‹ Manuel de l'histoire de la philosophiChapitre 19 sur 37 · V. Sceptiques · texte numérisé non relu

V. Sceptiques

Deux disciples de Le Vayer propagèrent le scepticisme en France, Samuel Sorbiere, né en 1616, mort à Paris en 1670, et Simon Foucher (voyez §: 340* Le premier traduisit l'esquisse de la philosophie pyrrhonienne par Sextus-Empiricus. Le<second s'occupa

(i) Hetaphysica vera et divina. Francf. et Leîps., 1725, 3 vol. m-8. Sophîa seu detectio cœlestis sapientîae de muDdo intemo et extemo. Àmst., 1699. Theologia mystica sive arcana mysticaque doctrina de invûibilîbas , aetenus , etc., non rationali arte sed cognitione intuitiva descripta. Amst., 1698.

(a) OEconoroie divine. Amst., 16879 7 vol. in-8. De eruditione triplici solida , snperficiaria et Falsa. Amst., 1692-<— 1706 —1707, 3 vol. in-4. Fides et ratio coUatae ac suo utraque loeo reddilc adversas principia Jo. Lockii. Amst., 1707, in-8. Opéra posthuma. Amst., 1721, iD-4, et autres éditions.

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de recherches sur l'histoire de la philosophie académique, et opposa le scepticisme aux spécnlations de Descartes et de Malebranche. Le scepticisme fut à son tour combattu par Pierre Mersenne ( i ), mort en 1 648, Martin Sdioock (voyez §• 536) (2), et Jean de SiU hon (3), mort en 1666. En Angleterre, le prédicateur JosejJi GlarmUy mort en 1680, prétendit seulement censurer, à Faidedu scepticisme, les écarts d'un dogmatisme indiscret, particulièrement dans Aristote et Descartes, et comprimer l'audace des systèmes , afin de laisser un accès à la.yéritable philosophie (4)* Il développe habilement les motifs du doute par rapport a toutes les parties de la science et aux découvertes de son temps , spécialement en physique, découvertes qui ne faisaient que mettre l'ignoi^ance humaine dans un jouf plus frappant. Remarquons en particulier la manière dont il discute la question de la causalité, sur laquelle il se rencontreavec Algazel (§• ^57), et

(1) P. Mersenne^ La Térité des sciences contre les scepiicpes. Paris ^ 1625, Î11-8.

(a) Mait. Schoockii De scepticismo pars prior, s. lib. ly. Gro*ning., 1652, iii-8.

(3) Jean Silhon, De la certitade des coonaissanees humaines, etc. Paria, 1661*, in-8.

(4) Jos. Ghawill, Seepsis sdenUfica^ Or confessed ignorance tfae way to science ; in an essay of the Tanity of dogmatizing and confident opinion. With a replj to the exceptions of the leamed Thomas Albius. Ldnd., 1665, in-4. De incrementis scientiarum inde ab Arîstotele ductarum. Lond., 1670. Henr. Stabius a publié une dissertation contre ce dernier ouvrage.

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semble devancer David Hame. Ce n'est point, dit-il, par intuition que nous acquérons la notion de cause, et cette notion ne nous parvient point d*une manière directe, immédiate, mais xnédiatement à l'aide de raisonnements : or, ces raisonnements peuvent nous abuser ( i ) • Jérâme Himhc^m ( i ), religieux prémontré, et docteur de théologie à Prague, mort en 1679, donna aussi au scepticisme une tendance supematuraliste. Il déclama , mais avec esprit , contre la vanité littéraire, et contre l'ignorance des savants; il ne -voit point de connaissance qui ne soit illusoire , point d'axiome de la raison qui ne soit anéanti par la révélation. ^jCs seuls pivots de toute connaissance certaine sont la révélation divine, la grâce surnaturelle, et une lumière intérieure donnée par Dieu. Cet écrivain fit usage de son scepticisme au profit de l'exaltation ascétique. — En général à cette époque le scepticisme fut employé dans une intention pieuse par un certain nombre de savants catholiques , afin de ramener les protestants au giron de l'élise universelle.

(i) Scepsis scientlf., p. 142.

(2) HîeronjmnB Himhaym, De tjpho generis humani, sîtc scientiurnm bomaDaram inani ac ventoso tumore , difficultate , labilîtate , lalsîtate j jactantia , pnesumtione , incommodis et pericnlis , tractatiu brevis m qua etiam vera saptentia a falsa discernitar, et sindplicitas mundo contempla extoUItur, idîotis in solatram , doctis în cautelam conscriptus. Prag., 1676, in-4.

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