COTER. SECT. XIV. P. 68. SECT. XXVIII. P
Nous ne trouvons qu'un seul poète d'Alexandrie qui ait travaillé pour le théâtre comique ; c'est Machon, de Sinope ou de Corinthe , qui vécut sous Ptolemée 111
Evergète et ses successeurs.
3° DRAME SATYRIQUD. > COKFÉR. SECT. XIII. P . 67.
La Satyre changea dénature dans celte période, quoique le nom de Drame satyrique subsistât toujours. Déjà long-temps auparavant, plusieurs poètes, tels que Alcée, deMytilène , Ecphantide , Timoclès, d'Athènes, avaient mis au jour des pièces qui offraient un mélange de tragique et de comique (■KMfÂtààorpa.ytoàla). Ce genre différait essentiellement du drame satyrique et l'on pourrait même prétendre qu'il ne doit pas être séparé de la comédie. Quant à la satyre, il paraît qu'à la suite de la révolution qui, sous les Ptolémées, amena un changement dans ce drame , elle ne conserva plus de forme fixe. Tandis que quelques poètes continuaient à emprunter leurs sujets aux mythes, les autres, abandonnant les régions de la mythologie, les choisirent dans la vie commune. La satyre se rapprocha ainsi de la comédie; mais, dans ce passage d'un genre à un autre, elle donna dans un excès répréhensible , en s'arrogeant la licence de l'ancienne comédie pour immoler à la risée publique les personnes qui avaient le mal-
1 // C. A. Eichstaedt, de dramate Grœcorum comico-satyrieo in prions de Sosithei Lytîersâ. Lips. 1793. 8. G. Hermann . do dramate comico-satvrico dans : Comment. Societ. l'hilol. Lins. T. I.
heur de déplaire aux auteurs de ces pièces. Le chœur des Satyres était indispensable dans le drame de la première espèce , tandis que la forme du drame de la seconde espèce tendait à l'exclure; il paraît pourtant que, lorsque le sujet s'y prétait, on conservait le chœur, dans lequel figuraient, sous la forme de Satyres, les personnes dont on voulait persiffler les vices et les ridicules. 11 est douteux si toutes ces pièces étaient représentées sur la scène.
Lycopkron, dont il sera question encore, écrivit contre le chef de l'école de Mégare un drame salyrique, qu'il intitula Mé?iedème. Ce philosophe y paraissait travesti en Silène; ses disciples y étaient costumés en Satyres.
Il nous reste un fragment d'une pièce du même genre, intitulée Lytierse ou Daphnis et Lytierse; l'auteur est appelé Sosithée. Il est probable qu'il a existé plusieurs poètes de ce nom ; mais comme le drame, dont il s'agit , paraît être plutôt l'œuvre d'un poète tragique que d'un auteur comique, l'on peut croire avec quelque raison qu'il a été composé par ce Sosithée qui est rangé dans la Pléiade tragique '.
4° HILAROTRAGÉDIU -.
L'Hilarotragédie ( ilocpo-pay^'a. ), genre de poésie
i Ce fragment a été publié souvent iivec Théocrite p. ex. par Heinsius et Reislce. On le trouve aussi dans Heeren , Biblioth. pour Ja littérature et l'art anc. t. VU. p. 9. sqq. et dans la dissert, précitée dT.iebstaedt.
2 F. Ast. Esquisse de la philologie. Landsbut. 1808. 8. p, 132, sniv. (en ail.). F. Osann. Analecta critiea, poesis roman, scenic. Berol. 1816. 8. p. 69. s.jq. C. O. Millier, Les Dorions, t. 11. p. 3C>3. sqq. (en ail.).
qui nous est peu connu , paraît avoir été à la tragédie ce que le poème épique parodié esta la véritable épopée. On regarde comme inventeur de l'Hilarotragédie le poète Rhinlon , de Syracuse ou de Tarente, qui florissait sous le premier Ptolémée. Les anciens disent expressément de lui, qu'il changea la tragédie en comédie, c'est-à-dire qu'il la parodia en vers bouffons. C'est pourquoi il reçut le surnom de cfkjoczoypxpoq ou de QMÛa£. Rhinton avait composé entr'autres une Hilarotragédie , intitulée Amphitryon. Il est probable que Piaule l'a imitée; du moins Mercure y fait allusion dans le Prologue de la pièce latine.
Il ne faut pas confondre l'Hilarotragédie avec l'Hilarodie ( t).<xpoy}'a ) , qui était plutôt déclamée que représentée sur la scène. Ces poésies et quelques autres du même genre (yJvaiiïo'. lôyoi, 'lamiuoi AÔyot ) peuvent être comprises sous le nom générique de cpïvaxoypayîa.. Cependant cette dernière espèce, dans laquelle se distingua surtout Sotade , de Maronée en Crète (pi Ktv'aiâct Aôyoi appelés depuis t« 2oiT<xiïecx), peut aussi être classée parmi les poésies épiques '.