‹ Manuel de l'histoire de la littérature grecqueChapitre 13 sur 129 · ORIGINE DE L'ALPHABET · texte numérisé non relu

ORIGINE DE L'ALPHABET

d'u et d'où, et les Grecs étaient obligés d'employer pour cela la lettre o. Ils adoptèrent bientôt l'T , qu'ils n'employèrent d'abord que pour exprimer une certaine aspiration, qui ressemblait au son de notre w en s' approchant de celui de Yu , mais qui par la suite devint une simple voyelle, exprimant le son de Yu français. De cette manière se trouva complété le nombre de seize lettres dont des traditions attribuent à Cadmus l'invention ou l'introduction en Grèce.

Plus tard, l'alphabet grec s'enrichit encore des lettres Z, H et 0. La destination de l'H ne fut cependant pas, comme par la suite, d'exprimer soit Ye , joil Yi long ; mais il indiquait une forte aspiration pareille à celle de Y h. Dans la suite , les Grecs inventèrent le $ et le X. Une tradition fabuleuse attribue ce perfectionnement à Palamède, un des acteurs de la guerre de Troie. Une autre version , rapportée par Aristote, en fait honneur à Epicharme. L'alphabet grec ne fut porté au complet que vers l'époque des guerres de Perse , par Simonide de Céos. Il y ajouta les trois lettres S, W , et Q., et comme l'aspiration avec laquelle certains mots se prononçaient, s'était successivement adoucie, il donna à l'H la signification d'une voyelle longue, qu'elle a conservée. Ainsi fut élevé à sept le nombre des voyelles. L'alphabet complet de Simonide , composé de vingtquatre caractères, fut adopté par les Ioniens et introduit à Athènes par Callistrate de Samos ; mais ce ne fut que vers la fin de la guerre du Péloponèse, sous l'archonte Euclide, qu'il fut employé dans les inscriptions publiques. A côté de cet alphabet, les Eoliens conservèrent le digamma F , dont tous les Grecs se servaientpeut-être originairement.

La plus ancienne manière d'écrire chez les Grecs

procédait alternativement de gauche à droite et de droite à gauche, à l'exemple des bœufs qui labourent la terre ( fiovcrzpoyYidâv). C'est ainsi que furent écrites les lois de Solou. Plus tard , les Grecs renoncèrent entièrement à cette manière incommode d'écrire, et adoptèrent celle qui est générale aujourd'hui parmi les peuples européens.

Ils écrivirent d'abord avec un stylet d'or ou de fer, sur des tables de pierre, des lames de plomb, des tables d'airain. Dans la suite , à la place du stylet on se servit de roseaux et de pinceaux. Les caractères étaient tracés ou peints sur des feuilles de mauves, de palmiers ou d'autres arbres, ensuite sur l'écorce intérieure des tilleuls, jusqu'à ce qu'enfin l'on apprit à préparer, pour le même usage , les feuilles du papyrus d'Egypte qui ont donné leur nom au papier. Outre le papier, on se servit encore pendant quelque temps de peaux grossièrement préparées ; mais le papier , d'abord fort rare, devint plus commun après la fondation d'Alexandrie, jusqu'à ce que les Ptolémées, jaloux de l'établissement d'une bibliothèque à Pergame, en défendirent l'exportation. Cette défense fut l'occasion de l'invention du parchemin, à Pergame , sous les Attales.

En guise d'encre on se servait de la liqueur noirâtre que renferment le calmar ou cornet, et la sèche. Les titres étaient écrits avec du minium.

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