‹ Manuel de l'histoire de la philosophiChapitre 21 sur 37 · IV. Philosophes moralistes français · texte numérisé non relu

IV. Philosophes moralistes français

En France, la philosophie morale suivit presque la même marche. Après les efforts tentés par les jésuites pour rendre plus agréable, au moyen de maximes relâchées, la morale qu'ils voulaient faire servir d'auxiliaire à leur influence, efibrts qui n'aboutirent qu'à ruiner leur considération (i), de célèbres écrivains attachés à Port-Royal ou à l'Oratoire, Amauld^ Pascal f Nicole, MaUbranche ( voy. §. 338), afin de combattre le funeste efiet de leurs doctrines , développèrent une morale sévère , mais souvent mystique et enthousiaste , qui ne pouvait soutenir long-temps son premier succès. Le duc François de la Rochefoucauld (2), né en 1612, mort en 1680, esquissa un tableau de l'âme humtaine

(i) Voyez U Morale des jésuites, etc. Mons, 1669, ia-8. (2) Réflexions ou sentences et maiimes morales de M. de U Rochefoucauld. Paris, 1690, in-12. Amsterd., 1705, in-13.

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prise dans le point de vue réel , et qu'il représenta commç dirigée et dominée par l'amour-propre ; la partie corrompue des classes supérieures puisa dans ses maximes une morale comjnode. Bernard de Mandes^illejtLoïLàudais, mais d'origine française, qui yécut à Londres , où il exerçait la médecine , né en 1670 à Dordrecht, mort en xySS, alla jusqu'à soutenir que toute "vertu est un produit artificiel de la politique et de la yanité, et que le yice chez les individus tourne au profit de la communauté sociale , doctrine qui détruisit toute distinction fondamentale entre le bien et lé mal , le juste et Tinjuste (i).

Avec des remarques par Amelot de la Houssajç. Paris, 1714; et autres édit. Maximes et Œuvres complètes. Paris, 1797^ 2 vol. in-8.

(1) Voyez sa fameuse fable des Abeilles, qu'il fit paraître en 1706 : The grumbling bive, or Knaves turned booest. Huit ans après il donna , avec d'amples éclaircissements : The fable of the bées or private vices made public benefits. Lond., 171 4. Il composa y pour défendre sa doctrine , six dialogues , qui forment le second volume de l'ouvrage entier dans l'édition de 1728 et les suivantes. En outre : Iikquiry into the origin of moral virtuc; 6* édit. 1732, 2 vol. in-8; traduct. fran^;. Lond. (Amsterd.), 1740, 4 vol. in-8. L'Alciphron de Berkeley (voyez $. 349) est surtout dirigé contre lui. Lond. 1732, in-8. Beaucoup d'autres écrivirent aussi contre lui , eutre autres Will. Law : Remarks upon a book : The fable, etc., in a letter to the aiitkor. Lond. 1724 , 2« édit. 172$; et (Bluet) Inquiry whether a gênerai praclice of virtue tends to the wealth or poverty, benefits or disadvantage of a peoplc , etc. Lond., 1725 , in-8.

Mandeville, Free thoughts on religion , the chiirch , govern-

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