‹ Manuel de l'histoire de la littérature françaiseChapitre 66 sur 90 · S60 MANUEL OB L*HI8T01RB DB LA LITTBRATURB · texte numérisé non relu

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cela, de supprimer les Jésuites? et quel « versation! » mais quelle victoire pour la Voltaire en a tressailli d'allégresse; et d'Alei le juste châtiment de la malveillance que se sont permis de témoigner à V Encyclopéi déclamations à la ville et à la cour contre YEk avaient soulevé contre eux une classe d'ho] craindre qu'on ne croit, celle des gens de lel ne faut jamais se faire des ennemis qui, « y l'avantage d'être lus d'un bout de l'Europe à l'a vent exercer d'un trait de plume une vengeance et durable! » [Cf. d'Alcmbert, édition de 11 p. 48; et Diderot, Lellre à Af^^ Volland, du 12 a< Ce n'est pas au moins de lui, ni de Diderot, Voltaire qu'il parle en ces termes. Le commem

M. Maurice Tourneux; — Esménard, article Beaumai la Biographie universelle; — Sainte-Beuve, Causeries t. VI, 1852; — L. de Loménie, Beaumarchais et Paris, 1855; — Jal, Dictionnaire critique, article Beat

— d'Arneth, Beaumarchais und Sonnenfels, Vienne, 186S|3! Huot, Beaumarchais en Allemagne, Paris, 1869; — Clî| Royer, les Mémoires de Beaumarchais^ Paris, 1872 ; — BeU Beaumarchais, eine Biographie, Francfort, 1886; — E. Li Beaumarchais et ses œuvres, d'après des documents Paris, 1887; — A. Hallays, Beaumarchais, dans la colleol Grands Écrivains français, Paris, 1897.

2° L'Homme lt l'Écrivain. — Origine, famille, et premii cation de Beaumarchais; — • ses débuts d'horloger et sa p querelle avec Lepaute, 1753-1755. — Le professeur de h Mesdames de France, filles de Louis XV, 1759. — Ses « ses bonnes fortunes. — Il entre en relations avec Paris-Di

— par lequel il se trouve mêlé à toutes sortes d'afla finances. — L'aventure d'Espagne, 1764 [Cf. le quatrième i contre Goêzman, et Goethe, dans son Clavijo]. — Ses dél téraires : Eugénie, 1767, et VEssai sur le genre dra sérieux. — L'imitateur malheureux de Sedaine et le fid ciple de Diderot. — De la valeur du grand argument d<

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Félix Rocquain, VEsprit révolutionnaire açant la h lutiony livre VII; Paris, 1878]. Il ne leur reste plus, j achever leur triomphe, qu'à jeter le discrédit sur Tac nistration; et justement, aux environs de 1768, les ce 1 nomistes » paraissent pour leur en donner l'occasion, feint de voir en eux les « preneurs et les fauteurs Tautorité despotique » ; on leur reproche a leur lang apocalyptique et dévot » ; ce sont a les ennemis des bea arts » [Cf. Grimm, Correspondance, octobre 1767]. V taire écrit contre eux V Homme aux quarante écus, qui n' pas, à vrai dire^ une de ses meilleures facéties, qui n' réussit pas moins, dont le titre passe même en proverl Et eux aussi, — grâce au patriarche de Ferney, — 1 voilà pour un temps refoulés, battus et pas contents. Nous disons bien : grâce au patriarche; car en vérit

tique du Mariage; — et comment elle eût sans doute été pli considérable encore; — si Beaumarchais, toujours occupé d'à: faires au milieu de sa littérature, n'avait eu la malchance de s'al taquer à Mirabeau, 1786; — et d'intervenir, 1787, dans le procè du sieur Kornmann et de sa femme; — où l'avocat Bergasse I maltraite encore plus qu'il n'avait, lui Beaumarchais, douze am auparavant, maltraité Goëzman; — et pour d'autres raisons; — mais avec autant d'apparence de justice; — et non moins d'applau* dissements à son tour.

Les dernières années de Beaumarchais. — Son opéra de Tarare^ 1787. — Son rôle effacé dans la Révolution; — son drame de la Mère coupable^ 1792. — Mais quoique riche et âgé déjà de plus de soixante ans, — la fureur des affaires le reprend. — Les fusils de Hollande [Cf. Loménie, t. II, p. 460]; — et à ce propos, du patriotisme de Beaumarchais; — son arrestation; — sa délivrance, et son Mémoire à la Convention, — Il est chargé d'une mission par le Comité de Salut public, — en même temps que déclaré par la Commune de Paris suspect et émigré. — Son séjour à Hambourg; — son retour en France; — ses deux lettres sur Voltaire et Jésus-Christ, 1799; — et sa mort.

30 Les Œuvres. — Nous venons de signaler les principales œuvres de Beaumarchais ; et nous pouvons nous contenter d'indi-

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positions démantelées, Tesprit cl ssique se concentre pour livrer un dernier comïat. Il de forces qui lui reste encore contre « l'ani dont a les progrès effrayants » lui semblent menacer « la galanterie des Français, lei société, leur goût pour la toilette », et leur Voltaire écrit : « Quelques Français trans] nous une image de la divinité de Shakespei quelques autres imitateurs ont érigé depuis un Vauxhally et comme d'autres se sont signah lant les aloyaux des roastbeef.,. La cour de avait autrefois poli celle de Charles II, aujour< dres nous tire de la barbarie. » La Harpe lui dans sa Correspondance littéraire. Les tradw grec et du latin abondent, s'opposent à celles

jeune Anacharsis de l'abbé Barthélémy subsistent coi de témoins. — Rien de plus faux en conséquence que ai André Chénicr un « précurseur du romantisme » ; — traire la juste idée que nous devons nous former de fi n'est pas seulement celle d'un Boileau ou d'un Malherbe 1 — mais d'un Ronsard, — qui aurait lu Voltaire, Moiïi Bulfon ; — Budon surtout peut-être; — et plus modei de deux cent cinquante ans que l'ancien.

Les Elégies de Chénicr, — et qu'elles sont bien de leti pour la phraséologie dont l'idée s'y enveloppe; — pour la dont elles sont placées sous l'invocation des Lycoris, des et des Fanny; — pour le caractère impersonnel que le pc efforcé d'y observer; — pour la sensualité qu'elles resp et enfin pour une espèce d'amoureuse férocité, — qui voisinage des Liaisons dangereuses.

Vois d'un œil sec et froid ses soupirs et ses larmes, Règne en tyran cruel; aime à la voir souffrir.

Les Élégies de Chénier sont d'un plus grand poète q du chevalier de Parny, mais elles sont bien de la même fa d'un tour, à la vérité plus latin et plus grec; — mais c»

■ Dcre oorlégc de la GK'U " Snîtvx Im banquets sfilui

■« fujrx t« pt^iBDte i(r«>l 1)l> ce lùa\ Pl bruynDl Permcoiii?

Qup du Nord nL'buli'iix boivei

Boilraii lui-ni(*ini' t-itt-il \m mioux dire?

Sera-t-on pcut-ctrc surjuts <]u'i;n tt-moignage > renatssiince de l'esprit classique lums rapp^lj l'auteur du Barbier de SMlle et du Mariage En cITvt, c'est b peine uu linnimo de lettres que Piq gUBtin Cnroit dr Rciiumiirchiiis ; c'est un homme d") <lc quelles affiiircs, souvent, ou même k Tord: certes, si quelqu'un n';i pas beaucoup piii tiqué le c'est bien lui. On ne les rencontre pas diins le qu'il fréquente. Mais il n'en est que plus intéresi lurtout SUD exemple plus significatit'. Car aussi

seulement de eello des proïhaïiiB roniiiniiques; mfinc de RuuBst^nu.

Les Idylles d'Andr* Chénier; — el que re u'mi p; rinspirnlion de VOarittya, ou celle du Jeune malade, — qui d de l'iospirnlion de l'Hermès ou des Élégies; — telle du i 'elle vient d'ilre délinie. — Mais, comme André Chi" rctemciit nui sources grecques; — et qu'il a le sens l'alexandriDisme; — sinou de In bnulc entiquïté, sophi idariquff, homiriquc: — il y reirempy le vo iloré qui est autour de lui celui de ses i^muleE: — anni coiilrudictoïre aux idées de boq lempi el semblable eu tout le resLc a ses conlciuporaias, — il tic dlBtiague que par une intelligeiice plus subtile de ce classit is ont perdu le aensi — et pour avoir eu 1 fltion de leur lempH, — cl ce scnliraent de l'url qu'es] s devenu proverbial :

Sur dcB pensers nouveaux faisons des vers antique*.

uussi bien les doctrines de Cb(:uier sout eulièrcn

LA DBFORHATIOK VK l'ibÉAL CLASSiQrB 37l

mps qu'il n suivi les traces de Diderut et di.- Sedaine,

lans son Eugénie, dont il a placé la scène en Angleterre,

J767, et dans ses Z)e«j- amis, 1770, il n'n fait que de

lédiocre besogne. Mais voici qu'en revanche, après ces

s dont la verve excite la jalousie de Voltaire; —

t auxquels, pour être classiques, il ne manque en vérité

c d'èirc de bon goût, et surtout de bon ton, — il s'avise

reprendre, lui troisième, le sujet des Folies aniou-

jÊuscs et de l'Ecole des femmes, le tuteur de l'ancienne

pmédie, dupé par l'éternelle ingénue; il l'encadre dans

K décor espagnol, celui du roman de Le Sage, du théâtre

I Scarroii, et en l'écoutant on songe à GH Ji/as : c'est

I Barbier de Sépille, 1775. Il récidive en 1783 : c'est le

Mariage de Figaro. Et que son Figaro soit lui-même,

Le rre- Augustin, dépeint au vif, avec son absence entière

Les poêles

Et s

abres et pcsanls;

In qiialri^m? de ses Épitres à Le Bran; — de l'Invention; — dout il Tnut dire que les it celles de Baileau; — mais d'un fiailcaii Fplua libre d; et surtout plus inslruit; — qui s'inléresseroil à p1uB de choses, — et peut-clre aussi d'un Uoileau moins bourgeois. — ComparaiaoQ à cet égard du Poème de l'Invention a»ec l'Ari poétiifuc; — et avec la Défense et ttlasiralion de la Langue [Cf. nolammenl vers 239-390]. — Bien loin de voir en s « premier des romantiques », il faut donc reconjinîlrc lui le B dernier des classiques t; — et s'il eût vécu, la dirccde la liltt-'ratarc n'en eilt peul-ëtre pas él6 tout â fait modi- — parce que la pente éljit d'ailleurs trop forte ; — mois c'est i*^met]t en lui que les disciples cl les imitaleiirB littéraires de seau eussent trouïé leur plus redoutable adversaire. Les tEuïMES- ^^^ Œavres d'André Chénier se coroposcnl :

e SOS Poéaies. formo-il Irois groupe ' ^"i^mea ou frag"»^""' ''« ''<'«""■■'

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de scrupules et son fonds de gaieté, ou qu*o] voir un « précurseur de la Révolution d, ce plus et avant tout, c'est Fronlin, c'est Crit Scapin, c'est le valet de l'ancienne comédie, c^ dernier et le plus amusant. N'est-ce pas comi disions qu'aussitôt qu'il a repris les traces de Hi de Molière, ou plutôt de la tradition, Beaumi trouvé le succès qu'il avait en vain demandé à F] de Sedaine et de Diderot? Et qu'y a-t-il de pli téristique du mouvement dont nous essayons de la nature? Laissant toujours à part les derniers pi de Voltaire et les derniers volumes de V Histoire de Bufibn qui sont des « suites », on ne trouve» ans, de 1775 à 1785, que deux « nouveautés » qi vent, et ce sont deux comédies, qui peuvent dV

au moins quatre éditions : l'édition H. de Latouche, Paril l'édition Becq de Fouquières, Paris, 1862, Charpentier; — 1* G. de Chénier, Paris, 1874, Lemerre; — et la dernière édil Bocq de Fouquières, Paris, 1888, Charpentier; —2° de ses en prosCt qui toutes ou presque toutes ont trait à la politiqi 3° d'un Commentaire sur Malherbe, assez peu étendu, mais i mement important; et qui a paru pour la première fois, enc Paris, Charpentier, dans l'édition usuelle des Œuvres de MaVk

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