‹ Manuel de l'histoire de la littérature grecqueChapitre 61 sur 129 · ORIGIHE DE LA SCISNGB GRAMMATICALE. — GRAMMAIRIENS D'ALEXANDRIE · texte numérisé non relu

ORIGIHE DE LA SCISNGB GRAMMATICALE. — GRAMMAIRIENS D'ALEXANDRIE

Nous classerons les ouvrages des auteurs en prose de cette période dans huit sections :1a grammaire, l'histoire, l'éloquence, la philosophie, les mathématiques , la géographie , l'histoire naturelle et la médecine.

Dans les époques précédentes, l'art de la critique, et l'interprétation des auteurs anciens n'étaient pas encore regardés comme une science particulière ; l'érudition grammaticale (ypay.uxrr/.y] Té^vvj) ne commença proprement, que dans le troisième siècle avant J.-C. Ce fut alors qu'on rédigea ces catalogues des auteurs regardés comme classiques , catalogues qui sont connus sous la dénomination de Canons; ce fut également alors qu'on se fit une occupation de la révision, correction et explication de leurs textes (âiôpStaxftç^ ar^.zioiaiq ). On écrivit des commentaires sur des ouvrages entiers •J-.ou.vrlu.axa , èÇrjyrioeiç) ; on éclaircit les difficultés que présentait le sens de quelques passages obscurs , ou que souvent on faisait naître, pour faire parade de sagacité et d'érudition ( Ç/jT^ara , npofilriuLxza. , "Xvaetq ). On appelait é/axauxoij faiseurs d'instances, ceux qui élevaient ces questions, et ïvu/.ol ou èrulvziv.ol , ceux qui s'occupaient à y répondre 2. Quelques grammai-

1 C. D. Beck . de ratione Scboliastas veteres adhibendi. Lips. 1785. 4. C. A och ■ de rci critica? in primis Âlexandr. cpocbis. Marb. 1823. 2 vol. 4. J. Classai, de Grammatical grrpea* primordiis. Bonn. 1829. 8. 11 faut ajouter les Prolégomènes de Villoison et de Ifolf sur Homère et les ouvrages plus généraux de //. Falesius, de J. Clericus, etc.

iC. Lehrs, de graromaticis èr0Tar<xoîs- et M«-ixo7r, (dans les Annalea de Jahn. I . I. cah. 1. ls;]0.

riens prirent à tâche d'expliquer des mots on phrases tombés en désuétude ( yX&aoxt , mois de dialectes étrangers ; Xe'Çu$ , mots isolés ) ; d'autres à réunir des passages analogues qui se trouvaient dans divers écrivains (aû/^y.ra , mélanges; navToiïocirà. àva.yvdj<j[jLy.Tct , lectures variées); d'autres enfin, composèrent des grammaires ou des traités sur quelques parties de la langue. Les ouvrages d'Homère servirent de texte principal à tous ces exercices.

Sans doute l'influence que toutes ces recherches exercèrent sur la langue et la littérature, a été considérable, et les ouvrages de ces grammairiens ou philologues nous seraient d'un grand secours pour l'intelligence des auteurs anciens. Malheureusement le zèle malentendu et la stérilité d'idées de leurs successeurs engagèrent ceux-ci à en faire des extraits, et à entreprendre toutes sortes de nouvelles compilations. Ces productions mal digérées nous ont fait perdre celles qui leur servirent d'originaux.

Les plus célèbres grammairiens de cette période furent Zénodote , d'Ephèse, premier inspecteur de la bibliothèque qui venait d'être établie à Alexandrie, et fondateur lui-même de la première école de grammaire dans cette ville ; Aristophane , de Byzance ; et son disciple Aristarque, de Samothrace, le plus renommé des critiques de l'antiquité '. Tous les trois donnèrent une révision ou édition d'Homère , dont il a été parlé à l'article de ce poète. C'est à Aristophane que l'on attribue la principale rédaction du fameux Canon des auteurs classiques. On le regarde comme l'inventeur des ac-

' C. L. Mattherius, de Arisfarcho grammatico. .Ion. 172">. ï. C. Lehrt,àe Aristarchi studiis Homericis. Hegiom. 1833. B.

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