DIALECTES
merçant et navigateur. Il reçut son perfectionnement en Asie mineure. Comme il avait été la langue d'Homère, d'Hésiode , ainsi que des premiers poètes , qui avaient employé ce mètre , où le vers de six pieds alterne avec le pentamètre , on le regarda dès lors comme essentiellement propre à l'épopée et à l'élégie, tandis que l'éolien et un troisième dialecte , qui se forma dans la période où nous entrons, restèrent l'apanage de la poésie lyrique , qui demanda des formes pour ainsi dire plus mâles et permit des s »ns plus âpres. Deux écrivains, Hérodote et Hipp<Pcrate, quoique Doriens de naissance, ont préféré le dialecte ionien.
Le dialecte Attique, qui devint par la suite la langue classique des Grecs, était ionien pour le fond; mais il se distinguait de l'ionien de l'Asie mineure par quelques duretés qu'il avait conservées ; elles marquent le passage de l'ancien langage pélasgique à l'idiome adouci des Ioniens. Sous le rapport du temps , on distingue trois dialectes attiques : l'ancien, qui est celui de Thucydide, des poètes tragiques et de l'ancienne comédie ; la comédie moyenne forme l'époque intermédiaire entre l'ancien dialecte attique et le nouveau; celui-ci se remarque dans Platon et dans les fragmens du nouveau théâtre comique.
Le troisième dialecte, dont nous avons parlé ci-dessus, est le Dorien. Ce dialecte, enté sur l'éolien, appartient aux habitans du Péloponèse, excepté les Areadiens, les Achéens et les Éliens ; aux Mégariens, à tous les Doriens d'Europe et d'Asie, et aux colonies qu'ils établirent en Crète, dans la Grande-Grèce, en Sicile et à Cyrène. La prépondérance que la tribu des Doriens acquit dans cette période , éleva son idiome au rang de dialecte particulier, et le caractère sévère de ces peuples lui
imprima une teinte de dureté que les siècles suivans n'effacèrent pas. Pindare, quoique Éolien, employa rarement le dialecte de sa tribu; celui des Doricns paraît en effet plus propre à la gravité et à la majesté de la poésie lyrique.
Enfin , il est nécessaire de dire ici un mot de ce qu'on appelle dialecte commun. Lorsqu'on commença en Grèce à écrire en prose, les auteurs se servirent soit du dialecte ionien, soit de l'atlique, soit du dorien, selon qu'ils appartenaient^ l'une ou l'autre tribu hellénique, ou plutôt selon que l'un ou l'autre de ces dialectes paraissait mieux approprié au genre de composition auquel ils se livraient. Plus tard , quand Athènes fut parvenue à s'emparer du sceptre du goût, tous voulurent employer le langage attique; mais chaque écrivain ayant fait entrer dans sa composition quelques formes particulières au dialecte, qui lui était le plus familier, il se forma, par ce mélange, un dialecte que les grammairiens des temps suivans appellent souvent Hellénique , en opposition au dialecte attique, mais qu'on nomme ordinairement le dialecte commun. Cet idiome artificiel, qu'on ne trouvait que dans les livres, n'a donc été qu'improprement qualifié de dialecte.
L'introduction de l'écriture alphabétique en Grèce appartient à une haute antiquité; mais les indications sur l'époque, à laquelle elle eut lieu, sont incertaines et contradictoires. L'alphabet grec ne se composait primitivement que de quinze lettres, onze consonnes et quatre voyelles, qui sont rABTAEIKAMINOIIPST. 11 avait un grand défaut en ce qu'il ne fournissait pas de moyen de distinguer Ye et Yo brefs, des mêmes voyelles, lorsqu'elles étaient longues. 11 n'offrait pas non plus de caractère particulier pour exprimer les sons