‹ Manuel de l'histoire de la philosophiChapitre 27 sur 37 · I. Philosophie allemande · texte numérisé non relu

I. Philosophie allemande

A. Idéalisme critique de Kant.

Biographies et caractéristiques :

L. Ernest Borowski, Notice sur la vie et le caractère de Kant. Kœnigsberg, 1805, in-8 (àll.).

Reinhold Berohard Jachmann, EmmanuerKant ; lettres à un ami sur ce philosophe. Kœoigsb , 1805, in-8 (ail.)-

G. A. Chr. WaMfmski, Emmao. Kant dans les dernières années de sa vie. Kœnigsb., 1804 , in-8 (ail. ).

Biographie d'Emm. Kant. Letps., 1804, iv parties, iii-8 (ail.)*

F. Th. Rink, Traits de la vie de Kant. Kœnigsb., 1805, in-8 (ail. ).

Fr. Bouterwek, Emm. Kant; souyenir. Hambourg, 1804, in-8 (ail.).

J. Ghr. A. Grohmann, A la mémoire de Kant. Berl., 1804, in-8 (aU.).

Fêle commèmorative de Kant. Kœnigsb., 1811, in-8 (ail.).

Une réforme en philosophie était nécessaire. Elle fut accomplie par un génie du premier ordre, qui dès long-temps occupé en silence , mais avec ardeur, de toutes les vicissitudes des systèmes philosophiques, s'était préparé à en redresser les vices les plus- essentiels : et ii parut alors d'autant plus à propos en Allemagne , que déjà plusieurs autres génies pleins d'éclat et d'originalité , entre autres Lessing , fp^inkelmann ^ Hamann, Herder, Goethe^ etc., avaient renouvelé^ en divers sens, le mouvement intellectuel , et ouvert la route à de nouvelles idées sur les sciences et les arts. Emmanuel Kant^ né à Kœnigsberg le 22 avril 17^41 pi*ofesseur en cette ville, ou il mourut le 1:2 février i8o4> fut le second Socrate qui , par une méthode nouvelle , ranima l'esprit de recherche y lui apprit à s'orienter, et fit entrer la raison dans une voie scientifique en lui apprenant à se connaître elle-même. De rares talents cultivés et développés avec soin , unis a de vastes connaissances, le Vendaient digne d'une telle vocation. Son caractère moral et religieux l'empêcha de suivre la pure spéculation , et devint le caractère même de sa doctrine. Un amour constant de la vé-^ rite, joint aux plus pures dispositions morales , était rame de son génie philosophique, qui réunissait à un degré émident l'originalité, la force, la profondeur et la sagacité. Par là, Kant opéra en philosophie une grande révolution , qui ne se fit point sans obstacle, il est vrai, qui fut même quelque temps interrompue et comme suspendue , mais dont les con^ H. i5

'236 TBOISI&ME PBftIODB.

séquences ont ëtë, kninensesy et qui a changé complètement la direction de b science.

Pour les oarrages de Kant , Toyez ei-dessous, §. 386.

Averti par le scepticisme de Hume (§. ^72), il pprtfi d'abord son attention sur les résultats évidemçient si inégaux de nos recherches en mathématiques çt en philosophie, et sur les causes de cette inégalité. L'examen des divers systèmes philosophiques , spécialement du dogmatisme tranchant de Fécole de Wolf , et ses propres réflexions ramenèrent à penser que, préalablement à tout^ tentative dogmatique en philosophie, il fallait examiner la possibilité d'une connaissance philosophique^ et que^ ds^ns ce but, la critique des divei^ses souix^ea de la connaissance était indispensable : ainsi il s'attacha à compléter le travail commencé par Locke. Il reconnaît d'abord que la philosophie et les mathématiques sont, quant à leur origine y des sciences rationnelles ou de raison. Ce qui distingue les connaissances rationnelles des connaissances empiriques, c'est le caractère de nécessité et d'universalité qui doit appartenir aux premières. De la possibilité des connaissances rationnelles admise ou niée, dépend absolument celle des connaissances philosophiques. Ces connaissances sont de deux sortes : synthétiques et analytiques; elles forment deux ordres de lois intellectuelles, dont le second repose sur le premier; mais quel est le principe des connaissances synthétiques a priori.

PHILOSOPHIE MODERNB. P^UXIÈSm ÉPOQUE. PHIL. A.LL. %%7

par lequel on pourra les opposer, aux counaissanpes empiriques^ fondées sur la vraisemblance? L'existence des connaissances a priori est garantie par les mathématiques, ainsi que par les lumières du sens commun , et c'est sur elles que roule la métaphysique. Donc une science consacrée à vérifier rigoureusement la possibilité de ces connaissances j leur fondement et leur usage , est une science nécessaire à Tesprît humain et de la plus haute importance. Kant procéda à cette recherche en traçant une ligne profonde de démarcation entre la philosophie et les mathématiques , et en étudiant d'une manière plus complète qu'on ne l'avait fait avant lui la faculté de connaître. Sa pénétration lui fit apercevoir que les connaissances synthétiques a priori constituent la forme de la connaissance , et ne peuvent être fon* dées que sur les lois de l'individu, et sur la conscience qu'il a de l'harmonie de ^es facultés. De là , pour reconnaître et mettre en lumière toutes ces formes de la connaissance , à l'aide du caractère de nécessité- et d'universalité dont elles sont marquées., Kant entreprend la décomposition de nos connais^ sances , et distingue sévèremept , dans l'intérêt de la science y les éléments qui se trouvent ordinairement confondus dans la réalité.

La faculté de connaître théorétique consiste dans la sensibilité et l'entendement , ou la réceptivité et la spontanéité. Les sensations sont l'élément maté*

riel de la sensibilité, lé tenrips et l'espace en sont l'élément formel. L'espace et le temps ne sont qii^en nous y mais ils y sont a priori y comnie foi^nes de nos perceptions. L'entendement recueille les matériaux fournis par la seilsibilité pour leur imposer des notions et des jugements. Les lois en vertu desquelles il opère ainsi ^ indépendantes de ('expérience , ou plutôt gouvernant elles-mêmes l'expérience, sont les (quatre) catégories, lesquelles, jointes à la forme de l'intuition sensible (temps et espace), donnent les formes et les principes constitutifs de l'entendement pur. Les formes de la sensibilité et de l'entendement sont ce qui détermine la connaissance; elles s'appliquent à la matière fournie par l'expé* rience sensible; et en elles-mêmes elles sont absolument indépendantes de leur objet phénoménal. Le grand résultat de la critique de Kant, c'est que nul objet n'arrive à notre connaissance qu'autant qu'il tombe sous les lois de la faculté de connaître ; ainsi nous ne connaissons nulle chose en soi y mais seulement des phénomènes (idéalisme critique, c'est-àdire, fondé sur la critique de la faculté de connaître, autrement dit, idéalisme transcendental). Par conséquent notre connaissance , en fait d'objets réels, se réduit à l'expérience, et la connaissance a priori ne regarde que les conditions formelles, la possibilité de ces objets. Sous cette réserve seulement, il peut y avoir des connaissances synthétiques a priori , et c'est dans cette limite que la métaphysique est renfermée. Ici se rapporte l'ingénieuse distinction de la

pensée et de la connaissance , dont la confusion peut donner lieu à tant de méprises , et dont la séparation servit à séparer entièrement la logique et la métaphysique; de là , la distinction des objets qui nous apparaissent et de la manière dont nous nous les représentons ; enfin la distinction de Fentendement et de la raison relativement aux points de vue logique et transcendental. La raison théorétique^ en tant que faculté de raisonnement, tend à Tunité absolue et à l'enchainement systématique par les idées ^ qui sont les formes suivant lesquelles la raison s'exerce* Une connaissance réelle en vertu d'idées n'est pas possible : car les idées n'ont point de terme correspondant pour nous dans le domaine de l'expérience ^ bien que la raison se porte avec d'infatigables efforts vers la connaissance de Dieu, du monde, de la liberté et de l'immortalité de l'âme^ et que tout l'appareil delà métaphysique ait de tout temps été dirigé vers ces problèmes. La raison philosophique ne doit faire aucun usage dogmatique de ces idées : autrement elle s'engagerait dans un dédale de contradictions; c'est ce que Kant s'attache à démontrer par la critique des preuves alléguées en faveur de la substantialité et de l'immortalité de l'âme 9 de la fin du monde et de son cqmmencement, ainsi que de leurs contraires, de la divisibilité ou de la simplicité des substances, de la nécessité ou de la contingence de la cause et de l'être dans le monde^ et de l'existence de Dieu. Il est impossible à la rai-son de démontrer la réalité des objets supersensibles

230 TBOISIÊBTB PÉRIODE.

de ces idées ; il ne lui est pas moiiis impossible de démontrer leur noti-^xistence. Il n'est donné à la raison théorétique que de faire servir nos idées k régulariser nos connaissances.

Mais la liaison n'est pas seuletlient théorique, elle est aussi pratique , en ce qu'elle est chargée dé dé* terminet* notre libre arbitre conformément aux idées de devoir et de droit. Le développement des notions de devoir et de volonté bien oixioiltiée^ dans lesquelles la raison commune du genre humain fait consister surtout la valeur de notre nature • conduit Kant à reconnaître des connaissances pratiques a priori j lesquelles déterminent, pour nous , taon ce qui est, mais ce qui doit être. La raison pratique est autonome , c'est-à-dire qu'elle ne dépend que de ses propres lois , et présuppose la liberté comme condition nécessaire. La loi morale s'élève au-dessus dn libre arbitre, dont notre volonté est douée dans Tordre contingent, et se produit à elle a titre d'impératif catégorique; Kant la place à la tète de la philosophie pratique. Cette loi , en tant que règle universelle de toute volonté raisonnable, constitue une législation universelle absolument obligatoire; elle donne ainsi à nos actions un but suprême et absolu , un knotîf déterminant qui n'est point un sentiment, un phénomène affectif et passionné , mais lé pm* respect de la loi. La moralité n'est point le bonheur, mais elle contient implicitement une préten-

PHILOSOPHIE MODEMfX. BBUXliUlE ÉPOQUE. PHIL. ALL. ft3l

lion raîsonoalile d'être heuteux ; en d'autres terme», elle retid digne du bonheur. C'est .à la raison prâ-tique que les idées de libre arbitre , d'immortalité , de Dieu, doiTent leur certitude. Mais cette certitude n'est point le résidtat de la connaissance théorétique , c'est une croyance, une foi attachée à la raison pratique (théologie morale). Ârrvvé ainsi à l'idée du souTerain bien y comme but total de l'être rai* sonnable, on découvre clairement l'harmonie de la nature sensible et de la nature rationnelle de l' homme, l'accord de la raison théorétique et de la raison pratique. — De la loi morale se distingue la lof jnridi*que , celle-ci ne s'appliquant qu'aux actes extérieurs, et se réglant , dans les limites qu'elle impose à l'usage de la liberté individuelle , sur le devoir de mainte* nir la liberté de tous (notion du droit). Le droit emporte le droit de coercition , et doit être garanti par l'État, qui pa^ sa nature est un établissement fondé sur le droit et reposant sur un contrat.

La connaissance théorétique fondée dur la notion de la nature, et la connaissance pratique fondée sur la notion de la liberté, forment deux sphères tout*àfait distinctes par leurs principes^ £nti^ ces deux connaissances , et entre l^urs objets , qui sont la nature et la liberté, réunies dans la pensée humaine par un lien inexplicable, la faculté de juger intervient; son emploi est de nous faire réfléchir sur lenaemble de la nature, en vertu d'un principe qui lui est

propre, celui du rapport du nioyeii à la fin^ prîn-' cipe non objectif, mais purement subjectif. Ainsi le jugement subordonne le particulier au général. Tantôt il procède par subsumption , tantôt par réflexion. Dans ce second cas, se livrant à l'habitude ou à la loi qui nous porte à appliquer notre entende^ ment d'une manière libre et indéfinie, il rapporte à la nature des cotions tirées de Tentendement, et cette habitude ou cette loi est dans son exercice accompagnée d'un sentiment de satisfaction intellect tuelle. C'est dç là que naissent la contemplation aesthétique de la nature en vertu du principe des causes finales appliqué aux formes de la nature, les jouissances du bea^ et du sublime, enfin la contemplation téléologiqur le la uatm^e, d'après le prin-cipe des causes finales a|. cliqué non plus aux formes, mais à la constitution intérieure de la nature. Nous ne concevons la nature comme un être organisé, qu'en vertu du principe des causes finales appliqué à l'intérieur même de la nature; et, bien que ce principe ne nous fournisse aucune lumière certaine, cependant il nous amène h soupçonner un but final donné au monde par une providence cachée aux sens; et cette conjecture est élevée, comme nous l'avons dit, k la certitude par la connaissance prati-que ( Physico-éthico-ihéologie et Téléologie)»

Venons aux ouvrages publiés par Kant. Nous citerons d'abord sa Critique de toutes, les parties de

notre faculté de connaître^ à l'asage d'une philoso* phie transcendentale^ c'est-à-dire d'une philosophie qui , par une exposition des facultés de l'esprit humain^ développé^ en une forme sysiénsa tique ^ les principes fondamentaux de toutes nos opérations rationnelles , et recherche dans ces principes les Téritables conditions de la possibilité de ces opé-> rations. Kant a exécuté lui-même quelques parties de ce Taste pkn avec toute l'originalité, la pénétration et la profondeur qui caractérisent son génie , par exemple , la métaphysique de la nature , théorie dans laquelle il a le premier pressenti la philosophie dynamique; c'est là en effet qu'on trouve, pour la première foi.si/ cette doctrine , que la matière remplit l'espace r smoyen de forces motrices (celles d'expansion o<rd'at traction ). Au même plan se rapportent d'autres traités de Kant, la Métaphysique des moeurs , la Théorie du droit, celle de la vertu, des Dissertations sur la religion, l'anthropologie, la pédagogie, et autres objets importants, où il a répandu beaucoup de vues précieijjpes et d'observations profondes.

Les premiers ouvrages de Kant sont : Idées sur la manière d'apprécier les forces vives. Kœnigsberg, 1746, in-S (ail.). Principiorum metaphygioorum nova dilucidatio. Ibid., 1755, in-4. Considérations sur Toptimisme. Ibid. , 1759, in-4 (ail.)- Essai pour introduire en philosophie la notion des grandeurs négatives. Ib., 1762, in-8 (all.)« Seule démonstration possible de rexistencedelHeu. Ib., 1763; dern. édit, 17M, in-8 (ail.)- La busse subtilité des quatre flguces syllogisUques. Jb., 1764 ^

234 TROISlàMB PERIODE.

Francf. et Leips. . 1797 (tll.). ObsenratiODS sur le seatioient du beau et du subUme. Jbid., 1764, iii-8. Riga, 1771 (alL). Rètes d'un homme qui voit des esprits, Riga, 1766, iu-S \ 1769 (ail.)- Histoire générale de la nature et théorie du ciel, 4* édit Zeitz, 1808, in-8 (ail.). De mundi sensibilis atque intelligibilis forma et principiis. Regiomont., 1770, in-4 (ouvrage où il proposa ridée fondamentale de sa Critique). Ces écrits, ainsi que plusieurs autres , sont rassemblés dans les œuvres diverses d'Em- Bian. Kant. Koraigsb- et Leips. , 1797, 3 vol. iii-8 (alL). Œuvres mêlées, édition authentique et complète (puU. par Tieftrunlc). Halle, 1799-1807, 4 vol. in-8 (alL). RecueU de quelques écrits d'Emm. Kant, non publiés Jusqu'à ce jour (publ. parRinlc). Kœnigsb., 1800, in-8.

Ouvrages principaux :

Critique de la raison pure. Riga, 1781 ^ 6* édit., Leips., 1818, in-8 (ail). Critique de la raison pratique. Riga , 1788 ; 5* édit., Leips., 1818, in-8 (ail). Critique du Jugement. Berlin, 1790 ; 3« édit., 1799, in-8 (ail.). Prolégomènes pour toute métaphysique future, etc. Riga, 1785, in>8 (ail.). Fondements d'une métaphysique des mœurs. Riga, 1785, in*8 (ail.); 4«édit., 1797 (ail.). Principes métaphysiques élémentaires de la science de la nature. Riga, 1786, in-8*, S^'édit., 1800 (ail.). Sur une découverte d'après laquelle toute nouvelle critique de la raison pure serait rendue superflue par une autre critique plus ancienne. Kœnigsb., 1792, in-8 (ail.). La religion considérée dans les limites de la raison. Kœnigsb., 1793, in-8; 2«édit. augm. , 1794 (ail.). De la paix perpétuelle ; Essai philosophique. Kœnigsb., 1795-1796, in-8 (ail.). Éléments métaphysiques de la jurisprudence. Kœnigsb., 1799; 2* édit, 1803, in-8. Éléments métaphysiques de la morale. Kœnigsb., 1797, in-8 ; 2* édit., 1803 ; elle contient ces deux derniers traités , soùs le titre : Métaphysique des mœurs (ail.). Anthropologie sous le point de vue pragmatique. Kœnigsb. , 1798 ; 3* édit. , 1821 , in-8 (ail.). Le combat des flicullés. ïbid., 1798, inr8 (ali.).

Ouvrages de Kant publiés par d'autres :

La logique de Kant , manuel pour les cours académiques (parGotUobBenJ.Tice/bcAe). Kœnigsb., 1800,iii-8, publié d'après des cabiers d'élèTes (ail.)* Pédagogique^ pubL par Rink. Ibid.i 180^, in-8 (ail.). Leçons sur la philosophie religieuse. Leips., 1817, iii-8 *, d'après la copie d'un cahier d'élèves (ail.) *, et LeçoDs sur la métaphysique, publiées par Féditeur de la philosophie religieuse, etc. (leprof.Pce/ttzj.Erfurdt, 1821, in-8 (ail.).

Voici maintenant les caractères généraux que présente la philosophie critique de Kant. Cette philosophie, s'en tenant exclusivement aux données de la conscience , s'applique à reconnaître^ par l'analyse des facultés de l'esprit , les principes constants et nécessaires de la connaissance. Observons que dans cet examen elle se fonde sur les distinctions des di-* verses facultés de l'âme fournies originairement par l'école de Wolf . Considérée dans ses effets , elle rehaussa la dignité de l'esprit humain j en le prenant pour centre de toutes ses recherches ; mais en même •tempsi par le résultat de ces mêmes recherches , elle l'enferma dans un cercle étroit. Mesurant sur nos facultés de connaître les objets accessibles à la connaissance, et attribuant à la raison pratique, en faveur de son but élevé , la prééminence sur la raison théorétique ( attendu que le précepte d'agir morale* mefit est universel et absolu, tandis que celui d'acquérir ée» connaissances et de les étendre n'est que conditionnel et contingent, qu'ainsi la sagesse est

le but le plus élevé de la raison), elle modère l'esprit dogmatique et spéculatif , et la prétention exagérée de tout démontrer à Taide des notions de l'entendement; elle ferme tout accès au mysticisme , repousse le scepticisme, et consolide^ en le resserrant dans une enceinte déterminée^ l'édifice de la science et des croyances humaines ; elle enseigne à démêler et à apprécier dans tous les autres systèmes le principe et la tendance, les Tues erronées ou exclusives, ainsi que celles qui sont justes et vraies ; enfin , elle porte en elle-même un principe de vie et de réalité propre à éveiller, à fortifier et à entretenir f ardeur des recherches profondes. La science lui doit d'avoir trouvé une base fixe dans la nature invariable de l'esprit humain. En général, la critique de Kant s'occupe moins de ce qu'elle pourra édifier que du soin de détruire l'échafaudage capricieux et vain du dogma* tisme; en même temps elle prépare à la science un avenir plus riche, en apprenant à l'esprit humain à s'étudier lui-même, et en vérifiant sur la nature même de la raison les principes destinés a marquer la distinction des diverses parties de la philosophie. — D'un autre côté , voici les reproches qu ou adresse à cette doctrine : c'est de méconnaître la réalité des idées de la raison, et cela parce que l'auteur attribue à l'expérience une importance exagérée avant même d'avoir balancé ses droits avec ceux du principe opposé, parce qu'il cherche constamment ce que nous savons dans ce que nous pouvons prouver; c'est encore de séparer la raison théorétique et

la raison pratique^ et de disperser dans ses divisions les pouvoirs de Tesprit humain. On lui reproche aussi un certain formalisme qui se retrouve même dans la philosophie pratique » d'où il résulte une habitude de tout envisager sous le point de vue subjectif, c'est-à-dire des lois et des formes de notre nature 9 défaut par lequel cette doctrine a paru devoir conduire aisément ses partisans au pur idéalisme.

Ecrits relatifs à la critique de la philosophie de Kant :

D. Jenisch » Examen du principe et appréciation des découvertes de M. le prof. Kant. Berl., 1790, in-S (ail.). J. Neeb, mérites de Kant envers la raison philosophique \ 2* éd. Francf., (Mein), 1795, in-8 (ail.).

Goltlob Benj. Gerlachy Mémoire couronné sur la philosophie, la législation et rœslhétique, dans leurs rapports actuels avec la coUure morale et esthétique des Allemands. Poscn , 1804, in^CaU.).

Flûgge, Essai d'ane exposition historique et critique de rinfluence de la philosophie kantienne sur la religion et la théologie-, 2 part. Hanovre, 1796-98, in-8 (ail.).

Tr. Ben. Agapp. Léo, Criton ou De Tinflucnce salutaire de la philosophie critique. Leips., 1806, in-8 (ail.).

Stœudlin ^ Dissert, sur le mérite de la philosophie critique ; dans ses Mémoires pour la philosophie et Fhist. de la relig. , i|i% iv% V parties. Goelling. , 1797-98-99 (ail.).

Cf, Bouterweky Emm. Kapt \ souvenir.

hiWmtSchopenhauery Appendix à son ouvrage, mentionné au §. 417, contenant la critique de la philosophie kantienne.

Busse, Principes métaphysiques de la science de la nature, de Kant, examinés dans leur fondement. Dresde, 1828 (ail.).

238 TR013IBHB PEIIODI.

S- 388premien adversairei de la philosophie de K«Bt,

On peut consnller : (Gh. Gottlob Hausius) Matériaux pour Thlstoire de la philosophie critique, avec une iotroduction A llilslolre de la philosophie kantienne , 3 recueils. Leipe. , 1793, 2 TOI. in-8 (all.)-

C. L. Reinhold, Sur lea destinées de la philosophie lunlienne Jusqu'à nos jours. Jéna, 1789, In-S (•U.).

Le premier ouvrage capital que Kant fit paraître ne produisit d'abord aucune seosatiop; maisensoite, lorsque cet ouvrage .commença à occuper l'attentioD, U plus vive sollicitude se porta sur le fond et sur le but de la nouvelle philosophie. La plupart des philosophes de l'Allemagne se déclarcreut contre elle, parce que la nouveauté même de ses vues et la terminologie qui lui était propre empêchaient de la bien entendre au premier abord. Bien des méprises étaient inévitables : quelques-uns ne lui scoordaat que l'apparence de ta nouveauté , la jugèrent illusoire et superflue ; d'autres la trouvant réellement neuve, la déclarèrent dangereuse et nuisible, comme présentant un système d'idéalisme destructif de la réalité objective de qos connaissances, des croyance» rationnelles sur Dieu et l'immortalité, et par conséquent funeste pour ce que l'humanité a de plus saint. Des attaques, des réfutations en sens divers, furent dirigées oontre la doctrine de Kant par des esprits distingués. Nous citerons Mendehsohn (i),

) Mos. Mmdetsjohn, Mnlinë», 3 vol. B«rlin, 1785,

PHILOSOPHIE MODERNI^. DltVXIÈME ÉPOQUE. PHIL. ALL. 339

Ha^cmn et Jacohi (§. 4<^7) (i), Eberhard (2), Feder (§. 377) (5), Ad. Weishaupt (4), J.-Fred. Fiait (5), GotUob-Aug. Tittel (6), mort en 1816 à

în-*8 (aU.)i (§• 377). Examen des Matinées de Mendelssohn, ou De toutes les preuves spéculatiyes de l'existence de Dieu ; leçons par L. H; Jacob, avec une dissertation de Kant. Leips.,

1786,îii-8(aU.).

(1) Hamann, Lettre* à Jacobi (OEuvres de Jaeobi, tom. i —

IV ). Jmobi» De r^ntreprise du cn^eisme de réduire la raison à l'entendement 1 etc. \ dans le Recueil de Reinbold , lu, r (ail.).

(2) J. Aug. Eberhard, dans les journaux pliilosophiques publiés pi|r lui« Cf. §. 377, n. (ail.).

(3) J. <jr. H. Feder, Sur le temps et l'espace , pour servir à l'examen de l|i philosophie de Kant. Goetting., 1787, in-S (ail ). Bibliothè<{ue philosophique, par Feder et Meiners, t. i. Goetting., 1788, in-8 (ail.).

(4) Ad. fFeishaupt, Sur les principes et la certitude de la connaissance humaine. Examen de la critique de la raison pure. I^uremb., 1788 , in-8 (t^U.). Sur le matérialisme et l'i-déalisme, fragment philosophique. Nuremb., 1787; 2* édit., 1788 , in-8 (ail.). Sur les perceptions et les phénomènes dans la doctrine de Kant. Ihid,^ 1788 , in-8 (ail.). Doutes sur la doctrine de Kant au sujet de l'espace et du temps. Ihid,^ 1788, in-8 (ail.). Sur la vérité et la perfection morale. Ratisbenne , 3 vol., 1793 — ^07, in^. Ses objections et celles de Feder furent combattues par Schaumann et Bom.

(5) J. F. Flatt, Fragments sur la déBnition et la déduction de l'idée et du principe de causalité, et sur les bases de la théologie naturelle. Leips., 1788 , in-8 (ail.). Cf. §. 389 , notes. — ^Eiii outre : Lettres sur le principe moral de la connaissance religieuse, au sujet de la philosophie de Kant. Tnbing., 1789 , in*8 (ail.).

(6) Gottlob A. Tktel, Des formes de la pensée , ou Catégo-

GoettiDgue, S. Reimarus (cf. §. Syi)^ Dietrich Tiedemann (§. SyS) (i), Platner (§. 577), Garve (3), Christophe Meiners (3), G.-E. Sckulze (§. 4io)> J--Chr. Schwab (4), mort à Stutt^rdt en 1821, Herder (5), Henri-Guill. cfe Gersien-

ries de Kant. Franc f. M., t788 , in*8 (ail.). De la réforme morale de Kant. Francf. et Leips., 1786 , in-8.

(i) Dietrich Tiedemann, Théétète, ou De la connaissance humaine, pour servir à la critique de la raison. Francf. M., 1794 , in-8 (ail.).— On peut voir contre cet ouvrage : J. Chr. F. DUtz, Antithéëtète. Rostock et Leips., 1798 , in-8 (ail.); et D. Tiedemann y Lettres idéalistes. Harb., 1798, in-8 (ail.). Réponses à ces lettres , par Dietz, 1801 (ail.) ; et un article de Tiedemann dans le Recueil hessois , 3^ cahier (ail.).

(2) Garve, dans la traduction de l'Éthique d'Anstote, t. i. Dissertât, sur les divers principes de la morale depuis Aristote jusqu'à Kant. Breslau , 1798 , in*8 (aU.). Contre cet ouvrage : J. Chr. Fr. Dietz , Sur la philosophie, les disputes philosophiques , le criticisme , et la théorie de \A science , avec un Examen du jugement de Garve sur le Système critique. Golha, 1800, in-8 (ail.).

(3) Yojez Meiners , Histoire universelle de la morale. Goelting. , 1800 , 2 part, in-8 (ail.).

(4) J- C. Schwab, Comparaison du principe kantien de la morale avec le principe leibnitien-wolfien. Berlin ^ 1800 , in-8. Sur la vérité de la philosophie kantienne , et l'amour de la vérité du Journal univ. de littér. d'Iéna en matière de philosophie. Berlin , 1803 , in-8 (ail.). Le même a donné en outre : Des perceptions obscures, etc. Stuttgardt, 1813, in-8 ail.).

(5) J. Godefr. Herder, Entendement et expérience, Métacritique de la Critique de la raison pure. Leips., 1799, 2 vol.

PHILOSOPHIE MODBRlfE. DEUXIÈME EPOQUE. PHIL. ALL. 241

herg (i), né ea lySy, mort en iStaS^ Franc. BaU" der (s), et autres (5). Cette doctrine rencontra aussi plusieurs déti^cteurs emportés et violents, tels

in-S^all.)* Déplus, la Galligone, îndi(piée au §. 378. Leips., 1800, 3 part, in-8 (ail.). —Contre ces ouvrages : J. Godefr. Ch. Christ. KieseivêtUr, Examen de la Métacritique dé Herder. Berl., 1709, 2 vol. iD-8 (ail).

^(i) (H. W, von Gerstenberg) i La théorie des catégories développée et éclaircie. Altona, 1795, inr8 (ail.). Lettres k Charles de F" Hier s sur le principe commun de la philosophie théorétique et pratiqué. Altona, 1821, in*8 (ail.). Cf. un ar-< ticle sur la Cause, dans la feuille d'annonces du Journal univ. dclîttér., n. 64, 1823 (ail.).

(2) Fr. j^ooi/er^ Extravagance absolue de la Raison pratiqtie de Kant; lettre à Fr. H. Jacobi, 1797. Considérations sur la philosophie élémentaire , en opposition au traité de Kant , in* tit. : Principes élémentaires de la science de la nature. Hamb., 1797 (alL).

(3) Ce sont encore : Gebh. U. Brastberger, Recherches sur la Critique de la raison pure de Kant. Halle , 1790 , iB-8 (ail.).

Gebh, Ehr. Maass , Lettres sur l'antinomie de la raison. Halle, 1788 1 in-8.

J. C. F. Borntrœger, Sur l'existence de Dieu, au sujet de la philosophie de Kant et de Mendelssohp. Hanovre , 1788 ,

in'-8 (ail.).

C. F. Pezoldi De argumentis, quibus Deum esse philcMo*< phi probant , observationes quaedam adversus Imm. Kantium. Lips., 1787. D'autre part : Fr. Gottl. Bomii De scientia et conjectura spécimen metaph» ad diluenda Pezoldi dubia, etc. Ibid,f eod.

J. F. Brtyer, Victoire de la raison pratique sur la spécula-* II. i6

que Siattler {i) , et dans plusieurs unÎTersités il fut défendu de l'enseigner.

Partisans da criticîsme.

En dépit de ces attaques , la philosophie critique se répandit de jour en jour davantage en Allemagne, et exerça une grande influence sur toutes les sciences. Beaucoup de bons esprits se déclarèrent en sa faveur, et en la soutenant par leurs écrits, soit pour la perfectionner, soit pour la défendre, surent bien mériter non seulement de Kant, mais de la philosophie ellemême. Ce sont entre autres J. Sckulz (2), né à Mul^

tîve (dans la Doctrine de l'existence de Dieu), 5* programine. Eriang., 1786—89, in-4(all0. ,

M. G. L. Rapp, Sur l'insuffisance du pripcipe du bonheur individuel ou général pour fonder la moralité. Jéna, 1791 , in-8 (alL).

G. Ferdin. Hungar, Le fils de la nature, ou Lettres sur l'eudémonisme et la félicité humaine, relativement au système critique de la morale , 1'* part. Leips., 1802, in-8.

G. G. F. Fûrstenau, Sur la question : Que doit-on conserver de la philosophie kantienne? Programme. Rint., 1789, In^. — Discussion des difficultés récemment élevées sur le fonde^ ment de la morale et de la théorie des devoirs. Brème, 1795, in*8 (ail.).

(i) Ben. Siatiler, L'antî-Kant. Munich, 1788, 2 vol. în-8 (alL). Vojez la Bibliothèque allemande.

Doitr-on étudier la philosophie de Kant dans le^ universités catholiques? par Matem. Reuss, Wurzbourg , 1789 , in-8 (ail.).

(2) J. Schulz, Éclaircissements sur la Grîtique de la raison

hausen en Prusse en 1 7 Sg, professeur à Kœoigsberg, mort en- i8o5, C. Christ, ^rhsird S chmid (i), né à Heilsberg en 1761 , mort en 181a à Jéna, C. Léon. Reinhold (cf. §. Sqt ) (3), Salomon Maimon (5), né a Neschwilz en Lithuanie en lySS-^, mort à Berlin en 1800^ Ch. H. Heydenreich (4), né en 1764 à Stolpen en Saxe, mort en 1801 , Jacq. Sigism. Beck (5), Sam. Alb. Mellin (6), Laz. Ben-

pureMu professeur Kanl. Koenigsb., 1784, in-8, et 1791 (ail.). ^^Du m£me : Examen de la Grhique de la raison pure de Kanl , 1 789—92 , 2 vol. in-8 ( ail. ).

(1) G. Christ. Ëhrhard Sckmid, Esquisse de la Critique de la raison pure. Jëna , 1786 , in-8 ; 3« édit. Jén., 1794 (ail.).— Vocabulaire pour rendre plus facile la lecture des ouvrages de Kant. Jéna, 1788 , in-8 ; 4« édit., 1798 , în-8 (aU.),

(2) Lettres de Reinhold sur la philosophie de Kant. (extraites du Mercure allemand, 1787 — 88). Leips., 1790, 2 vol. in-8 (ail.).

(3) Sal. Maimon , Essai sur la philosophie tran^cendentale. Berjin , 1790, în-8. Cf. §. suiv., note 1 , et §. 198.

(/i) Hefdenreich , Idées originales sur les objets les plus intéressants de la philosophie. Leips. , 1793-:*96 , 5 vol. in-8 (ail.). Cf. l'appeodix à la traduction de Cromaziano fiuonafede ( §. 38 ) , où il est question de la révolution philosophique opérée par Kant. Voyez , du même , plusieurs autres écrits , tels que : Introduction encyclopédique à l'étude de la philosophie, accommodée aux besoins de notre époque. Leips., 1793 (aU.).

(5) Voyez §, 392 , not.

(6) G. S. A. Mellin, Sommaires et tables pour la critique de la faculté de connaître , de Kant. Jéna , 1793—95 , 2 parties, in-8 (ail.). Langue technique de la philosophie critique , en

t44 TROlilÈMB PÂRIODE.

dwid (i) , mort eu i8oa k Vienne , J. Christ. Fred. Dieiz (2), Fred. Guill. Dan. et Christ. GuiH. Snell (5), J. Chr. Gottlieb Sckaumann (4), Fr.

forme de répertoire alphabétique. Jéâa , 1798 ^ in^ (ail.). — Supplément, 1800, in'8. — Dictionnaire encyclopédique de la philosophie critique. ZilUichau et Leips., 1797 — 1803, 6 vol. in-8 ; et autres oayrages (ail.).

(1) Laz. Bendai^id, Le^ns sur la critique de la raison pure. Vienne, 1795; 2* édît., 1802 (ail.)* Sur la critique du jugement. AtW., 1796 (ail.). Leçons sur la critique de la raison pratique, ayec un discours sur le but de la philosophie pratique. Ibid^^ 1796, in-8 (ail.). Leçons sur les éléments métaphysiques de la science de la nature. Ibid,, 1798 (alL). Ouvrage couronné sur Torigine de nos connaissances. Berl., 1802, in-8 (ail.). Essai d'une théorie du droit. Berl., 1802 (alL).

(2) Yojex le §. précéd., not.*— On a en outre de lui : Le philosophe et la philosophie , envisagés sous le véritable point de vue et relativement aux discussions engagées aujourd'hui. Leips., 1802 , în-8 (ail.). Sur la science, la foi, le mysticisme et le scepticisme. Llibeck , 1809 , in-8 (ail.).

(3) F. G. D. Snell, Exposition et éclaircissement de la Critique du jugement de Kant. Mannheim, 1791 — ^92, 2 part. in-8.^— Z^tf mime : Ménon , ou Essai en dialogue pour éclafrcîr les principaux points de la Critique de la raison praHque. làid, 1789, in-8 ; 2* éd., 1796, in>8 (ail.); et plusieurs Manuels classiques : Manuel pour le premier degré des études philosophiques , 2 part 4* éd. corr., 1821 (ail.), avec Christ. G. Snell, Manuel de philosophie pour les amateurs. Giessen , 1 802 , m-8 (ail.) , avec Schmidj Journal philosophique. Giessen, 1 793-95, 4 vol. in-8(all.).

(4) Sckaumann, Sur l'aesthétique transcendcntalc , Essai critique, auquel est jointe une lettre à Feder ^r l'idéalisme transcendental. Leips., 1789 , in-8. (Ouvrage dirigé principalement contre les attaques de Feder.)

GoUlob Bom (i) , J. H. Jbichi (§. 406) (a)^ Fréd. Sçknddt-Phisddeck (3) , Jean Neeb (4) y de Bonn , L. H. Jacob (5)jr né à Wettin en lySg, professeur de droit public à Halle ^ J. H. Tieftrunck (6)^ professeur à Halle ^ J. Grodef. G. Christ. Kiesewetter (7),

(i) Bom, traducteur des ouvrages de Kaut en latin. Leips., 4 Tol., 1796 — ^98, in-8. A donné aussi : Essai sur les principes fondamentaux de la doctrine de la sensibilité , ou Examen de divers doutes , et en particulier de ceux de Weishaupt , etc. Leips., 1788 (ail.)- S^sai sur les conditions primitives de la pensécf liumaine j etc. Ibid,, 1791 (ail.).

(2) Abicht et Bom , Nouveau magasin philosophique y consacré au développement du système de Kant. Leips. ^ 1789 — 91 , 2 vol. in-8 (ail.). Essai de recherche critique sur la volonté. Francf., 1788 (ail.) Essai d'une métaphysique du plaisir selon Kant, etc. Leips., 1789 (ail.). Philosophie pratique des mœurs, 1'* part. Leips., 1798 (ail.).

(3) Sckmidt'Phiseldeck , Philos, crit. secundum Kantium exposido systematica. Koppenhag., 1796-98, 2 vol. in-8.

(4) Neeb, Système de la philosophie critique, fondé sur le principe de la conscience. Bonn et Francf., 1795, 2 part. in-S (ail.).

(5) Outre ceux de ses ouvrages désignés dans les notes suivantes : Annales de la philosophie et de l'esprit philosophique. Halle et Leips., 1795 — 97, in-4 (ail.). Divers traités de philosophie, etc. Halle, 1797, in-8 (ail.).

(6) Tjfe/trunek, L'univers, considéré dans lepoiut de vue de rhumanité. Halle, 1821, in-8, Impartie (ail.).

(7) KUsewetUTy Essai d'un exposé eoiiiq>Iet des princifttkf vérités de la philosophie moderne* Sferlin, 1795 et 1798— 1803, 2 part, in-8 (ail.). Logique, 3« édit. Leips., 1823 (aU.).

G . Beuj . Jàsche, professeur à Dorpat depuis 1 8o3 ( i ) , Fr. Bouierwèck, Gùill. Traugott Kru^, Jacq. Frîes, et autres (2). Ainsi se forma une nombreuse école

Voyez les notes du §. précédent , et les notes suivantes du présent §.

(i) Essai d'un manuel de droit et de n^orale. Kdnigsberg, 1796, in-8 <all.). Éléments de morale. Dorp., 1824. Introd. i une architectonique de la science. Dorp^, 1816. Le panthéisme, etc. Berlin , 1826. Contre : H. Ritter, Les demi-kantiens et le panthéisme , 1827. Berl. (alU)-

(2) Par exemple : And. Meiz (professeur à Wurzbourg), Courte et claire exposition du système de Kant. Bambei|p , 1795, in-8 (ail).

Seb. MutschelU, Essai d'un exposé complet delà philosophie de Kant (continué par J. Thanner). Munich, 1799 — ld05, 12 cahiers, in-8 (ail.).

J. F. Graffe, Commentaire sur un des endroits les plus difficiles des éléments métaphysiques de la science de la nature , par Kant. ZeUe , 1798 , in*8 (ail.).

H. L. Pcerschke, Lettres sur la métaphysique de U nature. Kœnigsberg, 1800, in-8 (ail.). Introduction à la morale. BresUu, 1797, in-8 (ail.).

H. Kunhardi (professeur à Lubeck), Éléments delà métaphysique de la morale selon Kant, réduits à un langage simple et facile, avec un examen de ces éléments. Lubeck et Leips., 1800, in-8 (ail.). Ses ouvrages postérieurs s'éloignent de la philosophie critique , tels que : Fragments sceptiques, ou doutes sur la possibilité d'une philosophie comme science de l'absolu. Lubeck , 1804 , in-8 (ail.). Sur le caractère réel de l'humanité , et les limites de la connaissance philosophique. Leips., 1813 (ail.}. Considérations sur les limites de la science théologique. Neustrelitz, 1820, in-8 (ail).

kantienne^ qui sans doute comprenait aussi beaucoup d'écoliers faibles^ exclusifs et aveuglément Toués aux formtdes de la nouvelle pbilosophie. Au reste ^ les rapides progrès de cette école servirent incontestablement à développer un nouvel esprit plein de vigueur. Les plus habiles surent mettre à profit les principes de la philosophie critique pour étudier plus profondément et retravailler dans des formes plus systématiques les diverses branches de la science y et en particulier po^r dégager^ étendre et fortifier la méthode. La logique (i) fut développée

(i) Sal. Maimon , Essai d'une nouvelle logique, ou Théorie de la pensée y etc. Berlin , 1794 , in-8 (ail.)* Cf. §. 146 , net.

Uoffbauer, Analyse du jugement et du raisonnement. Halle , 1792, in-^ (ail.).— Éléments de la logique. Halle , 1794 ; 2* éd. , augmentée d'une introduction psychologique, 1810, in-8 (ail.). Sur l'anal jse en philosophie, avec des dissertations sur des questions analogues. Halle, 1810, in-8 (ail.). — Essai sur l'application la plus difficile et la plus facile de l'analyse dans les sciences philosophiques ; ouvrage couronné, avec des suppléments. Leips., 1810, in-8 (aU.).

Jakob, Esquisse de logique générale , et éléments critiques de la métaphysique générale. Halle, 1788 , in-8 ; 4« édit., 1800, in^ (ail.).

Maass y Esquisse de logique. Halle, 1793, in-8; 4* édit. augito., 1823.

Ch. Ghr. Ehir. Schmid, Esquisse de logique. Jéna, 1797, iii-8 (ail).

TV^rzuic^^. Esquisse de logique. Halle, 1801, in-8 (aU.).

Kiesewetter, Esquisse d'une logique générale d'après les principes de Kant, etc. Berl., 1791-92, 2 part, (ail.) ; 2« édit., 1802

us f ROIftlàiuS PÉRIODS*

avec succès parSal. Maimon, i. Chrîslophe ffoj^-^ bauer, professeur à Halle ^ mort en 1823, J. Gebh. Ehrenfried Maas y professeur à Halle, mort en i8a5, J. G. C. Kiesewetter, Krug, Pries, etc.; la métaphysique (i), par /^zco6, Schmid, Krug, etc*; la morale (2) par Schmid, Jacob , Tiefirunck ,

et t806 (ail.).— Logique à Tusage des écoles. Ibid., 1797 (ail.). Les principes les plus importants de la doctrine de la raison , à l'nsage des gens du monde. Hamb*, 1806, in-8 (ail.).

G« Ghr. Flou, Quelques observations contre l'csqnisse de logique universelle de Kant et de Kiesewetter. Tubing., 1802 ,

in-8 (ail.).

(i) Jakob , Examen àe^ Matinées de Mendelssohn , avec une dissertation de Kant. Leips., 1806, in-8 (alL). Preuve de Timmortalité de l'âme, tirée du devoir. Zûllichau, 1790é:94- 1800, in^ (ail.). Sur la preuve de l'existence de Dieu par k morale. Liebau, 1791 , în*-8 ; 3* éd. augm., 1798 (ail.).

SchnUd, Esquisse de la métaphjsique. Jéna, 1799, in^ (ail.). Yojez plus tard les ouvrages de Krug et de Pries.

(a) Schmid, Essai d'une philosopbie morale. Jéna, 1790, in-8; 4« édir., 1802-1803, 2 vol. in.8 (ail.). Esquisse de la philosophie morale* Jéna, 1793; 2« édit., 1800, in-8 (ail.). Adiaphora , recherche philosophique , théologique et historique. Jéna, 1809, in-8 (ail.).

Kiesewetter, Sur le premier principe de la philosophie mo-* rde, avec une dissertation sur la liberté, par Jacob, Halle, 1788 ; 2« édit., Berl., 1790-91, 2 part, in-8 (ail.).

Jakob, Théorie philosophique de la morale. Halle, 1794, in-8 (ail.). Principes de la sagesse et de la conduite de l'homme en cette vie. HaUe, 1800, iD->8 (alL). Sur le sentiment moral. HaUe , 1788, in-8 (ail.).

Tïe/trunck, Recherches philosophiques sur la morale. Halle^

PUILOSOPfilB MOBBRNE. DBUZI&ME EPOQUE. PHIL. ALL. i49

Hoffbauevy Hèjrdenreich y Staudlùiy Krugj Friesy H. Kimhardty etc. ; la philosophie du droit (i) par

1798*1805) 2 vol. in-S (ail.). Escfnlflse de la théorie morale. Haile,. 1803, 2 part, (formant la morale et le droit naturel), io^ (ail.).

Hoffbauer, Redierches sur les points les plus importants de la philosophie morale , spécialement des devoirs et de la théo* logie morale, 1'* part Dortm., 1799, in«8 (ail.). Éléments de la philq^hie morale , et spécialement de la théorie du devoir, avec une histoire générale de cette philosophie. Halle, 1798, in-8 (aU.).

Heydenreich, Introduction à la philosophie morale d'après les principes de la raison pure. Leips., 1794, 3 part., ia-8 (tU.). Sur la liberté et le déterminisme , et la conciliation de ces deul sjstèmes. Erlaug., 1793, in-8 (ail.). Plusieurs ouvrages consacrés à la morale populaire.

C. F. Stœudlîn, Esquisse de la théorie morale et religieuse. Goétling., 1800, in«8.

G. Henrici , Recherche sur le premier principe de la théorie morale, 1'''' parCi Lefps., 1799, in-8 (alL).

Lconh. Creuzer, Considérations sceptiques sur la liberté de la volonté. Giessen, 1793, i'n-8 (ail.).

(i) G* Hufelctnd^ Essai sur le principe du droit naturel. Leips., l785,in*-8 (alL). Théorie du droit naturel. Jéna, 1790; ^ édit., 1795, in-8 (alL).

HepUnreich , Système de la nature, d'après les principes critiques. Leips., 1794-95, 2 part, io*^ (ail.). Principes du droit nature politique, avec plusieurs dissertations sur le droit politique. Leips., 1795, 2 part, in-8 (ail.). Essai sur la sainteté de IWdre politique et la moralité des révolutions. Leips., 1794, in-8 (ail.).

Bukle, Manuel du droit naturel. Goett.^ 1781, m^% (ail.). Uéei sur la furispradence, la morale et la pditîque, 1*' recueil.

Gotdieb HufeUmdy né à Dantzig en 1 760 y Hefde\ reich^i. GottliA Buhle ^ professeur.au Carolihœu

Goetting., 1799, in-S (ail.). Plan d'une phIlo«ophîe traoscendentale. Goetting., 1798, in-8 fall.)* Sur roriçîoe et la vie de l'espèce humaine , et sur la vie future aptes la mort. Brunswick , 1821 , in.8 (aU.).

Schmid, Esquisse du droit naturel ; ouvrage à l'usage des étudiants. Jéna etLeips., 1795, în<^ (aU«).

Jakob, Théorie philosophique du droit. Halle, 1795; 2*^ éd., 18D2, in-8 (ail.). Extrait de cet ouvrage. IbU., 1796, in-8 (ail.). AnU-Machiavel. Halle, 1794 et 1796, in^ (aU.).

Mtuuy Du droit et des devoirs obligatoires. Balle , 1794, in-8 (ail.). Recherches sur les principales questions du droit naturel. Halle, 1790, in-8 (ail.). Esquisse du droh naturel. Leips., 1§08, in-8 (aU.).

Hoffbtuier, Droit naturel, déduit de l'idée du droit. Halle , 1793; 3* édit., 1804, in-8 (ail.). Recherches sur les points les plus importants du droit naturel. Ibid.<, 1793, in-8 (ail.)- Dhroit politique universel, etc. Halle, 1797, in-8 (ail.). Du droit naturel et de la morale dans leur dépendance mutaelle , etc. HaUe, ' 1816, in-8 (ail.).

Th. Schmalz, Droit de la nature, !'• part. Kœnigsb.^ 1792; 2« édit, 1795, in-8. 2« part. : Droit naturel politique. 1794; 2* édition , 1795 (ail.). Droit naturel de k &mille et de l'église. Ibid., 1795, in-8 (ail.). Déclaration des droits de l'homme et da citoyen. Ibid,, 1798, in-8 (all.)« Manuel de la philosophie du droit. Ibid., 1807, in-8 (ail.).

. P. J. Anselme Feuerbach, Critique du droit naturel. Altona, 1796, in-8 (ail.). Sur l'unique argument possible contre l'existence et la validité du droit naturel. Leips. et Géra, 1795, in^S (ail.). L'anti-Hobbes. Erfurdt, 1798, in-8 (ail.).

Gh. Sal. Zachariœ , Éléments du droit civil philosophique. Leips., 1804, in-8 (ail.). Éléments du droit criminel philoso-

de Brunschireig ^ mort en i8ai ^ Schmid, Jacob , McLOs, HoffbaueTy Théod. Schmalz, P. J. Anselme FeuerbcuA, mort conseiller d'état à Munich en 1 828^ Pries y G. Salom. Zachanœ^ professeur de droit à Heîdelberg, G. H. Pœlitz, professeur de droit politique à Leipzig^ Gh. H. Gros, etc. ; la science de la religion , que l'on fit rentrer dans le domaine de la philosophie pratique (i)^ fut habilement exposée par Heydenreich y Schmid , Jacob , Tiefirunck,

phiqne. Ibid.j 1805, in-8. Qnarante livres sur la politique , 2 voL Stnttgardt et Tubingue, 1820, in-8 (ail.).

G. H. L. Palitz, Les sciences politiques éclairées par l'époque actuelle , 4 vol. Leips., 1823. On a du néme plusieurs ouvr^iges antérieurs à celui-ci sur la théorie du droit et de la politique , et sur les autres parties de la philosophie : de plus, une Revue encyclopédique des sciences philosophiques. Leips., 1813, in.8 (ail.).

Cl H. Gros, Manad de la philosophie du dtoit. Tubingue , 1802 ; 3* édit, 1815, in-8 (aU.).

J. Christ. Gottlieb Schaumann, Science du droit naturel. Halle ^ 1792, io-8 (ail.). Dissertation critique sur la théorie philo8(^liique du droit. Halle , 1795, in-8 (ail.). Essai d'un nouveau syst4ine du droit naturel. Ibid,, 1796, in-8 (ail.).

G. Henrici, Idées sur les bases de la théorie du droit , ou sur la notion et les premiers principes du droit, etc. Hanovre , 1809-1810, 2 part, in-8 ; 2« édit. augm., 1822, in-8 (ail.).

J. A. Bruckner, E^sai sur la nature et l'origine des droits. Leips., 1810, in-8 (en français).

(i) Hejrdenreich , Considérations sur la philosophie de la religion naturelle. Leips., 1790-91, 2 vol. in-8 (ail.). Principes

352 TROISIÈME PÉRIQPB.

Krug, et d'autres; l'ae^thétiqne (i) par Ueyden-reich, J. H. Gottlieb Heusingerj Ferdin. DelbrûcA,la psychologie (:i) par Sckmid, Jacob j Snell ^

de la théorie morale de Dieu. Leips.,*l7d3, îii*8 (ail.)* sur ratbéisme. J&id., 1797, in-8 (alL). Cf. §. 339, not. * Schmid, Dogmatique philosophique. Jéna , 1796 , în-S (ail.).

Jakob, Religion uniyerscUe. 1797, in-8 (ail.).

Jïefùruhck , Essai d'une nouvelle théorie de la philosophie religieuse. Leips., 1797, in^(all.).

Hoffbtuur, Recherches sur les objets les plus importants de la religion naturelle. Halle, 1795 , în-8 (ail.).

J. £. Parrow, Esquisse de la reb'gion de la raison. Berlin , 1790, in-8 (ail.).

G. Christ. Mûller, Essai d'une théorie philosophiq^ de la religion, 1^ part. Halle, 1797, in-8 (ail.).

Plusieurs critiques furent publiées contre la philosophie religieuse de Ejkui , par Rcttze, Storre, Jachmagn, G. £. Schuht , Schelling.

( 1 ) Heydenreich, Sjstème d'aesthétique. Leips., 1 790, in*8 (alL). Vocabulaire ae^hétique, 4 part. Leips., 1793etannéetfsulT.(all.).

J. H. Gottlieb Heusinger, Manuel d'aesthétique. Gotha, 1797, 2 vol. in-8 (ail). ' '

L. Bendavid, Essais sur la critique du goût. Vienne, 1797 (ail.). Essai d'une théorie du goût. Berl., 1799, in.8 (ail.).

Ferd. Delbruch, Du beau. Berl., 1800, fa-8 (ail.).

(2) J. Ith, Anthropologie. 1794, în-8 (ail.).

Schmid, Psychologie empirique. Jéna, 1791; 2« édit, 1796, in-8 (ail.). Magasin psychologique depuis 1796 (ail.). Journal anthropologique. 1803 (ail.).

Jakoh, Esquisse de la psychologie empirique. Halle, 1791 ; 4« édit., 1810, in-8 ; 5« édit., Leips., 1814, avec des développements (ail.).

Hojffhauer, Histoire naturelle de l'âme, en lettres. Halle,

Mans, Hoffbauery Pries ; la pédagogie (i) par Heusingetf Aug. Her, Niemeyer^ né à Halle en 1764, Schs^artz, professeur de théologie à Heidelberg^ etc. Tons ces auteurs furent phis ou moins utiles les uns pour le fond, les autres pour la forme. Les branches les plus éloignées comme les plus voi* sines du tronc philosophique se ressentirent de Tinfluence puissante qu'exerçait au centre la doctrine -- — -..-..- -iii I

1796 , in-8 (ail.). Recherches sur les maladies de l'âme. Halle , 1802, 3 parties , in-8 (all^. Psychologie appliquée à la science du droit. Halle, 1808, in-8 (ail.). Voyez aussi l'esquisse qui précède sa logique , particulièrement dans la 2^ édit. Halle , 1810 (ail.).

Kiesewetter, Courte esquisse de la psychologie empirique. Berlin, 1806, in-8; S*" édit., 1814 (ail.). Exposition facile de la psychologie empirique. Hamb., 1806, in-8 (aH.).

F. W. D. Snell, Psychologie empirique. Giessen , 1802 ; 2* édit., 1810 (ail ).

Maas, Essai s;ur les passions. Halle, 1805-7, 2 vol. in-8 (ail.). Essai sur les sentimnots, et en particulier sur les affections de l'âme, 2 part. Halle et Leips., 1811-12, in-8 (ail.).

'(t) J. H. Gottlieb Heusinger, Essai d'un manuel d'éducation. Leips., 1795, in-S (ail.).

A.«. Niemeyer, Principes de l'éducation. Halle, 1796, in-8 ; 6* édit., 3 vol., 1810 (ail ). Guide de la pédagogique et de k didactique. Heidelberg, 1807, in-8 (ail.).

Fred. H. Ghr. SckwarU, Manuel de la pédagogique et de la didactique. Heidelb., 1807, in-8 (ail.). Théerie de l'éducation. Leips., 1802-4, 3 vol. in-S (ail.).

J. Lud. Etoald, Leçons sar la théorie de l'éducation , 3 part» Manh;^ 1808 , in-8 (ail.).

254 TROI5IBMB PBMODB.

kantienne. Ses adrersaires eux-mêmes finirent par lui rendre plus de justice. Elle ne tarda pas à être enseignée dans toutes les universités allemandes. En France (i) et en Angleterre (2), elle eut peine à se faire connaître , malgré les soins zélés de quelques hommes attachés à sa cause ; mais elle trouTa plus d'accès en Hollande et dans les pays du nord (5).

(i) Philosophie de Kant, ou Principes fondamentaux de la philosophie transcendentale , par Charies FtlUrs, Metz, 1801, 2 vol. in-8. Cf. le Journal critique de SchelHng et Hegel , 1. 1 , 3* cahier, p. 69 et suîv. (ail.). ^

Voyez en outre plusieurs articles du Spectateur du Nord (en franc.), Hambourg, 1798-99, insérés la plupart dans le Conservateur par François de Neufchâteau. Paris, 1800, 2 yoh; et des traductions françaises de divers morceaux séparés de Kant.

Philosophie critique découverte par Kant , fondée sur le der^ nier principe du savoir, par J. Hoehne. Paris, 1802, in*^.

Essai d'une exposition succincte de la critique de la raison pure de Kant , par M. Kînker, traduit du hollandais par J. Le Fr. Amsterdam , 1801, în-8. De la métaphysique de Kant, ou Observations sur un ouvrage intitulé : Essai d'une exposi* lion , etc., par le citoyen Destutl Trocy, dans les Mémoires de l'Institut national , Sciences morales , etc., t. iv.

(2) Nitsch , General and introductory view of Kant^s prînciples concemîng man , the world, and the deity. Lond., 1796, in-8.

The principles of critîcal philosophy selected from the works of Emm. Kant, and expounded by James Sig. Beck. Tranalated from the German. Lond. and Edinb., 1797, in-8.

WillicVs Eléments of the critical philosophy. Lond., 1798, jn-8. •

(3) Paul van Hemert, Beginsels der Kantiansche Wysgeerte.

I On' peut regarder comme des suites inévitables de t la vogue qu'elle obtint un certain nombre de travers I auxquels elle donna lieu , tels que l'abus des formules i et de la terminologie^ la manie exclusive d'une seule méthode, et le mépris des notions empiriques.

B. Philosophie après Kant, S- 390.

La philosophie critique avait à lutter contre des partis trop nombreux , des prétentions , des vues , des habitudes trop diverses pour que son triomphe fût de longue durée. Les malentendus de toute espèce qu'elle avait occasionnés, même après qu'on était parvenu à les lever, formaient encore un préjugé peu favorable soit à la forme, soit au fond même de ses doctrines. Quelques-uns prétendirent qu'elle était en contradiction avec le sens conmiun de l'humanité, attendu qu'elle ne donnait qu'un pur idéalisme et qu'elle ôtait au monde sa réalité; d'autres

Amslerd.y 1796, iii-8. — Magazjn voor de critische Wisbegeerte en de Geschiedenîs van dezelve. Amsterd., 1798, in-8. Epistolae ad Dan. Wjttenbachîttm. Amst, 1809, m-8. (Dan. ^y^rf^n^acA contre Heroert) , ^t?iêfêmBtUç m Twtfui'nfy mlscellanese doctrin», lib. i et ii. Amsterd., 1809>-1811, in-8.

J. Kinker, Essai d'une introduction, etc. Voyez ci-dessus.

F. H. Heiunann, Principes moraux de la philosophie critique, développes et appliqués à une législation externe , fondée sur la justice, la liberté et l'égalité naturelle. Amsterd., 1799, in-8. (en iranç.). •

Van Bosch, Ethica philosophiae criticae.

256 TROISliMB FÉRKH».

lui reprochèrent^ à cet égard ^ de ne prendre .q[a' un demi-parti , c*e8t4i-dire de ramener, par une porte de derrière , l'être en soi , après aToîr refusé de l'admettre directement. De plus , on la trouva incomplète ^ en ce qae divisant sans cesse et séparant arec soin divers principes de l'esprit humain, tels que les principes de la pensée et de la connaissance , le principe de la science théorétique , et le principe de la raison pratique , elle n'établissait entre eux aucune unité commune , et se contentait de les coordonner entre eux sans les rapporter à aucun principe supérieur. Suivant plusieurs de ses adversaires (i), loin de repousser le scepticisme , elle ne devait servir qu'à lui donner de nouvelles forces. Un grand nombre de ses partisans lui firent tort, soit par diverses applications maladroites de ses formules (2), soit par l'exagération des espérances

(i) Sal. Maimon (vojez le §. précédent) admit la partie né* gative (aotidogmatique) de la philosophie critique , mais il en rejeta la partie positive (la connaissance synthétique a priori antérîenre à l'expérience }, et il fit de la déterminabiUté le principe de la pensée réelle , ainsi que de la pensée pure a priori. Voyei ses Discussions sur des matières de philosophie. BerUo, 1793, in-^ (ail ) ; dans cet ouvrage y ainsi que dans la logique ci^dessus indiquée , se trouve ^a dissertation sur les progrès de la philoso* phie. Yojez encore ses Recherches critiques sur l'esprit humain , ou sur le principe de la connaissance et de la volonté, Leips.i

(2) Par exemple •* Exposition développée des bases d'un système général des postes» Geettingue, 1801 (all.)i

PHiLOSOPHlE MODERNE. DEUXIÈME ÉPOQUE. PHIL. AIX. 257

qu'ils fondaient sur ses résultats futurs. Au sur*plus^ le point de Tue de cette philosophie ^ la délimitation de la connaissance et de la science, était trop nouveau pour pouvoir être d'abord généralement saisi ^ et trop contraire au penchant naturel des esprits vers la spéculation pour pouvoir les engager sans peine à accepter aussitôt la sévère méthode du professeur de Kœnigsberg. De là vint qu'à l'occasion de la philosophie critique, plusieurs tentatives furent faites, les unes pour réhabiliter les anciens systèmes dogmatiques ( i ) , les autres pour élever cette philosophie elle-même aux plus hautes régions de la science jusqu'à l'absolu , où l'être et la science doivent être identiques, et où doivent disparaître toutes les oppositions des termes de la réflexion. Ainsi , insensiblement l'esprit des philosophes fut entraîné de nouveau à dogmatiser ; de nouveau s'élevèrent différents systèmes dans lesquels chacun se flattait de reconnaître et d'atteindre l'absolu, ceux-ci par l'intuition, ceux-là par la pensée, d'autres par une certaine science, d'autres encore par la foi. D'un autre côté, le scepticisme dut se ranimer de plus en plus, à mesure que la prétention à la science démonstrativedevint le caractèredominan t de la nouvelle philosophie. Ainsi, del'école critique sortirent de nouveaux essais dogmatiques et sceptiques.

(i) Nous rappellerons ici l'Empirisine de G. G. Selle, Principes de la philosophie pure. Berl., 1788, in-8 (ail.), le Rationalisme à'Eberhard et TÉclectisnie de Feder.

258 TROISIÈNB PÉRIODE.

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