‹ Manuel de l'histoire de la littérature grecqueChapitre 119 sur 129 · COXFÉH. SECT. XXXIX. P. 178. SECT. LX. P · texte numérisé non relu

COXFÉH. SECT. XXXIX. P. 178. SECT. LX. P

La philosophie péripatéticienne fut la seule qui , à répoque dont nous occupons , conservât du crédit à côté du Platonisme ; et l'on appela même péripatéticiens certains éclectiques qui préféraient la doctrine d'Àristote à celle de Platon, sans pourtant s'y attacher exclusivement. La plupart de ces philosophes se bornèrent à écrire des commentaires sur les écrits de leur maître. Le péripatétisme trouva beaucoup de faveur à la cour de Byzauce. Les discussions qui s'élevèrent dans l'église avec les Ariens , les Nestoriens et une foule d'autres hérétiques , exigeaient qu'on s'exerçât à une philosophie polémique, qui pût fournir des armes pour combattre les dissidens. La dialectique d'Aristote y parut plus propre que tout autre système.

Thémistius , célèbre rhéteur, dont nous avons déjà parlé, formé par une étude approfondie des ouvrages de Platon et d'Aristote, professa avec éclat le péripatétisme à Constantinople. Il a laissé des commentaires eu forme de paraphrases sur divers écrits d'Aristote. Nous en avons quatre publiés en grec , cl deux clan* une traduction latine , faite sur un texte hébreux ' .

Saint-Nil, l'Ancien, issu d'une famille noble de

1 Les quatre comment, grecs ont été publiés avec ses œuvres, ap. Aldum. Veuet. 1534. fol. Un des comment, latins parut h Venise. 1574. le second ibid. 1558 et 1570. fol.

(Àmstanlinoplc, fut Éparque de cette ville et se retira ensuite avec son fils dans les déserts des Monts de Sinaï, où il termina sa vie entre les années 420 et 450. Il avait composé plusieurs ouvrages de philosophie et de morale; nous citerons seulement ici ses Lettres, ses Discours ( admonitiones ) et son Manuel d'Epictè te , qui n'est rien autre que l'ouvrage d'Arrien, paraphrasé et approprié à l'usage des chrétiens ' .

Ammonius , fils d'Hermias, disciple de Proclus, enseigna à Alexandrie la philosophie d'Aristote, et fut le maître de Jean Philoponus, de Damascius et de Simplicius. Il fut, ainsi que ses disciples, un philosophe éclectique, mais plutôt péripatéticien que platonicien : il a laissé des commentaires sur les ouvrages de Porphyre et d'Aristote a .

II existe encore un commentaire inédit sur quelques parties de la métaphysique d'Aristote par Asclépius, de Tralles , disciple d'Ammonius.

Jean Philoponus , dont nous avons déjà Fait mention, enseigna la littérature et la philosophie. On lui a reproché d'avoir mêlé la philosophie d'Aristote avec la doctrine pure de l'église chrétienne : la sienne fut condamnée sous le nom de Trithéisme. Outre des ouvrages de grammaire, il existe de lui beaucoup de

\ Éd. : EpUtolae : Léo Allatlas. Rom. 1668. fol. ; admonitiones : TV. Giaser, Hamb. 1G14. 8. F. Xav. Werfer , Act. PhUolog. Monac. III. 63. sniv.; Epicteti Enchiridion : J . Schweighœuser, Epictetêae philosophîse monumenta. vol. V.

2 Ed. : Comment, in Porpliyr. P. Iiosetiitus. ap.' Jlu'nm. \encl. 1546. 8. C. in categor. : J. Ji. Felivianus. Venet. 1345. 8. C. in Lib. deinteipr. : B. Sylvanius. Venet. 1549. 8. Les trois comment, précités ensemble: ap. Jhhim. Yenet. 1546. 3 Part. 8. : \ ila Arislol.-lis sons le nom de J. Philoponus) : Luc. Holstc»ins. Lugd. Bat. 10'il . 8.: De fato : •/• C Ùrellius(avec Alex. d'Aphrodisée.eUv Tarie. I Si» j. S.

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commentaires sur Aristote, un ouvrage de théologie contre Proclus, et une vie d'Aristote qu'on attribue aussi à Ammonius '.

Le plus savant et en même temps le plus clair de tous les commentateurs d'Aristote fut Simjjlicius , de Cilicie , un des philosophes payens qui , lors de l'édit de Justinien contre les philosophes, se rendirent en Perse. Simplicius a laissé un commentaire sur le manuel d'Epi ctète , qui est un des meilleurs ouvrages de morale de toute l'antiquité : non seulement on estime son jugement, mais ses écrits sont encore précieux à cause des fragmens d'ouvrages d'anciens philosophes , qu'ils renferment 3 .

Olympiodore, le jeune, d'Alexandrie, autre que le maître de Proclus, a laissé un commentaire sur la météorologie d'Aristote 3.

1 Ed. : Réfutation de Proclus : Jict. Trincavellus. "Ycnet. 1535. fol.: Comment, ad Analyt. I. : T ict. Trincavellus, Venet. 1536. fol. : Comment, ad Analyt. IL : Aldus. Venct. 1504. fol.: ad IV priores lib. de plijs. ausc. et de anima : Trincavellus. Venet. 1535. fol.: ad lib. 1 météorologie, (avec le Comment. d'Ohmpiod.) Venct ap. Aldwni. 1551. fol. ; ad lib. de Genesi et interitu, etc. : Aldus. Venet. 1527. fol.; ad lib de procréât. : Venet 1526. fol.; scbol. ad mctapbysic. : publié en latin par F. Patricius, Ferrar. 1583. fol.

2 Ed. : Comment, ad Epictet. Encliir. Venet. 1528. 4. Hier. Welf. Basil. 1560.8. Dan. Ileinsius. Lugd. Bat. 1640.4. J. Schweighœuser, Pbilos. Epictet. monum. vol. IV.; Comment, ad Aristot. pin sic. Aldus. Venet. 1526. fol.: ad categor. Venet. 1499. fol. Basil. 1551. fol. : ad lib. de Ctclo : Venet. ap. Aldum. 1526. foi. Il parait cpie ce texte grec a été traduit du latin de G. Ite Morbech, et que le texte original est celui d'un mst. de la Bibliothèque de Milan: Comment. ad lib. de anima : Aldus. Venct. 1527. fol. Un fragment de l'introduction dans J. Iriarie, Catalog. codd. matrit. p. 181. sqq. — M. liuhle. de Simplicii vità ingenio, etc. Annonces savantes de Gnetliug. année 1786. p. 1977. s;p|.

'Aldus. Venet. 1551. loi.

On place à la même époque Priscien, de Lydie , <jiii a commenté l'ouvrage de Théophraste sur le sens, l'unagination et l'entendement '.

St-Jean , de Damas, théologien célèbre, philosophe savant et profond, mathématicien distingué, fut moine au monastère de Saba, près de Jérusalem. II avait été à la cour du Calife Abd' ul Melik I , où il prit du goût pour la philosophie péripatéticienne, cultivée avec le plus grand zèle par les Arabes. Il fut le premier qui porta cette philosophie dans la théologie, et devint ainsi ie précurseur de la philosophie scolastique et l'auteur du premier système complet de théologie. Son ouvrage principal est son Exposé de la foi orthodoxe. Nous citerons en outre ses Parallèles et ses chapitres philosophiques ou plutôt dialectiques2.

Nous plaçons parmi les philosophes l'empereur Basile-le-Macédonien, à cause de ses deux Traités sur l'art de gouverner, adressés à son fils et dans lesquels respire l'esprit philosophique le plus noble 3.

C'est par un dernier effort que la nature , avant la décadence entière des lettres et des sciences à Constantinople, parait avoir produit Michel Constantin Psellus} le jeune , né en 1020. 11 professa la philosophie à Byzance , où il exerça une grande influence sur les

! Imprimé dans l'édit. de Théoplir. de ./. C'a me ta ri us . Basil. 154 1 fol. Ilcnr. Stephanua (avec les Caractères, etc.) Paris. 1357. 8.

2 Ces ouvrages se trouvent dans l'édit. des œuvres de S'-Jean de Damas de J. Bill, Paris. 1G19. fol. et M. Lcqnien. ibid. 1712. 2 vol. fol.

3 Le premier écrit a été publié par F. Morel, Paris. 1584. 2 Parti. 4. Just. Jhmnafeld, Goetting. 1074. 12. Le second a vu ie jour pour la première fois dans : lny. tfat, Script, voter. nn\.i coiîcct. vol. II. p. 679 681.

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affaires de l'État et devint le maître de l'empereur Michel VII. Ayant été disgracié dans la suite , il se retira dans un monastère et y vécut jusqu'au commencement du douzième siècle. On le décora du titre de Prince des Philosophes. Il ne fut pas seulement philosophe , mais encore théologien , historien , mathématicien, orateur et médecin. Il a publié un grand nombre d'ouvrages, dont plusieurs n'ont pas été imprimés. Le plus remarquable de ses écrits philosophiques est son Encyclopédie, en 193 demandes et réponses , dédiée à l'empereur Michel Ducas : il y traite successivement des sujets de théologie, de philosophie, de physique et d'astronomie et donne un exposé critique des opinions des anciens philosophes sur ces matières1. Jean Italus florissait sous Michel Ducas et fut revêtu, après la disgrâce de Psellus, de la dignité d'Hypale.W est auteur de plusieurs écrits inédits, entre autres de commentaires sur Àristote2.

1 Ed. : Encyclopéd. : les chapitres I-XII et le chap. XIII furent publiés par J. Wegeïinus, August. Vinci. 1611. 8. chap. I-CLV11 dans : Fubricii Bibl. gr. vol. V. un mst. de Turin contient encore XXXV chap. de plus; Paraphrase d'Aristote sur l'intcrprét. : Aldus. Verset. 1503. fol.; Extrait de Porphyre surins cinq voix : Vcnet. 1532. Basil. 1542. 8. ; Introduclio in ses philosophisc modos : Venct. ap. Sah. 1532. 8. Paris. 1541. 12.; Synopsis organi Aristotelis: Elias Ehinger, Witteberg. 1597. 8.; Comment, in Physic. Aristotelis (attribué par quelques-uns à Psellus l'ancien), traduit cnlatinpar J. B. Camotùis.\ enct. ap.Turisanum. 1554. fol.; Delà force de Pâme (excellent exposé delà doctrine de Platon cl d'Aristote sur ce sujet) : /. Tarin. Paris. 1619. 4. publié comme ouvrage anonyme sous le titre de Ai?.»» ittpt "y"/:'-'5" ; Commentaire sur les oracles de Zoroastrc et précis de la doctrine des Cbaldéens, dans : Fr. Patritii, Nova Philosoph. de ! niverso. Ferrar. 1591. fol. et dans les edit. des oracles Sibyllins.

2 Voyez C.B. Hase. Notices et extraits des msts de la Bibl. du roi de France, vol. IX. P. II. p. 149.

(ieorye Pachymère , dont nous avons déjà parlé) a laisse un commentaire ou une paraphrase des œuvres d'Aristote, dont une partie seulement a été imprimée, et une paraphrase de S'-Denys l'Aréopagite , ainsi que d'autres ouvrages inédits '.

Eustratius , métropolitain de Nicée vers 1117, a écrit dans un âge avancé des commentaires sur la morale et les analytiques d'Aristote ; ils sont adressés à une princesse , probablement l'épouse d'Alexis Comnène \

Nicéphore Blemmida . moine de Constantinople du milieu du treizième siècle, qui a écrit sur plusieurs points de controverse dans l'église d'Orient et d'Occident, laissa aussi deux Ahréyés, un de Physique et un de Logique. On a en outre de ce moine un traité de l' Instruction dun prince et un Discours adressé à l'Empereur 3.

Théodore Métochita , allié par le mariage de sa

1 Ed. De sex philosopliia; deiinUionilnis : J. Foscaremis. Yenet. 1532. 8.: Compendium Logic. : J. B. Rasarius. Paris. 1547. 8. — (!cs deux écrits réunis : Ed. Bernard, Oxon. 16G6. 8.: Enitome in univers, ferc Aristot. pliilosoph. : Pli. Bechius. F>;isil. ap. Eroben. 1500. fol. : Le traité sur les lignes indivisibles se trouve dans les edit. d'Aristote sous son nom; Progymnasmata : C. If ah , Rhetorcs (îracci vol. I. Stutg. 1832. p. 549-596. ; Paraphrase de S'-Denys : dans les œuvres de ce père de l'Eglise, par G. Moreî. Par. 15f>2. 8.

2 Ed. : Commentaires sur quelques ,4'.' livres de la morale dans : Ëustratiiet aliorum iusignium Peripatet. Comment, in El». X Aristot. de moril).. etc. ^ cnet. 1536. fol. : Sur le livre 11 des Analyt. : Aldus

avec d'antres comment, sur le même ouvrage). \ cnet. 1534. fol.

J Ed. : Compendia plivs. et logic. : J. Ile gel in us. August. Yind.

1605. sqq. 4 vol. 8.: Les deux autres écrits se trouvent dans :

/. Mai, Script, veter. nova collect. vol. II. p. 00.). sqq. et p. 055. sqq.

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fille à la famille impériale, fut nommé grand-logothète ou chancelier de la cour de Byzance en 1314 et ayant été destitué en 1328, à la suite d'une révolution, il finit ses jours dans un monastère. Il jouissait d'une telle réputation d'érudition qu'on l'appelait une Bibliothèque vivante. Il a composé sur la philosophie d'Aristole un grand nombre d'ouvrages qui n'ont pas été imprimés. Un ouvrage important pour l'histoire et la littérature est son Recueil intitulé : 'Yto^v/jfucnafxol y.xi GY}U£iû>Gci<; ymafuxai : il renferme des extraits de plus de soixante-dix écrivains grecs. Théodore est aussi l'auteur d'un ouvrage Sur la langue grecque en Egypte, et probablement du Panégyrique d'un empereur '.

L'historien Nicéphore Gre'goras a laissé un grand nombre d'ouvrages de théologie, de philosophie, de rhétorique , de grammaire, qui n'ont pas été imprimés. Il existe en outre de cet auteur plusieurs lettres , dont quelques-unes seulement ont été publiées a.

Léon Magentinus ou seulement Magentinus , métropolitain de Mytiîène vers 1340, a écrit un commentaire ou exégèse sur divers ouvrages d'Aristole 3.

' Les paraphrases d'Asistote ont été publiées seulement en latin, Basil. 1539. 4.: Hisccllanca historica et pliilosopliica: J. G. Millier et Th. Kiessling, Lips. 1821. 8.; L'écrit sur la langue grecque en Egypte dans : A. Mai, Script, veter. nova coll. vol. II. p. 684. sqq.; Une partie du Panégyrique, ibid. Introduct. p. XXXIII-XXXV.

2 Les lettres de Nicéphore ont été publiées par Berger (1 lettres dans : Arctin, Matériaux pour l'histoire et la littérature, vol. II. p. 609. 'en ail.). Mustoxides 6 lettres) Ànecdot. gr. Venet. 1817. 8. J.F. Boissonadc (11 lettres) Anecdot. grâce. 111. p. 187. sqq.

3 Ed. : Comment, ad Aristot. de interpret. : Aldus, \enet. 1503. fol.; ad lib. I. Analyt. : Trincavellus (avec J. Philoponus) Venet. 1536. fol.

Tels furent parmi les Grecs les écrivains qui s'occuperait de la philosophie péripatéticienne. Dès le huitième et le neuvième siècle, elle avait passe chez les Arabes. Le Calife Al Mansour fit traduire dans sa langue maternelle les ouvrages d'Aristote , mais il ordonna que les originaux de ces traductions fussent brûlés. Dans les siècles du moyen-âge où la différence des principes religieux et delà langue, avait tiré une ligne de démarcation bien marquée entre les Grecs et les Latins, ce fut par les Arabes que la philosophie d'Aristote fut portée dans l'Occident. Elle y donna naissance dans le onzième et le douzième siècle à la philosophie scolaslique.

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