‹ Manuel de l'histoire de la littérature française (volume 4)Chapitre 9 sur 85 · II. — L'évolution de Pépopée · texte numérisé non relu

II. — L'évolution de Pépopée

1° Les Sources*. — Cristoforo Nyrop, Storia delV Epopea francese nel medio evo, traduit du danois par Egidio Gorra, Florence, 1886; — Pio Rajna, Le origini dell' Epopea francese, Florence, 1884 ; — Léon Gautier, Les Épopées françaises^ Paris, 2® édition, 1878-1894 ; — Paulin Paris, Les Chansons de Geste, dans l'Histoire

1, Comme nous ne suivons pas, — et pour cause, — dans le» notes de co premier chapitre, l'urdre cbronologique, mais plutùt un ordre systématique, c'est cet ordre aussi que nous observons dans l'énumération des Sources, et nous avons moins d'égard à U date de publication des ouvrages qu'à la nature de leur contenu.

LA LITTERATURE DU iMOYEN-AGE 5

nations nous n'avons tous formé qu'une même Europe, homogène, indivise, inarticulée, si Ton peut ainsi dire, — l'Europe féodale, l'Europe des croisades; — et c'est pourquoi le premier caractère de la littérature française du Moyen-âge, c'est son caractère à' uniformité.

^X^ni uniforme ,e\\Q est déplus impersonnelle. Entendez par là qu'en aucun temps l'écrivain n'a moins mis de sa personne dans son œuvre. A cet égard, presque toutes nos Chansons pourraient être du même poète, et tous nos Fabliaux du même conteur. Nous en avons beau connaître les auteurs, les œuvres ne laissent pas pour cela d'être toujours anonymes, à la manière, disionsnous, de ces tragédies de La Harpe, — qui pourraient être de Marmontel, et réciproquement. Est-ce qu'empêché de sortir de sa condition par le poids, le nombre, et l'astreignante continuité des obligations qui l'y retiennent,

littéraire de la France, nohunnunl l. XXII et XXV; — Godefroi Kurlh, Histoire poéii(/ue des Mérovingiens, Bruxelles, 1891]; — Gaston Paris, Histoire poétif/ue de Cliarlemagne, Paris, i8()5;

— Ambroise-Firmiii Didol, Essai de classification des romans de chevalerie, Paris, 1870.

L(''opold Constans, l.a légende d'OKdipe dans le roman de Thc'hes, Paris, 1881 ; — Joly, lienoil de Sainte-More et le roman de Troie, Paris, 1870; — Paul Meyer, Alexandre le (Irand dans la littérature du Moyen-dge, Paris, 1886; — Arluro Graf, lîoma nella memoria c nelle immaginazioni del medio evo, Turin.

Paulin Paris, f.es Komans de la Tahle-Iionde, Paris, I8r)8-I877;

— Birsch-llirclifeld, Die Sage s'oni (Irai, Leipsig, 1877; — Alfred Nuit, Study on the legend of tlie Ifoly C.rail. Londres, 1888; — Gaston Paris, Les Jiomans de la Tahle-Iionde, dans \ Histoire littéraire de la France, t. XXX; — .1. H«'(lier, les l.ais de Marie de France, dans la Itevue des Deux Mondes du IT» octobre 1891 ; el les Fahliaux, Paris, 189;{.

2'^ Evolution i>i. i/l'i-orili:.

A. L Epopée héroïque. — Diverse» formes de 1 l'-popée ; — le

« l'individu, » serf ou seigneur, clerc ou laïque, moine ou baron, ne s'appartient pas à lui-même? est le représentant de son ordre ou de sa classe avant que d'être soi? manque à la fois de la liberté, du loisir et de l'aiguillon qu'il faudrait pour oser se distinguer des autres? Qui veut se distinguer n'y saurait réussir qu'en s'isolant d'abord ; et l'homme du Moyen-âge ne semble avoir pensé, ou même senti qu'en corps, pour ainsi dire, et en groupe, ou en troupe. Et, sans doute, c'est à cette raison qu'il faut attribuer la pauvreté de la veine lyrique au Moyenâge. Mais surtout c'est ce qui explique cette absence entière de toute préoccupation d'art, qu'on a déguisée sous les noms spécieux de a spontanéité » ou de « naïveté ». « Les hommes d'alors, a-t-on dit, ne font pas à la réflexion la même part que nous; ils ne s'observent pas; ils vivent naïvement, comme les enfants. » [Cf. Gaston Paris, La

Mahahahrata] l'Epopée homérique; l'Épopée virgilienne; les Niehclungen] l'Epopée dantesque, l'Épopée française; la Jérusalem délivrée. — Que le propre de l'épopée semble être à son origine :

— l*^ d'avoir un fondement historique ou cru tel; — 2° de poétiser un conflit non seulement de « nationalités », mais de « races »; — 3° et d'incarner le triomphe de l'une de ces races sur l'autre dans un héros « éponyme ». — Qu'il ne saurait être qu'à peine question, ces caractères une fois admis, d'une épopée mérovingienne;

— et qu'il devient presque indifférent de savoir ce que c'étaient que ces « cantilènes » ou vulgaria carmina qui auraient précédé l'épopée nationale. — Il n'y a pas lieu non plus d'examiner si l'épopée française est « romane » ou « germanique » dans son origine; — et encore bien moins de faire de la question une question de patriotisme. — Le moment précis de la naissance de l'épopée française est celui de la rencontre ou du heurt de l'Orient et de l'Occident, de l'ishimisme et du christianisme, de l'Arabe et du Franc ; — elle s'est incarnée d'abord dans la personne de Charles- Martel, que l'on a confondu plus tard avec son petit-fîls Charleraagne; — et ainsi on peut même dire « où » nos Chansons de geste sont nées : c'est sur le champ de bataille de Poitiers.

Poésie du Moyen-age]. Et on a eu raison de le dire! Mais aussi, comme les enfants, n'éprouvent-ils que des sentiments très généraux ou « typiques », dont l'expression est aussi générale qu'eux-mêmes ; et l'art est justement chose individuelle. Ce qui distingue un peintre d'un autre peintre, c'est ce qu'ils savent apercevoir l'un et l'autre de diflPérent dans un même modèle. Le Moyen-age, lui, n'y a guère vu que ce que l'on y reconnaît d'abord de pareil ou d'identique. Tous les hommes pour lui se ressemblent, un peu comme h nos yeux tous les nègres ou tous les Chinois ; et, au fait, ce qui diversifie les visages humains, et, en les diversifiant, ce qui les individualise, n'est-ce pas le reflet en eux d'une complexité intérieure, d'une richesse, ou d'une intensité de vie inconnue aux hommes de ce temps? Leur littérature est donc très générale, dépourvue de signification individuelle comme de signi-

Comment on peut tirer, de ces caraclères de l'épopée proprement dite, une division de son lustoiro. — l']lle a dû débuter par les chansons du Cycle du roi, c est-à-dire dont (^liarleniagiie est le héros [I']x. la Chanson de Roland]; — auxcpielles ont succédi' les chansons du Cycle de Carin do Moniglanc \\Ik. la Chanson d'Aliscans] dont les héros sont les continuateurs de la lutte du grand Empereur contre le Sarrasin; — et à celles-ci les cliansons du Cycle féodal [Ex. lienaud de Montauhan], dont les hi'-ros sont les barons en révolte contre une royauté (pii ne remplit plus son oUici*.

— Coïncidence notable des chansons de ce dernier cycle avec le recul de Tlslam. — T.e même temj)s doit être aussi celui des chansons qui nous montrent les nationalités intérieures en lutte les unes contre les autres [K\. la Chanson de (îavin le l.ohcvain]; — et celui des poèmes généalogiques \V.\. Los /enfances Cuillaume], qui ont pour objet est de donner aux li('ros une oiigine et des (h'buts dont les merveilles s'accordent avec la grandeur de leurs exploits.

— Comparaison des poèmes de ce genre avec les po«"mes cycli(pies de la poésie grec(pie ; — et avec les « giMu'alogies » sémiticpies. — Que nos (h-rnières (Chansons de geste sont d(''jà, dans le vrai sens du mot, des époj)ées littéraires; — non moins arti(iri<dles (|U eu

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fication locale, et c'est ce que l'on veut dire quand on en note le caractère à' impersonnalité .

Enfin, — et par rapport à la rapidité de succession des idées ou des formes d'art dans nos littératures modernes, dans nos littératures contemporaines surtout, — ïimmobilité de la littérature du Moyen-âge en fait un dernier caractère. Car ce n'est pas seulement d'un bout de l'Europe à l'autre bout qu'une Chanson de geste ressemble h une autre Chanson de geste, ou un Mystère à un autre Mystère, c'est encore d'un siècle à un autre siècle, et du temps de Charlemagnc à celui de saint Louis. Entre la Chanson de Roland, que l'on date de l'an 1080, et celle de Raoul de Cambrai, dont on place la rédaction aux environs de 1220, s'il y a quelques différences, n'étant guère que a philologiques », elles ne se révèlent donc aussi qu'aux seuls érudits. Précisons bien ce point.

d'autres temps une Henriade ou une Pétréide; — mais que l'inspiration vraiment sincère se retrouve, en même temps que la cause reparaît, dans les chansons qui forment le Cycle de la Croisade [Ex. la Chanson du chevalier au Cygne^^.

C'est presque aussitôt après que l'histoire proprement dite se dégage de l'épopée. — Geoflroi de Yillehardouin et la Conquête de Constantinople, 1210-1215; — conditions « épiques » de l'événement, et allure « épique » du récit; — comparaison à cet égard de l'évolution de l'épopée française et de celle de l'épopée grecque : — l'auteur de la Conquête de Constantinople est à l'auteur de la Chanson de Roland ce qu'Hérodote est à Homère. — H serait plus arbitraire de prétendre retrouver le caractère a épique » dans la Vie de saint Louis, du sire de Joinville, 1275; — et cependant, si saint Louis en est le héros, ne peut-on pas dire que l'hagiographie est la véritable épopée chrétienne? — mais si c'est Joinville lui-même, alors c'est déjà l'histoire sous forme d'autobiographie. — On retrouve les caractères de l'épopée, luttant pour ainsi dire avec ceux de l'histoire, dans les Chroniques de Froissart. — La Chronique de Bertrand du Guesclin, du trouvère Cuvelier; — et la Geste des Bourguignons, « qui clôt la série des

Si l'on ne connaissait pas la date du Cid ou à'HoracCy il faudrait être aveugle pour ne pas voir que Britannicus ou Bajazet les ont assurément suivis. Mais la Chronique de Bertrand du Guesc/in, du trouvère Cuvelier, pour être d'ailleurs plus plate que la Chanson de Benaud de Alontauban, ne laisse pas de lui ressembler bien plus qu'elle n'en diffère. Même héroïque matière, et même manière de la traiter [Cf. Paulin Paris, Histoire littéraire de la France, t. XXlll]. Evidemment les heures coulent plus lentement alors que de nos jours, beaucoup plus lentement, d'une allure plus paresseuse ; on vit moins vite; et comme on n'en vit pas pour cela d'une vie plus intense ou plus intime, il en résulte que, s'il s'opère quelque sourd travail au sein de cette immobilité, rien n'en paraît d'abord à la surAice.

Mais le travail ne s'en opère pas moins, et c'est le

poèmes en laisses monorimes », — nous conduisent de là jusqu an seuil du xv*^ siècle.

B. L'Epopée antique; — et qu il est abusif de nommer de ce nom des « romans d'aventures » qui n'ont aucun des caractères de l'épopée; — le lioman d'Alexandre le (irand et \e lioinan de Troie sont les Trois Mousquetaires on les Quarante-Cinq de leur temps; — ce qui revient à dire que le Moyen-à^e n'a vu dans les légendes de l'antiquité que ce qu'elles contenaient de « merveilleux » ou de a surprenant; » — et qu'à cet égard, avec les moins historiques de nos chansons de geste, les épopées inspirées de rauli(juilé servent de transition aux Jiomans de la Tahle-Iîonde.

C. L'Epopée romanesque. — S'il faut chercher lorigine <le l'épopée romanesque dans une transformai ion des mours; — el , à ce propos, de l'opposilion de YEpopée courtoise cl de VEpopée nationale. — Que la vérital)le oiiginc de r('j)()p(''c lomanesque est dans la din'éreucialion des (diMuculs (h- l'i-poitcc nationale; — dont l'éléuient authenliquc est devenu de l'histoire; — <'l léh'ment merveilleux, syml)oli<|ue et mythi<iue est deventi le roman d'aventures. — Sources des romans de la Tahle-Honde. — X, Jlistoria Regum Britanniœ, de Geoifroi de Monmoulh, 1135, el sa Vita

moment de dire que, comme celte impersonnalité ou comme cette uniformité dont nous parlions tout îi l'heure, ainsi cette immobilité n'est et ne peut être que relative.

11 n'y a rien d'absolu en histoire. Ajoutons même ici que, de n'avoir été précipitée ou contrariée dans son mouvement par aucune intervention du dehors ni par aucun caprice individuel, c'est ce qui fait le grand intérêt historique de la littérature du Moyen-âge. Elle s'est développée lentement, mais elle s'est développée de son fonds, sur place, en quelque sorte, et conformément à sa nature. Les philologues nous enseignent que la langue de Joinville et de Guillaume de Lorris, — la langue de la Vie de saint Louis et de la première partie du Roman de la Rose, — moins riche assurément, moins colorée, moins souple, moins subtile et moins raffinée que la notre, était cependant, en un certain sens, plus

Merlini. — La Geste des Bretons ou Roman de Brut, de Wace [traduction eu vers de Geoffroi de Monmouth], 1145. — Constitution du Cycle d'Arthur. — Les lais de Marie de France. — Le Tristan de- BcrouL — Autres contes « anglo-normands ». — Rattachement des aventures de Tristan, et autres héros gallois, au cycle d'Arthur. — Crestien de Troyes s'empare de la matière de Bretagne; — et c'est ici que, pour la première fois dans l'histoire de la littérature du Moyen-âge, on peut saisir l'influence du talent sur la transformation d'une littérature.

Caractères généraux de l'épopée romanesque; — et qu'ils ne sont ni ceux de l'épopée héroïque, — ni ceux de la poésie provençale : — 1° le merveilleux n'y est pas celui des pays du soleil, non plus que le paysage en général; — 2° l'adoration mystique à la fois et sensuelle dont la femme y est l'objet ne ressemble pas du tout à ce qui respire dans les chansons des troubadours; — 3" la passion y aflecte un caractère de tendresse et de profondeur qu'elle ne présente nulle part ailleurs; — 4® et le tout s'y enveloppe d'un voile de mélancolie ou de tristesse même qui n'a certainement rien de méridional. — D'autres caractères ne différencient pas moins notre épopée romanesque de la poésie arabe; — puisqu'on a prétendu

voisine de sa perfection, comme étant plus logique; et ils entendent par là plus conforme aux lois de l'évolution organique des langues. Et, en effet, prosateur ou poète, aucun grand écrivain n'avait encore eu l'audace d'en troubler le cours. Pareillement, et pour avoir elle aussi quelque chose de plus logique, l'évolution de la littérature du Moyen-age n'en est donc que plus instructive. Il s'agit de savoir comment s'est faite cette évolution.

On prétend quelquefois qu'elle aurait commencé par la poésie lyrique; et, sans remonter jusqu'à ces chansons dont Salvien nous dit qu'elles servaient à nos pères de

voir dans les Arabes les initiateurs de la « chevalerie ». — Elle diffère encore de l'inspiration des Niehelungcn. — L inspiration des romans de la Table-Ronde est foncièrement celtique.

Comment leur oriji^ine exj)lique leur succès par leur nouv(>aiUé. — Longue influence des Jiomans do la Tahle-Hondc : — leur diffusion à l'étranger; — la compilation de Uuslicieu de Pise, 1270; — traductions, continuations, imitations italiennes, allemandes, néiM'landaiscs, anglaises, espagnoles et portugaises. — Le Pavsifal de Wolfram d I-^sclicnbarli, et Tristan et Isrult de (ioltfried de Slrasboiirg. — PéïK'tration rt''cipro([ue du Cycle d'Arthur et du Cycle de la Croisade. — On met en pi-ose les j)lus anciiMis Romans de la Tahle-Iiondc', — on en compose dire('t<'menl eu j)r()se. t<'ls que Merlin, le (irand Saint Craal, elc; — ils (ieviciiucnl sous vvHc nouvelle forme les sources d'inspiration des Amadis. — «t rattachent ainsi, par eux, le « roman» niodernc cl la lill«'i;iture classique à la littérature et au roman du Moycn-àgc.

3" Lks CI-iuvHF.s. — On trouvera dans Touvragc |)liis haut citi'*, de M. C. Nyrop la liste complète de nos Chansons de ffcstc; et, dans l'article de M. Ci. Paris, Histoire littéraire de la France, t. XXX, l'analyse de la plupart des romans en vers <|ui se rapportent au

consolation de leurs maux : — cantilenis infortunia sua solantur, — on nous parle de « cantilènes » dont nos grandes épopées ne seraient que l'assemblage, et le déve-' loppement. Mais ces cantilènes n^ont absolument rien de lyrique et, pour peu qu'on essaie d'en imaginer la nature, elles ne sont à proprement parler que de l'épopée diffuse, de l'épopée qui nest pas encore, qui déifient, mais déjà de l'épopée. Elles aspirent à se réunir; et chez nous, comme en Grèce autrefois, on dirait avec vérité qu'elles n'ont de raison d'être que par et dans l'épopée qu'elles devaient être un jour.

C'est de l'épopée qu'il faut donc partir. Elle n'est d'abord, comme encore en Grèce, que de l'histoire, s'il ne faut pas douter que les hommes du Moyen-âge ne fussent aussi convaincus de la réalité des exploits de Roland que de l'existence de Philippe-Auguste ou de

cycle breton. Nous y renvoyons donc le lecteur, et nous nous contentons ici d'indiquer plus particulièrement :

La Chanson de Roland, nombreuses éditions, parmi lesquelles il convient de signaler : l'édition F. Michel, Paris, 1837; — l'édition V.Géuin, Paris, 1850, — l'édition ou les éditions Léon Gautier,Tours, 1872-1883; — les éditions Tii. Miiller, 1863, et 1878; — et l'édition W.Forslcr, Ileilbronn, 1883 ; — la Chanson d'Aliscans, édition Guessard et Montaiglon, Paris, 1870; — la Chanson de Renaud de Montauhan [Les Quatre fils Aymon], édition Michelant, 1862, Stuttgart; [Cf. un article de Taine dans ses Essais de critique et d'histoire];

— la Chanson de Cirart de Roussillon, édition ou traduction P. Meyer, Paris, 188i; — la Chanson de Raoul de Cambrai, édition Paul Meyer et Longnon, Paris, 1882; — et la Chanson du Chevalier au Cygne, édition Rciflenbcrg, Bruxelles, 1846-1848.

Les principaux monuments de l'Épopée antique sont : le Roman de Thèhes, édition L. Constans, Paris, 1890; — le Roman de Troie, de Benoistdc Sainte -More, publié par M. A. Joly, Paris, 1870-1871 ;

— le Roman d'Enéas, publié par M. J. S. de Grave, Halle, 1891;

— et les Romans d'Alexandre le Grand, publiés par M. Paul Meyer, Paris, 1886.

saint Louis. Les enfants ne le sont-ils pas bien de l'existence du Petit Poucet et du CJuit Botté? INLiis c'est de l'histoire amplifiée, de l'histoire « héroïsée », si l'on osait risquer ce barbarisme; et, à la faveur de cette amplification, qui n'est qu'un effort du poète pour égaler son langage h la grandeur des événements qu'il chante, s'insinue déjà dans l'histoire un commencement d'exagération, et bientôt un élément merveilleux ou fabuleux. On prête aux Roland, aux Guillaume, aux Renaud, des vertus qui excèdent la mesure de l'humanité; on leur attribue des exploits dignes de leurs vertus ; on arme l'un de sa « Durandal », on met l'autre à cheval sur « Bayard »! Comme d'ailleurs cet élément fabuleux flatte plus agréablement les imaginations des hommes, il ne tarde pas à usurper sur l'élément historique, auquel même on le voit servir d'explication, jusqu'à ce qu'il prenne enfin toute

Viennent enfin, parmi los romans do la 'l'aljle-Uondc, et indépendamment des OEuvres de C'restien do Troyos, dont M. ^Vondelin Forster a entrepris la publication complète : [Crestien \'on Troycs samtliche Wcrke, Ilallo, 188'». 1887, 1890]; — los Lais de Marie de France, édition Karl \N'arnko, Halle, 1885; — I.aiicetot du Lac [analysé dans Paulin Paris, op. c//.] et étlilion Tarbé, 18'i9, Reims; — Perceval, édition Potvin, Mons, 1800-1871 ; — Le Saint (ïraal, édition llucher, Le Mans, 187'i; — Merlin, édition G. Paris et Ulrich, dans la collection de la Société des anciens textes français, Paris, 1886; — et Tristan, recueil de ce cjui resie de poèmes relatifs à ses aventures, ('djlion Fr. Michel, Lonfires et Paris, 1835-1839.

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