‹ Manuel de l'histoire de la littérature française (volume 3)Chapitre 70 sur 94 · VIII. — Hugues-Félicité-Robert de Lamennais [Saint · texte numérisé non relu

VIII. — Hugues-Félicité-Robert de Lamennais [Saint

Malo, 1783; f 1854; Paris].

1° Les Sources. — Correspondance de Lamennais; — Sainte- Beuve, dans ses Portraits contemporains, 1832, 1834, 1836; et Nouveaux lundis, t. I, 1861, et t. XI, 1868.

Censure de cinquante-six propositions extraites des écrits de M. de Lamennais... par plusieurs évêques de France, Toulouse, 1836; — l'Encyclique Mirari vos... dans les Pièces justificatives des Affaires de Rome, 1836-1837; — et l'Encyclique Singulari nos... au même lieu. [Cf. Chateaubriand, dans ses Mémoires d'outretombe, t. VI].

Ange Blaize, Essai biographique sur M. de Lamennais, 1857; — Ernest Renan, Lamennais et ses écrits, 1857 [dans ses Essais

nales » ont de plus national ; et l'universalité qu'il vise est une universalité, non d'abstraction ou de généralisation, mais de composition, sous la loi de laquelle chaque élément, non seulement n'abandonnera rien de son originalité, mais la développera par l'effet même de son contraste avec les autres.

A cette évolution de la critique répond une évolution parallèle de l'histoire, ou plutôt les deux n'en sont qu'une, si l'espace et le temps, comme Kant vient de le démontrer, ne font ensemble qu'une seule et même catégorie de la raison pure. Le sentiment de la diversité des lieux est inséparable du sentiment de la diversité des époques; et tous les deux, en s'unissant, constituent la

de morale et de critique}; — E. Forgues, Notes et souvenirs, en tête de la Correspondance de Lamennais, 1859; — Edmond Scherer, Lamennais, 1859 [dans ses Mélanges de critique religieuse]; — Louis Binaut, Lamennais et sa philosophie, dans la Revue des Deux Mondes du 15 août 18<"0; — Ravaisson, Rapport sur les progrès de la Philosophie en France au xixe siècle, 1868; — P. Janet, la Philosophie de Lamennais, 1890; — E. Spuller, Lamennais, Paris, 1892; — A. Roussel, de l'Oratoire de Rennes, Lamennais, d'après des documents inédits, Rennes, 1892; — F. Brunetière, Nouveaux Essais sur la littérature contemporaine, Paris, 1893; — Mercier, S. J., Lamennais, d'après sa correspondance et de récents travaux, Paris, 1893; — P. Lecanuet, la Jeunesse de Montalembert, Paris, 1896; — Yte de Meaux, Montalemhert, Paris, 1897; — Ern. Faguet, Politiques et Moralistes, t. II, Paris, 1898.

2° Le rôle de Lamennais ; — et que peut-être il n'y en a pas eu de plus considérable, en notre temps, dans l'histoire des idées religieuses.

Origine et première éducation de Lamennais. — Ses premiers écrits : les Réflexions sur l'état de l'Église en 1808, supprimées par la police impériale; — et le livre de la Tradition de l'Eglise sur l'institution des évêques, 1814. — Séjour en Angleterre, 1814- 1815; — et publication du premier volume de l'Essai sur l'indifférence en matière de religion, 1817. — Emotion qu'il excite; — et qui augmente encore par la publication du second volume en 1821.

couleur locale. C'est à Augustin Thierry qu'il faut faire honneur d'en avoir révélé l'importance à ses contemporains; et, sans rien vouloir ôter de leur mérite à Vitet, pour ses Etats de Blois, ou à Vigny pour son Cinq-Mars, il faut pourtant nous souvenir que Cinq-Mars et les Etats de Blois ont été précédés, en 1825, de Y Histoire de la Conquête de l'Angleterre par les Normands . On a mesuré trop étroitement sa place à Augustin Thierry dans l'histoire de la formation des doctrines romantiques; et il est temps enfin de la lui faire, si, de toutes les conquêtes du romantisme, il se pourrait que ce fût lui qui eût réalisé l'une des plus durables.

Sommes-nous tenus de la même réparation envers les

— Lamennais, attaqué par une partie du clergé français, — est défendu par J. de Maistre et par Bonald [Cf. de Maistre, Correspondance, septembre 1820, et Bonald, dans ses Mélanges]. — Il répond lui-même aux attaques dans sa Défense de l'Essai sur l'indifférence, 1821 ; — dont le premier effet est de lui susciter de nombreux ennemis à Rome. — Le voyage de 1824. — Retour en France. — Fondation du Mémorial catholique et de « l'Association pour la défense de la religion ». — Publication du livre sur les Progrès de la Révolution et de la guerre contre l'Église, 1828-1829.

— Luttes de Lamennais contre M. de Frayssinous et M. de Valimesnil. — La révolution de 1830 et la fondation du journal l'Avenir.

— Difficultés nouvelles. — Second voyage à Rome, 1832. — Soumission de Lamennais, dissolution de l'Association catholique, et suspension définitive de l'Avenir, 1832 [Cf. Affaires de Borne]. — Situation difficile de Lamennais. — Il publie ses Paroles d'un croyant, 1834. — Effet prodigieux du livre [Cf. Sainte-Beuve, Portraits contemporains, 1834]. — L'Encyclique Singulari nos... 1834, et la condamnation de Lamennais. — Il y répond par la publication du livre sur les Affaires de Rome, 1836, — qui clôt la première série de son œuvre et la première partie de sa vie.

Si la seconde partie de cette vie diffère de la première aussi profondément que l'a cru Lamennais lui-même? — et qu'à vrai dire en changeant de moyens, — on pourrait presque soutenir qu'il n'a pas changé véritablement d'objet.

Qu'en effet ce qu'il s'est proposé, c'a été d'établir la souveraineté

rédacteurs du Gfobe? et au contraire, dans presque toutes les histoires de la littérature, n'a-t-on pas un peu surfait le personnage des Ampère et des Rémusat, des Dubois et des Magnin? Gœthe, qui les lisait de près, avec une attention et une assiduité que soutenait la manière dont ils parlaient de lui, les trouvait « hardis au suprême degré! » [Cf. Entretiens avec Eckermann, traduction Délerot, I, 241]. Les hardiesses de Jean- Jacques Ampère et de Charles Magnin nous font plutôt aujourd'hui sourire ; et quelle page pourrions-nous citer d'eux? Disons donc tout simplement qu'ils ont eu leur part d'influence, comme continuateurs, eux aussi, de Mme de Staël; et encore pour avoir posé le principe de la distinction des

de la religion parmi les hommes; — et là même est le sens de l'Essai sur l'indifférence; — et comme il y en a plusieurs moyens;

— il a d'abord invoqué contre le progrès croissant de l'irréligion « l'alliance des vieilles souverainetés ». — Mais, s'étant aperçu que les vieilles souverainetés ne voulaient retenir de la religion que ce qu'elles croyaient utile à leurs intérêts ; — et voyant que par là même la défiance qu'elles inspiraient aux partis s'étendait jusqu'à la religion; — il a voulu séparer la religion de la politique;

— et, selon la juste expression de Renan, c'est alors qu'il a essayé de constituer la religion elle-même en parti; — et ce sont ici les commencements de ce qu'on a depuis lors appelé « le catholicisme libéral ».

Rome a refusé de le suivre ou de se laisser entraîner dans cette voie; — pour des raisons dont elle était seule juge; — et qui avaient bien en 1836 leur valeur politique. — Lamennais a rompu avec la Papauté pour des motifs qu'il a donnés lui-même [Cf. Affaires de Borne] ; — et c'est ainsi qu'il s'est trouvé amené à poser la question dans les termes suivants : « Qu'est-ce que le christianisme dans ses relations avec les sociétés humaines? Quel en est le caractère? Quel ordre de pensées et de sentiments a-t-il développé dans le monde? Sur quelles idées fondamentales de droit et de justice a-t-il établi les rapports des hommes entre eux? » — Mais qu'à la question posée en ces termes, — lesquels supprimaient tout simplement l'histoire, — il ne pouvait faire qu'une réponse; — lui qui jadis avait fondé la religion même sur l'auto-

œuvres qui sont « littéraires », et de celles qui ne le sont pas. A cet égard, on pourrait dire que la théorie de l'art pour l'art est en germe dans leurs écrits, quelque surprise qu'ils dussent un jour éprouver de l'en voir sortir. Ils ont aussi aidé le romantisme à s'émanciper d'une tutelle politique qui commençait à lui devenir pesante. Et pour toutes ces raisons, on ne leur disputera pas, quand on ne les lira plus, la reconnaissance que l'on doit à ceux qui ont aimé sincèrement les lettres, et qui les ont fidèlement servies, — sans les avoir beaucoup illustrées. Dans les articles du Globe, — comme à la Sorbonne, vers le même temps, dans les cours de Villemain, de Guizot, de Cousin, — l'ancienne et la nouvelle

rite du « consentement universel v ; — et cette réponse était qut le christianisme et la démocratie ne sont qu'un.

C'est l'origine de ce que nous avons appelé depuis lors le t christianisme social » ou le c socialisme chrétien » ; — dont la pente irrésistible est vers le socialisme pur, — dès qu'il se sépare de l'autorité et de la tradition. — Mais nous n'en revenons pas moins au même point; — et l'erreur de Lamennais ne consiste point à s'être contredit; — mais à avoir voulu établir entre les deux termes de religion et de démocratie, — une identité qui les rendît en tout temps convertibles l'un en l'autre; — ce qui le condamnait donc lui-même à n'être qu'un pur démocrate, — si l'Eglise refusait d'admettre cette identité.

Des autres écrits de Lamennais; — et combien ils sont au-dessous des premiers, — si l'on met toutefois à part son Esquisse d'une philosophie, 1841-1846 ; — dont on a dit avec vérité qu'elle était « une philosophie de l'évolution » [Cf. Paul Janet, la Philosophie de Lamennais] ; — et qui contient d'ailleurs quelques-unes de ses plus belles pages [Cf. son Esthétique]. — Mais ses grandes œuvres demeurent ses premières œuvres; — et c'est d'après elles qu'il faut juger l'écrivain; — qui offre cette singularité d'être l'un des moins « personnels » qu'il y ait dans son style; — tout en étant l'un des plus oc entiers » dans ses idées; — et l'un des plus puissants de ce temps. — Qu'aussi bien sa manière, très dure à ses débuts, dans l'Essai sur l'indifférence, t. I et II, — s'est détendue à mesure qu'il avançait en âge [Cf., dans les Affaires de Rome, ses

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esthétique ont essayé de se réconcilier, — la critique universitaire et la critique romantique; — et elles n'y ont qu'à moitié réussi.

On a donné du romantisme, on en donne encore tous les jours de nombreuses définitions, et elles contiennent toutes, ou presque toutes, une part de vérité. Mmo de Staël avait raison quand, dans son Allemagne, elle posait en principe que, « le paganisme et le christianisme, le Nord et le Midi, l'antiquité et le moyen âge, la chevalerie et les institutions grecques et romaines » s'étant partagé l'histoire de la littérature, le romantisme était donc, par contraste avec le classicisme, tout à la fois le chevaleresque, le moyen âge, les « littératures du Nord » et le christia-

descriptions de voyage] ; — et que, s'il y a du pastiche, — et de la déclamation dans les Paroles d'un croyant, — il y a aussi de la poésie.

3° Les Œuvres. — Il existe deux éditions des OEuvres complètes de Lamennais, l'une en douze volumes, Paris, 1836-1837, P. Daubrée et Cailleux ; — et l'autre en dix volumes, Paris, 1844, Pagnerre; — toutes les deux fort incomplètes, mais surtout la première, en raison même de sa date.

On y ajoutera donc Amschaspands et Darwands, 1843; — le Deuil de la Pologne, 1846; — son Esquisse d'une philosophie, 1841-1846; — ses Mélanges philosophiques et politiques, 1856; — sa traduction des Evangiles; — et sa traduction de la Divine Comédie [posthume], 1855-1858.

Enfin, de sa Correspondance, très incomplète encore, on a publié deux vol. en 1859, Paris, chez Paulin; — deux vol. en 1866, Paris, chez Dentu ; — un vol. en 1884 (Correspondance avec M. de Vitrolles), Paris, chez Charpentier; — un vol. en 1897 (Lettres à Montalemhert), Paris, Perrin; — et un vol. en 1898 (Lettres à Benoit d'Azy) chez Perrin. — Une série de Lettres à Em. d'Alzon a paru enfin dans la Revue bleue.

IX. — Stendhal (Marie-Henri Beyle) [Grenoble, 1783; f 1842, Paris].

1° Les Sources. — Journal de Stendhal, Paris, 1888; Vie de Henri Brûlard, Paris, 1890; Souvenirs d'égotisme, 1892. ouvrages

nisme [Cf. De V Allemagne, IIe partie, chapitre II]. Et il faut noter, à ce propos, qu'environ trente ans plus tard, Henri Heine, dans le livre où il refera celui de Mme de Staël, ne donnera pas du romantisme une idée si différente! Mais Stendhal n'avait pas tort, lui non plus, quand il écrivait en 1824 : « Le romantlcisme est l'art de présenter aux peuples les œuvres littéraires qui, dans l'état actuel de leurs habitudes ou de leurs croyances, sont susceptibles de leur donner le plus de plaisir possible » [Cf. Racine et Shakespeare}. On a seulement fait observer, sur ce mot, que, si le « romanticisme » n'était que le « modernisme », Racine, Boileau, Voltaire auraient donc été des romantiques à leur heure, ce qui est parfaitement

posthumes, publiés par M. Casimir Stryienski; — R. Colomb, Notice sur la vie et les ouvrages de Bcyle, en tête de l'édition Helzel de la Chartreuse de Parme, Paris, 1846.

H. de Balzac, son article de 1840, à la lin de la même édilion; — P. Mérimée, H. £., Paris, 1850; — Sainte-Beuve, Causeries du lundi, t. IX, 1854; — E. Caro, Etudes morales sur le temps présent, Paris, 1855; — Taine, Essais de critique et d'histoire, Paris, 1857 [L'article ne ligure que dans la 2* édition]; — A. Collignon, l'Art et la vie de Stendhal, Paris, 1868; — A. Paton, Henri Beyle, Londres, 1874; — Emile Zola, Les Romanciers naturalistes, 1881;

— Paul Bourget, Essais de psychologie contemporaine, Paris, 1883;

— Edouard Rod, Stendhal, dans la collection des Grands Ecrivains français, Paris, 1892.

2° L'Écrivain; — et d'abord, ce qu'il y a dans son œuvre de la tradition des idéologues, et même des encyclopédistes. — Les premiers maîtres de Stendhal : Montesquieu, Marivaux, Duclos, Helvétius, Cabanis. — La carrière militaire et administrative d'Henri Beyle, 1800-1814; — et d'une expérience de la vie, rare chez les hommes de lettres, qu'il y a de bonne heure acquise. — Son admiration pour Napoléon [Cf. le Rouge et le Noir, et sa Vie de Napoléon}. — Son long séjour à Milan, 1814-1817 et 1817-1821 [Cf. la Chartreuse de Parme, ch. i, et la célèbre épitaphe : Arrigho Beyle, Milanese]. — Les premiers écrits de Stendhal : Vies de Haydn, Mozart et Métastase, 1814, 2e édition, 1817; — et l'Histoire de la peinture en Italie, 1817. — Ses relations avec lord Byron et avec

insoutenable. Rappellerons-nous encore d'autres définitions ? celle d'Hugo, par exemple, quand, après avoir déclaré, dans la deuxième préface des Odes, en 1824, « qu'il ignorait profondément ce que c'était que le genre classique et le genre romantique », il n'en définissait pas moins le second, trois ans plus tard, dans la préface de son Cronuvell, parle mélange des genres, par l'alternance du sublime avec le grotesque, et finalement par la substitution, comme idéal d'art, de la « recherche du caractère » à la réalisation de la beauté? Et nous avons aussi les définitions ironiques de Musset, dans ses Lettres de Dupuis et Cotonet, 1836, — moins spirituelles à la vérité qu'animées du désir de l'être, — mais qui ne laissent pas d'avoir sur

Dcstutt de Tracy. — Le livre de l'Amour, 1822; — et d'abord qu il est bien un livre du xvm" siècle; — pour la sécheresse et l'ironie continue du ton ; — pour l'affectation du cynisme ; — pour le décousu de la composition; — mais que l'on voit bien que Cabanis a passé par là [Cf. Rapports du physique et du moral]; — et qu'en outre on y discerne deux ou trois éléments originaux et nouveaux;

— qui vont faire de Stendhal un des précurseurs de l'idéal romantique. — Son intervention dans la bataille : Racine et Shakespeare, 1823: — et qu'il n'est pas inutile de savoir que le livre a en partie paru dans une revue anglaise; — s'il porte ainsi témoignage du cosmopolitisme de Beyle. — Les Promenades dans Rome, 1829;

— et le Rouge et le Noir, 1830.

Que, si Stendhal ne les a pas dégagés nettement, il a fourni pourtant au romantisme trois des principes essentiels de son esthétique; — lesquels sont, et sans parler d'une orientation générale de la curiosité vers des littératures étrangères : — ■ 1° le Principe de l'équivalence des arts; — ou du perpétuel échange que la poésie, la peinture et la musique peuvent faire de leurs « moyens » ;

— et conséquemment de leurs effets; — 2° le Principe de la représentation du caractère comme objet essentiel de l'art; — en tant que le caractère est l'expression du « tempérament » physiologique des individus; — et des peuples; — et 3° le Principe de la glorification de l'énergie; — si son admiration pour Napoléon; — pour l'Italie; — et pour l'Angleterre prouve essentiellement sa sympathie pour la résistance des individus aux conventions et aux lois

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toutes les autres ce grand avantage d'être « successives », et ainsi de poser la question comme il faut qu'on la pose. La définition du romantisme n'est pas une question d'étymologie ni de doctrine, mais d'histoire; et le mot de romantisme, n'ayant point en soi de signification qui s'impose, n'est rempli que de la succession de sens dont les hommes et les œuvres l'ont chargé dans l'histoire, c'est-à-dire dans le temps.

Si cependant, de cette multiplicité de sens que lui ont donnée tour à tour les Huç-o et les Dumas, les Vigny et les Musset, les Sainte-Beuve et les George Sand, — pour ne rien dire des moindres, — et de cette diversité de traits nous essayons d'en dégager, d'en isoler,

de la société. — Il est aussi l'un des premiers qui aient fait de la « culture du moi » la loi du développement de l'artiste.

Il a dû à d'autres raisons; — différentes quoique connexes; — de survivre lui-même au romantisme; — et par exemple à son goût du « petit fait » ou du fait précis et « documentaire » ; — à sa tendance à transformer en lois de l'esprit ou de la nature des anecdotes particulières; — à sa manière d'écrire, anonyme ou impersonnelle, mais surtout « analytique » ; — et d'ailleurs à la valeur de quelques-unes de ses observations. — Si cependant la valeur même « documentaire », — et surtout la valeur littéraire de la Chartreuse de Parme, 1839, — sont aussi considérables qu'on l'a quelquefois prétendu? — ou encore, si la profondeur n'en est pas souvent plus apparente que réelle? — et à ce propos d'une étrange facilité que se donnent les ironistes, — qui est de nous faire croire qu'ils pensent dès qu'ils se moquent. — Les dernières œuvres de Stendhal : Vittoria Accoramboni, 1837; — Les Cenci; La duchesse de Palliano, 1838; — L'Ahbesse de Castro, 1839. — La lettre de Stendhal à Balzac, 1840; — et les deux phrases devenues célèbres : « La Chartreuse de Parme est écrite comme le code civil » ; — et : « Je songe que j'aurai peut-être quelque succès vers 1880 ».

3° Les Œuvres. — Les OEuvres de Stendhal comprennent : 1° Ses Romans, que nous avons tous indiqués, à l'exception du premier : Armante, 1827; — ses Chroniques italiennes, 1855; — et Lamiel, publié de nos jours par M. Stryienski, 1888;

et d'en préciser un, dans la dépendance duquel se rangent aisément tous les autres, nous ne saurions avoir aujourd'hui de longue hésitation; et le romantisme, c'est avant tout, en littérature et en art, le triomphe de l'individualisme, ou l'émancipation entière et absolue du Moi. Nous retrouvons ici, victorieuse enfin des obstacles qui l'avaient longtemps contrariée, l'influence de Rousseau et de Chateaubriand. Chacun de nous est son seul maître. L'artiste et le poète, comme tels, n'ont qu'une loi, et, comme hommes, ils n'ont qu'un devoir, qui est de se « communiquer ». Ni leurs contemporains ne sauraient leur en demander davantage, ni eux-mêmes ne pourraient nous le donner, sans manquer au respect dont ils sont

2° Ses OEuvres de critique [critique d'art ou critique littéraire], dont les principales sont : les Vies de Haydn, Mozart et Métastase, 1814-1817 [sous le pseudonyme de Louis César Alexandre Bombet] ; — l'Histoire de la peinture en Italie, 1817, par M. B. A. A. ; — Rome, Naples et Florence, 1817; — Racine et Shakespeare, première partie, 1823; et deuxième partie, 1825; — la Vie de Rossini, 1824; — et Promenades dans Rome, Paris, 1829;

3° Ses OEuvres diverses, dont les deux principales sont : le livre de Y Amour, 1822; — les Mémoires d'un touriste, 1838; — sa Correspondance, dont on a publié deux volumes en 1855; — et un volume de Lettres à sa sœur, 1892.

Ses OEuvres complètes ont été réunies en 13 volumes, d'une part; et de l'autre 4 volumes, intitulés OEuvres posthumes, Paris, 1853- 1855, Calmann Lévy. On y a depuis ajouté : Vie de Napoléon, 1876; et les cinq ou six volumes publiés par M. Casimir Stryienski.

X. — Alphonse-Marie-Louis Prat de Lamartine [Mâcon, 1790; f 1869, Paris].

1° Les Souuces. — Lamartine lui-même, dans sa Correspondance, publiée par Miue Valentine de Lamartine, lre édition, 1873-1875; et 2e édition, 1881-1882 [plus complète, mais très incomplète encore]; — ses Confidences, 1849; — ses Nouvelles confidences, 1851; — ses Mémoires inédits [1790-1815], 1870; — et le Manuscrit de ma mère, 1871.

Sainte-Beuve, Portraits contemporains, t. I, 1832, 1836, 1839; et

comme tenus envers leur propre originalité. Et si nous avons, à diverses reprises, assez insisté sur ce point pour qu'il soit sans doute inutile d'y appuyer encore, nous nous contenterons d'ajouter qu'entre 1825 et 1835 il n'était rien, — depuis l'exemple de Byron jusqu'à 1' « idéalisme subjectif » de Fichte, — qui ne concourût à favoriser ce développement de l'individualisme. C'est donc aussi précisément pourquoi, de tous les caractères du romantisme, il n'y en a pas qui lui soit plus essentiel : j'entends par là qui explique mieux les causes de sa grandeur; — celles de sa décadence; — et la nature de la réaction qu'il devait provoquer.

Guerre au classicisme, liberté, vérité dans l'art, cou- Causeries du lundi, t. I, 1849; et t. IV, 1851; — A. Vinet, Etudes sur la littérature française au xixe siècle, t. Il, 18'»5; — Gustave Planche, dans la Revue des Deux Mondes, juin 1851, novembre 1859; — Cuvillier-Fleury, Dernières études littéraires, 1859; — Victor de Laprade, Le Sentiment de la nature chez les modernes, 1868; Eugène Pelletan, Lamartine, sa vie et ses oeuvres, Paris, 1869; — Ch. de Mazade, Lamartine, sa vie littéraire et politique, Paris, 1870 ; • — Emile Ollivier, Lamartine, Paris, 1S74 ; — Ernest Legouvé, Soixante ans de souvenirs, Paris, 1876; — Ch. Alexandre, Souvenirs sur Lamartine, Paris, 1884; — F. Bruneticre, La poésie de Lamartine, dans la Bévue des Deux Mondes, août 1886; et l'Evolution de la poésie lyrique, t. I, 1894; — Ém. Faguet, XIXe siècle, 1887; — Ch. de Pomairols , Lamartine, Paris, 1889; — Chamborand de Périssat, Lamartine inconnu, 1891; — F. de Reyssié, La jeunesse de Lamartine, Paris, 1892; — Ém. Deschanel, Lamartine, Paris, 1893; — Jules Lemaître, Les contemporains, t. VI, 1895; — Zyromski, Lamartine, poète lyrique, Paris, 1896.

2° Le Poète, — et quelque rôle qu'il ait joué par ailleurs; — comme aussi quelque air de dédain qu'il ait affecté parfois pour sa poésie; — et quelque service enfin qu'il nous ait rendu dans un jour fameux ; — que sa gloire sera toujours d'être l'auteur des Méditations et des Harmonies; — et non celui de l'Histoire de la Restauration ou même de l'Histoire des Girondins.

Son origine et son éducation [Cf. sa Correspondance, toute pleine de précieux renseignements]. — La famille de Lamartine; — et

leur locale, imitation des littératures étrangères, tous ces autres noms, en effet, dont on a fait tant de bruit, n'ont guère servi chez nous que de couverture ou de déguisement à l'étalage du moi. Ce que Victor Hugo, Musset, le vieux Dumas ou George Sand ont imité de Goethe et de Byron, ce n'a jamais été l'application de l'un au perfectionnement de sa propre individualité, ni la mort héroïque du second, c'est leur manière de vivre leurs romans, ou de « romancer » leur vie; de se mettre euxmêmes en scène ; de raconter, de confesser publiquement leurs amours; c'est le Werther du premier et le Bon Juan de l'autre. Pareillement, si nous examinons en quoi la liberté a consisté pour eux, — la liberté dans l'art, et

d'un mot de Sainte-Beuve : « qu'il est bon d'être né de la race des purs ». — Le sentiment de la nature; — et comment Lamartine n'a pas eu besoin de l'acquérir pour le posséder; — en ayant été pénétré dès l'enfance. — Le sentiment religieux; — et combien il est, sinon plus sincère chez Lamartine que chez Chateaubriand;

— mais du moins plus « natif » ; — et peut-être ainsi d'autant plus favorable à la poésie. — Noblesse naturelle de l'imagiaation de Lamartine. — Ses premiers vers [Cf. sa Correspondance] ; — et leur ressemblance avec ceux de Chènedollé; — mais surtout de Parny. — L'Elvire des Méditations [Cf. A. France, L'Elvire de Lamartine]. — Essais dramatiques du poète et ses relations avec Talma. — La publication des Méditations, 1819. — Effet qu'elles produisent, tout à fait hors de comparaison avec celui des Poésies de Chénier, 1819; — et nouvelle orientation qu'elles donnent à la poésie. — Les Nouvelles Méditations, et la Mort de Socrate, 1823.

— Séjour en Italie. — Le Dernier chant du pèlerinage de Childe Harold, 1825. — Lamartine chargé d'affaires de France à Florence.

— Composition des Harmonies; — retour à Paris. — Réception à l'Académie française; — et publication des Harmonies, 1830. — Au lendemain de la révolution de 1830, il donne sa démission; — et publie son premier écrit politique. — Son échec électoral dans le Yar; — son départ pour l'Orient; — sa rencontre avec lady Esther Stanhope. — Rentrée en France, 1833; — publication du Voyage en Orient, 1835; — et de Jocelyn, 1836.

A. Les Méditations. — Du caractère général des premières Médi-

non la liberté de l'art, qui sont deux choses très différentes, — ce n'a pas été sans doute à se rendre maîtres du choix de leurs sujets, puisqu'on avait bien permis a Voltaire d'aller chercher les siens jusqu'en Amérique et jusqu'en Chine; ni à écrire des drames en prose, puisque Cromwell, Hernani, Christine, Othello sont en vers ; ni même à violer les « règles », puisqu'eniin quelles « règles » dira-t-on qu'il y eût de l'élégie , de l'ode, du roman ? et Cinq-Mais, les Orientales, Notre-Dame de Paris, les Confessions de Joseph Del orme sont-elles, ou non, des œuvres romantiques? 11 faut l'avouer : les romantiques n'ont entendu sous ce mot de liberté que le droit d'être eux-mêmes en tout; de n'incliner devant aucune consi-

lations; — et, quand on les compare aux Chansons de Béranger, 1816-1824; — ce qui est presque une profanation; — ou même aux Elégies de Chénier, 1819; — que ce qu'on y voit de plus neuf, c'est que le poète y a retrouvé les vrais « thèmes » lyriques ; — lesquels sont la Nature, l'Amour et la Mort; — et les a traités avec autant d'élévation qu'il y a de sensualité dans les vers de Chénier; — et de « gauloiserie » narquoise ou d'épicurisme sournois dans les chansons de Béranger. — De la Mort de Socrate ; — et de l'aptitude de Lamartine à la poésie philosophique [Cf. Voltaire, dans ses Discours sur l'homme]. — Les Nouvelles Méditations [Cf. le chapitre de M. Pomairols, dans son Lamartine]; — et qu'aux caractères des premières elles en joignent un autre ; — qui est d'allier plus de grâce [Cf. Isckia] à plus de force [Cf. le Crucifix] ; — non moins de sincérité à plus de virtuosité [Cf. les Préludes] ; — et d'être à la fois ce qu'il y a dans la poésie française de plus noble et de plus voluptueux.

B. Jocelyn; — et qu'il a d'abord ce mérite; — qui en est bien un; — d'être le seul « poème » de quelque étendue que nous ayons en notre langue. — Du sujet de Jocelyn; — et de quelques objections que l'on a faites à Lamartine [Cf. sur ce point les quatre articles de Vinet et Em. Deschanel, dans un sens, et de Sainte- Beuve et J. Lemaître dans l'autre]. — Que de reprocher à Lamartine de n'avoir point marié Jocelyn et Laurence; — c'est reprocher à Corneille d'avoir séparé Polyeucte de Pauline; — et oublier qu'ils n'ont sans doute écrit que « pour les séparer » l'un son dramef

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dération la « souveraineté » de l'artiste; de ne reconnaître d'autorité que celle de leur caprice ou de leur fantaisie :

Toujours le cœur humain pour modèle et pour maître! Le cœur humain de qui? Le cœur humain de quoi? Quand le diable y serait, j'ai « mon cœur humain » moi!

Et si l'on a pu dire enfin que le romantisme avait pris en tout le contre-pied du classicisme, la grande raison en est que le classicisme avait fait de l'impersonnalité de l'œuvre d'art l'une des conditions de sa perfection.

Par là également, par cette liberté d'être soi-même, et de n'être que soi, ou, si l'on le veut, de « réfracter » en

et l'autre son poème. — D'une comparaison que Sainte-Beuve a faite de la « poésie de curé de campagne » qu'il feint d'admirer surtout dans Jocelyn; — avec la poésie de Wordsworth; — et que c'est louer Jocelyn par son moindre mérite. — Que si ce mérite est en effet réel; — et s'il y a dans Jocelyn toute une veine de poésie familière ; — on y retrouve pourtant aussi le poète des Méditations; — son sentiment de la nature; — sa conception de l'amour, toujours aussi chaste dans son expression qu'ardente eu son désir; — cette richesse d'inspiration; — et cette fécondité descriptive auxquelles on ne peut reprocher, — que de tendre à l'abus d'elles-mêmes. — Et on y retrouve enfin ce caractère « philosophique » de la poésie de Lamartine; — que nous avons déjà signalé dans les Méditations; — et qui fait songer par endroits de Fénelon [Cf. le Traité de l'existence de Dieu],

C. Les Harmonies; — et qu'ayant paru avant Jocelyn; — si cependant c'est après Jocelyn qu'on en parle; — la raison en est « qu'étant écrites comme elles ont été senties, sans liaison et sans suite i) ; — elles sont la substance même de la poésie de Lamartine; — quand, au lieu de se contenir et de se surveiller, elle s'épanche. — Elle trahit en effet ainsi sa véritable nature; — qui est précisément de ne pas savoir se borner; — et de tendre non seulement à la philosophie; — mais à la philosophie panthéiste; — et à force d'abondance, au vague et à l'indétermination. — Que cette observation n'a pas d'ailleurs pour objet de « déprécier » les Harmonies; — si Lamartine, à cette inspiration générale, a mêlé

soi l'univers, s'explique l'abondance, la richesse, et l'éclat du lyrisme romantique. Il n'y a rien de supérieur dans notre langue aux Méditations de Lamartine, à quelquesunes des grandes odes d'Hugo, — depuis les Deux lies, 182':, jusqu'aux Mages, 1856, — ou aux Nuits d'Alfred de Musset. Si ces très grands poètes ne nous intéressent pas toujours en nous parlant d'eux-mêmes, ils ne nous intéressent jamais qu'à nous parler d'eux-mêmes. Ou plutôt encore, ce qui les a eux-mêmes émus dans l'histoire ou dans la vie, telle est l'origine et le sujet de leurs chants, qui nous intéressent moins quand ils n'y ont mis d'eux que ce qu'il y avait en eux de plus singulier, mais à l'unisson desquels nous vibrons tout entiers quand nous

quelques-uues de ses inspirations les plus précises [Cf. Le premier regret, Milly ou la terre natale}; — mais de le montrer s'échappant à lui-même ; — ne se préoccupant désormais ni de choisir entre ses idées; — ni de donner des digues au flot toujours plus abondant de son improvisation; — et se préparant ainsi à écrire la Chute d'un ange. — S'il faut regretter que Lamartine se soit tourné vers la politique; — et qu'il semble bien qu'en tout cas son inspiration poétique fut dès lors sinon tarie ; — mais assurément « dépersonnalisée ». — Qu'il appartient d'ailleurs encore à l'histoire de la littérature; — par quelques-uns de ses Discours [Cf. L. de Ronchaud, La politique de Lamartine, Paris, 1878]; — et quelques-uns de ses pressentiments [Cf. E. M. de Yogùé, ILeures d'histoire, Paris, 1893]. — Il lui appartient encore par son Histoire des Girondins, 1847 ; — où sans doute l'histoire est étrangement défigurée ; — mais dont un poète seul pouvait écrire certaines pages ; — et il lui appartient enfin par ses romans personnels ; Raphaël, 1 849 ; — les Confidences, 1849; — les Nouvelles Confidences, 1851; — Graziella, 1852. — Mais, à partir de cette date, — réduit, comme on disait jadis, à « travailler pour le libraire », — on trouve sans doute quelque ressouvenir de son passé dans ses livres et dans ses journaux; — et on y trouve surtout plus de critique et de jugement qu'on n'affecte parfois de le croire ; — mais il a cessé d'agir sur l'opinion; — et, près de quinze ans avant sa mort, — son rôle littéraire est terminé.

3° Les Œuvres. — Les OE livres de Lamartine se composent de :

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y retrouvons nos propres émotions répercutées, amplifiées, et multipliées par l'écho de leur voix. A cet égard on peut bien dire qu'ils nous ont révélé pour la première fois la grande poésie lyrique, celle dont Ronsard n'avait eu que le pressentiment, et que Malherbe « avait réduite aux bornes du devoir », en la dérivant vers la grande éloquence. Car, quelle différence y a-t-il entre l'éloquence et le lyrisme, si d'ailleurs les mêmes « mouvements », et les mêmes « images », et les mêmes « qualités de langue » les caractérisent l'un et l'autre? Une seule peut-être, très petite et très grande à la fois. Tandis que l'orateur essaie de donner à son émotion la forme la plus générale qu'il puisse, afin d'atteindre ainsi l'auditoire le plus divers et

1° Ses Poésies, qui sont les Méditations, 1819; — la Mort de Socrate, 1823; — les Nouvelles Méditations, 1823; — le Dernier citant du pèlerinage de Childe-Harold, 1825; — les Harmonies poétiques et religieuses, 1830; — Jocelyn, 1836; — la Chute d'un ange, 1838; — les Recueillements poétiques, 1839.

Il y faut joindre un volume de Poésies inédites, publié en 1873; et d'assez nombreuses poésies de jeunesse, éparses dans le premier volume de sa Correspondance ;

2° Ses Romans: Raphaël, 1849; — Geneviève, 1850; — le Tailleur de pierres de Sainl-Point, 1851; — Graziella, 1852; — et [quoique d'ailleurs il s'y rencontre beaucoup de vérité mêlée à beaucoup d'imagination] les Confidences, 1849; — et les Nouvelles Confidences, 1851;

3° Son Voyage en Orient, 1832-1833;

4° Son Histoire des Girondins, 1847 ; — et son Histoire de la Restauration, 1852, etc.;

5° Sa Correspondance.

6° Son Cours familier de littérature.

Il existe plusieurs éditions des Œuvres complètes de Lamartine : Paris, 1840, chez Gosselin, 13 volumes; — Paris, 1845-1849, Furne, 8 volumes [qui ne comprennent en réalité que les OEuvres poétiques et le Voyage en Orient]; — et Paris, 1860-1863, chez l'auteur, rue de la Ville-l'Evéque, quarante volumes [dont ne font d'ailleurs partie ni la Cor: espondance, m la totalité de son Cours familier de littérature].

le plus étendu, c'est au contraire la forme la plus individuelle possible que le poète s'efforce de donner aux émotions de tout le monde. Ainsi du moins ont fait les Musset, les Hugo, les Lamartine ; et ainsi, bien loin d'eux, )(VVLcM mais comme eux, le poète des ïambes ou celui des Confessions de Joseph Delorme, auxquels tous on a précisément reproché d'être en général plus orateurs que poètes. Mais c'était méconnaître à la fois les conditions du lyrisme et le principe du romantisme. S'ils sont bien les plus grands de nos poètes lyriques, c'est qu'ils en sont les plus personnels; et parce qu'ils en sont les plus personnels, ils en sont les plus romantiques.

Et là toujours, dans ce besoin de parler d'eux-mêmes,

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