‹ Manuel de l'histoire de la littérature grecqueChapitre 73 sur 129 · ACADÉMICIENS · texte numérisé non relu

ACADÉMICIENS

Une ressemblance qui n'est rien moins que réelle entre les Pyrrhoniens et les Académiciens , est cause qu'on a quelquefois confondu ces deux sectes. La doctrine de l'Académie subit un changement notable sous Arcésila? , de Pitahe en Eolide ( vers l'an 296 av. J.-G. ). Ce philosophe érigea en dogme le doute dont le premier germe se trouvait dans les écrits mêmes de Platon, et soutint qu'il est si vrai qu'on ne peut rien affirmer avec certitude, que cette proposition même du doute universel ne peut pas être affirmée. Lui et

1 C. F, Slaudlin , Histoire et esprit du scepticisme. Leips. 1794-95. 2 vol. 8. (en allem.) A. Scidler, de scepticisme liai. 1827. 8.

ses sectateurs, dont le principal fut Lacydo , de Cyrène, forment la Moyenne Académie.

La Nouvelle Académie eut pour fondateur Carnéade , de Cyrène, disciple de Hégésine ( vers l'an 160 av. J.-C. ) ' . Sa doctrine était un peu plus modérée que celle de la moyenne Académie ; elle s'éloignait également du dogmatisme négatif, et du dogmatisme positif. Carnéade soutenait que la vraisemblance est le dernier terme de la science, et que celle-ci devait se contenter de compter les degrés de probabilité. Ce philosophe est célèbre par son éloquence, que les anciens ont comparée à un torrent, emportant tout dans son cours. Le successeur de Carnéade, Clitomaque , de Carthage, consigna par écrit la doctrine de son maître a. Après lui, le chef de l'Académie fut Philon, de Larisse, qui eut pour disciple et successeur, Antiochus , d'Ascalon. Ces deux philosophes ne sont plus de cette période, mais nous les y comprenons parce que l'Académie finit avec eux 3.

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