‹ Manuel de l'histoire de la littérature française (volume 4)Chapitre 42 sur 85 · V. — Le Renouvellement de l'Académie des sciences · texte numérisé non relu

V. — Le Renouvellement de l'Académie des sciences

1° Le Mouvement scientifique avant Fontenelle — et de l'erreur que l'on en commet en en ignorant l'importance. — C'est dans les premières années du xvii^ siècle que les sciences mathématiques et physiques ont fait leurs grandes découvertes; — les sciences naturelles quelques-unes des leurs; — et ni les unes ni les autres n'en feront de plus considérables jusqu'à la fin du siècle suivant. — C'est ce que suffisent à prouver quelques noms : Kepler, 1571-1630; — Galilée, 1564-1642; — Descartes, 1596- 1650; — Pascal, 1623-1662; — Huyghens, 1629-1695; — Newton, 1642-1727. — Ou encore, dans les sciences naturelles : Harvey, 1578-1658; — Malpighi, 1628-1694; — Leuvenhoeck, 1632-1723; — Svammerdamm, 1637-1680. — Effets produits par leurs découvertes. — Télescope et microscope. — La page de Pascal sur les deux infinis [Cf. Pensées] ; — la physiologie dans le Traité de la connaissance de Dieu^ de Bossuet; — l'astronomie dans les Caractères de La Bruyère [Cf. le chapitre des Esprits forts] ; — et encore dans les Entretiens sur la pluralité des mondes. — Une

être athée qu'idolâtre »; et surtout lisait bien où il va. Qui ne l'entend encore quand il oppose « les évidences de la raison » aux « vérités de notre religion » ; et qui ne voit ou qui ne devine quel est son objet? A vrai dire, sur les ruines de la tradition et de l'autorité, ce prétendu sceptique est en train d'établir la souveraineté de la raison raisonnante. « Nous avons eu des contemporains dès le règne de Louis XI Y », dira de lui Diderot, et en effet il sera le maître à penser des encyclopédistes. Descartes n'avait été que le précurseur du rationalisme, c'est Bayle qui en est le vrai père.

Où cependant ce rationalisme trouvera-t-il de quoi se fonder lui-même? quel sera le modèle ou le type de la

page de Perrault dans ses Pavallrles [cinqnièmo et dernier dialogue, édition de 1606, pp. 41 et sniv.].

2o L'AcADKMiE DES sciKNcKs. — La première fondation, 1666 — et les premiers travaux [Cf. l'^ontenelle, et J. Bertrand, VAcadémie des sciences]. — La construction de 1 01)servatoire, 1667.

— On appelle en France Iluygliens et Rœmor. — I^e laboratoire de lAcadémie. — Le roi assiste à la dissection de l'éléphant de la ménagerie de Versailles. — Réorganisation du Jardin royal des Plantes, 1671. — La « seconde naissance » de l'Académie, 1699.

— Le nombre des académiciens est porté d<> seize à cinquante. — Les sections de : Géométrie, Astronomie, Mécanique, Chimie, Anatomie et Botanique. — L'Académie passe de la tutelle précaire <lu ministre sous la protection peisonnelle du roi.

li" Qlklques coNSKc^i ences i>i- ju ..NoivEi.i.EMKNT, — OU quclqucs preuves de la diffusion du goût de la sciiMice. — liCs cours de chimie de l'apothicaire Lémery !(]f. l'ontenelh*, Kloi^o de Lémery]. « Les dames mêmes, entraînées par la mode, ont l'aiid/ice de venir se montrer à clés assembh'es si savantes. » — l-Mles courent de même en foule aux dissections «le Du Vernev. — ce (pie font également de nombreux étrangers (A. l'ontenelle, J:loge de Du Vernev . — Témoignages concordants ries Mémoires de .1/'"" de Staal-Delaunay. — Les expériences de chimie du duc d'Orléans [Cf. Saint-Simon, L\, 268 et sniv., et Konlenelle, Éloge de Ilomhcrg]. — La détermination <le l'idée de science — et

certitude? le point d'appui? « la dernière base constante? » le terme et le roc où nous nous attacherons pour n'être point emportés et comme noyés dans l'océan du doute? Nous les trouverons dans la science, répond h point nommé le spirituel auteur des Entretiens sur la pluralité des mondes^ — et celui-ci encore est un cartésien.

Neveu des Corneille, — et à ce titre ennemi-né des Molière, des Boileau, des Racine, — on n'a longtemps voulu voir dans Fontenelle que le Cydias de La Bruyère, « un composé du pédant et du précieux » dont l'originalité n'aurait guère consisté, c'est toujours La Bruyère qui parle, « qu'à éviter uniquement de donner dans

la formation de l'idée de progrès [Cf. Brunetière, Études critiques, VJ.

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