‹ Manuel de l'histoire de la philosophiChapitre 18 sur 37 · IV. Supematuralistes et mystiques de ce temps · texte numérisé non relu

IV. Supematuralistes et mystiques de ce temps

Les conséquences auxquelles conduisait Tempirisme et le dogmatisme hardi de Fécole spécubtive^ rappelèrent sur la scène le supematuralisme^ le mysticisme et le scepticisme. Au premier rang se rencontre ici Biaise Pascal ^ né à Clermont en 1623 y mort en 1662. D'abord occupé de mathéma* tiques , il finit par se défier de la raison , et tomba dans un ascétisme mystique (jà). Théophile Gale (Galeus), ministre presbytérien ^ mort en 1677, pensa que la vraie philosophie fut, dès l'origine, renfermée dans la parole de Dieu adressée à son peuple , et que de là elle fut révélée aux autres na* tions à diverses époques et de diverses manières. La philosophie^ selon Gale, doit marcher dans le sens de la théologie, et il recommande à cet égard l'étude

(i) Venise, 1696.

(2) Poécal, Pensées sur la religion et sur quelques autres sujeu. 1669. Àmst., 1697. Paris, 1720, in-12. Lettres provinciales , etc., avec des notes de G. Wendrock (Nicole). Cologne, 1657, in-12. Trad. en lat. par Nicole, etc. (Khivres, La Haye , 1799 , 5 vol. in-8.

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de la philosophie éclectique des Alexandrins (i). Ralph (Rodolphe) Cudi^orih, né en 1671» dans le comté -de Somerset , mort professeur a Gam]M*idge en 1688, adopta la même opinion , mais il* mit plus d'originalité dans la manière dont il s'en sertit pour défendre ia religion positire contre les matérialistes €jt les athées. Il donna des démonstrations en faveur de Tezistence de Dieu et de la création tirée du néant; il définadit les idées innées dans le sens de Platon j et il en déduisit une preuve pour l'existence de Dieu. La nature plastique^ qu'il admit pour ren-* dre compte des formes et des proportions des corps, n'est autre chose que l'âme du monde de Platon ; car il ne reconnaît dans l'organisatibn du monde ni l'ouvrage d'un aveugle hasard , ni celui d'une nécessite mécanique 9 ni une création immédiate etper^ péfuelle de la part de Dieu. Il Blâma Descartes d'avoir banni de la physique les causes finales. C'est dans les idées morales , copies de la sagesse divine , \ et non dans les notions données par l'expérience , qu'il fit consister l'origine première et la réalite objective du bien moral et de la justice; enfin il résolut la plupart des problèmes d'après les doctrines de Platon (:a). Telle fut également Li direction

(i) Tkeopk. Gale, Philosophia untvenftlis. Lond., 1676» în-^. Aula deomm gentilitiin. [b, 1676 , io-S.

(2) Ralph. Cudworth, The trae inteilectual System of ike UnWerse. Lend., 1678, in-fol.; 1743, 2 vol. in-4. Systema inlelicctuale hajus universi , etc., )at. vert. J. L. Moshemins;

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que suivit Henri More (ï), coUèguc de Gudworth, né en i6i4, mort en 1687, homme savant et méditatif^ qui , peu satisfait de la scholastique péripatéticienne, et en étant venu jusqu'à douter de sa propre personnalité individuelle, se détermina ensuite pour le néoplatonisme, qu'il puisa principalement dans Plotin , et associa à cette doctrii^ celle de la cabale , dont il fit l'apologie dans quelques écrits : mais il ne parvint point à composer sa doctrine en un corps complet et régulier. Il reconnut dans l'intuition intellectuelle la source de toute science philosophique , et soutint que toutes les notions vraies et légitimes que possède la philosophie proviennent d'une révélation divine. Dans sa meta-

le traducteur y a joint une notice biographique sur Gudworth.' Jen., 1733, in-fol. ; cum correctionib. posth. Lugd. Bat., 1773, 2 vol. in-4.— Treatise conceming elemal and immutable moralitj. Lond., 1731. Trad. lat. à la suite du Sjst. intell. de Moshcim.-r Extrait du système de Gudworth , avec une apologie , par Thom. tVist, Lond., 1706 , in-4.

(1) Hcnrici Mon Opéra philosophica omnîa. Lond., 1679,

2 vol. în-fol.

Rjusd, Conjectura cabbali&tica in tria prima capita Geneseos. Defensio Cabbalae triplicis. Apologîa contra Sam. Andréa» examen générale Gabbalse philosophicae. Trtum tabularum cabbalisticanim decem Sephiroth. Quaestiones et consideratîones in tracta tum primum libri Dmschim. Gatechismus cabbalisticus , bive Mercavaras , fundamenta philosophice , sive Gabbal» £lo» pflcdomelissae. Ënchiridium metapbysicum. Lond., 1674, in-4. Ënchiridium ethicum. Lond., 1660. Norlmb., 1668-— 1672 , in*8.

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physique ainsi que dans sa physique , consacrées , l'une à la nature incorporelle^ Tautre à la nature corporelle y il place la réalité dans l'étendue y et s'efforce d'élablir l'existence d'un espace immobile, distinct par lui-même de la matière mobile ; et, de ce principe 9 il prétend déduire tout mouvement. U considère cet espace comme une substance réelle , à laquelle il donne des attributs divins; il l'appelle V orbite de la présence divine (Ench. metaph.*, c. 8). Quoiqu'il admette la simplicité de l'âme humaine et de celle des animaux , il les si^ppose étendues. En combattant le&erreuj*s de Descartes et de Spinoza, il témoigna un grand respect pour le génie de ces deux philosophes. Dans la morale , qu'il définit la science de vivre sagement et heureusement, il réunit les principes de Platon et d'Âristote. Samuel Parker, contemporain et collègue des deux précédents à l'université d'Oxford, mort en 1688, critiqua sévèrement la philosophie de Descartes, surtout sa physique atomistiqae, et sa preuve de l'existence de Dieu. Zélé antagoniste de l'athéisme, il défendit la théologie, et c'est à cette science qu'il emprunta ses raisons de croire à l'existence d'un Etre^upréme(i). Jean Pordage , prédicateur et médecin , né vers i6a5, mort en 16)98, à Londres, se déclara formel-

(i) A free and impartial accoont of ihe platonic phîlosopby. Oxf.9 1666 9 in-4. Tentaniîna physico-theologica deDeo. Lond., 1669 , in-8 ; 1673. Disputationes de Deo et providentia. Lond., 1678,iii-.4.

tt% TROISIÈME PBUODB.

lement en faveur du supematuralisme mystique. Il tenta de rédiger en système les extravagances théo* sophiques de Jacques Bcànn (§• 55^), et prétendit avoir reconnu la vérité de ces idées dans des révélations qu'il avait eues lui-même (i). Son élève^ Thomas Bromlejr, mort en 1691 , propagea ces opinions. — En France 9 Poirei^ né a Metz en 1646» mort k Reinsberg en 1719^ après avoir suivi Técole cartésienne ( voyez §• 338), s'attacha ensuite à combattre la méthode spéculative , et se voua entièrement au mysticisme supernaturaliste, en vertu duquel il*privait la raison de toute activité propre (a).

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