‹ Manuel de l'histoire de la littérature grecqueChapitre 14 sur 129 · SECTION IV · texte numérisé non relu

SECTION IV

La poésie sacrée et mystique des siècles précédons fui remplacée à cette époque par une poésie nouvelle, que l'on peut qualifier de profane. Ce qui forme son carac-

1ère dislinctif , c'est l'emploi qu'elle faisait de la mythologie pour orner des sujets purement imaginaires. Elle naquit sous le beau soleil de l'Ionie. Le doux climat de celte province, le voisinage d'autres peuples civilisés, l'opulence de ses habitans et la paix profonde dont ils jouissaient, pendant que la Grèce européenne était tourmentée par des révolutions, favorisèrent ses progrès. On vit se former dans ce pays des écoles de poètes ( àoàoi) , chargés de composer ou d'arranger les hymnes qui devaient accompagner les solennités politiques ou religieuses. C'est dans ces écoles que les premiers chants épiques prirent naissance et se conservèrent au moyen de la tradition orale. De cette institution sortit une espèce de chantres qu'on appela par la suite Rhapsodes ( 'Pa-^wJb/ de poinreiv wjVjv , ourdir une chanson, ou plutôt de pafiiïôç bâton et ûdôç, chantre). Ceux-ci , incapables de rien créer par eux-mêmes , se bornèrent à propager les productions des époques antérieures. Les Rhapsodes disparurent à leur tour lorsque l'usage de l'écriture devint plus général '.

L'antiquité a unanimement reconnu Homère comme le père de la nouvelle poésie ou de l'épopée (è'toç), mot qui , proprement , veut dire art de produire un ouvrage d'imagination. Homère était ionien et probablement natif de Chios ou de Smyrne. Il a fleuri selon les calculs les plus probables 1000 à 1100 ans avant notre ère \ Cependant l'époque où il a vécu, ainsi que les cir-

1 S. S. Meisling , de hulùr atquc rhapsodis, Haun. 1809. 8.

2 Léo Allatius. de patrià Homeri , etc. Lugd. 1640. 8. T. Blackwell , Recherches sur la vie et les écrits d'Homère. 3e édit. Lond. 1757. (en anjdais). J. II. J. Kôppen, sur la vie et les poésies d'Homère Nouvelle édif. Ifaimov. 1821. 8. (Vu allem.) etc.

constances de sa vie, son! enveloppas (l\>hsciirit<'-. Dans les temps modernes, des hommes d'un grand mérite ont élevé des doutes sur le véritable auteur de l'Iliade et de Y Oû\ rasée. Le pins célèbre d'entre ceseritiqncs, F. A. Wolf, essaya de prouver, tant par les disparates qu'il crut remarquer entre diverses parties de ces deux poèmes, que par d'autres motifs , qu'on doit les regarder comme une suite d'ouvragesd'époques et d'auteurs différens, et qu'il ne faut en attribuer à Homère (pie la première idée et peut-être une partie des vers. Cette hypothèse, à l'appui de laquelle furent employées toutes les ressources de l'esprit et de Férudition, a obtenu dès son apparition une grande autorité et de nombreux partisans. Aujourd'hui elle commence à perdre faveur ; on en revient à reconnaître que l'unité qui règne dans l'Iliade et l'Odyssée, la conséquence dans la peinture des caractères, etc., révèlent évidemment la création d'un seul génie. Quoi qu'il en soit, on ne saurait disconvenir que ces poèmes n'aient été altérés par des modifications et des interpolations postérieures.

La question de l'invention de l'art d'écrire se trouve étroitement liée à la précédente. Il est avéré que l'écriture était connue du temps d'Homère ; mais son usage peu répandu , permet de douter que ce poète l'ait employée. Toutefois, la supposition qu'il n'ait pas écrit ses poésies, ne prouverait rien contre leur existence; car, prétendre qu'Homère n'a pu composer et confier à sa mémoire des poèmes de si longue haleine, c'est oublier que les Grecs de cette époque avaient la mémoire beaucoup plus exercée que nous, qui nous en reposons trop sur le secours de l'écriture '.

1 F. /• //«//*• Prole;romen;i ;nl Hoinmim. vol. l.II.il. 171)5. S.

L'Iliade en vingt-quatre chants, s'occupe d'un simple épisode de la guerre de Troie. Le poète chante les événemens qui se sont passés dans un espace de cinquanteun jours, depuis la querelle entre Agamemnon et Achille jusqu'aux obsèques d'Hector. Le sujet de cette composition est la satisfaction que Jupiter donne à son petitfils , Achille , offensé par le chef des Grecs. Le poète suppose que les dieux sont partagés entre les Grecs et les Troyens ; ce qui donne une haute importance à l'action de sa fable. La forme dramatique qu'il a adoptée en mettant en scène les dieux et les hommes et en les faisant agir chacun selon son caractère ; cet artifice ,

non-achevé. S1.- Croix . Réfutation d'un paradoxe littéraire de M. AVolf. etc. (Magas. encyclop. t. V. p. 12). J. L. Jlug, sur l'invention de l'écriture. Ulm. 1801.4. (en allem.). C. F.Franeeson. Essai sur la question, si Homère a connu l'usage de l'écriture, et si les deux poèmes dcllliade et de l'Odyssée sonten entier de lui. Berlin. 1818.8. G. G. IMtzseh. De historia Homeri, maxime de scriptorum carm. a-tate meletemata. Fascic. 1 Kil. 1830. 4. Fase. IL 1834. J. Creuser , Ouestions préliminaires sur Homère, son siècle et ses poésies. Franc f. 1828. 8. (en allem.). C. G. Ileyne. De Iliade universe, et de ejus partirais, rhapsodiarumque compage. Dans son édit. de 111., t. VIII. Gnuir l'Ile Penv. Examen de la forme primitive de l'Iliade, etc. Lond. 1821. 8r. (en angl. ). B. Thiersch. Forme primitive de l'Odyssée. Konigsberg. 1821.8. (en allem.). G. Lange, Disquisitiones Homericae, P. I. Argent. 1828. 4. etc. Le même. Essai pour déterminer l'unité poétique de l'Iliade. Darmstadt. 1820. (en allem.). Dugas- ÏIon/beL Histoire des poésies homériques, Paris. 1831. 8. Renouvellement des hypothèses de Wolf. comhattues par le Marquis de l'ortia d'Urban, Homère et ses écrifs. Paris. 1831. 8. — Constantin holiades, Ulysse-Homère, ou le véritable auteur de l'Iliade et de l'Odyssée. Paris. 1829. fol. On y établit que les deux poèmes homériques ont été composés par Ulysse , un des héros grecs vainqueurs de Troie. — Voy. Scebode, Bibl, Oit. 1828, p. 409-416. 1829. p. 493-498 et Jahn Annal, t. 111. cal.. 1. p. 1-24. cah. 2. p. 1-58 et 95-109. t. IX. p. 92. suiv. p. 43C> et 442. suiv. (en ail.)

peut-être inconnu aux poètes 'qui l'avaient précédé , est la véritable cause de l'intérêt qu'inspire ce poème et du charme qui attache à sa lecture '. L'Iliade est généralement regardée comme la plus parfaite des épopées de tous les temps et de toutes les nations.

L'Odyssée , aussi en vingt-quatre chants, raconte les aventures d'Ulysse depuis la prise de Troie jusqu'à son retour à Ithaque. L'action de ce poème ne dure que quarante jours ; mais à la faveur du plan qu'il a choisi, Homère a trouvé le secret de décrire toutes les circonstances du retour d'Ulysse, de rappeler plusieurs détails de la guerre de Troie et de déployer les connaissances, qu'il avait lui-même acquises dans ses voyages. Quel que soit l'intérêt que présente ce tableau mouvant , il a exigé peut-être un moindre effort de génie que la composition de l'Iliade , qui est plus simple \

En jugeant Homère , ne perdons pas de vue la différence qui existe entre notre siècle et les circonstances où étaient placés ses lecteurs ou auditeurs. Sa langue était pour eux une langue vivante ; ses poésies respiraient le patriotisme le plus exalté; elles reproduisaient les exploits de leurs ancêtres; elles nommaient les fa-

1 Editions de l'Iliade:^. Turnebus. Paris. 1554. 8. J. B. C. D'Ansse de Tilloison, Homeri llias ad veteris codicis veneti fidem recens, schol. antiquissima éd. Venet. 1788. Fol. C. G.Heyne, Homeri carmina cura brevi annot. Ace. varia? lectt. et obss. veterum (îrammaticonim cura nostra3 retatis criticà. (Ilias) Lips et Lond. 1802. 8 vol. 8. vol. IX : Indices ab Gr'àfenhan. Lips. 1822. C. F. Inf/ersler, Homeri Ilias. vol. I et II. rbaps. 1-14. Hauniae 1830. et 1834. 8.

2 Éditions de lOdyssée : Lovanii 1523. 4. Venet. 1542. 8. etc. Haumyarten Crutius, Odyss. cum Eiistatbii et rcliquornm jjrammat. dclectu, etc. Lips. 1822-1824. 3 vol. 8. G. J.Ifekker, iiircrua. fiixfk : Odyssea? homericœ rbapsodisc sex, etc. Lovanii. 1839. 8. Jezowski, llomeii Udyssea- rhapàodîœ sc\. Mosquse. 182». 8.

milles dont ils descendaient; elles peignaient des mœurs qui étaient les leurs, des institutions sous lesquelles ils vivaient. Ces poésies étaient en même temps le code de leur religion et le plus ancien document de leur histoire , comme elles ont été pour eux et pour tous les temps subséquens la mesure de la perfection à laquelle il est donné à l'esprit humain de s'élever, et les modèles du bon goût '.

On raconte que Lycurgue , législateur de Sparte , apporta les poésies d'Homère de l'Ionie dans sa patrie : des rhapsodes en détachèrent des fragmens et parcoururent la Grèce , ravie de les entendre réciter. Sous les Pisistratides , tous ces fragmens furent rassemblés , réunis en forme de deux épopées et mis par écrit. Les auteurs de ce travail, en se laissant guider parles indices qu'offraient les morceaux détachés, se sont efforcés de rétablir le plan et l'ordre primitifs, qui, loin d'être de leur création, comme on l'a prélendu, durent déjà exister, à peu près dans l'état actuel, au temps

» Sur la poésie d'Homère et de son époque, il faut consulter entre autres : R. ff ood, Essai sur le génie original d'Homère, etc., dernière éd. Lond. 1775. 4. (en anglais). jF. A. ff olf, l'rolegomena, etc. G. Millier, Homerische Vorschulc, ou Introduction à l'étude de l'Iliade et de l'Odyssée. Leips. 1824. 8. (en allem.). C. G. Ileyne, dans plusieurs endroits de son édit. de l'Iliade, et Idem, de Origine et causis fabul. Hom. (Comment. Socict. Gott. vol. VIL) C. Schubarth , Idées sur Homère et son siècle. Breslau. 1821.8. (en allem.). Thiersch , Sur le siècle et la patrie d Homère. Halberst. 1824. 8. (en allem.). G. Hermann et F. Creuzer, Lettres sur Homère et Hésiode, ijeidclbcrg. 1818. 8. (en allem.). C. G. Relie, L'Iliade et l'Odyssée d'Homère considérées comme chants populaires, etc. Leips. 1826. 8. (en allem.). F. G. Petersen, de Statu culturae qualis setatibus heroicis ap. Gra-cos fuerit. Haunise. 1826. 4. 0. Zeyss, Quid Homerus et I'indarus. de virtute, civitatc, diis statucrint, etc. Jenœ. 1832. 4.

des premiers poètes cycliques, puisque les sujets que ceux-ci ont traités se trouvent eu dehors du cadre embrassé par l'Iliade et l'Odyssée. Un vaste champ s'ouvrait déjà alors à la sagacité des critiques; ceux qu'on appelle Diascevastcs paraissent appartenir à cette époque '. Le soin qu'on prit de rétablir le texte de l'Iliade et de l'Odyssée donna naissance à pi usicu rs recensions de ce texte ($.opSûrJtt^ ou èyAojeiz). Les villes de Marseille, de Sinopc, de Cbios, d'Argos, celles des îles de Chypre et de Crète firent faire des éditions à l'usage de leurs bibliothèques. Après ces six éditions qu'on nommait éditions des villes, vinrent celles qu'on a désignées sous le nom de leur auteur. De ce nombre était celle qu'Arislote ou, selon d'autres, deux de ses disciples avaient soignée pour Alexandre-le-Grand et qu'on appelait X édition de la cassette ou de Vécrin (yj ôt toD vapSyjy.o; ey.foat- ) , parce que ce prince l'avait placée dans une riche boîte à parfums. Zénodote, d'Ephèse, bibliothécaire d'Alexandrie, sous les premiers Plolémées,fit une nouvelle récension de ces poèmes; mais on blâma la hardiesse avec laquelle il rejeta les vers qui lui paraissaient douteux. Aristophane deByzance s'en occupa aussi; mais la plus fameuse édition est celle d'Aristarque de Samothrace; elle est la base de la révision faite dans les troisième et quatrième siècles après J.-G. ; c'est cette dernière qui nous est parvenue a.

1 C. J. Heinrich, Diatribe de Diasccuastis Homcricis . etc. Kil. 1807.4.

2 Sur l'histoire et la critique des poésies d'Homère : L. Lusteri. Historia critica Homeri. Francf. 1606. 8. Jf olf. Prolcjjom.. ete.. imvrajye de la pins haute importance, quoique non achevé. R. Payne, Knight, Prolejjom. ad llom. dans son éd. d'Homère. Lond. 1808.8. et 1820. 4. Séparément : Payne-Kniijht . Proleg. ad Homer. sen de

Le meilleur de tous les anciens commentaires sur Homère est celui iïEustatke* archevêque de Thessalonique, dans le douzième siècle'.

Les scolies attribuées au grammairien Didyme et publiées sous le titre de Scholia minora antiqua sont les premières pour l'ancienneté2, mais elles le cèdent en importance aux scholies sur l'Iliade qu'a publiées Villoison , d'après un manuscrit de la bibliothèque de Saint-Marc à Venise \

Les Homérides formaient une famille ou école particulière de chantres , qui se prétendaient descendans d'Homère. De l'île de Ghios , ils se répandirent dans la

Carm. hom. origine, auctore et rctate, etc. Prœfatus est Ruhkopf. Hannov. 1816. 8. L'ouvrage cité de Nitzsch. C. F. Ingerslev, de Carminum homeriroruni origine et historià et de discrepentià lliad. Haun. 1833. 8. C. L.hayser, de divcrsa homericorum carminum origine Ilcidelb. 1835. 8.

1 Ed pr.]Y.Vajoranus. Rom. 1542-1550. 4 vol. f. Basil, ap. Froben. 15G9-1560.3vol.f. Adiidemexempli Rom. Lips.ap.Weigel. 1825-1830 4 \o\A.Devarii. Index in Eustath.ad fidem exempli Rom. II). 1828. 4.

2 Ed. pr. Rom. 1517. fol. (11.;, Venet. 1521-28. 2 vol. 8 (II. et Od.) réimprimés souvent.

3 Dans son édit. d'Homère citée plus haut: ces scolies, augmentées h l'aide d'autres manuscrits, ont été publiées de nouveau avec celles de Didvme par Imm. Bélier, Berolini. 1825. 2 voL 4. Idem. Appcnd. scbol. in Hom. II. ib. 1827. 4. On a d'autres scolies , telles que : Scholia antiqua in Hom. Odyss. maximam partem è codd. Ambros. ab Ang. Majo prolata, ruine è cod. Palat. et aliundc auct. et emend. édita a. 1*. Buttmanno,Hero\, 1821. 8. Scholia in Ilomeri. 11. nuaï in cod. Bibl. Acad. Lips. leguntur, post Villoisonum et Im. Bekkernm nunc primùm ex ipso cod. intégra ed. et rec. L. Bachmannux vol. I.Fasc. I. Lips. 1835. 8. ô.uHpou' {^«ep^o/, dans : G. A. Cramer, Anecdota Gr. e codd. nantis Riblioth. Oxon. vol. I. Oxon. 1835. 8. Il en est encore d'inédites: celles de Porphyre n'ont été publiées qu'en partie par Jï assenhergh . T alrlenaer. etc.

20 périodi: 11. — SECTION IV.

Grèce. Un des derniers el des plus célèbres d'entre eux (lait Cynœlhwi , contemporain d'Eschyle, que l'on accuse d'avoir fréquemment corrompu la pureté des anciens textes en y intercalant des vers de sa façon.

Les anciens chantres avant de réciter un morceau de Longue haleine d'un poème épique quelconque, avaient l'habitude déchanter la gloire de quelque divinité dans des vers que, d'après cette destination, on appela des proèmes (j:poo'(Mx), mais d'après leur contenu des hymnes ( iïpvot ). Ces hymnes différaient aussi bien de ceux qu'avaient composés les anciens poètes religieux que des chants lyriques auxquels on donna par la suite le même nom. Les hymnes homériques sont, soit desimpies poèmes ou introductions à de grands morceaux épiques, soit de véritables épopées, composées de trois parties distinctes, d'un prologue , d'une fable épique et d'un épilogue ou épode (ctiùx?^). Nous avons 33 ou 34 hymnes des deux genres, qui dans les manuscrits sont attribués à Homère lui-même. De ce nombre 4= se distinguent des autres par leur étendue. Quelques-uns sont formés de la réunion de plusieurs fragmens '.

i Schlosser, Homère et les Homérides. Hamb. 1798. 8. (en ail.). I). Ruhnkeniif Epist. crit. in Homcriilarum hvinnos, etc.. réimprimée avec des améliorations dans son édit. 2. de l'hymne à Cérès. Lugd. liât. 1782. 8. G. E. Groddech, Comment, de hymnor. Hom. relîquns. (iott. 1786. 8. A. Matthias, Animadv. in Hymnos Homcr. cumprolejj.ect. Lips. 1800.8. — Edit. particulières. A. Met&iœ, Hom. Hymn. et liatrachom. Lips. 1805. 8. G. llcrmami . Hom. Hymni et Epigr. Lips. 1806. 8. D. Ruhnken, Hymn. inCcrerem. Lugd. liât. 1780. 8. dernière édit. Lips. ap. Hartm. 1827. 8. C. Kiesel, de HvmQO in Àpollin. Homer. Conlluent. 1836. 8.

Editions des œuvres d'Homère. Ed. pr. (ex recens. Démet rit Chalcondylw). Florent. 1488. 2 vol. loi. Aldus. Vcnet. 1504. 2 vol. 8. /. Franeinut, ap. Juntam. Flor. 1537. 2 vol. 8. //. Stephanut, Poëtw

POÉSIE ÉPIQUE. aa

La Batrachomyotnachie ou la guerre des grenouilles et des souris, qu'on attribuait anciennement à Homère , appartient probablement à une époque postérieure. 11 Faut en dire autant des Ejrigrammes qui portent son nom \

Les auteurs anciens font mention d'une série de poètes dits Cycliques , qui ont versifié, les uns toute la mythologie , en remontant aux généalogies des Dieux ,

gracci principes hcroici carminis. t. 1. Paris. 15G6. fol. J. liâmes , Cantabr. 1711. 2vol. 4. S. Clarté, Lond. 1729-40. 4 vol. 4. J. A. Ernesti, Lips. 1759-64. 5 vol. 8. Ibid. 1824. 5 vol. 8. Cum Woliii Prolcgomenis. Lond. 1822. 4vol. 8. F, C. Alter,\\ndob. 1789-94.3 vol. 8. Fi A. Wolf, Hal. 1783-85. 2 vol. 8. éd. 3. Nouvelle récension du texte avec les Prolégomènes précités : Homeri et Ilomcridartuu opéra et reliquiœ. (llias). Hal. 1794. 2 vol. 8. éd. 4. Lips. 1804-07. 4 vol. 8. éd. 5. (Ilias) ibid. 1817. 2 vol. 8. R. Pat/ne Knigth, llomeri Carmina cum nbrîs, prolcgom. Lond. 1808. 8. éd. 2. ibid. 1820. 4. J. F. Boissonade, Paris. 1823-24. 4. vol. 12. F. H. Bothe , vol. MIL (llias). Lips. 1832-33. 8. Odyss. vol. I. II. Lips. 1834-35. 8.

Pour l'intelligence du texte d'Homère ; C. T. Damm, Lexic. gi\ elyinologicuni et rcale Homcricum et Pindaiïciun. Berol. 1705. 2 vol. 4. Nouvelle édition : J. M. Duncan, Londin. 1827. 4. corrigée et augmentée par TV. C. F. Bost, Lips. 1831. 4. Pli. Buttmann . Lexilogus. Berolin. 1 825. 8. L.Doederlein, Lccit. Homericae. Spec. I.I l . Erlang. 1827. sqq. 4. J. //. J. Koppen, Notes explicatives sur Homère (Iliade). Hanov. 1787-92. 6 vol. 8. éd. 3. F. C. Ruldopf et F. Spitzner, ibid. 1820. 6. vol. 8. (en allem.). G. G.mtzsch, Notes explicatives sur l'Odyssée d'Homère, vol. I. IL Hanov. 1820-31. 8. (en allem.). C. Putsvhe, Comment. Homer. Spec. 1. Lips. 1832. 4. A. llcrmann. De XI Odyssca; Rbapsod. comment. Gbtting. 1833. 4. T. Feitliii, Antiquitates Homericae. Lugd. Bat. 1677. 8. J. Terpstra. Antiquitas Homerica. Lugd. Bat. 1831. 8. Fi A. G. Spohn, de agio Trojano in Carminib. Homer. descripto. Lips. 1804.8.

1 G. F. Goess> de Batracbomyomachiâ Homcro vulgo adscripta. Lrlang. 1789. 8. A. Vonschlieben, de Batracho. Homero abjudicandà. Lips. 1816. 8. J. Leopardi, Dissertation sur la Batracb. dans le Spectateur italien , Milan 1816 , cabier 63e.

*2i PÉRIODE II. —SECTION IV.

et les au 1res, l'histoire de la guerre de Troie, depuis l'événement qui l'oecasiona jusqu'au retour des guerriers dans leurs foyers. On appelle la première série le Cycle épique ou mythique, et l'autre le Cycle troyen. Les plus connus d'entre ces poètes sont : Stasinus de Chypre, auteur des vÀmpia. îtbj , ou chants cypriques ; Cercops de Milet qui chanta les exploits dVEgimius , roi de3 Doriens, dont les fils avaient pris part à la célèbre invasion des Héraclides dans le Péloponèse; Arctinus de Milet, qui célébra dans ses vers la destruction de Troie, '{).i:-j Tlipoiq} Eumèle de Corinlhe, Leschès de Lesbos, auteur de la Petite Iliade , 'Duà<; fMY.pâ; Pisandre de Camiros, dans File de Rhodes, à qui les critiques d'Alexandrie assignèrent le premier rang parmi les poètes héroïques après Homère et Hésiode; il composa une Héracléide en deux livres; l'auteur inconnu des Epi- (jones ('ETTi^vst). La suite de ces poèmes cycliques formait une histoire poétique de la Grèce depuis les temps les plus reculés jusqu'à la fin de la guerre de Troie et à la mort des héros qui s'y sont illustrés. La perte de ces poèmes, dont il nous reste à peine quelques vers, doit être infiniment regrettée ; car indépendamment du mérite qui peut avoir distingué une partie de ces ouvrages, ils furent la source où puisèrent les poètes tragiques, lyriques et épiques des temps postérieurs '.

1 Source principale de la connaissance do ces poètes : Extraits de la chrestomathic de Proclus dans l'hotins Biblioth. cod. 239. augmentés depuis de nouveaux fragmens trouvés par Tychsen et Sicbeniees, publiés par Jleyve. dernières édit. : à la suite du Manuel d'IIéphostion, par Th. Gaisford. Oxon. 1 810. S. ii la suit.- des poèmes dcTretzès . /. iïekker. Berol. 1810. S. On trouve des renset- •>'ueiiieiis sur les poètes culiques dans les ouvr. cités de Ifolf f/eyne , etc. ('. Ci. Schwartzî'âc pbëtis c\elieis Altorf. 1711. 4.

Une école semblable à celle des Homérides en Asie , se forma neuf ou huit cents ans avant J.-C. , dans la Grèce européenne '. On place à sa tête Hésiode , né à Ascrée en Béotie, où son père était venu s'établir après avoir quitté dîmes en Eolide. Quelques savans , au contraire, semblent vouloir retrancber ce poète de la liste des chantres ioniens , et le regarder comme le chef d'une école béotienne , dont les chants avaient un caractère plutôt éthique qu'épique. Ses poésies, comme celles d'Homère, furent interpolées et falsifiées par des mains étrangères. Nous avons sous son nom : l°"E.oya /.al 'H[j.é[j<xt, les Travaux et les Journées, c'est-à-dire, des préceptes sur l'éducation, l'économie rurale, la navigation et le choix des journées. C'est probablement un fragment, resté d'un ouvrage plus considérable, ou , selon certains critiques, un composé artificiel de morceaux originairement détachés et réunis par quelque diascevaste ; en tout cas, la plupart de ces morceaux portent le cachet d'une haute antiquité. La partie morale du poème le rend surtout intéressant. On peut regarder Hésiode comme le précurseur des poètes gno-

Leresque, Mémoire de l'Instit. Littérat. t. I. F. Tfuellner, de Cyclo epico. Munster. 1825.8.F. Henrichsen, deCarniinib. Cypriis.Hatinia;. 1828. 8. C. G. Mitller, de Cyclo Graecorum epico, etc. Lips. 1829. 8. G. ISUzsch, de Aristotele contra Wollianos. scu de carminibus Cycli Trojani Kil. 1831. 4. L. Leutsch, Thcbaïdis cycb'cae reliquise. Goett. 1830. 8. F. G. Jf'elcker, le Cycle épique. Bonn. 1825. 8. (en allem.). 1 F. Thiersch. Sur les poésies d'Hésiode, leur origine et leur liaison avec celles d'IIom. Munich. 1813. 4. (en allem.). G. Ilermamt, dcMythol.gr. antiquiss. Lips. 1817.4. F. Creuzer et G. Hermann', Lettres sur Homère et Hésiode, principalement sur la théogonie. Heidclberg. 1817. 8. (en allem.). G. Hermann, Lettre à Creuzer sur la nature de la mythologie et la manière de la traiter, Leips. 1819. 8. fen allem. \

miqtiea et didactiques postérieurs et il est probablement le premier, <pii ait entrepris un poème éthique de cette extension. Si ses principes ne sont pas toujours en harmonie avec nos mœurs, son poème est au moins un monument historique de l'état moral et social de l'époque où il a vécu \ 2° Une Théogonie , fragment sur la généalogie des Dieux et sur leurs combats. Ce poème paraît appartenir à l'école béotienne, mais il n'a pu être, même dans sa forme primitive, l'œuvre de l'auteur desTravauxet des Jours. On a prétendu à tort regarder comme étrangers à la théogonie les 115 premiers vers qui lui servent d'introduction \ 3° Le Bouclier d'IIercnle ÇAvntq 'llf,x'/).éo-jç) , fragment sur le combat d'Hercule et de Cycnus, renfermant la description du bouclier du héros3. On reconnaît dans ce morceau trois parties bien distinctes : la première et en même temps la plus ancienne (vers 1-56), apparteiiait aux Eoées ( 'Bo?<w [xeyxïcu ) qui formaient le quatrième livre du poème d'Hésiode intitulé le catalogue des femmes (y.az<x- Icyoç yuvxr/.ôùv) ; la seconde partie à commencer du vers 57-140 auxquels il faut joindre les vers 317-480, doit être attribuée à un poète postérieur ; enfin la troisième partie (141-317) qui renferme une description plus longue et plus détaillée du bouclier , est beaucoup plus récente.

1 D. A. Tu-esten, Comment. Crit. de Iles, carminé, quod inscribitnr opéra et dies. Kil. 1815. 8.

2 F. Sickler, Cadmus : Explication de la Théogonie d'Hésiode. Goè'tt. 1818. 4. (en allem.). G. J. C. .ViitzelL de Emendat. Theogon. Hesiod. Lips. 1833.8. J.I). Guiyniuut, de la Théogonie d'Hésiode. Dissertation. Paris, 1830. Voy. li. H. Clausvn, dans le Musée du Rhin, t. III, cah. 3. p. 439. suiv. (en allem.).

:t J. C. ScUichtegroll, sur le bouclier d'Hercule, d'après la description d'Hésiode. Gotha. 1788. 8. (en allem.).

Parmi les autres ouvrages attribués à Hésiode, mais ({iu sont perdus, nous citons : la Mélampoclie ou sur le devin Mélampe; la divination : Y astronomie , qui est la même que Y explication des prodiges ; le tour de la terre y Aie. Le fameux combat d'Homère et d'Hésiode paraît dater de l'ère chrétienne.

Hésiode a employé le dialecte ionien entremêlé de quelques éolismes. Sa diction est pleine de douceur et d'une harmonie qui a fait dire à un ancien, que les Muses ont nourri de leur lait le poète d'Ascrée \

Vers la fin de la lro période de la littérature grecque et au commencement de la 2me, vivait Epiménide de Crète , poète et espèce de prophète dont Solon se servit pour préparer les Athéniens à recevoir les lois, qu'il se proposait de leur donner. Des divers poèmes qu'on dit qu'Epiménide a composés, il ne reste plus que quelques vers cités par les anciens 3.

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