AVERTISSEMENT V
Tels sont les deux ou trois points que j'ai tâché de ne pas perdre de vue dans l'espèce de Discours qui forme à peu près une moitié de ce Manuel : voici maintenant ceux auxquels je me suis attaché dans les Notes perpétuelles qui en sont l'autre moitié; et qui doivent servir à la première d'illustrations ou de preuves.
J'ai fait un choix parmi les écrivains, et je n'ai retenu, pour en parler, que ceux dont il m'a paru que l'on pouvait vraiment dire qu'il manquerait quelque chose à la «suite» de notre littérature, s'ils y manquaient. Il y en a de très grands, — pas beaucoup, mais il y en a deux : Saint-Simon et M"*' de Sévigné, — dont je n'ai point parlé, parce que les premières Lettres de M^^ de Séngne n'ayant vu le jour qu'en 1725 ou même en 1734*, et les Mémoires de Saint-Simon qu'en 1824, leur influence n'est point sensible dans l'histoire. Une méthode est une discipline, à laquelle il faut que l'on commence par se soumettre si l'on veut qu'elle rende tout ce que l'on en attend de services et d'utilité. En revanche, à d'autres écrivains, comme Honoré d'Urfé, par exemple, et comme Pierre Bayle, j'ai fait une place qu'on n'a point accou-
1. Je note ici, comme indication de méthode, que, dans une histoire plus étendue, ce que j'aurais à dire des Lettres de M'^^de Sévlgnéf je le placerais aux environs de 1734; et j'y rattacherais cette émulation de correspondance dont on voit en eflFet qu'à partir de cette date, un grand nombre de femmes d'esprit se piquent.