‹ Manuel de l'histoire de la philosophiChapitre 16 sur 37 · I. Descartes · texte numérisé non relu

I. Descartes

BaiUet , La vie de R. Descartes. Par., 1690, iD-4 ^ abrégée. Paris , 1693, iD-12.

God. Gail. Leibmdi Notala circa vikam et doctrinafli Cartesii in Thomasii historia sapientiœ et stullitiie, t. u, p. 113^ et dans le 3* vol. Epistolarum Leibnitii ad diversos , p. 388.

Réflexions d'un académicien sur la vie de Diescartes , en* voyées à un ami en Hollande. A La Haye, 1692 , in-12.

Éloge de René Descartes, par Gaillard, Paris, 1765, in-8 ; par Thomas, Paris, 1761 , in-8 ; par Mercier, Genève et Paris, 1765, in-8.

Joh. Tepelii Historia philosophie cartesianœ. Norimb., 1672, in- 12. De vita et philos. Gartesii. Ibid., 1674.

Recueil de quelques pièces curieuses concernant la philosophie de M. Descartes (par Bayle). Amsterd. , 1684, in-12.

Pétri Dan. Huetii Censura phltosophi» cartesianœ. Paris, 1689, in-12. Philosophie cartesianœ adversus censuram Pet. Dan. Huetii vindieatio, aut. D. A. P. (Auguste Petermaran). Lips., 1690, in-4. Réponse au livre qui a pour titre : P. Dan. Huetii censura, etc. \ par P. Silvain Régis. Par., 1692, in-12. Huet répondit en gardant Tanonyme par ses : Nouveaux mémoires poor servir à Thistoire du cartésianisme \ par. M. G. Par., 1692 , in-12.

Schoockii Philosophia cartesiana , sive Admiranda melhodus novœ philosophie Renati Descartes. UltriJ., 1643, in-12.

PHILOSOPHIE BIODBlIJiB. PRBMinR ÉPOQUl X

Ballh. Bekhpri .fie phUosqpIria Carlesii admo^ ei siiiceKa. Wesel , 1668, *ù-12.

AdL le Grande Apologia pro Cartesio, contra keriUD. Lond., 1672, in-4. Norimb., 1681, in^. . ' \

P. de Villemandy, Voyez au §. 139.

H. G. Hotho De phitosophia cartesiaojf diss» MrriT. ,

1826, in-g.

Férd. Jac. Domela Nieuwenhuis, Coinment. de Reoati Carlesii eonfmcirciô cum philosophis belgicis , elc. Lovanii ,

Le Français René Descaries ( Cartesius ) , né à La Haye, en Touraîne , en 1 696, entreprit d'opérer, par la Toie de la pensée pure, opposée à celle de l'empirisme, une réforme de la philosophie ; tentative dont les effets furent éclatants et immenses, et qui donna lieu à une «admiration , ainsi qu'à une opposition trèsivive; il mit nu jour un système qui excita . puissaïQment l'ardeur des libres recherches. Dès sa première jeunesse , au collège des jésuites de La '^

Flèche, il s'était distingué par la vivacité de son imagination et un extrême désir de s'instruire. En cherchant à satisfaire cette curiosité au moyen des livres, sa vivacité d'esprit, ses lectures sans aucun plan, la multitude d'idées diverses qu'il avait accumulées le plongèrent dans une pénible incertitude ; ses voyages augmentèrent le mal au lieu d'y remédier. Alors ce génie hardi conçut le projet de se créer une philosophie par lui-même, et sans secours étranger. 11 se confina dans cette vue en Hollande , où il espérait trouver du repos et de la liberté , et où il composa la plupart de ses ouvrages de 1 629 à 1 649^

90 TROISIEME PBBIOI».

Il acypit bientôt une grande célébrité ^ et se trouva exposé à-de nombreuses attaques, particulièrement de la part des théologiens; il entretint d'importantes correspondances scientifiques, et fut enfin appelé en Suède par la reine Christine; il y mourut dans l'année i65o.

Ouvrages de Descartes : Opéra. Amstelod., 1692-1701 , 9 vol. in-4. Opéra philosophlca. Fraticf. ad M. , 1692 , iD-4. Œuvres complètes de Descartes , pubKëes par Yictor Cousin. Paris, 1824 , 11 yoI. io-S. Discours de la inétliode pour bien conduire sa raisou et chercher la vérité dans les sciences. Plus, la dioptrique, les météores et la géométrie, etc. Par*; 1637, in-4 ; traduction latine par de Gourcelles (à Texception de la géométrie), revue par Descartes , 1644. Specimina phllosophiœ seu dlssertatio de methodo. Dioptrice, etc. Amstel. , 1656, in-4. Meditationes de prima philosophia, etc. Ibid. , 1641, in-4. Principia philosophie. Ainsld., 1644*1656, in-4. Trad. en franc. , avec une préface de Descartes ; traduite en latin dans Tédit. de 1656. Tractatus de passionibus animœ. Ibid,, 1656, in-4. Traité de l'homme et de la formation du fœtus, 1668 , par Claude de Clerselier. Tractatus de homine et de formatione fœtus , cum notis Lud. de la Forge. Ibid, , 1677, in-4. De la lumière ou du monde , 1677. Epistolœ (trad. en latin), 3 part. Ibid., 1«68, in-4. 2* édit.; 1692, in-4.

Descartet' n'était pas seulement philosophe ; ce fut en outre un mathématicien^ un astronome et un physicien du premier ordre. La réputation et le succès de ses travaux philosophiques furent dûs en partie ù ses découvertes ou à ses vues nouvelles dans les

PHILOSOPHIE MODBRAB. PREMlàRE EPOQUE. CH. II. 91

autres sciences. Son projet de constituer la philosophie comme une science évidente était digne d'éloge; mais il se mit à l'œuTre ayec trop de précipitation ^ en voulant parvenir de l'état de doute, qu'il regardait comme la condition préalable de toute philosophie^ à la possession de la science qui en est l'objet. Il part de la conscience du moi , c'est-à-dire de la pensée , comme savoir immédiat, d'où il conclut l'existence de la substance pensante ( cogito , ergo sum ) , l'âme , qui f par là , se distingue de tous les objets matériels , et par conséquent en est indépendante ; dont l'essence consiste dans la pensée, et qai, à ce titre, nous est plus aisée à connaître que le corps. La clarté et la • netteté des idées est, selon Descartes , le seul critérium de la vérité. L'âme ne conçoit pas toutes ses pensées avec une égale clarté; souvent lelle est arrêtée par la doute et l'indécision, ce qui atteste qu'elle n'est qu'une substance imparfaite et finie. Mais elle trouve en soi Vidée innée d'un être ou esprit abisolument parfait dont le premier et nécessaire attribut est l'existence ( I ) ; idée qui ne peut venir de l'âme elle-même, être imparfait, mais de l'être parfait lui-même, et qui par conséquent est innée. Cette reconnaissance de

(i) Sam. TVerenfels , Jadicium de argninenVo Gartesii pro existentia Dei petite ex ejus idea , dans ses DÎBsertat. var. arguiD. P. II. D'antre part, Jacquelot : Examen d'un écrit qui a pour titre : Judicium de argumente , etc. A cette occasion (âirurent un grand nonbre d'écrits polémiques dans le Jovrnal des Savants de 1701 , l'Histoire des ouvrages des savants, 1700

02 TROISIÈBIE PÉRIODE.

l'existence d'un être parfait justifie la réalité absolue de réyidence et de la vérité dans toutes nos connaissances^ en tant qu'elles ont pour fondement la nature même de cet être, à savoir que Dieu ne peut tromper, quand nous nous servons régulièrement de la faculté de connaître qu'il nous a donnée. L'essence de la matière consiste dans l'étendue. La matière et la substance pensante , le corps et l'âme , sont essentiellement opposées.

Dieu , être infini , est l'auteur du monde qui est lui-même infini; les substances matérielles et les êtres pensants dont l'univers se compose, sont imparfaits et finis; ils n'existent et n'ont de durée que par l'assistance ou la coopération de Dieu, dssisientia s. concwrsus; doctrine qui fut dans b suite convertie en un système d'occasionnalisme par GeuUnx et d'autres (§. 338). Descartes, ne distinguant point la matière de l'espace, ce fut un jeu pour lui de construire l'édifice du monde physique avec ses tour-

et 1701 , et les Nouvelles de la République des Lettres , 1701 y 1702 et 1703.

Andr. Richter, Diss. (resp. Jo. Foubin) de religione Cartesîi. Grjphisic;^ 1705, iii-4.

Chr. Breithaupt^ Dissert, de Gariesii theologia natorali et erroribus in ea commissis. Helmstad., 1735, in- 4.

Lud. Fr. Ancillon, Judicium de judiciis circa argumentum pro existentîa Dei ad nostra usque teinpora lalis. Berol., 1792 » in-8.

PHILOSOPHIE KODBRNE. PREMIBBE ÉPOQUE. CH. II. 93

billons^ c'est-à-dire à l'aide du mouvement et de ses lois y qu'il faisait dériver immëdiatement de Dieu. — L'âme y dont l'essence consiste dans la pensée, est simple, c'est-à-dire absolument immatérielle (spiri-* tualisme cartésien); néanmoins on peut considérer comHie son siège la glande pinéale , parce qu'elle y agit immédiatement aTec le concours des esprits animaux. De l'immatérialité de l'âme, Descartes déduit son immortalité, et pour n'être pas obligé d'accorder la même prérogative aux animaux, il en fait des machines vivantes. L'âme est libre, parce qu'elle se juge libre : dans la libei^té est comprise la possibilité de Terreur. Ce philosophe distingue parmi les cogitci^ tiones des déterminations passives et actives, pas--' siones et actiones; à ces dernières appartiennent^ par leur mobile propre > toutes les opérations de la Tolonté, de l'imagination et de la pensée. Il divise les idées en trois sortes : celles que nous acquérons, celles que nous faisons et celles qui nous sont innées. Les premières sont produites par les objets au moyen du mouvetnent dans les organes. La chaleur vitale et le mouvement ne proviennent point de l'âme, mais des esprits animaux. C'est par le système de l'assistance qu'il rend compte de la correspondance de l'âme et du corps. L'âme détermine la direction^ des esprits animaux .

Malgré la confusion de la pensée et de la copnaissance ; malgré le défaut de solidité dans les principes

et de rigueur dans les conséquences, ainsi que les contradictions implicites qui auraient été plus sensibles à Descartes lui-même , s'il eût abordé les questions morales , il n'en faut pas moins reconnaître les grands et salutaires r^ultats de sa philosophie. Par la forme comme par le fond de sa doctrine, par l'écbt el la hardiesse de ses hypothèses, il anima puissamment les esprits à penser par eux-mêmes , à rechercher la thé(N:ie de la pensée et de la connaissance et la difi^ rence qui les sépare ; enfin à vider le différend entre le supernaturalisme et le rationalisme, entre l'empirisme et la spéculation; c'est lui qui donna le coup de grâce à la scholastique , qui répandit dans le monde philosophique une vie nouvelle , et lui apprit î| se méfier de ses erreurs. Un grand nombre de pmseurs distingués s'occupèrent de la doctrine de Descartes. Il rencontra dans Hobbes (§. 325), P. Gus^ sendi (§. 524) (i), P. Dan. Huet (3), Gabr.

Daniel (5), Henr. Morus (§. 34^) (4), Sam. Par-ker (ibid.)et autres, d'habiles adversaires qui sou-

(1) Ger. de furies, Dissertatiuncula hîstorîco-philosopbica de Renatî Cartesiî raedîtationibus a Gassendo impugnatis. Uttraj., 1691, in-8. Voyez §. 338.

(2) Censura , etc. (Voyez au §. 334). Il parut contre cet ouvrage un grand nombre d'écrits.

(3) Voyez son roman : Voyage du Monde de Descartes. Paris, 1691 , in-12. Iter per mundum Carlesii. Amstelod., 1694, in-12. Nouvelles dîfEcultës proposées par un péripatéticien. Amst., 1694, Ri-12. Id, en lat.' Novae difficultates , etc. Ibid. eod.

(4) Epistola qux apologîam complectîtur pro Çartcsio , quae-

PHILOSOPHIE MODERNE. PREAfiÈBB ÉPOQUE. CH. H. 95

mirent ses principes fondamentaux à une discussion sévère^ mais calme et philosophique. D'un autre côtë^ il compta beaucoup d'antagonistes passionnés et de persécuteurs , surtout parmi les théologiens et les partisans de la .pl;iiilosôphie de l'école , entre autres Gisbert Voetius, né à Heusden en i589> mort en 16769 V éclectique Martin Schook, né à Utrecht en i6i4f mort en 1665, Cyriacus Z^n^uZii^^ le jésuite P^aloisj et autres^ qui l'accusèrent d'athéisme et de scepticisme. Une foule d'etcellenls esprits se formèrent à son école, ou du moins s'attachèrent à sa philosophie. Malgré de rudes persécutions et les interdictions lancées contre elle, tantôt en Italie, en i665, tantôt en Hollande, par le synode de Dordrecht, en i656, cette philosophie se répandit surtout dans les Pays-Bas et en France : elle fit moins de progrès en Angleterre, en Italie et en Allemagne ; mais elle agit sur toutes les parties de la science, sur la logique, la métaphysique et la morale (i), et même aussi sur la théologie (2). ' , — -

que introductionis loco esse poterit ad nniversam philosophiam cartesianam in ejna opp. phiL, t. i, p. 107.

(i) L'art de vivre heureux. Pans , 1692 , iii-8. Eo latin sous ce titre-: Ëthica cartesiana sive ars bene beateque vivendi. Hal., 1776, iii-8.

(a) Philosophia S. Scriptur» interpres (par L, Meyer, médecin et ami de Spinoza). Eleutheropoll , 1666, in-4, 3* édlt., psLrSemler, Hal., 1776, in-8.

Valentîni jéUerii Tmeiûtas de Girtesîanismo et Goccejanismo. Lîps., 1678 , in-4. Viteb., 1701 , în-.4.

96 TKOISlBMfi PÉRIODE.

Parmi les partisans de la philosophie cartësienne^ nous citeron6 l'ami de Descartes, de la Forge (î), médecin a Saumiir, Claude de Clersdievy mort en 1 686, éditeur de ses ouvrages posthumes , Jacques Rohaulty mort en 1676, P. Sylvain Régis (2), né en i65îi, mort en 1707, disciple de ce dernier, estimable commentateur de Descartes , plusieurs jansénistes de Port-Roj^al (5), qui opposèrent à la morale des jésuites des doctrines plus austères , comme Ant. jimauld (4); mort en 1694, Biaise Pascal (5), né

(i) L. de la Forge, Traité de l'esprit de l'homme. Paris ^ 1664 , îii-4. En lat. Tractatos de mente humana , ejus facalQi-> tibus et functionibus. Amstelod., 1669. Brème, 1673, în-i. Amst, 1708 , în-8.

(a) Pw Sylvain Régis, Système de la pbilosopbie, contenant la logique , la métaphysique , la physique et la morale. Paris , 1690, 3 vol. in-4. Amst., 1691, 4 vol. iii-4. Réponse aux réflexions critiques de M. Duhamel sur le système cartésien { de la philosophie de M. Régis. Paris, 1692, in- 12 (voyez

au §. 334). L'accord de la foi et de la raison. Paris, 1704, în-4.

(3) Cette société a produit entre autres ouvrages remarquables, l'Art de penser. Paris , 1664, in-12. Trad. lat. par J. C. Braun, avec une préface de Fr, fiuddeus. Hal., 1704, ia-8. On a quelquefois prétendu que cette Logique est l'ouvrage d'Ant. Amauld.

(4) Œuvres d'Ant. Amauld, Lausanne, 1777, 30 vol. in-4.

(5) Pascal, Pensées sur la Religion. Amst., 1697, in*12.

en 1623, mort en 1662^ Nicole (i), mort en 1696; déplus, le P. Malebranche (§. 34i)y Antoine le Grand (2) j médecin à Douai, J. Clauberg Ç5), pr^ fesseur à Duisbourg, ué à Chartreis en i6ià5, mort en i665, Adrien Heerebard (4), professeur de philoso* pfaie à Leyde, mort en 1 669, et en particulier Arnold (jCtt/«>U7 d'Anvers (5), né vers i6a5, mort en 1669.

Paris, 1720,. in-12. Lettres écrites par Louis de Montalte [Pascal) à un provincial de ses amis, avec des notes de Guil. Wendrock (Nicole). Cologne, 1657, in-lS, et 1684, in-8. Leyde, 1771, 4 vol. in-12. C'est à Nicole qu'appartient aussi la traduction latine de cet ouvrage.

(0 Essais de Morale. Paris, 1671—1674, 6 vol. în-12. Instructions tbéologiques et morales. Paris, 1709, in-12. Œuvres. Paris, 1718, 24 vol. în-12.

(a) Ant. le Grand, Philosophia veterum e mente Renati Descartes. Lond., 1671, in-12. Institutio philosophiae secundum principia Renati Descartes, nova methodo adomata. Lond., 1672, in-8; 1678, in-4. Dissertatio de carentia sensus et cognitionis inbrutis. Norimb.^ 1679, in-8.

(3) Job. Claubergii Opéra philosopbica . Àmstelod., 1691, in-4. Logica vêtus et nova. Ontosopbia , de cognitione Dei et nostri. Duisb., 1656, in-8. Initiatio pbilosopbî, seu dubitatio cartesiana. 1655; plusieurs fois réimprimé. Mulb., 1687, in-12.

(4) Adr. Heerebord, M eletemata philosopbica , et Philosophia naturalis, moralis et rationalis. Lugd. B., 1654, in-4. Parallelismus et dissensus aristotelicœ et cartesianae ^philosophiae in philosophia naturali. Ibid, 1643, in-8. Selectae ex philosophia disputa tiones. Ibid. 1650 , in-12.

(5) Arnoldi Geulinx Logica fundamentis suis , a quibus hactenus coUapsa fiierat , restitûta>Cugd: Bat., 1662, in-12. Ams-

Ce dernier déduisit des principes de Descartes le système des causes occasionnelles (occasionnalisme)^ suivant lequel Dieu est le Téritable auteur des mouvements de l'âme et du corps, et ces substances ne sont que l'accident qui y donne lieu, ou l'occasion. Cette idée fut étendue et développée par Balthasar Becker, F'older, Malebranche et Spinoza. Geulinx exposa de plus une doctrine morale plus pure, et soutint que l'amour-propre était le vice radical de tous les systèmes moraux anciens et modernes; il fit donc consister l'essence de la vertu en un amour pur (amor effectionis non affecUonis) pour la raison pratique vivante, ou dans Tobéissanceà Dieu et a la raison y par respect pour la raison même ; les caractères de la raison ainsi conçue sont le zèle et la vigilance ( diligeniia ), l'obéissance ( obedientia)^ l'accomplissement rigoureux des lois morales (justiiia), et le mépris de tout autre bien (humilitas). Les idées de ce philosophe en matière de morale , quoique souvent admirables et d'une vérité frappante , eurent assez peu de succès , parce que les bases n'en sont pas assez profondément établies; de plus, parce

teb4«, 1698 , in- 12. Metapbjsica vera et ad meiHem Peripateticonim. Arastelod.) 1691, iiHl2. Ffêâ-i «Y^vro, sive Ethîea. Am6tel.,1665. Plus complet. Lsgd. B., 1675, iii-12. Ed. Pbîw larethus. Anistel., 1696, îii-12 ; 1709, in-8. Annotata pnecnr^ rentia ad R. Gartesii principia. Dordraci, 1690 , in-4. Annotat^fc majora ad principia pkilosopliift R. Descartes , accedhn&t opns^ cula philosophica ejusdem aucloris. Bordrad , 1691, in*4.

qu'elles sont scavent embarrassées dans le s jsième de roccasionnalisme; enûn, parce qu'elles aboutissaient à une aTeugle soumission à la volonté arbitraire de Dieu y soumission qui prive de tout développement Factivité propre de la raison. Balthazar Becker (i), né dans la Westfrise en 1654^ mort en 1698, s'appujant sur Toccasionnalisme et l'idée cartésienne de la spiritualité, nia l'action des esprits sur les hommes, et combattit dans le même sens la croyance encore dominante de la magie et de la sorcellerie , ce qui lui coûta la perte de son emploi. P. PoiretÇa), né à Metz en 1 646, mort en 1719, d'abord cartésien , ensuite mystique , prétendit au contraire tirer des principes de Descartes la démonstration de l'action immédiate de Dieu et des esprits sur l'humanité. Plusieurs théologiens et philosophes firent l'applica^tion de ]a doctrine cartésienne à la théologie , et la défendirent ou l'expliquèrent dans beaucoup d'écrits didactiques ou polémiques. Nous nommerons entre

(i) Outre Touvrage mentionné au §. 334 , on a de lui : De hetoiferie ff^ereld. Le Monde encbanté (en holl.}. Leuirarden , 1690. Amsterd., 1691*— 1693, 4 toI. in-4; trad. en allem. par J. M. Sckwager, Leipz., 1781, 3 roi. în-8. — Wîlh. Heinr» Becker, Schedîasma critico-litterarium de controrersiis B. Bekkero ob librun die bezauberte TVelt motis. Kônîgsb. et Leips., 1721, iii-4. Vie, opinions et destinée de Balth. Bekker, par J. M. Sckwager^ Leîps., 1780, in-8 (ail).

(a) P. Poww/, Économie dirine. 1647, 7 vol. in-8. Gogitationes deDeo, antraa et malo. Amstelod, 1677 — 1685—1715,

autres J. Coccejus, mort en 1669, Christophe Wittich (1), né à Brieg en iôqS, mort en 1687, Gérard de Paries (2), Hermann Alexandre Roel (3), mort en 1718, professeur de théologie à FraneLer et à Utrecht, Ruard Andala (4) y né en Frise en 1 665, mort en 1727, professeur de théologie à Franeker.

(i) Christophe îf^ittich. Consensus sancUe scripturae cum veritatephilosophiœ cartesianae. Neomag., 1659^ in-8. Theologîa pacificata. Lugd. B., 1675, in-4. Annota tiones în quibus me^ thodiceleb. philosopht succincta notitia redditur. Dordr., 1688, in-4* Antispinoza seu examen £thicae Bened. de Spinoza. Amstel., 1690, in-4.

(a) Gerb. deVries (§. 337),Exercitationes ratîdnales de Deo divinisque perfection ibus nec non pbilosopbemata miscellan«a. Traj., 1685, in-4. Ëdit. nova ad quam praeter alias accedit Diatribe singularis gemina, altéra de cogitatione ipsa mente, altéra de ideisrerum innatis. Ultraj., 1695, in-4.

(3) Herm. Alex. Roèl, Dissert, de religîone naturali. Franeq., 1686 , in-fol. Disputationes pbilosophicae de theoiogia naturali du», de îdeîs innatis una , Ger. de Vrîes DIatribae oppositae. Ed. IV. Franeq., 1700, in^. Ultraj., 1713.

(4) Ruard Andala, Sjntagma tbeologico-phjsico-nietapfajsicum. Franeq., 1710, in-4. Cartesius verus spînozismi eversor et pbysice experimentalis architectus. Ihid. 1719; contre Touvrage de J. Regius : Cartesius verus spinozismî architectus. Leovard., 1718. Exercîtationes academicae in pbilosophiam primam et naluralem , in quibus philosophia Cartesiî explicatur, f onfirmatur et vindicatur. Franeq., 1709, in-4. Examen Ethicae Geulinxii. Ibid, 1716, in-4. Paraphrasîs in principîa philos. Cartesii. Ibid,, 1710, in-4. Dissertationum philosoph. Heptas. Ibid,, eod. ann., in-4. Apologia pro vera et saniore philosophia, 17:18. Quaest. phjsicae, 1720.

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