‹ Manuel de l'histoire de la littérature grecqueChapitre 50 sur 129 · PERGAME · texte numérisé non relu

PERGAME

dant toute cette période, le siège exclusif des lettres ; à côté d'elle s'éleva une émule : ce fut Pergame. Eumèue I, héritier d'un officier de Lysimaque qui s'était rendu indépendant dans un petit gouvernement, fonda l'état de Pergame par une victoire qu'il remporta, 263 ans avant J.-C, sur Antiochus I, roi de Syrie , et qui lui valut la possession del'Eolide. Son neveu, Attale, après avoir défait les Gaulois, ceignit le diadème. Ce prince aimait les lettres et protégeait ceux qui les cultivaient. Eumène II, héritier de toutes les grandes qualités de son père , fonda dans sa capitale une bibliothèque, qui bientôt excita la jalousie des rois d'Egypte.

Ses successeurs, également animés du goût des lettres, travaillèrent à l'envi à l'agrandissement de leur bibliothèque , et le prix qu'il soffraient à ceux qui leur procuraient des manuscrits fut, d'après la remarque de Galien, la première cause de cette foule de livres supposés qu'on fabriqua depuis. Ammonius raconte que la prédilection de Ptolémée II pour les oeuvres d'Aristote engagea des hommes avides à en composer pour les lui vendre. Les rois de Pergame accueillaient les savans et les fêtaient ; ceux-ci accoururent en foule à la cour de princes si libéraux ; l'école qui leur dut son lustre aurait peut-être fini par éclipser celle d'Alexandrie, si l'Etat de Pergame avait duré plus long-temps. Ces savans, de même que ceux de l'Egypte, se vouèrent particulièrement à l'élude d'Homère. Après que le royaume d'Atlale III , légué aux Romains par disposi-

académ. I. p. 70. sqq. VI. p. 436. sqq. J. C. F. M<mso, Alexandrie sous Ptolém. II. (Mélanges. T. I. p. 221. et T. II. p. 321.) (en ail.). C. D. Beck, de Philologia Sœcnli Plolemœorum. Lîps. 1818. 4. J. Matfer, Essai liist. sur l'école d'Alexandrie, etc. Paris. 1 820. 2 vol. 8.

lion testamentaire de ce prince, eut été réduit en province romaine sous le nom d'Asie , l'école de Pergame, privée du soleil qui l'échauffait , ne fit plus <pie végéter ; Marc-Antoine lui porta un coup mortel en faisant partir pour Alexandrie la bibliothèque des Attalcs, afin de remplacer celle qui avait péri par le feu dans la guerre de Jules César.

Le dialecte attique était devenu à la fin de la période précédente la langue générale du monde savant et littéraire; mais, à mesure que celte langue se répandit dans des pays anciennement regardés comme barbares, le mélange des locutions provinciales et le néologisme, affecté par quelques auteurs de mauvais goût, corrompirent l'ancienne pureté de la langue. On vil paraître alors ce qu'on a appelé depuis le dialecte macédonien ou <X Alexandrie ; il avait ceci de particulier qu'il était composé de tous les dialectes anciennement séparés, de manière cependant que le Dorisme, propre aux Macédoniens , y prédominait. Malgré l'universalité de cet idiome, les poètes continuèrent à écrire dans le dialecte qui leur paraissait le mieux approprié au genre de poésie (pi 'ils cultivaient. Les successeurs d'Alexandre portèrent également le dialecte macédonien dans la Phénicie, la Syrie et l'Egypte. Les habilans de ces pays qui n'étaient pas d'origine grecque s'accoutumèrent insensiblement à la langue de leurs vainqueurs. Ils commencèrent à parler grec (èXXjjvt'Çetv). Tout Asiatique faisant usage de celte langue fut appelé l&Xeveamfc , et le dialecte macédonien , mêlé d'un grand nombre de formes étrangères à la langue grecque et de tournures orientales , reçut le nom de dialecte hellénistique1.

1 F. G. Sturz , de tlialccto Macédonien et Alcxandrinà. Lips. 1808. 8. Salmasius, Comment, de Hellenislicà. Lugd. Bai 1043. 12.

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