SECTION XXXV
PARODIE. — SILLES.
La parodie ne fut pas sans importance dans la littérature grecque ; elle s'y produisit sous différentes formes et dans différens écrits. L'idée fondamentale sur laquelle elle reposait était de dénaturer, et de tourner en ridicule les poésies ou des passages de poésies d'auteurs célèbres. On vit paraître ces parodies à diverses époques : La Batrachomyomachie en est un exemple, Archiloque et Hipponax nous en fournissent d'autres. Aristophane et les autres comiques étaient pleins de parodies. Arckestrate, de Gela , contemporain d'Aristote, avait composé un poème , cité sous plusieurs titres , par exemple , sous ceux de Gastrologie , Gastronomie. Les fragmens qu'A-
1 Éditions: éd. pr. A. Van Metkerle. Brujp's. 1565. 4. //. Stephamis , Poé'l.pr. h. Carm. t. II. p. 266-283. Bonaventura Vulniniu.s. Antverp. 1584. 12. J.HesMn. Oxon. 1748. 8. L. C. Volelenaer. (à la suite de ïhéocr.) Lujjd. Bat. 1779. Th. C. llarless. Erlang. 1780. 8. F.Jacobs. Goth. 1795.8. Gilb. WaUfield. Lond. 1795. 8. J. C. F. Manso. éd. 2 Leips. 1807. 8. avec une traduct. ou vers un comment, et une dissert, sur la vie et les écrits des deux poètes, (ail.) Bion et Moschus se trouvent à la suite de plusieurs éd. de Théoer. et dans les collect.de Bnmck, vol. I. 383-411. Guisford vol. V. et Jioissonadc. vol. II.
IM ll.KlODK IV. — ÉJECTION XXXV.
Ihénéenous en a conserves vont à270vers. Nous avons cru devoir placer ici cel ouvrage plutôt (jue parmi les poésies didactiques , parce que ce n'est qu'une parodie 8 mis la forme d'un poème épique. Athénée nous a également conservé 120 vers d'un poème de Matron , de Pitane, sur un banquet donné par l'orateur Xéuoclès. Homère surtout se trouve parodié dans ce fragment, qui n'est pas du reste dépourvu d'élégance '.
LesSillcs, nom surl'étymologie duquel il règne le plus grand doute , sont un genre particulier de la parodie. Ce genre semble avoir consisté à appliquer aux objets que l'on voulait tourner en dérision, des passages d'écrivains bien connus, principalement de poètes épiques , d'Homère, par exemple, avec ou sans cbangemens. Le premier'sillographe fut Xénophane, de Colophon, dont nous avons parlé plus haut. Il est beaucoup moins connu comme tel, que son imitateur Timon, de Phlionte , philosophe sceptique, disciple de Stilpon, cl poète dramatique. Le recueil de ses poésies formait trois livres, mais il ne nous en reste que quelques fragmens \
1 G. H. Moser, sur les poètes qui ont écrit des parodies chez If- Grecs, fdans les Etudes de C. Daub et de Fr. Creuzer, t. VI. p. '237 suiv. Heidell). 181 1. S. (eu ail.) Idem , l'arodiarum gr. exempta ex Aristophane, Plufarcho et Luciano cxcerpfa. I lui. 1819. 5. (Progr.). lui. | Weland, de prsBcipuis parodiarinn Homericarum scriptoribus ap. (irrecos. (iott. 1823. 8. — Les fragmens d'Archestratus ont été publiés" par Schneider, a la suite d'Aristotc de Histor. animal. Laps. 1811. 4 vol. 8. et ceux de Matron dans les Analcctcs de Brunck, t. II. p. 245. gqq.
- Les]fragm. de Timon se trouvent dans : //. Stefih . lV:sis philosoph. Paris. 1573. 8. ./. F. Langheittrieh , Très disseil.de Tmmm, Lips. 1720-23/4. Brunck , Analect. II. (17. /•". /. //,»«//,. de (îrsecor. sillis. Varsav. 1820. 8. /-Y. l'uni, diss. de Sillis. adjecfa suut siUorum fragm. etc. Berol. 1821. 8.