SECTION XXVII
ÉTAT DE LA GRÈCE APRÈS LA MORT D'ALEXANDRE-LE-GRAND. — ALEXANDRIE ET FERGAME SIEGES DE LA LITTÉRATURE.
Si Alexandre de Macédoine a mérité le titre de
1 La lettre de Dioclès a été publiée par C. F. Matthœi(i\vec Rufus Eph.) Mosq. 1806. 8. Les autres fragiu : C. G Kiihn, V Progr. de medic. non nullis gr. in Calio Aureliano occurrcntibus. Lips. 1820. sqq. 4. Idem. Comment. III. de Praxajjora Coo. Lips. 1820. 4. (kulinu opusc. acad. Vol. II. Lips. 1828.)
2 Voy. Supplcmens à la Gazette Cénér. de la Littérature. Halle, février 1834. n 14. p. 105. en allem.).
i;J4 PÉRIODE IV. — SECTION XXVI.
Grand', que la postérité lui a décerne, e'est moins par l'étendue de ses conquêtes que pour avoir, sons le rapport du progrès des lumières, causé une révolution dont les suites se sont étendues sur toutes les parties connues du globle. Sa gloire aurait été entière, s'il avait pu consolider son vaste empire, mais sa mort prématurée fit naître parmi ses généraux des rivalités et des divisions qui, après une lutte de vingt années, finirent par un démembrement de sa monarchie. L'empire des Séleucides dans la Haute-Asie et en Syrie, le royaume de Pergame dans l'Asie-Mineure, et celui des Ptolémées en Egypte, ne furent que des débris du colosse macédonien. Le royaume de Macédoine proprement dit continua à être agité par des révolutions pendant lesquelles la Grèce fut le théâtre d'une longue suite de troubles et de désolations. La faiblesse des rois de Macédoine permit à la Ligue Élolique et à celle d'Achaïe de prendre une consistance, qui aurait fait espérer le retour des beaux jours de la liberté , si elle pouvait exister sans un véritable patriotisme, qui exclut l'intérêt et l'ambition. Mais, ne pouvant s'accorder entre eux, les Grecs commirent la faute d'appeler les Romains pour être les arbitres de leurs différends. Ces voisins, dont l'ambition ne connaissait pas de bornes , furent trop heureux de trouver un prétexte pour envoyer en Grèce une armée, qui ne devait plus quitter ce pays. Bientôt l'alliance des Romains devint plus funeste à ce malheureux peuple, (pie la présence des rois de Macédoine ne lui avait été à charge: il essaya en vain de secouer un joug que sa légèreté et son imprévoyance lui avaient imposé : la prise de Corinthe mil le sceau à sa servitude.
Dans la période qui précéda celle du règne d'Aletaudre-le-Grand , Athènes avait été le principal siège des