DÉCADENCE DE LA SCHOLASTIQUE
en i54i,k Paris, homme d'esprit et ezcelfent. prédîtcateor. Ce dernier^ séduit par le commerce dé Montaigne^ y contracta le goù.t du scepticisme, et s'exprima, dans son Traité de la Sagesse, avec une grande liberté sur les matières de morale et de rdigion. Selon lui, la sagesse est le libre examen des choses communes et habituelles. Le besoin de connaître la vérité est naturel; mais la vérité n'est qu'en Dieu, et l'intelligence humaine ne saurait parvenir à en déterminer la nature. De là£harron tire des motifs de défiance et d'indifiérence à l'égard de tontes les sciences , des doutes hardis sur la vertu ou ses apparences, sur les fondements de la foi religieuse, et sur toutes les religions y sans eacqpter le christianisme, dont la partie historique et extérieure ne lui parait point d'accord avec la divinité de son origine. Mais au fond de tous ces doutes on. retrouve pomofeant un caractèire digne d^estime; s^ écrits présentent ies règles d'une morale très pure , à laqudle il conforma sa vie entière* Il mourut en i6o3, avec la réputation mal fondée d'être un athée,
. Ainsi, peiidant la période que nous venons de parcourir, l'esprit humain avait tenté, pour arriver à la science, diverses voies où il était déjà entré à d'autres époques, celles de l'expérience, de la raison et de la révélation. Dans aucune des trois on ne s'était assez avancé pour rencontrer la certitude définitive, parce que l'on n'avait pas encore senti le II. 4
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besoin de sonder la faculté de connaître elle-même ^ de l'interroger sur ses lois et sa constitution intime , et que l'on songeait plus à poui-sui-vre des résultats qu'à approfondir les principes. Les prjétentions de l'expérience et de la raison , comme agents de la connaissance^ n'avaient point été balancées. On n'avait point encore cherché en quel sens la révélation peut être considérée comme une source de connaissance. Le scepticisme rabattait l'orgueil de la philosophie systématique^ sans satisfaire la raison , et se contentait de répéter les anciens arguments en faveur du doute 9 plutôt qu'il ne songeait à entrer dans de nouvelles recherches sur la certitude de la connaissance. Dans cet état d'anarchie entre divers principes , l'intelligence plus exacte des anciens ne servait qu'à compliquer le dâ>at au lieu de l'apaiser, et aucune science positive i|e pouvait prendre le dessus. Cepen- |\ dant une fermentation intellectuelle s'opérait ; une masse considérable de connaissances se répandait^ accompagnée d'une grande variété d'aperçus; et ht quereUe des partis rendait de jour en jour plus urgent le besoin d'une recherche plus libre et plus approfondie de la connaissance humaine , de ses bases premières^ de ses formes et de ses limites véritables.