IV. — Louis-Qabriel-Ambroise de Bonald [Milhau
+ 1840, Paris].
V Les Sources. — H. de B [onald]. Notice sur la vie et les ouvrages de M. le vicomte de Bonald, Paris, 1841 ; — Barbey d'Aurevilly, Les Prophètes dupasse, 1851; — Sainte-Beuve, Causeries du lundi, t. IV, 1851 ; — A. Nettement, Histoire de la littérature sous la Restauration, Paris, 1853; — Ém. Faguet, Politiques et Moralistes au xix® siècle, Paris, 1891 ; — Henry Michel, Vidée de VÉtat, Paris, 1895.
2^ Le Théoricien du pouvoir. — Deux mots sont inséparables du nom de Bonald : — a l'homme est une intelligence servie par des organes » ; «^ et « la littérature est l'expression de la société »• — On sait encore qu'il est l'auteur d'un paradoxe hardi sur V Origine
pas assez de confiance clans l'œuvre de la Révolution !
— mais qui s'étonnera de leurs craintes, au lendemain de la Restauration? et si l'on songe, non plus à l'auteur de la Monarchie selon la Charte où à celui des Considérations sur la Révolution française^ mais au vicomte de Bonald, au comte Joseph de Maistre, et à l'abbé de Lamennais.
Autant que des écrivains, ce sont des « politiques » en effet, que ceux-ci! et si leurs débuts, — qui sont contemporains du livre de V Allemagne, ou même antérieurs au Génie du christianisme , — ont passé presque inaperçus, leur talent, nourri dans la solitude et mûri dans l'obscurité, n'en éclate maintenant qu'avec plus de retentissement. Ils
du langage; — et d'un remarquable Essai sur le divorce. — Mais ce qu'il est de plus, et de plus important, c'est le « théoricien du pouvoir » ; -r- et l'homme qui a le plus fait contre l'auteur de Y Esprit des Lois; — ou contre celui du Contrat social; — pour établir que la société n'était Tœuvre ni des hommes ; — ni de la nature; — mais de Dieu même. — Moins éloquent que Jean-Jacques, et moins spirituel que Montesquieu ; — il a d'ailleurs su trouver, pour exprimer diversement cette unique ou principale idée, — des formes non seulement diverses; — mais souvent lapidaires. — D'autres « écrivent » et d'autres « parlent » : Bonald « formule » ; — et pour toutes ces raisons, ayant été le métaphysicien de la rénovation religieuse, — il a droit à plus de place qu'on ne lui en donne souvent dans nos histoires.
3° Les Œuvres. — Les Œuvres essentielles de Bonald sont : la Théorie du pouvoir politique et religieux dans ta société civile 1796; — son Essai analytique sur les lois de l'ordre social, 1800-
— son Divorce considéré relativement à l'état domestique et à l'état de société, 1801 ; — sa Législation primitive, 1802; — ses Recherches philosophiques sur les premiers objets de nos connaissances morales, 1818 ; — deux volumes de Mélanges, 1819, formés d'articles
parus dans le Mercure de France, de 1801 à 1810; quelques
discours, et différents opuscules politiques ou religieux.
II existe plusieurs éditions des Œuvres de Bonald, dont la meilleure est l'édition Le Clère, Paris, 1817-1819, douze volumes et, de plus, 1843, quatre volumes.
entrent en même temps tous les trois dans la bataille; et tous les trois, sans s'être concertés, sans se connaître seulement encore, ce qu'ils attaquent avec une extraordinaire violence de passion et de style, on verrait, on devrait .voir, si Ton y regardait, que c'est surtout l'individualisme. Mais on ne s'en avise pas d'abord, et, dans le premier volume de VEssai sur l'indifférence en matière de religion, qui paraît en 1817, dans les Recherches philosophiques de Bonald, qui sont de 1818, dans le livre du Pape, qui est de 1819, dans les Soirées de Saint-Pétersbourg^ 1821, dans le second volume de Lamennais, qui est de la même année, ce que l'opinion veut uniquement voir, c'est le plus furieux assaut qu'on ait encore livré à la philosophie du