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SECTION XIV

Quoique la comédie ait eu la même origine que la tragédie, le commencement de son histoire est plus obscur. L'élymologie du mot (de xcûpj canton ^indique

1 D'autres le font dériver de Ki/xcr repas liccnticiix ( commissatio | et 黫 chant joj eux. Yoy. Thiersch , OKuvres de Pindare. T. I. p. 114. suiv. A. Boeckh. Economie politique da» aJhén. 11. p. 364.

suiv. (ail.

DRAME SATIRIQUE. 6i)

qu'elle naquit dans les bourgs de l'Attique , et il est probable que les premières représentations, qui lui donnèrent naissance, eurent lieu lorsque les processions en l'honneur de Bacchus parcouraient la campagne. On nomme Susarion, originaire du bourg d'Icarie, comme le père de la comédie grecque. Ses pièces grossières, firent long-temps les délices de la campagne; mais la ville d'Athènes n'admit ce genre de spectacle qu'après qu'il eût été perfectionné en Sicile.

Au lieu d'une suite de scènes sans liaison, Epicharme, natif de Cos, mais vivant à Syracuse où il professait la philosophie de Pythagore , établit une action, en lia toutes les parties et la traita dans une juste étendue. Ses pièces assujéties aux mêmes règles que la tragédie, furent connues en Grèce et paraissent y avoir servi de modèles. Il est à remarquer cependant , que les anciens distinguaient toujours la comédie Sicilienne ' de la comédie Attique. Les fragmens qui nous restent d'Epicharme sont trop insignifians pour nous donner une idée de son genre. Horace est dans l'erreur, quand il avance que Plaute se forma sur ce poète a.

Telle fut la gaîté et la vivacité naturelles des Athéniens , tel fut leur bon sens , qu'ils supportèrent sans humeur les plaisanteries que les poètes comiques se permettaient contre le corps du peuple exerçant la souveraineté ; et cette disposition des esprits donna aux représentations théâtrales une tendance politique. On

1 C. O. Millier, Doriens. Bresl. 1824. 8. T. II. p. 32. suiv. (ail.). C. G. Grysar, de Doriensium comœdia qusest. P. I. Colon. 1828. 8. C. A. Schoell, de orig. grERC. dramat. P. I. Tubing. 1828. 8.

2 //. Harless , de Epicharmo. Essendiac. 1828. 8. //. Folman- Kruxcman , Epicarmi fragm. coll. Harlem. 1834.8.

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permit même que les auteurs attaquassent sans ménagement de simples particuliers, dont ils traduisaient

sur la scène les vices et les ridicules. Cette époque de licence est désignée sous la dénomination de comédie ancienne. Son caractère distinctif consiste dans une hardiesse excessive et dans l'emploi des chœurs et des digressions (T:y.pâ.(ia.n^) '. Dans la parabase le coryphée adressait la parole aux spectateurs au nom du poète.

Les grammairiens d'Alexandrie n'ont jugé dignes d'occuper une place dans leur canon , que six poètes de l'ancienne comédie, Épicharme, Cratinus, Eupolis, Aristophane , Phérécrate et Platon.

Cratinus d'Athènes, qui florissait vers Tan 455 avant J . C. est au teur de vingt et une comédies. Il remporta neu f prix, dont un sur les Nuées d'Aristophane. Cratinus apporta à la comédie un changement essentiel, si l'on n'aime mieux l'appeler une amélioration, en ne mettant jamais sur la scène plus que trois interlocuteurs. C'est peut-être lui, qui lui donna le premier une tendance politique a.

Eupolis (vers l'an 445 avant J. C.) compétiteur et imitateur de Cratinus, a publié dix-sept comédies et remporté dix prix. Il dut sa grande célébrité principalement à sa pièce intitulée les Flatteurs et dirigée contre Callias, fils d'Hipponicus,

Phérécrate d'Athènes (vers ran420avant J. C.) auteur d'une vingtaine de comédies , inventa le vers qui porte

1 G. H. Koester, de parabasi veteris comœdiae athen. Alton. 1829. 8. — Sur le chœur dans la comédie Voy. Siivcm. Mém. sur les Nuées d'Aristoph. p. 80. suiv. Berlin. 1826. 4. (ail.).

2 C. G. Lucas, Cratinus et Eupolis. Bonn. 182(>. 8. EJusd. (Mis. in difficiliora qusedam Cratini fragm. Bonn. 1828. 4. V. Runkel Cratini fragmenta. Lips. 1*27. s.

son nom. On lui fait un mérite particulier de la résolution qu'il prit de ne diffamer personne \

Platon, surnommé le comique (il florissait aussi vers l'an 420) pour le distinguer du philosophe, composa vingt comédies et inventa un mètre particulier nomme d'après lui.

Ces poètes ainsi qu'un grand nombre d'autres , appartenant à la comédie ancienne , ne nous sont guère connus que par les citations des anciens et par quelques fragmens. Nous omettons d'en donner une plus longue nomenclature \

Le plus célèbre poète de la comédie ancienne est Aristophane. Sa patrie est inconnue ; mais il fut citoyen d'Athènes et y passa sa vie. Les onze pièces, qui nous restent des quarante, (à ce nombre on en ajoute encore 4, dont l'authenticité est douteuse et 20 tout-à-fait supposées) qu'il avait composées, nous offrent le tableau le plus fidèle des mœurs de cette ville, mêlé de satires amères contre le peuple et contre les citoyens , qui jouèrent un rôle à l'époque de la guerre du Péloponèse.

Les comédies d'Aristophane appartiennent au genre de celles qu'on appelle pièces à caractère. Il règne de la négligence dans l'invention et la conduite de la fable; mais ledialogue est vif, pressé et rempli d'ironie; quelquefois même le sel atlique y est répandu

1 M. Ru n kel, Pherccratis et Enpolidis fragm. Lips. 1829. 8.

2 A. Meineke, Quaest. sceniese. Spec. MIL Berol. 1826-30. 4. Sud. Hanoviï, Exercitt. crit. in corn. gr. Lib. I. Halse. 1830. 8. — J. Hertel, vetustissimor. Comicor.... sententia;. Vcronae. 1616. 8. Hugo Grotius, Excerpta ex tragœd. et Comœd. gr. Paris. 1626. 4. R. F. P. Brunch, comicoruni sententia;. (Poet. Gnom. Gr. p. 183-202.) ./. F. Roissonade, Poëtar. Gr. Sylloge. vol. III. A. Miinele . Carat critt. in comicor. fragm. al). Alhcn. servata. Berolini. 1814. S.

avec profusion. Comme la plupart des événemens politiques de la guerre du Péloponèse, se trouvent mentionnés dans les pièces d'Aristophane , elles acquièrent un véritable intérêt pour l'histoire; mais un grand nombre des allusions qu'elles renferment, est perdu pour nous \

Aristophane mêle tous les dialectes, selon qu'une expression lui paraît plus plaisante dans l'un que dans les autres. Néanmoins, son style est regardé comme le modèle de la pureté attique. Ses onze pièces sont intitulées : les Acharnéens ; les Chevaliers ; les Nuées ; les Guêpes ; la. Pair; les Oiseaux; les Femmes célébrant la fêle de Cérès (BeviJ.orpopiô'.tyvGou) ; Lysistrate ; les Grenouilles ; le Conciliabule des femmes (exjc).artâÇowowf ) ; Plutus. Nous ne les possédons pas dans leur forme originaire ; quelques-unes ont été retouchées par luimême et d'autres par ses fils a.

lJ. C//fl//p//HrtMW,DeAristophancatqueilIiuscomrccl.Ger. 1743.4. A.Boettiger, Aristoph. impunitus Deorum irrisor. Lips. 1790. 8. II. T. Rôtscher, De Aristoph. ingenii principio. lierolin. 1825. 8. Le même, Aristophane et son siècle. Berl. 1827. 8. (ail.). //. Pol, de Aristophane poët. com., ipsâ artc honi civis officium pnestante. Groning. 1834. 8. F. V. Fritzsche , Quscstiones Aristophanea?. T. I. Lips. 1834. 8. C. F. Hermanni, Progymnasm. ad. Aristoph. Equités schediasmata III. Marburg. 1835. 4.

2 C. iîm/y.conjcctanea in Aristoph. Lips. 1816. 8. R.Porson,Notx in Aristoph. cd. a. P. Dohrec. Lond. 1820. 8. C. Passow, Apparatus criticusin Aristoph. vol. III. Lips. 1828. 8. les vol. I et II n'ont pas encore paru. Fritzsche, de Babyloniis et de Daetalcnsibus Aristoph. Lips. 1831. 8. — Editions, éd. pr. Aldus, (9 comecd. cura schol.) Ven. 14(J8. f. L. Kuslcrus, Amst. 1710. fol. S. Grynœus , (11 comœd.) Basil. 1532. 4. M. F. P. Brunch, Argent. 1783. 4 vol. 4 et 8. P.lnvcriiizzi. Aristoph.com. auctoritatelihri pra'cl. sec.Xemenda(a\ Lips. 1794. suiv. continué et accompagné d'un comment, etc., d'abord par (\ T). Beck . (1809 suiv.) ensuite ii partir du vol. V par

La licence des poètes n'expira qu'avec la liberté publique. Lamachus, un des membres de ce gouvernement que les historiens ont flétri de la dénomination de trente tyrans, défendit, l'an 404 ans avanlJ.-C, de traduire sur la scène les événemens du temps et d'y nommer des personnes vivantes. Une nouvelle époque commença alors pour les théâtre grec ; c'est celle qui vit naître la comédie moyenne. N'osant plus nommer les individus, les poètes désignaient par des allusions et par un persifflage plus fin les personnes qu'ils voulaient immoler à la risée publique. On interdit la parabase ; les chœurs furent restreints et disparurent même , à cause qu'à la suite de la guerre du Péloponèse et du changement de gouvernement , il ne se trouvait plus assez de riches citoyens, pour se charger de la dépense, qu'ils occasionnaient. En outre, comme il fut défendu de se servir de masques ressemblant à des personnes vivantes , on commença à donner aux masques des traits bizarres.

Antiphane de Rhodes, qui vivait du temps des trente tyrans , et Alexis de Thurii passent pour les poètes les plus distingués de la comédie moyenne. On

G. Deindorf. 1826. 13 vol. 8. Vol. IX. P. II : supplementa comment, ibid. 1834. 1mm. Bélier. Lond. 1829. 5 vol. 8. J. F. Boissonade. Paris 1825. 4 vol. 12. H.Bothe, Lips. 1828-30. 4 vol. 8.

F. V. Fritzsche , vol. I. Lips. 1836. 8. — Séparément. Tib. Hemsterhusius , Plutus. Harling. 1744. 8. nouv. édit. [G. H. S chu fer). Lips. 1811. 8. C. D. Beck, Aves. Lips. 1782. 8. G. Hermunn, Nubes éd. 2. Lips. 1830.8. P. Elmsley , Acharnenses, Oxon. 1809. Lips. 1830. 8. C.P. Conz, Vespsc, TuWng, 1823. 8. G. Dindorf, Pax. Lips. 1820. 8. Equités. ib.:1821.8.Ranœ. ib. 1824.8.Ecclesiazus. ib. I82G. 8. — A. Seidler, De Aristophan. fragments. liai. 1818. 4.

G. Dindorf. Aristcpli. fragmenta. Lips. 1829. 8.

vante le premier pour l'excellence de son atlieisrne et le grand nombre de ses pièces, dont on compte jusqu'à trois cents et même au de là. Alexis , dont les productions ne sont guère moins nombreuses, est loué poulies charmes de son style. S'il n'a pas inventé le caractère du parasite, il en a au moins fait un usage plus fréquent ou l'a mieux tracé que tous ses devanciers. Le temps a détruit toutes les œuvres de cesdeux poètes, à quelques légers fragmens près. La seule pièce existante d'après laquelle nous puissions nous faire une idée de la comédie moyenne est le Plutus , dernière production d'Aristophane; le décret de Lamachus en avait précédé la représentation. Les autres poètes de la comédie moyenne , dont il ne reste que des fragmens , sont : Timoclès , Philétœius , Eubulus , Nicostrate , Ephippus , Anaxilas , tous d'Athènes ; E picrates , d'Ambracie , Anaxandride , de Rhodes , Uégésippe , de Tarente * .

La troisième époque de la comédie , ou la comédie nouvelle , tombe dans la période suivante.

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