IV. — Louis-Gabriel- Ambroi se de Bonald [Milhau
\ 18'i0, Paris].
1° Les Sources. — H. de B [onald], Notice sur la vie et les ouvrages de M. le vicomte de Bonald, Paris, 1841 ; — Barbey d'Aurevilly, Les Prophètes dupasse, 1851; — .Sainte-Beuve, Causeries du lundi, t. IV, 1851; — A. Nettement, Histoire de la littérature sous la Restauration^ Paris, 1853; — Ém. Faguet» Politiques et Moralistes au xix® siècle^ Paris, 1891 ; — Henry Michel, Vidée de VÉtat, Paris, 1895.
2° Le Théoricien du pouvoir. — Deux mots sont inséparables du nom de Bonald : — « l'homme est une intelligence servie par des organes » ; — et « la littérature est l'expression de la société » . — On sait encore qu'il est l'auteur d'un paradoxe hardi sur V Origine
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entrent en même temps tous les trois dans la bataij tous les trois, sans s*étrc concertés, sans se coi seulement encore, ce qu*ils attaquent avec une extr.i naire violence de passion et de style, on verrait, on d< voir, si Ton y regardait, que c'est surtout Tindividua] Mais on ne s'en avise pas d'abord, et, dans le pi " volume de V Essai sur l'indifférence en matière de reï qui paraît en 1817, dans les Recherches philosophiqi Bonald, qui sont de 1818, dans le livre du Pape^ qui; de 1819, dans les Soirées de Saint-Pétersbourg^ U dans le second volume de Lamennais, qui est de la m^ année, ce que l'opinion veut uniquement voir, c'est le furieux assaut qu'on ait encore livré à la philosophie
Y. — Joseph-Marie de Maistre [Chambéry, 1753; f 1(
Turin].
lo Les Sources. — Sainte-Beuve, dans son Port-Royal, III, ch. 1837-1839; Portraits littéraires, t. II, 1843; et Causeries t Lundi, t. IV, 1851, et t. XV, 1860; — Barbey d'Aurevilly, Ik Prophètes du passé, 1851; — Edmond Scherer, Mélanges 4 critique religieuse, Paris, 1853; — L. Binaut, Joseph de Maistr* dans la Revue des Deux Mondes, décembre 1858, et février 1861 — A. Nettement, ulHoire de la Littérature française pendant l Restauration, Paris, 1853; — Albert Blanc, Mémoires et Correi poîidance diplomatique de M. de Maistre, Paris, 1858-1861; - G. Merlei, Tableau de la littérature française sous le premie Empire, Paris, 1877; — Em. Faguet, Politiques et moralistes a mn^ siècle, Paris, 1891 ; — F. Descotes, Joseph de Maistre avant h révolution, Paris, 1893, et Joseph de Maistre pendant la Révo luiion, Paris, 1895; — M. de Lescure, le Comte Joseph de Maistre Paris, 1893; — G. Cogordun^ Joseph de Maistre, dans la collectioi des Grands Ecrivains français, Paris, 1894.
2° L'Homme çt l'Ecrivain. — Ses origines, sa jeunesse et soi éducation [Cf. Descotes, loc. cit.] ; — ses premiers écrits : VÉlogt historique de Victor- Amédée III, 1775; et l'Adresse à la Convention nationale, 1794. — Séjour à Lausanne. — Cinq Paradoxes à le Marquise de M***, 1795 [publiés en 1851 seulement]; — et combier la connaissance en importe à la définition du talent de J. d(
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laïque, la grandeur de sa doctrine se communû fois au caractère de son style. Mais Lamennais, fougueux, le plus âpre, et le plus sombre des ti prend, lui, a Rousseau, le Rousseau du Discours «i sialité et du Contrat social^ en attendant qu'il le un jour! Et encore une fois, on ne les comprend jours, on ne voit pas très bien où ils vont, on ne pas la portée de leurs principes. Eux-mêmes ne tent guère de la combinaison qui s'en fera bientôt quelques tètes philosophiques, avec les idées du simonisme naissant. On les suit cependant! Et n'ont pu ni M"* de Staôl avec todt son esprit, ni Cl briand avec tout son génie,' c'est bien eux qui l'o]
Y Église gallicane et du Pape ; — et que l'objet en est de le mal que la France s'est fait à elle-même ; — toutes h qu'elle s'est éloignée de la Papauté ; — considérée comme l'ii ment de la Providence sur la terre ; — et le centre dont on im rait s'éloigner sans errer. — Les Soirées de Saint-PétersbourÀ combien le sous-titre d'Entretiens sur le gouvernement tenipor$ la Providence en est caractéristique ; — et du rapport des Soi de Saint-Pétersbourg avec V Examen de la philosophie de Boê — si ce que Joseph de Maistre a surtout attaqué dans Yoltft c'est la philosophie de l'Essai sur les Mœurs ; — et, dans VEssai les MœurSf la conception baconienne qui, en excluant la consid^ tioD des causes finales, — exclut Dieu même de toute action su monde.
Du style de Joseph de Maistre ; — et qu'à certains égards il esi la famille du style de Bossuet; — ce qui s'explique, si tous deux, parmi toutes les vérités de la religion, — se sont attac particulièrement à l'idée de la Providence. — D une autre ressi blance entre Bossuet et J. de Maistre; — qui consiste en ceci leur vrai caractère, — qui fut la douceur, — a différé du cai tère de leur style; — dans le même sens, et pour ainsi par de la même quantité. — Mais comme ils sont d'ailleurs sépi l'un de l'autre par un siècle; — et que ce siècle est celui V Encyclopédie ; — Joseph de Maistre a des « lumières » que E Buet n'avait point; — et aussi des défauts.
Violence insultante de J. de Maistre dans la polémique; — e
nales de Tathéisme et de Tanarchie »^ ni traité d'un pi hautain mépris les « écrits sophistiques et déréglés é Voltaire, des Diderot et des Helvétius ». •
Représentons-nous maintenant Tefiet littéraire dl Méditations et des Odes sur une génération dont % poètes admirés étaient les Andrieux et les Népomucèl Lcmcrcier, les Casimir Delavigne et les Pierre-Jean i Déranger. Tandis que celui-ci rimait laborieusement dà chansons comme la Bonne çieille ou le Dieu des bonnt gens, — chefs-d'œuvre, on le veut bien, mais cheHl d'œuvrc du genre qui serait le plus bas de tous si I vaudeville n'existait pas, — les Méditations élevaient h poésie française à des hauteurs que peut-être n'avait-elh
1832, 1833; Causeries du lundis t. II, 1850; et Nouveaux lundis^ t. I, 1861.
Béranger, Ma Biographie, 1857 ; et sa Correspondance ^ recueillie par M. Paul Boiteau, 1860.
Gustave Planche, Revue des Deux Mondes, juin 1850; — Emile Montégut, Nos morts contemporains, 1857 et 1858; — Savinien Lapointe (le cordonnier-poète), Mémoires sur Béranger, 1857;
— Ernest Renan, La Philosophie de Béranger, dans le Journal des Débats du 17 décembre 1859; — Paul Boiteau, Vie de Béranger, Paris, 1861 ; — N. Peyrat, Béranger et Lamennais, 1861 ; — Arthur Arnould, Béranger, ses amis et ses ennemis, Paris, 1864; — Jules Janin, Béranger et son temps, Paris, 1866; — Brivois, Bibliographie de l'œuvre de Béranger, Paris, 1876; — Legouvé, Notice, en tête du Béranger des Écoles, 1894.
2° Le Chansonnier ; — et, à ce propos, de la chanson française avant Béranger. — Panard [Cf. Marmôntel, dans ses Mémoires];
— et Désaugiers [Cf. Chansons et Poésies diverses de Désaugiers, Paris, 1827, Ladvocat]. — Du caractère navrant de leur gaîté, — et de la vulgarité de sentiments que leurs Chansons trahissent. — Qu'au surplus, et si l'on veut reconstituer la lignée des « ancêtres » de Béranger, — il convient de se reporter au Chansonnier Maurepas ; — et on reconnaît alors dans les origines de son œuvre le confluent de la chanson politique; — de la chanson erotique; — et de la chanson « bachique » ; — sans que d'ailleurs il s'y mêle quoi que ce soit de la veine « populaire ». — D'une erreur grave que
celle révélation d'une poésie nouvelle. La politique sel allait essayer de le soutenir encore quelques annél jusqu'à ce qu'il n'eût plus pour lui que les abonnés i Constitutionnel', quelques vieux académiciens; et ce qii y avait, dans la bourgeoisie soi-disant a libérale », ^ plus étroit et de plus arriéré. {
D'autres symptômes , aussi bien , présageaient lui révolution de la littérature, et, au premier rang, le gol non pas certes nouveau, mais raisonné désormais, doa on commençait à s'éprendre pour les littératures étranl gères. Ce n'était pas le résultat le moins inattendu, ni h moins naturel, des grandes guerres de l'Empire. Sur lei champs de bataille de l'Europe, vingt ans durant, il s'était
dans les bonnes Chansons de Béranger [Cf. la Bonne vieillCt lé Vieux célibataire, les Cinq étages ^ le Vieux Caporal^ etc. ]. — Il y en a dans le choix des « refrains u ; — qui presque toujours expriment en un vers l'inlcntion de la chanson tout entière; — et dont le retour est toujours amené avec infiniment d'aisance et de naturel [Cf. Mon habit, les Cartes, la Fille du peuple, le Vieux vagabond]. — Il y en a davantage encore dans la manière dont les chansons sont « composées » ; — comme autant de tableaux de genre; — qui parlent d'abord aux yeux; — et qui appellent l'illustration. — De la peinture de la vie bourgeoise dans les Chansons de Béranger; — et que rien n'est un plus sûr témoignage; — ni une plus exacte représentation; — et plus fidèlement figurée; — de la vie de la petite bourgeoisie française entre 1815 et 1830. — Et qu'il y a encore et enfin beaucoup d'art dans l'appropriation du rythme des Chansons aux sentiments qu'elles traduisent; — comme aussi dans le choix des termes; — et dans la clarté du style. — De Béranger comme écrivain; — et que quelques vers un peu ridicules ne l'empêchent d'avoir droit à ce nom. — « C'est un grand prosateur, a-t-on pu dire, qui a mis des rimes à sa prose. »
Mais qu'il est difficile de l'appeler un poète; — non sans doute qu'il n'ait trouvé quelques accents poétiques, — pour exprimer ce que la vie bourgeoise peut quelquefois enfermer de poésie [Cf. la Bonne vieille, le Vieux célibataire] ; — et, à ce propos, de la poésie de la « vieillesse » dans l'œuvre de Béranger. — Il a aussi trouvé
Les événements de 1815 accélèrent le mouvement, revenants eux-mêmes de Témigration y contribuent, on aurait tort de croire qu'ils n'aient c< rien oublié ni appris » dans leur exil : ils y ont appris l'anglais ou Vi mand; et que la France n'était pas l'univers. C'est quoi, dans les premières années de la Restauration, ei 1815 et 1825, il s'établit une façon commune de pens( surtout de sentir; les bornes de l'ancien horizoa déplacent ou plutôt s'évanouissent; et le cosmopolitu littéraire est né. Il diffère de l'ancien humanisme en qu'au lieu de prendre pour base la culture gréco-lal sa prétention est de s'approprier, pour en faire sa si stance la plus intérieure, ce que les littératures « nal
du lundiy t. II, 1850] en a proposé la classification suivant 1^ Chansons anciennes ^ dans le goût de Panard et de Désaugiers u Roi d*Yvetot; la Gaudriole; M, Grégoire; — 2^ Chansons set mentales, dans le genre du Bon vieillard, du Voyageur, des Hin délies ; — 3» Chansons libérales et patriotiques [parmi lesquel on est étonné de voir Sainte-Beuve, ordinairement plus difficile donner une place au Dieu des bonnes gens] ; — 4^ Chansons satiri ques, du genre du Ventru ou des Clefs du Paradis; — et enfii b^ Chansons poétiques, comme les Contrebandiers, le Vieux vaga* bond, les Bohémiens.
Nous avons déjà dit plus haut qu'il fallait joindre aux Chansom — les Mémoires de 1857, Ma Biographie', — et quatre volumet de Correspondance .
La meilleure édition des Chansons est celle de 1847, chez Pcrrotin, en deux volumes in-8°, plus un volume de Chansons pos' thuines.