III. — Denis Diderot [Langres, 1713; f 178i, Paris
La famille de Diderot; — premières études de Diderot, Langres et Paris [collège d'IIarcourtj ; — son refus d'être médecin, avocat ou procureur; — et sa brouille avec sa famille. — Sa jeunesse besogneuse; — il se met aux gages dos libraires; donne des leçons do malliématiciues ; — et songe même à se faire acteur. — Ses « tours de page » [Cf. M»"' de Yandcul, Mémoires, et Naigcon, toc. cit.^^. — Son mariage, I7'i3; — et comment il achève de le brouiller avec son père. — Ses premières tradjiclions : Vl/isloire de la (Ircce de T. Stanyan, 17'i3; — et le Dictionnaire de médecine de James, 17'i6; — sa paraphrase de Shaflesbury : JJssai sur le mérite et la vertu. — Son jjrcmier ouvrage original : /<•* J'onsées philosophiques, 1746; — et s il est vrai (ju'il l'ait écrit pour satisfaire un caprice de M"!" de Puisieux, sa maîtresse.' — VA\c l'aurait en tout cas plus mal encore inspiré quand elle lui a dicté ses Dijoux indiscrets, 1748; — un mauvais roman dans le goût de ceux de Duclos cl de Crébillon ; — infiniment plus grossier; — et un
cultivés; et il y avait moins de temps, mais il y avait pourtant plus d'un demi-siècle que l'on pouvait lire en français, de la traduction de Coste, VEssai sur V entendement humain, 1700.
Cette remarque a son importance, et nous aide à comprendre la nature de l'influence anglaise. Puisque en effet ce sont bien Locke et Bacon qui vont devenir désormais les (( maîtres à penser » de la génération nouvelle, et puisqu'ils ne le sont pas devenus plus tôt, c'est sans doute que l'influence anglaise n'a pas agi par infiltration, pour ainsi parler, comme autrefois l'influence espagnole, mais par substitution d'un nouvel idéal à l'ancien. Ou, en d'autres termes, aussi longtemps que l'idéal classique a dominé sur l'esprit français, et que, comme on Ta vu, notre littérature, tout en étant « sociale », est demeurée
livre dont il dira plus tard « qu'il se couperait volontiers un bras pour ne pas l'avoir écrit ». — Sa Lettre sur les aveugles à l'usage de ceux qui voient, 1749; — et de l'intérêt qu'en oflre la comparaison avec le Traité des sensations, de Condillac. — Elle vaut d'ailleurs à Diderot d'être mis îi Vincennes ; — non point pour aucune hardiesse qu'elle contienne; — mais pour une phrase qui déplaît à M™e Dupré de Sainl-Maur, — l'amie de Réaumur, de l'Académie des sciences. — De la différence de situation entre Diderot et d'Alembert; — et qu'il n'est pas impossible qu'elle soit pour quelque chose dans les tiraillements qui se produiront entre eux. — Le vrai portrait de Diderot tracé quelque part par Bacon : « Sunt qui cogitationuni vertigine delectantur, ac pro servitute habent fide fixa aut axioniatis constaiitihus constringi. »