‹ Manuel de l'histoire de la littérature grecqueChapitre 41 sur 129 · ÉCOLES FONDÉES FAR LES DISCIPLES DE SOCRATE · texte numérisé non relu

ÉCOLES FONDÉES FAR LES DISCIPLES DE SOCRATE

La diversité individuelle des disciples de Soerate , la manière différente dont ils comprirent et s'approprièrenl ses principes, le conseil du maître de s'inquiéter moins de lui que de la connaissance de la vérité , firent éclore de nouvelles écoles philosophiques , qui s'écartèrent les unes des autres principalement dans la doctrine sur le souverain bien.

L'Ecole de Cyrène ou des Hcdoniciens ( 'li^ovr/.ol ) . précurseurs des Epicuriens , eut pour fondateur Aristippe (390 av. J.-C. ). Ce n'est pourtant pas à Cyrène , sa patrie, qu'Aristippe professa sa philosophie, c'est à Egine et à Athènes qu'il fonda son école. Comme les écrits de ce philosophe ne sont pas arrivés jusqu'à nous1 , et que son système a dégénéré dans les mains de ses disciples, ce serait s'exposer à porter sur ses opinions un jugement injuste , que d'adopter tout le mal qu'en ont dit ses ennemis. Aristippe admettait comme le seul instrument du bonheur le plaisir ( Ylàwô) ou l'abandon à des émotions agréables, et plaçait la sagesse (ypéwj'jiz) dans le choix et dans la modération de la jouissance. Il eut pour successeurs Arête, su fille et Aristijjpe, le jeune ,

Voy. Letronne, Journal des savans. 1820. p. 675. sui\. et A. Boeclli. in IMatonis, qui vuljfo fertur, Slinucm. etc. liai. 1806. 8. 1 Les sentences et les lettres qui lui sont attribuées se trouvent dans Orelli. Opusc. , etc. Vol. II. et Collect. Epist. vol. I. — // ieland, Aristippe et quelques-uns de ses contemporains. T. 33-36. de ses œuvres complètes, (en allem.). Kuiihardt, Dissert, de Aiislippi pliil.isophianioral. Ilelmst. 1796. <î. A. M cW/.De l'inlosopliià (iwenaic.i (Dissert, lue h l'Académie des Sciences de (iii!(iii;nic. \ oy. Annonces

Savantes de Gott. n. 80 el 81 Mai. 1835. y. 785 80&) (en tikm.)

ÉCOLE DE CYIIENE. ll'J

son petit fils. Après eux, Théodore, de Cyrène , surnommé Y Athée, modifia le principe fondamental de la philosophie cyrénaïque ; il généralisa davantage l'idée déplaisir, et y fit entrer comme élément essentiel l'éducation (r.vJdzia.) , qui dans le système d'Arislippe se laissait plutôt supposer. Il admit en conséquence comme souverain bien la sagesse {ypâvriaiç,) et la justice, ne considérant le plaisir que comme un milieu entre le bien et le mal , comme quelque chose d'indifférent en soi. ' llécjésias , autre philosophe de l'école de Cyrène , qui paraît avoir enseigné à Alexandrie du temps dePtoléméePhiladelphe, avança avec Aristippe que le plaisir n'est désirable que pour lui-même, et en tira la conséquence, que toutes les autres choses, même l'amitié et la bienfaisance, ne doiventêtre recherchées que pour leur utilité subjective. Il s'écarta encore du chef de sa secte, en rendant le plaisir indépendant de l'affection des sens et des objets extérieurs. Lorsque la philosophie cyrénaïque penchait vers sa fin , Annicéris, contemporain d'Epicure , essaya de renouveler et de compléter les opinions d'Arislippe. Tout en plaçant le bonheur dans le plaisir, il s'efforça de prouver que ce principe ne repoussait pas une fin morale et l'influence objective des circonstances de la vie : par là il voulut échapper à l'égoïsme dur dans lequel Théodore et Hégésias étaient tombés. On compte encore au nombre des adhérens de l'école de Cyrène Bion de Borysthène' , disciple de Théodore, plutôt fameux par ses bons mots que par sa philosophie , et Evhémère , de Messine2, qui enseigna le premier, que

1 J. M. Hoogvliet, de Bionc Borysthen. L. Bat. 1821. 4.

2 Scvin, Bccherches sur la vie et les ouvrages tl'Evhcmèrc Bfém. de l'Acad. des Inscr. vol. VIII. p. 107. Fourmont, ibïcl. vol. XV. p. 265. Foucher. ibid. vol XXXIV. p. 417.

les Dieux avaient une origine historique et étaient des hommes divinisés. Il avait composé un ouvrage, intitule : Histoire sacrée (Ispx ava.ypa.yri), qui Fut traduit par Ennius. Les notices historiques et mythologiques qu'il devait renfermer l'ont regretter vivement la perte de l'original et de la traduction latine. Denys , d'Héraclée, fils de Théophraste, d'abord partisan du système de Zenon , passa ensuite dans les rangs des philosophes Cyrénaïques, et reçut delà le surnom de transfuge (y.eza$étj.svoç). On cite de lui plusieurs ouvrages.

Les successeurs d'Aristippe ne vécurent pas dans la période dont nous nous occupons en ce moment, mais au commencement de la suivante; nous avons jugé à propos de les joindre ici à leur chef, parce qu'avec eux finit l'école de Cyrène, après avoir jeté un éclat de peu de durée.

V Ecole de Mégare ' fut instituée par Euclide de cette ville, disciple zélé de Socrate. Les philosophes de celte école introduisirent de nouveau dans la philosophie la méthode cléatique ; cette méthode consiste à opposer à une proposition la proposition contraire; d'où naît l'art de prouver les choses les plus contradictoires, qui aboutit à un doute général. Les subtilités dont ds enveloppèrent leurs adversaires les firent nommer Éristiques (ipiauxai) ou disputeurs; on les appela aussi par la suite Dialecticiens. Les plus célèbres parmi les successeurs d'Euclide furent Eubulide, deltïilet, eVSlilpoti, deMégare; tous les deux vécurent au commencement

' Gvnther, Dissert, tic modo disput. megaricâ. Jcn. 1707. |, h ' alck, Comment, de phil. vet. cristic. Jeu. 1755. 4. FertL Deychs

De Megaricorum doctrina, ejusque ap. Plaît et Aristot. \ estijjiis.

Bonn. 1827. 8. //. Hitler. Sur la philosophie de l'école de Mégwrr Musée du Kliiii. Philolog. II. p. 205. sqq. (en allem

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