IV. — Les Fabliaux
1<» Les Sources. — Victor Le Clerc, son article sur les Fabliaux, dans VHistoire littéraire de la France, U XXII; -^ A. de Montai^ glon, son introduction au Recueil général et complet des Fabliaux^ Paris, 1875; — G. Paris, Les Contes orientaux dans la littérature française du Moyen-âge, 1875, Paris; — J. Bédier, Les Fabliaux, Etude d'histoire littéraire du Moyen-âge, ^^ édition, Paris, 1895.
2° Caractères des Fabliaux. -^ Si nous avons perdu beaucoup
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Le vilain lui aussi veut avoir ses plaisirs ; et il en trouve un très vif, d'abord, à faire faire son portrait, puis, un plus vif, bientôt, à charger celui des autres, à en faire la caricature.
En même temps, dans la classe aristocratique, plus instruite, quoiqu'elle ne le soit guère, l'individu, sous la double influence des Romans de la Table^Ronde et de l'exemple des troubadours provençaux, commence h prendre conscience de lui-même; et le lyrisme naît. Dans les formes conventionnelles qu'ils empruntent à ces premiers maîtres, et dont ils subissent docilement les exigences, quand encore ils ne les modifient pas pour en rendre la contrainte plus étroite et plus mono* tone, nos trouvères, — un Quesne de Béthune, le sire de Couci, Thibaut de Champagne, Huon d'Oisi, Charles d'Anjou, — tous de race noble, essaient de faire entrer
de fabliaux; — et si l'on ne doit pas regretter au contraire qu'il nous en soit parvenu plus d'une centaine. — De l'origine des fabliaux; — et s'il y a lieu de l'aller chercher jusqu'au fond de l'Orient [Cf. Gaston Paris, pour l'affirmative, et J. Bédier pour la 'négative]. — Qu'il se peut qu'en efl'et quelques fabliaux nous soient venus de l'Inde; — mais qu'en général on a de notre temps beaucoup abusé des « origines orientales » ; — et que la plupart de nos fabliaux, comme Brunain, la Vache au Prêtre, ou le Vilain Mire, ou la Bourgeoise d'Orléans, ne supposent pas un effort d'invention qui passe la capacité de l'expérience la plus vulgaire. ^-^ Grossièreté des fabliaux; — et difficulté d'en transcrire seulement les litres; — pour cause d'obscénité. — De la portée satirique des fabliaux; — et, à ce propos, qu'ils semblent avoir évité d'attaquer les puissants du monde. — Comment, en revanche, ils traitent le prêtre, le « curé de village, » non le moine, ni l'évêque; — et comment ils traitent la femme. — De la valeur c documentaire » des fabliaux; — et s'ils nous apprennent quelque chose de plus que les Dits, par exemple; — ou tant d'autres « documents » de tout ordre. — Fortune européenne des fabliaux; — et, au cas que l'origine n'en soit pas française, — du peu de gré qu'il faut savoir
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Texpression de leurs sentiments personnels. Ils n'y réussissent que très imparfaitement. Neufs et inhabiles à Tobservation d'eux-mêmes, ils voudraient bien, mais ils ne savent pas, en célébrant leur « dame » ou leur (( martyre d'amour », noter le trait caractéristique, donner la touche qui distingue et qui précise, traduire enfin leurs sentiments d'une manière qui n'appartienne qu'à eux. Peut-être aussi qu'ils sont venus trop tôt! Leur temps est celui que l'on a quelquefois appelé l'âge d'or de la littérature du Moyen-ôge, mais ce n'est pas encore le temps de rompre la solidarité qui lie l'individu à ses semblables. Ni l'état des esprits ni l'état des mœurs ne le permettent. Il faut attendre; et, en atten* dant, toutes leurs ChansonSy où il y a de réelles qualités sinon d'art, au moins de grâce, d'élégance et de miè* vrerie, continuent toutes ou presque toutes de se res-
à nos trouvères de la forme d'esprit que les fabliaux ont propagée dans le monde.
3° Les Œuvres. — Voyez Anatole de Montaîglon et Gaston Raynaud, Recueil général et complet des Fabliaux ^ 6 vol. in-8^, Paris, 1872-1890.