‹ Manuel de l'histoire de la philosophiChapitre 17 sur 37 · II. Spinoza · texte numérisé non relu

II. Spinoza

Ses Ouy^rages : Benedicti de Spinoza Renati Descartes principiorum philosophiœ pars prima et secunda more geometrico demonsfratœ. Accesserunt ejusdem cogitata metaphysica, in quibus diiBciliores , quœ tam in parte metapbysicae generali quam speciali occurrant qasestiones breviter explicantur. Amstel., 1663, 2 vol. in-4.

Tractattts theologtco-politicus coolinens dissertationes aliquot, quibus ostenditur libertatem philosophandi non tantum salya pietate et reipublicœ pace posse concedi , sed eamdem nisi cum pace reipublicœ ipsaque pietate tolli non posse. Hamb. (Amsterd.), 1^0, in-4. Sous divers litres apocryphes : Dan. Heinsii operum hisloricorum colleclio prima*, éd. il, priori multo emendatior et auctior. Lugd. Bat., 1675, in-^; Henriquez de Fillacorta, M. D. a cubiculo Phiiippi lY, Carolillarchiatri, opéra chirurgica omnia sub auspiciis potentissimi Hispaniarum régis. Amstel. , 1673, in-8; 1697, iD'8 ; trad. en français : La clef du sanctuaire, par un savant bomme de notre siècle. Leyde, 1678, in-12^ Traité des cérémonies superstitieuses des Juifs, tant anciennes que modernes. Amsterd. , 1678, in-12. Réflexions curieuses d'un esprit désintéressé sur les matières les plus importantes au salut, tant public que particulier. Cologne , 1678 , in-12^ trad.. ail. Géra, 1787, in-8.

Ânnotationes Ben. de Spinoza ad tractatum tbeologicopoliticum, éd. Cbr. Tbeopb. de Murr. Hag. C2om., 1802, in-4.

Bened. de Spinoza Opéra postbuma. Amstel.^ 1677, in-l (comprenant : Ethica, tractatus polilicus, de intellectus emendatione, épistolœ). En ail. : Morale de Spinoza avec une rcfulation, par Cbrisl. Wolf. Francf. et Hamb., 1744, in-8.

Morale de Spinoza, t. i et n, par Shack Henn. Ewald. Géra, 1791-1793, in-8 (ail.). Deux traités de Spinoza sur la culture de Tesprit humain , et sur raristocratie et la démocratie (par le même). Leips. (Prague), 1786, in-^(all.). Ethique , ayec des lettres, par F. W. Sckmidt, 4 vol. Berlin et Steltin, 1811, 1812, in-8 (ail.).

Ben. de Spinoza Opéra quie supersunt omnia, éd. H. Eberh. Gottlob Paulus. Jen. , 1802-1803, 2 vol. in-8, avec des recherches biographiques.

Ombrages sur Spinoza et sa doctrine.

Jean Golerus , Vie de Spinoza, tirée des écrits de ce Aineux philosophe , et des témoignages de plusieurs personnes dignes de foi. La Haye, 1706, in-8. Trad. du^nçais en allemand, fïancf. et Leips. , 1733, in-^. L'original est en hollandais. Utrecht, 1698.

Réfutations des erreurs de Benoît de Spinoza , par M. Fénélon , par le P. Lany, et par le comte de Boulainyilliers , avec la vie de Spinoza, écrite par M. Jean Colerus , augmentée de beaucoup de particularités tirées d'une vie manuscrite de ce philosophe, faite par un de ses amis (Voyez Touvrage indiqué ciHiprés). Bruielles, 1731, in-12.

La Yie et Tesprit de M. Benoît de Spinoza. (Amsterd.), 1719, in-8. L'auteur est un médecin nommé Lucas ou Vraese, conseiller de la cour du Brabant à La Haye. Il ne fut yendu que soixante-dix exemplaires de la petite édition , et à un prix très élevé, ce qui en fit tirer beaucoup de copies manuscrites. La seconde partie fut brûlée ; mais la partie biographique a eu une seconde édition qui est rare aussi, sous ce Ulre : La vie de Spinoza, par un de ses disciples, nouvelle édition non tronquée, etc. Hamb., 1735, in-8.

H.'Ft. de Dietz, Vie et doctrine de Ben. Spinoza. Dcssau, 1783, in-8 (ail.).

M. PAUipsonyYie de Ben* de Spin. Brunswick, 1790,

Jariges, Sur le système de Spinoza et les obsenrations de Bayle contre ce système , dans THist. de FAcad. des Sciences de Berlin, ann. 1740, et dans le Magasin de Hismann, t. v

(ail.)-

Fr. H. Jacobi, Sur la doctrine de Spinoza, lettres à M. Moses Mendelssohn. Breslau, 1785*, 2" èdit. 1789, in-8, et dins les œoyres de Jacobi , t. iv, 1'* partie (aQ.).

Moses Mendelssohn, Matinées. Berlin, 1785 ; 2* édit. 1 786, 2 yol. Aux amis de Lessing , appendice aux lettres de Jacobi. Berlin, 1786, in-8 (ail.).

F. H. Jacobi , Contre les accusations de Mendelssohn. Leips.,1786(all.).

(Math. Clauâius)^ Deux articles sur la discussion entre Lessing, M. Mendelssohn et Jacobi. Hamb., 1786 (alL).

Sur la manière dont Mendelssohn expose la philosophie de Spinoza ^ dans le Recueil de Gœsar, t. iv (ail.).

R. H. Heydenreich, Animadyersiones in Mosis Mendelii filii refutationem placitorum Spinoz®. Lips., 1786, in-4. Du même : La nature et Dieu selon Spinoza, t. i (avec des extraits de la vie indiquée ci-dessus , par Lucas ). Leips. , 1789, in-8 (ail.).

Dieu, dialogues, par J. G. Herder. Gotha, 1787, in-8 (ail.).

D. G. S. Franche (ouvrage couronné), Sur les nouvelles destinées du spinozisme y et de son influence sur la philosophie en général , et en particulier sur la théologie rationnelle. Schleswig, 1812, in-8 (ail.).

Ern. Sùedenrothy Nova spinozismi delineatio. Gotting , 1817, in-8.

Lud. Boumann, Explicatio spinozismi, diss. inaug Berol , 1828, iô-8.

Car. Rosenkranz, De Spipozœ philos. Hal. el Leips., 1828, iii-8.

Le juif Baruch (Benoît) Spinoza ou Spinosa entra dans la route spéculative de Técole cartésienne avec toute la puissance d'un génie original et d'une pénétration profonde. Né à Amsterdam en lôSa, il se signala dès son enfance par son ardent désir de connaître la vérité. Ses doutes sur les doctrines du Talmud , et ses sentiments religieux , mais exempts de toute superstition, le rendirent indifférent à regard des cérémonies du culte dans lequel il était né , et lui attirèrent beaucoup de persécutions de la part de ses coreligionnaires. Il se tint caché dans quelques maisons de chrétiens, étudia le latin , le grec, les mathématiques et la philosophie, spécialement celle de Descartes , dont la clarté l'attirait , sans contenter son esprit rigoureux et pénétrant. Il mourut à La Haye en 1677, ^V^^ avoir consacré sa vie à la méditation dans le silence et la retraite, avec la réputation d'un vrai sage et d'un homme de bien. Spinoza s'était fait la loi de ne tenir pour la vérité que ce qui lui apparaîtrait avec toute évidence dériver de principes sufiisapiment démontrés. C'est ainsi qu'il tenta de former un système, dans lequel il déduisit les principes de la vie morale, de la connaissance de Dieu , avec toute la rigueur de la méthode mathématique , et c'est dans ce but qu'il donna le nom à' Éthique à ce système. Cet esprit de méthode et de précision scientifique Téleva presque jusqu'aux points les plus élevés de la spéculation , et lamena à

cette théorie remarquable , préparée par Descartes (1)9 suivant laquelle il n'existe qu'une seule sub-* stance, Dieu, l'être infini avec ses attributs infinis d'étendue et de pensée ; toutes les choses finies étant de pures apparences y des déterminations ou modes de l'étendue infinie et de l'infinie pensée. La substance n'est pas un être individuel, mais elle fait le fond de toute individualité ; elle n'a point été faite , elle subsiste par elle-même ( causa sui) nécessairement, et elle n'est connue et pensée que par ellemême (Ethic, P. I, prop. 5). Les individus n'ont d'existence que comme modifications des attributs infinis de la substance : du sein de l'étendue infinie viennent les modes du mouvement et du repos; et du sein de l'infinie pensée, les modes de rintelllgence et de la volonté. Tout corps particulier, toute intelligence finie ont pour fond et pour soutien, les uns, l'étendue infinie, les autres, la pensée absolue ; et ces deux infinis forment entre eux une unité nécessaire , se correspondent intimement sans qu'aucun des deux ait engendré l'autre. Toutes les choses finies , corps et âmes , sont en Dieu ; Dieu est leur cause immanente ( natura naturrans) : il n'est point lui-même une chose finie, quoique toutes les choses finies procèdent de la sub-

(i) H. C. W. Sigwart, Sur l'accord du spiuozisme avec la philosophie cartésienne. Tubingue , 1816, in-8 (all,)«

H. Ritter , De l'influence de Descartes sur le développement du spinozisme. Leips., 1816, în-8 (ail.).

statice divine, et cela nécessairement. Il n'y a point de hasaltl ; il* n'y a qu'une nécessité unie en Dieu avec la liberté, parce qu'il est l'unique substance dont l'existence et les actes ne sont limités par aucune autre. Dieu agit en vertu de la nécessité intérieure de son essence , et sa volonté est inséparable de sa connaissance. Il n'existe point de causalité qui se détermine librement vers tel ou tel but : il n'existe de causalité que celle des causes naturelles. La notion directe immédiate d'une chose individuelle réellement existante s'appelle l'esprit, l'âme (mens) de cette chose individuelle ; et celle-ci , considérée comme l'objet direct d'une telle notion, s'appelle le corps de cette âme. Ces deux choses ne forment qu'un seul et même objet, que l'on envisage tantôt sous l'attribut de la pensée , tantôt sous l'attribut de l'étendue. — Toutes les idées, en tant qu'on les rapporte à Dieu , sont vraies; car toutes les idées qui sont en Dieu correspondent parfaitement à leurs objets; d'où il suit que toute idée absolue, en d'autres termes , toute idée parfaite en nous, correspondante à un .objet, est une idée vraie, et se justifie elle-même : (prop. 4^) « Sicut lux se ipsam et tenebras manifestât, sic veritas norma sui et faisi est. » La raison contemple ses objets dans leur vérité quand elle les pense dans la forme de l'éternité et de la nécessité : « £ natura rationis non est res ut contingentes sed ut necessarias contemplari , et sub quadam œternitatis specie percipere » (prop. 44)* Le faux a sa raison dans la privation de la pensée,

résultat d'idées désordonnées et corrompues ( E th. ^ P. II , propos. 52-54 sqO* ^'^^^ ^^ tou^ objet particulier comprend en soi l'essence étemelle et infinie de Dieu ; et la connaissance de l'essence éternelle et infinie de Dieu^ comprise dans toute idée, est une connaissance adéquate et parf|îte. Par conséquent y l'esprit humain possède indubitablement une connaissance adéquate de cette essence (prop. 46, 47)* C'est dans la connaissance vivante de Dieu que consiste notre félicité suprême; car plus nous connaissons Dieu , plus nous sommes portés à vivre selon ses volontés , « amor Dei non nisi ex cognitione ejus oritur» (Tract, theol., c. 4> pr. 42); et en cela consiste à la fpis notre bonheur et notre liberté : (Eth., P, 11; Schol. fin., P. iv, pr. 28) « Deo parère siimma libertas est. » Notre volonté n'est pas absolument libre : en efièt , l'âme est déterminée en tel ou tjl sens par une cause déterminée ellemême par une autre cause , et ainsi de suite. Il en est de même des autres facultés de notre âme, dont aucune n'est absolument indépendante en soi , P. 11, pr. 4^*

Dès long-temps Spinoza avait rencontré dans la lecture des rabbins l'idée mère de son système : la philosophie de Descartes ne lui avait servi qu'à développer cette idée d'une manière scientifique. Certaines notions fondamentales une fois admises, telles que celles de substance et de cause, ainsi qu'un petit

nombre d'axiomes^ il développe, à la manière des mathématiciens, toute la série de ses idées, qui, les prémisses accordées , forment un enchaînement très sévère, sauf en un seul point, qui ne parait pas suffisamment éclairci, savoir : comment l'infinité des modifications finies j^eut être une conséquence nécessaire des attributs infinis de la Divinité. Le défaut essentiel du système consiste dans la valeur dogmatique donnée par l'auteur à certaines notions pures de l'intelligence^ et dans la confiance exclusive qu'il accorde à la démonstration logique. Malgi^é son amour sincère pour la vérité, cette confiance du logicien ne put être affaiblie en lui , ni par la contradiction où il se plaçait à l'égard du sens commun de rhumanité, ni même par la contradiction renfermée dans sa doctrine , savoir^ l'étrange supposition d'une morale à côté d'une nécessité absolue, qui pèse sur toutes les choses finies. Ces choses , en tant que déterminations de l'infini, n'appartiennent-elles pas à la substance nécessaire de Dieu? et, comme déterminations finies, ne sont-elles pas entraînées dans l'eachainement des causes nécessaires? Loin de s'arrêter à cette difficulté, Spinoza songeait à puiser dans sa théorie morale les lois d'une physique nouvelle (Epist. 62. Tractatus theologico-politicus, c. 16). La profondeur des idées, la marche serrée du raisonnement , la hardiesse d'une conception où il s'agit d'expliquer le fini par l'infini , répandent quelque obscurité sur ce système, de telle sorte qu'il est difficile de le saisir dans son véritable sens; mais,

soit dans les termes , soit dans l'esprit de l'auteur, ce n'est nullement un système d'athéisme, quoique, dès l'origine, la plupart de ses adversaires l'aient traité comme tel, moins pour l'avoir étudié que par une sorte d'animosité personnelle. C'est plutôt un panthéisme , non pas matériel , comme celui des Éléates, mais formel, qui contient et développe une haute et digne notion de Dieu, comme source de l'être, telle qu'on la peut obtenir par la pure spéculation ontologique. Cependant cette notion ne satisfait pas entièrement la raison, et n'est point d'accoixl avec le théisme tel que la raison est obligée de l'admettre, particulièrement en morale.

Le caractère et le système de Spinoza ont été également méconnus et dépréciés avec une extrême injustice. Dès son époque même , à peine un petit Dombre d'amis et de partisans du philosophe osèrent se prononcer en sa faveur (i). Ceux de ses adver-

(i) On distingue parmi eux ). Oldenburg , qui s'éloigna néanmoins de Spinoza sur plusieurs questions. Les écrivains suivants ont été qualifiés, peut-être à tort^ de spinozistes, savoir : les médecins L. Meyer (auteur du livre : Philosophia sacr» scripturae interpres. §. 337), Lucas (§. 339), Zarich JelleSy Abraham Cufaeler, qui a expliqué et défendu le spinozisme dans deux ouvrages : Spécimen artis ratiocinandi naturalis et artificialis ad pantosophiae principia manuducens. Hamb. (Ânist.) , 1684 ; et Principionim pantosophise P. ii et P. m. Hamb. , 1684 ; J. Georges JVachter : Goncordia rationis et fidei, etc. Amstel. (Berol.)j 1692, in-8; enfin Theod. Lud.

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saires qui entrèrent les premiers en lice contre lui , soit qu'ils ne l'eussent pas compris, soit peut-être par une connivence qu'ils s'efibrçaient de dissimuler, lui laissèrent l'avantage; ce furent principalement Fr. Cuper (i), le comte de Boulairwilliers {%), né en 16689 mort en 1723, Christophe 1Vittich(^\vp\ a le plus développé ses réponses, P. Poiret (4)9 Sam. Parker (§. 545), Isaac Jacquelot (5), né en Champagne en 1674^ mort en 1708. Ceux qui se portèrent an combat avec le plus de loyauté, comme J. Bredenburg (6) , se mirent en guerre ou-

Law : Meditationes de Deo, mundo et homîne. (Francf.)> 1717, in-8 ; et Meditationes , thèses ^ dubia philosophîco-theologîca. Freystadt, 1719, in-8.

(1) Arcana atheismi revelata. Rotterd., 1676; ouvragée censuré sëyèrement par H. More, 0pp. philos., t. i, p. 596, et dans une dissertation de Jœger : Fr. Cuperus mala fide aut ad minimum frigide atheismum Spinozae oppugnans. Tub., 1710.

(1) Sa réfutation , jointe à celle de Lamj, a été indiquée cidessus, en avant du §. 339.

(3) Vojez §. 338.

(4) Poiret, Fundamenta atheismi eversa dans ses Cogitata de Deo , etc. Cet écrivain l'appelle athée plein de malice et instrument du démou.

(5) Isaac Jacquelot, Dissertations sur l'existence de Dieu, etc., pour la réfutation du système d'Épicure et de Spinoza. La Haye, 16971 §.336).

(6) Ënervatio tractatus theologico-politici una cnm demonstratione geometrico ordine disposita naturam non esse Denm. Rotterd., 1675, in-4.

▼erte avec leur propre raison^ ne pouvant ni réfuter la démonstration de Spinoza , ni consentir à la tenir pour vraie. Ce n'est qu'à une époque récente qu'on a commencé à traiter avec plus de justice la personne et la doctrine de ce grand homme , et en même temps on a découvert^ par la méthode cri tique , le côté faible du système (i). La philosophie de nos jours se rapproche sur plusieurs points de celle de Spinoza.

ni. MaJebranche. Fardella.

Fùntenelle , Eloge de Malebrancbe , dans le tome i*"" de ses éloges des académiciens. A La Haye, 1731, p. 317.

Nie. Malebranche , De la recherche de la vérité. Paris, 1673, iDhl2 \ !• édit., 1712, 2 vol. in-4, ou 4 vol. iiHl2. Traduction latine , par Lenfant : De inquirenda veritate. Genève, 1691 , in-4 ; 1753, 2 vol. in-4. En allem. Altenburg, 1776-1786, 4 vol. in-8. Ck)nver8ations chrétiennes, 1677. De la nature et de la grâce. Amst., 1680, in-12. Méditations chrétiennes et métaphysiques. Cologne (Kouen), 1683, in-12. Traité de morale. Rotterd., 1684, in-4. Entretiens sur la métaphysique et sur la religion. Rotterd. , 1688 , in-8. En-

(i) Il dsiut d'abord mentionner ici Christian Wolf, qui a réfuté le spinozisme dans sa traduction de la Morale , et Bayle. Voyez , en avant du §. 339 , la dissertation de Jariges. — Le débat entre Jacobi et Mendelssohn , sur le spinozisme de Lessing, donna lieu à un assez grand nombre d'écrits sur la doctrine de Spinoza , §. 339. La traduction de Spinoza , ci-dessus mentionnée , par £v>ald, contient une réfutation du spinozisme d'après les principes de la philosophie critique.

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Iretiens d'uQ philosophe chrétien et d'uD philosophe chinois sur la nature de Dieu. Par., 1708. Réflexions sur la prémotion physique, etc. Par., 1716, in-8. Œuvres. Par., 1712, 11 vol. in-12.

Nicolas Malebranchey né à Paris en 1638, mort en 1715^ père de TOratoire y génie profond , caché sous un extérieur peu avantageux , et incontestablement le plus grand métaphysicien que la France ait produit, développa les idées de Descartes avec originalité, en les reproduisant sous des formes plus claires et plus animées; mais son tour d'esprit, éminemment religieux, lui fît donner à sa philosophie un caractère mystique qui lui est particulier, La théorie de la connaissance, celle de l'origine des er* reurs, surtout des erreurs qui tiennent aux illusions de l'imagination, enfin la méthode pour bien conduire notre pensée , telles sont les parties dont il a traité avec le plus de succès. Malebranche admit la passivité de l'entendement, l'étendue comme l'essence des corps , l'âme comme une substance essentiellement simple, et Dieu comme le fond commun de toute existence et de toute pensée ; et il fut ainsi conduit à combattre les idées innées par des objections pleines de force, et à soutenir que nous voyons tout en Dieu. Dieu, suivant lui, comprend en soi toutes choses de la manière dont elles s'offrent à notre intelligence; il est l'infini de l'espace et de la pensée , le monde intelligible et le lieu des esprits. A ces idées se rattache étroitement la doctrine de l'occasionnalisme fort étendue par Malebranche, doc-

PHILOSOPHIE MODBRNB. PRBNIÈRB ÉPOQUE. GH. II. 113

trine d'après laquelle il n'accorde aux corps et aux âmes qu'une capacité passive ^ et considère Dieu comme l'unique cause fondamentale de tous les q^ngemenf s qu'ils subissent. Tel est l'idéalisme religieux et mystique auquel parvint ce philosophe : on y trouve un exemple des conséquences d'une confiance aveugle pour la déqcionstration adoptée comme base unique de la connaissance philosophique. L'ahbé Foucher (i) opposa à ce système le scepticisme. Michel-Ânge FardeUa^ mort à Padoue en 1 7 1 8 ,

(i) SîmoQ Foucher, Critique de la Recherche de la Yérité.

Parmi les écrivains qui discutèrent et combattirent le système de Malebranche, nous citerons le père Du Tertre, qjui ne l'entendit point (Héfiitation du nouveau système de métaphysique composé par le père Malehranche. Paris, 1718, 3 vol. in-12). Antoine Arnauld: Des vraies et des fausses idées contre ce qu'enseigne l'auteur de la Recherche de la vérité. Cologne, 1683, in-8. A cet ouvrage , Malehranche opposa sa Réponse de l'auteur de la Recherche de la vérité au livre de M. Arnauld, Des vraies et des dusses idées. Rotterdam , 1684. Défense de M. Arnauld contre la Réponse au livre Des vraies et des busses idées. Cologne, 1684, in-12. Trois lettres de l'auteur de la Recherche de la vérité, touchant la défense de M. Arnauld contre la Réponse. Rotterd., 1685, in*-12« Cette polémique se prolongea encore dans quelques autres écrits. Locke , Examen du sentiment du père Malehranche que nous voyons tout en Dieu , dans le t. 11 de ses Œuvres diverses. Amaterd., 1732, •in-8. LeibnitZy Examen des principes du R. P. Malehranche , dans le t. 11 du Recueil de diverses pièces sur la philosophie, par MM. Leibnitz, Clarke, Newton, etc., 2* édit. Amst., 1740, in-8.

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employa dans sa logique (i)» en.fayeur de Tidëa^ liante 9 le même ai^ment dont s'était servi Mal&- Iramshe, savoir : que l'existence du monde corporel ne peut être démontrée ^ et que la foi à la religion révélée peut seule l'établir solidement.

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