti protestant, et de Jurieu en particulier. — L'adversaire de Bossuet n'est pas moins celui de Bayle;

— auquel il reproche amèrement de a prêcher le dogme de l'indifférence des religions et de la tolérance universelle o. — Bayle se cache d'être l'auteur de son livre; ^- en parle lui-même avec ironie dans ses Lettres; — se plaint dans ses Nouvelles qu'on le lui impute; — et inaugure ainsi la tactique assez déloyale qui sera

LA NATIONALISATION BK LA LtTTÉtlATttlb îtt

facile à voir, en 1678; et il a pressenti, puisque l'expresfiîon est de lui, « le grand combat qui se préparait contre i'Ëglise sous le nom de cartésianisme », dès 1687. Il ne s'est pas trompé non plus quand il a cru que, si l'on voulait opposer aux progrès du libertinage une résistance eOicace, il fallait que l'on commençât par rassembler en un seul corps les membres épars de l'Eglise; et c'est un point sur lequel non seulement le temps, mais aussi les aveux de l'ortbodoxie protestante lui ont donné raison. Pourquoi donc a-t-il échoué ? En premier lieu parce que les protestants, qu'encourageaient à ce moment même les succès de la grande guerre de la ligue d'Âugsbourg, ont espéré qu'ils profileraient de tout ce que perdrait le

celle de Voltaire. — 11 a le < courage de ses opinions a, et la peur de leurs coDaéquences. — De l'AvU aux réfugiés, 1690; — et si Bajle en est l'auteur (Cf. Sayous, Littérature française à l'étranger]? — lutérèt de la question. — La polémique s'enie* nime entre Bayle et Jurieu. — Jurien l'accuse d'athéisme; — les ■ miniatreH protestants u relèvent k l'appui de l'accaaatioa de Jurieu les passages caractéristiques des Pensées sur la comète; — les magistrats de Rotterdam enlèvent à Bayle sa pension; — et sa permission d'enseigner. — Passage cnrieui d'une lettre de Bayle [28 décembre 1693], — d'où il résulte qne c'est en lui le cartésien qu'on a surtout voulu frapper : — « Les roiaistres de Rotterdam...., dit-il, sont entités d'AristOte, qu'ils n'entendent pas, et ne peuvent ouïr parler de Descartes sans frémir de colère. •

B. Le Dictionnaire historique et critique. ^- La première intention du Dictionnaire [Cf. le projet de 1692]; — et qu'elle était d'un pur érudit; — n'ayant en vue que de dépister et de rectifier les erreurs des autres Dictionnaires. — Mais le projet se transforme en avançant; — des rancunes s'y mêlent; — et Bayle s'avise que < la découverte des erreurs n'est ni importante ni utile à la prospérité des Etals >. — Il contracte en outre, dans ane étnde plus approfondie des systèmes et de l'histoire, l'espèce de scepticisme qne cette étude engendre; — et, i cet égard, comparaison de Bayle et de Montaigne. — Mais il est encore plus frappé, — depuis que Descartes a passé par là, — des obstacles que les pré> IS

l'hISTOIRB AB la LiTTÉBAI-tIRe rBAKÇAISB

catholicisme, ce qui s'est trouvé politiquemeot vrai, mais moralement faux. Et encore, parce qu'au lieu d'accepter la discussion sur la question de l'Eglise, qui était capitale, ils ont dérivé la controverse sur des questions secondaires, comme celle de l'authenticité des livres deutérocanoniques [Cf. Leibniz, Œuvres, édition Foucher de Careil, t. I et IIj, ou de l'époque de la formation du dogme de la Trinité [Cf. Jurieu, Lettres pastorales^. Et enfin et surtout, parce qu'avec cette sorte d'ingénuité qui le caractérise, Bossuet a trop imprudemment suivi ses adversaires sur un terrain où l'opinion laïque, perdant pied, ne s'est plus sentie juge des coups ni seulement partie dans la bataille.

jugés, la coatume, la tradition, — opposent aux progrès de la raison; — et. in sensible m eut, d'une « chambre d'assuraoces de la république des letlres contre l'erreur t; — le Dictionnaire devient r arsenal du rationalisme.

Le contenu du Dictionnaire. — Lacnnes singulières qu'on y remarque; — it n'y a point dans le Dictionnaire historique d'irticles sur Sacrale, sur Platon, sur Cicéron, sur Thomas d'Aquin, sur Descartes, sur Pascal; — ni généralement sur les auteurs dont le dogmatisniG eût gêné les opinions de Bayle; — mais en revanche il y en a sur Épicure, sur Anaxagore, sur Zenon d'Élée, sur Lucrèce, sur Xénopbane, sur Erasme; — et, par hasard, ce sont les plus développés. — La clef du Dictionnaire de Bayle. — Il se propose, en entrechoquant les leçons de la religion et les enseignements de ta raison [Cf. les articles Manichéens et Prrrkon],

d'ébranler fondamentalement le dogme de ta Providence [Cf. les articles Rorarius, Timoiéon, Lucrèce]; — et d'en conclure que l'humanité ne doit tenir compte que d'elle-même dans l'établissement de sa morale. — Comparaison de ce dessein avec celui de Malebranche — et de Spinoza. — Subtilité de la dialectique de Bayle; — et sa manière d'user des a renvois s [Cf. Diderot, dans son article Encyclopédie].

De quelques vices du Dictionnaire; — et particulièrement du goût de Bayle pour lea disputes oiseuses [Cf. les Dotes des articles Achille, Amphitryon, Lityolà] ; — pour des formes d'impiété

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LA. HATlONALISÂtION DB LÀ LITTiRATURB iil

C'est ce qui lui est égniemciit arrivé dans la querelle du quiétisme. Assurément, dans cette querelle mémorable, — ob il y allait, comme il disait, de toute la religion, — on ne saurait trop admirer ce qu'il a déployé de vigueur, d'éloquence, et d'ardeur passionnée. C'est dans son Instruction sur les états d'oraison, qui est de 1697, que sont en quelque sorte enfouies quelques-unes de ses plus belles pages ; et il n'a rien écrit qui soit d'un style plus vif et plus pressant que la Relation sur le quiétisme, qui est de 1698. La Relation sur le quiétisme est le plus personnel de ses livres, et sous la contrainte qu'il s'y impose pour ne pas oifrir trop de prise à la malignité publique, assez amusée déjà de cette dispute d'évèques, ou

déjà Toltairicnneï [Cf. les notea des articles Adam, David, François d'Assise]; — e[ pour les obscéniUs, — La dissertalion sur les obscénités. — S'il n'y a pas quelque politique dans cette manière de faire? — et qu'il Taut se somenir que Bayle est un hoaiine du ivi" siècle ; — el un érudit. — Du goût des ërudits pour les obscénités. — Qu'en tout cas le moyen a servi comme d'un passeport aux idées les plus hardies de Baylc [Cf. Voltaire dans BOD Candide el Montesquieu daos ses Lettres persanes]. — Succès prodigieux du Dictionnaire; — estime qu'en fait Boileau.

— Il se succède en quarante ans huit éditions de ces gros in-folio [1697, 1702, 1715, 1720, 1730, 1734, 1738, 1740]; — et deux traductions anglaises [1709 el 1734-1741]. — C'est déjà daus le Dictionnaire de Bsyle qu'il faut Toir l'idée et le plan de VEncyclopédie.

C, Les autres œuvres et les dernières années. — La publication du Dictionnaire réveille les ennemis de Bayle. — II est traduit devant le consistoire de Rotterdam', — et il écrit pour se justifier les quatre éclaircissenientB sur les Athées; -~ sur les Manichéens;

— sur les Obscénités; — sur les Pyrrhoniens. — Observations à ce propos sur la « tolérance protestante d et la o liberté de Hollande B. — Les Réponses aux questions d'un provincial, 1703; — et la Continuation des Pensées sur la Comète, 1704, — La théorie do l'incompétence du consentement universel; — et le chapitre ; ■ Qu'il n'est point sûr que les impressions de la nature soient un

S!8 SIAKrBL SE L'BISTOIRS t>B Là. LITTËRATURB FRANÇAISE

sent gronder l'indigaatioa, la colère même de rhonnèle homme odieusement trompé. On < s'arracha » la Relation sur le quiétisme, et on la « dévora ». La victoire suivit ^.e près, et le quiétisme fut condamné. Mais pendant cinq ans entiers une question de théologie pure, et de théologie mystique, n'en avait pas moins détourné Bossuet d'un objet peut-être plus urgent. Ici encore, l'opinion s'était désintéressée d'une lutte dont elle comprenait si peu la violence qu'elle en avait cherché et trouvé des raisons aussi peu honorables pour l'un que pour l'autre des combattants, a Je vous assure, écrivait la princesse palatine, que cette querelle d'évêques n'a trait à rien moins qu'à la foi. » Elle citait l'épigramme :

sigoe de vérité s [Cf. Continuation, ch. 23 et 2i]. — Mort de Bayle. — Dignité parraite de sa rie. — Sod désiotéressemeat. — Il n'a ea que des vices intellectuels; — et comme Spinoza, — [juoiqne d'ailleurs son existence ait eu moins de noblesse, — il est l'un des premiers chez qui le libertinage des moeurs — n'ait pas été l'occasion du libertinage de la pensée. — Importance de ce fait [Cf. Bossuet et Bourdaloue contre les libertins]; — et combien il a contribué i la propagation des idées pbiloso- . phiques de Bayle.

3° Les Œuvres. — Nous avons énuméré les principales ÛEutres de Bayle, et nous n'avons plus à y ajouter qu'une volumineuse et intéressante Correspondance.

La meilleure édition des Œuvres est la grande édition de 1727, 1731. en 4 volumes in-folio, La Haye, cliez Husson, Jobnson, Gosse, etc. [réédition de 1737, contenant environ 150 leltres de plus]; — et la bonne édition du Diclionnaire, celle de 1720, en i volumes également, Rotterdam, cbez Michel Bohm.

Beucbot a donné en 1S20 une édition du Dictionnaire, enrichie des commentaires ou des observations de tous ceux qui ont repassé sur les traces de l'auleur, Prosper Marchand, Chaufepié, Leclerc, Joli, elc, en seize volumes, cbez Desocr.

On ne saurait trop regretter qu'il n'existe pas de modernes éditions des Œuvreê. et, au moins, du célèbre Avis aux rifagiés ou des Pensées sur la comète.

DE LA LITTÉRATUtlB 3»

Dans ces combats où nos prélats de France

Semblent chercher la vérité.

L'un dit qu'on détruit l'espérance,

L'autre que c'est U charité.

C'est la foi qu'on détruit et persouoe n'y pense.

Et finalement, à l'ombre de la controverse, le libeitinage grandissait de tout ce que la religion perdait de prestige et d'autorité.

Car tandis qu'il semblnit qu'on livrât ainsi « le secret du sanctuaire u [Cf. Diderot, Apologie pour Vabbé de Prades], le cartésianisme était là, qui n'attendait que l'instant de s'insinuer dans la place, un cartésianisme dégénéré, si l'on veut, de la vraie pensée de Descartes, mais on cartésianisme logique, logiquement déduit des prîn<

tV. — Bernard le Bouvier de Fontenelle [Rouen, 1657;

■[■ 1Î57, Paris].

1" Les Soubces. — Grimm, dans sa Correspondance littéraire, février 1757 ; — abbé Trublet, Mémoires pour servir à l'histoire de la vie et des ouvrages de M. de Fontenelle. 2° ddit., Paris, 1761 ; — - Villenave, Notice, en tèle de son édition des Œuvres de Fontenelle, Paris, 1818; — Garât, Mémoires sur la vie de M. Suard, Paris, 1820;—- Flourens, Fontenelle ou de la philosophie moderne, Paris, 1847; — Sainte-Beuve, foniene/ie, dans les Causeries du lundi, t. III; — J. Bertrand, l'Académie des sciences de 1666 à 1793, Paris, 1869.

2" L'HoHHE BT L'ÉcitivAin. — Le Cydias de La Bruyère, — et que La Bruyère n'a pas assez vécu pour connaître et apprécier le vrai Fontenelle. — Universalité de Fontenelle; — il a fait des tragédies, des égloguea, des opéras, des comédies; — - et des dissertations, des dialogues, des romans, des travaux qui confinent aux travaux d'histoire et de critique. — Son trait caractéristique est d'avoir été « un homme d'esprit u, — dscs tous les seos du mot; — c'est-à-dire un bel esprit, un homme spirituel, et presque un grand esprit ; — et qu'il est un remarquable exemple de ce que peut et de ce que ne peut pas l'esprit.

A. Le Bel Esprit. — Le neven de Corneille; — et à ce titre l'ennemi-né de Racine et de Boileaa ; — ses début* littéraires dani

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330 HAItCEl DE l'histoire DE LA LITTÉnATUIlE FRANÇAISE

cipes du philosophe ; et c'est ici qu'il convient d'en montrer la véritable iniluence.

« Toute philosophie, a dit Sainte-Beuve [Cf. Port- Royal, L. IV, ch. 5], quelle qu'elle soit an premier degré et dans son premier chef et parent, devient aDtichrétienne, ou du moins hérétique, à la seconde génération; c'est la loi, ei il faut bien savoir cela, u Le doux, l'éloquent, et le candide Malebranche en peut servir d'un instructif exemple. Disciple non seulement convaincu, mais passionné de Descartes, il s'avise un beau jour de vouloir appliquer les principes de son maître à la démonstration ou au développement des vérités de la foi; et voici tout d'un coup que, par une déchirure du

le Mercure galant, 1677; — il collabore aux opéras de Psyché et de Bellérophon, 1678 et 1679; — sa tragédie A'Aapar [Cf. l"épigramme de Racine]; — les Dialogues de» Morts, 1663; — les Lel~ 1res du chevalier d'Ser,,,, 1683; — et de l'air de famille qu'elles ont avec les Lettres de Voiture. — Éloge que Bayle en fait [Cf. Nouvelles de la République des lettres, 168G, décembre]. — Fon- Icnelle publie ses Entretiens sur la pluralité des mondes, 1686.

— Succès du livre et nature de ce succès [Cf. Garât. Mémoires sur M. Suard\. — Injnstice de L« Bruyère. — Par les Entretiens sur la pluralité, la science entre pour la première fois dans le domaine de la littérature; — ou mène de la conversacion mondaine. — Autres écrits de Fontenelle; — ses Mémoires sur le nombre 9; — ses Doutes sur le système des causes occasionnelles;

— son Histoire des oracles, 1687. — Comment le bel esprit sert i Fonlenelle pour faire passer autant de nouveautés que de hardiesses. — Étendue et diversité du monde où son esprit se meut par rapport A l'étroitesse du monde où s'étaient renfermés les Racine et les Boilean.

B. L'Homme d'Esprit. — Accepliou nouvelle i^ue prend ce mot d'esprit précisément au temps de Footenelle; — et qu'il exprime d'abord l'étendue de U curiosité. — Fonlenelle est curieon de beaucoup de choses; — et du fond des choses [Cf dans ses Dialogues : Laure et Sapho, Agnès Sorel et Roxelane, Sacrale et Montaigne, Anne de Bretagne et Marie Tudor, Brutus et Paustiné\. — En

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rideau, la grande contradictioo apparaît. Oq ne saurait être ensemble chrétien et cartésien ! et il éclate aux yeux que l'universel mécanisme du philosophe est incompatible avec l'idée de la Providence divine. C'est ce tjue Pascal avait si bien vu. C'est ce que voit bien aussi Bossnet, puisque c'est même alors qu'il fait écrire par Fénelon, contre Malebranche, la Réfutation du Traité de la nature et de la grâce. C'est ce que voit eniîn celui qu'on appelle encore en ce temps-lh le grand Arnauld. a Plus je me souviens d'être chrétien, écrit l'un, plus je me sens éloigné des idées qu'il (Malebranche) nous présente »; et le second, à son tour : u Plus j'avance dans ce travail (c'était également une Réfutation du

second liea, un bomme d'esprit est un homme qui ne fait pas des choses plue de cas qu'elles n'en méritent; — et, pour user d'uoe de ses locutions ravoritea, Fontenelle est encore i cet bomme-là > [Cf. daus ses Dialogues : Érasme et Charles-Quint, Alexandre et Pkryné, Guillaume de Cabestan et Frédéric de Brandebourg, Straton et Raphaël], — Son goût pour les Douveautés [Cf. Digression sur les Anciens et les Modernes], — Son indépeadance 1 l'égard de la traditîoD. — Et enfin un homme d'esprit, c'est un homme qai voit les liaisons ou les appartenaoces des choses [Cf. Vffistoire des oracles]; — et qaî en suggère à son lecteur d'autres encore;

— de plus inalteadues ou de plus éloignées. — Comment Foatenelle fait penser-; — et qu'uue part de son esprit consiste dans la finesse; ' — et dans la portée de ses sou s- entendu s.

C. Le Grand Esprit; — et qu'il a suffi i Fontenelle pour en mériter le nom d'appliquer soo esprit i de grandes choses. — La Préface de VBistoire de l'Académie des sciences, 1699. — Elle est peut-ïtre la première expression littéraire qu'il j ait de l'idée ■ de la solidarité des sciences t; — et de la a constance des lois de la nature >. — Les Éloges de Fontenelle [Voyez plus particulière^ ment les éloges de Vauban, d'Argenson; !Vei'-ton, 1727, Boerhaave, Malebranche, heibnitz]; — souplesse d'esprit dont ils témoignent;

— capacité de comprendre beaucoup de choses; — et de les réduire sons le même point de. Tue. — Croissante autorité de Pontenelle parmi les savants; — dans le monde; — parmi les gens

Ul MANUEL Dl l'histoire DE LA LITTÉBATUBB FRANÇAISE

Traité de la nature et de la grâce), plus je suis touché des reaversetnents que ces imagioatioas métaphysiques font dans la religion, d Mais tous avez nais bien du temps à vous en apercevoir, â grand docteur! et puis vous avez d'autres qualités, mais vous n'avez pas pour vous ce style, le style abondant, fiuide, et eoveloppaut du Père Malebrauche. On ne vous Ut poiut, et on le lit. Vous avez contre vous maintenant l'écrivain, ie véritable écrivain, le grand écrivain qui avait manqué jusqu'alors au cartésianisme! Ainsi, Malebranche fait école. Tandis que Bos- Buet et Fénelon s'épuisent en d'autres combats , lui, continue son œuvre du fond de sa petite chambre, et cette œuvre consiste à humaniser, — nous dirions à

de lettres. — Derniers ouvrages de FooleDelle ; — sa Vie de Corneille. 1729; — ses Réflexions sur la Poélique; ~ sa Théorie des tourbillon» cartésiens, 1752. — En combieo de points Fontenelle annonce Voltaire; — par combien de traits; — et que Ini a-t-il manqaé pour jouer le rOle de Voltaire?

Il lui a manqué un ceruin degré d'originalité d'abord, — et Burtout un certain degré de conviction. — Le mot de M"' de Tencin : • C'est de la cervelle que vous avez à la place du cœur» ;

— et, A ce propos, du scepticisme de Fonteuelle; — qui ne cousiste pas tant a croire qu'il Boit impossible d'atteindre la vérité;

— qu'i la croire d'esBence aristocratique; — incommunicable k la foule; — et d'ailleurs assez inutile. ^~- Comment le bel esprit se retrouve dans cette conception de la vérité; — le mondain et l'épicurien. — Si ce n'est pas cette philosophie qui a empêché FoDtenelle de ae concentrer dans une grande œavre? — les Fragments d'un traité de la Raison humaine ; — et qu'en tout cas elle l'a empêché d'eiercer l'influence qu'il n'eût d'ailleurs tenu qu'à lui d'exercer. — Mais que, d'autre part, il n'en a pas moins été, avec Bayle, le grand éducateur de la génération des Encyclopë-

3» Les CEvvKBS. — Le» Œuvres de FoDienelle étant trop peu connues, nous croyons devoir ici rapidement indiqgcr le contenu des buit volumes de l'édition de 1790.

T. I. — Pièces relatives i la biographie de Footeoelle; — Dia-

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Ul NATIOMALlSfcTION DE LÀ LITTinATUnB SSJ

« laïciser », — ce que la doctrine chrétienne offre de plus dur ou de plus contraire à la raison. 11 adoucit le dogme de la chute ; il adoucit la doctrine de la grâce ; il relègue Dieu loin du monde, loin des affaires des hommes ; il a une i'açon d'interpréter le surnaturel qui n'en fait qu'une conformité plus lointaine aux lois de la nature; et à tout cela les contemporains ne s'y sont pas trompés : ils ont reconnu le cartésianisme.

Ils le reconnaissent encore dans le scepticisme ou le criticisme de ce Pierre Bayle, — donton ne consulte guère aujourd'hui que le grand Dictionnaire, — mais dont les Pensées sur la comète sont de 1682. Nul ouvrage n'a fait plus de bruit en son temps ni apporté plus d'aide au parti

logues des mort» anciens, — Dialogues de» morts ancien» avec le* moderne».

T. II. — Entretien» sur la pluralité de» Monde»; — Théorie de» tottrhillons. — Histoire des Oracles. ■

T. III. — Histoire du Théâtre français; — Vie de Corneille; ~ Réflexions sur la Poétique; — Description de l'empire de Poésie [Ct'. la carte du pays de Tendre]. — On y trouve les ligues suivantes, qui allaient évidemment (1678) à l'adresse des Racine et des Boileau : o La Haute poésie est habitée par des gens graves, mélaucoliques, refrognés, et qui parlent un langage qui est à l'égard des autres provinces de la poésie ce qu'est le bas-breton à l'égard du reste de la France s. — Les Opéras de Fonlenelle, et ses tragédies, dont nne en prose, complètent le volume,

T. IV. — Les Comédies, au oombre de huit : Maeale, le Tyran, Ahdolonjm», le Testament, Henriette, Ljsianasse, la Comète et Pygmalion, dont sept en prose, et la dernière seulement en vers. T. V. — Les Églogue», au nombre de dix; — les Poésies; — la Digression sur les Anciens et les Modernes; — les Fragment» d'un traité de la raison humaine; — et quelques autres opuscules du même genre badin et philosophique.

T. VI, VII. Les Éloges.

T. VIII. — hei Doutes »ur le »y»tème des causes occa»ionneUes . — les Lettres galante» du chevalier d'Her...; — et les Lettre» de FonlencUe.

lU HAMnitL DE l'histoire DE LA LITTÉRATURE FRANÇAISE

du libertinage. Or, qu'est-ce, en trois mots, que le critîcisme de Bayle, sinon une extension du doute cartésien à ces matières dangereuses que Descartes avait adroitement réservées, et comme exceptées de l'application de sa méthode? Enfermé, lui aussi, dans son « pofile de Hollande », armé de son cartésianisme, ce que Bayle ose le premier soumettre à l'analyse de sa critique dissolvante, c'est la religion, c'est la morale; et d'abord vous diriez qu'il ne critique et qu'il ne doute que pour le seul plaisir de douter ou de critiquer. Mais regardez-y de plus près; et pesez attentivement quelques-unes des conclusions. Il ne fait point de paradoxe,et il sait parfaitement ce qu'il dit, quand il écrit a qu'il vaut mieux

Il existe des Œuvre» de Fontendle une édition moderoe, soa« la date de 1817.

Les Entreliens sur la pluralité des mondes et les Éloges ont été plusieurs fois réimprimés de nos jours.

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