SECTION XLI
Ce fut sur les bases de la philosophie cynique que Zenon, né 3(52 ans av. J.-C. à Citium, dans l'île de
1 Le livre X de Diogènc de Lacrce qui renferme quelques restes des ouvrages d Epicure a été publié séparément par J. C. B. Pfurnberger. Nuremb. 1791. ti.J. G. Schneider. Epicuri physica et ineteorologica duabus epist. ejusd. comprebensa. Lips. 1813. 8. — fragm. de naturà : C. Russi/it, Volumina Herculan. T. 11. NeapoL 1809. fol. J. C. Orellius. Lips. 1818. 8.
- J. Lipsius, Manuductioad stoïcam pbilosopbiam. Lugd. 1599. fol. D. Tiedemann . Système de la philosophie stoïcienne. LeipS. 1776. 3 vol. 8. (en allein. .
Chypre, disciple de Stilpon et de Cratès, fonda la philosophie stoïcienne , ainsi nommée du Portique (axoâ ntvuh) galerie de tableaux) où il donnait ses leçons. Le système des Stoïciens était dans presque tous les points l'opposé de celui d'Epicure et de l'Académie. Ils divisaient la philosophie en trois parties , la philosophie naturelle , la morale et la logique. Mais ils s'attachaient surtout à la morale, dont le principe fondamental, selon eux. était d'agir conformément à la nature. Ils faisaient consister le souverain bien dans la vertu, et la sagesse dans cet état de l'âme où toutes les passions sont réduites au silence, et qu'ils appelaient apathie. Ils regardaient au contraire comme les seuls maux véritables les imperfections morales ou le défaut de vertu. Si un système de morale, aussi sévère n'était pas de nature à obtenir une grande popularité, on ne put lui refuser du moins un juste tribut d'admiration , et l'on vit figurer parmi ses adhérens les hommes les plus distingués. Tous les écrits de Zenon et ceux des premiers Stoïciens, à l'exception de quelques fragmens, sont perdus; nous ne connaissons leur doctrine que par les ouvrages des Stoïciens des siècles suivans, tels que Sénèque, Arrien, Marc-Aurèle, ainsi que par ceux de Sextus Empiricus, Jean Stobée, Diogène Laërle, Plutarque et Simplicius. Cléanthe , d'Assus en Troade, surnommé le Puiseur ou Porteur d'eau ( copsâvrl^ç, ) , fut le disciple et le successeur de Zenon. Il a lassé de nombreux ouvrages parmi lesquels on cite surtout les traités de la volupté , du devoir, etc. A Cléanthe succéda Chrysippe, un des plus célèbres et des plus habiles sectateurs du Portique. Il avait composé un très grand nombre d'écrits '. Ariston, de Chios, mérite
F. TV. G. Baguel, Comment, de Chrysippi vit;!, dochinà, clieliq.
ici une mention, ne fut-ce que pour avoir formé un disciple célèbre, Eratoslhène. Un autre disciple de Zenon , Hérillus , de Cartilage, fonda la secte des Ilérilliens, qui s'éteignit avec lui '.
Outre ces premiers disciples de Zenon, cette période vit encore fleurir quelques adhérens distingués du Portique, formant les anneaux d'une chaîne par laquelle le système stoïcien fut porté dans la période suivante. Tels furent Zenon, de Tarse , successeur de Chrysippe, qui forma beaucoup de disciples, mais écrivit peu de livres; Biogène , surnommé le Babylonien a, collègue de Carnéade et de Critolaûs dans leur ambassade à Rome , et ainsi un des Grecs qui y firent connaître la littérature de leur pays ; Antipater , de Tarse, qu'il ne faut pas confondre avec un autre Stoïcien de ce nom, originaire de Tyr : il fut le successeur de Diogène et le seul qui osât combattre Carnéade 3 .