‹ Manuel de l'histoire de la philosophiChapitre 13 sur 37 · PHILOSOPHIE MODERNE · texte numérisé non relu

PHILOSOPHIE MODERNE

DEPUIS LE XYir SIECLE lUSQU A NOS JOURS

Recherche indépendante et tonjonrs plus approfondie des principes, des lois et des limites de la connaissance humaine. Efforts pour en établir l'onité sysiématiqve.

Il était temps eafin que, la pensée humaine prit confiance en elle-même, déblaj^ât le terrain de la science , et s'ayançàt dans sespropres voies^Plus d'une cause devait l'y déterminer : ses travaux antérieurs l'avaient exercée et assouplie, l'étude des anciens ne cessait de l'animer à des reokerclies curieuses , ses oonnaissancesmatéridles s'étaient accrues; elle éprouvait un vif besoin de donner une base solide auK doc tînmes morales et religieuses, l'harmonie et l'unité à l'étude empirique et rationnelle de la nature, et un lien systématicpie à la philosophie de l'esprit humain , jusque-là incohéraite dans ses diverses parties. Les querelles et les erreurs de Troque .précédente s'avaient servi qu'à rendre ce besoin pius impérieux. On avait devant, soi l'exemple des Gferecs, dont jusque-là on avait tenté de reproduire^les systèmes avec plus cru moins de succès ou de talent; mais l'édu-* <»tioii des esprits était désoilUMs trop avancée pour

qu'on put se contenter de ces études imitatives ; la marche de la civilisation avait amené des manières de voir et des habitudes morales auxquelles la philosophie grecque ne pouvait plus satisfaire, et la scholastique , qui entrait encore comme partie essentielle dans l'éducation de la jeunesse , était loin de répondre à tous ces besoins.

Déjà les mathématiques et l'astronomie avaient fait quelques pas au-delà des limites où s'était arrêtée la science des Grecs; Fobservation et l'application des mathématiques avaient fait faire d'importantes découvertes dans les sciences physiques, et leur avaient imprimé un mouvement qui devait les conduire sans cesse à de nouvelles recherches. Cet exemple et ses heureuses conséquences , les noms des Copernic , des Kepler, des Galilée, des Toricelli, etc., provoquèrent un certain esprit d'imitation dans la philosophie, à. mesure que l'on vit n^teux les^analogies de cette dernière avec les sciences naturelles.

Un besoin qui parait surtout préoccuper l'esprit philosoflhîqne à cette époque , est celui auquel les Crrecs n'avaient pu satisfaire , le besoin d'amener à l'unité systématique tout l'ensemble de la connais* sance. On accorda en outre plus d'attention à la question de l'origine , de la vérité et de la certitude de la connaissance , surtout par rapport aux croyaii«-

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ces sur Dieu , rimmortaKté , la liberté y la destination de rhomme , le fondement et l'autorité obligatoire des lois morales. De là , suivant que Ton admettait 6u l'expérience ou la raison comme sources de h connaissance 9 résultèrent divers systèmes également opposés dans leurs conséquences et dans leurs pirincipes. Le scepticisme , qui a^ait été suscité de nouveau par la discordance des doctrines et des prétentiop» des dogmatiques , devint plus réservé et plus réfléchi et renferma davantage ses attaques dans la S[Àère de la &ufise spéculation,

De jour en jour on s'abstint davantage de considérer la révélation comme une source de connaissance philosophique, et on convint plus volontiers d'attribuer a la raison le droit de prononcer en dernier ressort; néanmoins, le superoaturâlisme ne laissa pas de conserver un parti purssant , et tontes les fois qu'on vit paraître un enseignement emprunté exclusivement aux formes dialectiques , le niysticisme et la théosophie^^ne manquèrent pas de s'élever en sens contraire. Les philosophes qui exercèrent le plus d'empire dans la science reconnurent l'accord de la raison et de la révélation ; mais la théologie positive s'arrogea souvent une censure supérieure, qui put être considérée sous un autre point de vue comme un examen de la raison sur elle-même.

H TROISIBME PÉRIODE.

Voici en somme les principaux mérites de celle pépiode : i"^. On y iroit enfin dominer Tidée d'aocorder une condition indépendante et un domaine jHfopre à la philosophie^ comme formant par ellemême une partie distincte de la scioice humaine ; 2*". le système de la connaissance y est mieux étudié , et dans son ensemble et dans ses dirrerses branches ; 3^. les relations de la philosof^ie arec la théologie deviennent plus indépendantes, quoique cette dernière se soit encore attribué plus d'une fois sur l'autre un droit de tutelle et de censure; 4''- ^ science elle^néme gagne chaque jour en profondeur : elle passe du matériel ou de l'objet informel, c'està-dire à l'examen de la connaissance dans sa nature, sa légitimité dt son origine ; la même route est suivie par le sceptidsme; 5°. la méthode philosophique est appliquée avec jdua de soin à établir la connaissance et son unité systématique , et l'on recherche l'art d'introduire à la philosophie (Propœdeutique)*

Noos diviserons cette période en deux parties : ia première s'étend jusque vers la fin du xviu'' siècle; elle comprend las nouveaux systèmes qui s'élèvent dans le but de donner plus de solidité aux bases de la science, plus d'unité à son ensemble, et de traiter complètement certaines parties dans le sens dogmatique; en même temps et parallèlement, elle em-

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brasse les progrès da mysticisme et de la thëosophie. Noué subdÎTiserons cette première partie d'après les pnocipaux personnages ou événement» qui ont paru dans le monde philosophique. La seconde partie^ depuis le dernier cinquième da xviu* siècle jusqu'à nos jours ^ présente la tentative par laquelle on a voulu , à Taide de la méthode critique, constituer la mison philosophique dans son indépendance pr<^re, ensuite les mouvements et les essais systématiques auxquels cette tentative a donné lieu.

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