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Durant la période où nous entrons la poésie éprouva une décadence complète. Dans l'impossibilité d'atteindre la perfection des anciens, ou abandonna les genres qu'ils avaient cultivés. De là plus d'épopée ni de chants lyriques, plus de théâtre, plus d'élégie : l'épigramme et la poésie didactique prirent leur place. On s'efforça de cacher sous une apparence d'érudition la stérilité d'idées et le défaut d'imagination.
L'épigramme est le genre dans lequel les poètes de cette période s'exercèrent avec le plus de succès, et il nous reste un grand nombre de leurs productions. Les plus anciens de ces épigrammatistes sont Poly strate , Asinius Quadratus et Archias % ce dernier moins
1 Les épigrammes d' Archias ont été publiées séparément par ./. Hlonus. Magdebnrg. 1617. 8. et C. ï). Tlgen, Opnsc. Var. Phîloloff, Kilord. 1797. 8. vol. II. P. 1.
célèbre par ses ouvrages que par le discours que Cicé ion a prononcé en sa faveur.
Antipater, de Sidon , philosophe stoïcien, est cité par Cicéron comme un improvisateur. Il nous reste une quarantaine de ses épigrammes , dont la plupart sont sépulcrales (émTv[i[lia.)\ elles sont écrites dans les dialectes dorique et ionique.
Mcléagre , de Gadara en Célésyrie, philosophe cynique, composa divers ouvrages satiriques et des épigrammes, dont 130 se sont conservées. On y remarque une diction pure, des mots composés avec hardiesse, de la sensibilité, mais aussi quelque chose de cette subtilité sophistique qui caractérise le siècle où l'auteur a vécu '.
L'anthologie nous a conservé quelques productions d'un assez grand nombre de poètes de cette époque, qui se sont exercés dans le genre épigrammatique. Il serait trop long de les énumérer ici. Nous ferons seulement mention d'un grammairien de Rome, Léonidas , originaire d'Alexandrie, qui a composé ce qu'on appelle des épigrammes isopsèphes , (laô'^Yiyot) ; elles sont arrangées de manière que la valeur numérique de toutes les lettres dont se compose le distique, soit égale à la valeur de celles d'un autre; jeu absurde, dont Léonidas fut peut-être l'inventeur!
Dans cette période, on eut la première fois l'idée de former des collections d'épigrammes de divers auteurs, lesquelles sont connues sous le nom d' Anthologies. La première est duc à Meléagre. Il l'intitula Couronne (azéyxvoç) et la composa de morceaux choisis (àVSbj
1 On a des éditions particulières des épigrammes de Meléajjrc : ./. V. F Manso. Jen. 1789. 8. F. Grœfo. Lips. 1811. 8.: ainsi que de ses idylles : A. ('. Weittecke. Lips. 1788. 8.
fleurs) dans les productions de quarante-six écrivains. Sa collection est perdue \ La seconde Anthologie , qui est égalememt perdue, fut faite dans le premier siècle après J.-C. par un certain Philippe , de Thessalonique. Dans Je troisième siècle après J.-C. , Straton, de Sardes, fit un recueil intitulé Trot&xq pcuca, dont il reste quatre-vingt-dix-neuf épigrammes \
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