‹ Manuel de l'histoire de la philosophiChapitre 28 sur 37 · C. L. Reînhold · texte numérisé non relu

C. L. Reînhold

Ces nouveaux développements de l'école kantienne furent en premier lieu l'ouvrage de Ch. Léonard Reinhold, né à Vienne en 1759, professeur à Jéna^ puis à Kiel, mort en iSâS. Après de sérieuses études consacrées à la philosophie critique et secondées par un rare talent d'analyse, il crut reconnaître dans cette philosophie les conditions essentielles pour établir la concorde entre les penseurs , et pour accomplir dans le monde les plus salutaires innovations (1). Mais en voyant ces espérances contrariées par les nombreux malentendus auxqueb elle avait donné lieu, il s'efforça de lui trouver un point d'appui interne^ à l'aide duquel il put donner une vérité de fait à ce qui n'avait encore qu'une vérité de raisonnement. Pour cela^ il observa que Kant avait bien décomposé la faculté de connaître , mais nou les phénomènes ou représentations de la conscience , quoique dans la réalité ces représentations soient les éléments intégrants de toutes nos connaissances p et que les formes particulières de celles-ci soient déterminées par la forme générale de celles-là. Il reprocha aussi à la philosophie critique de n'être pas assez rigoureusement scientifique^ et de manquer

(i) Voyez les Lettres sur la philosophie de Kant indiquées au §. 389.

PHILOSOPHIE MODBRNE. DBUXlàHB ÉPOQUE. PHIL. ALL. 259

principalement d'un principe commun à toutes ses parties I d unp théorie élémentaire qui devrait découler de ce principe ^ et qui servirait de base tout a la fois à la logique, à la métaphysique et à la critique de la raison. En conséquence, il posa ainsi le principe de la conscience comme devant remplir ce rôle capital : dans la conscience , la représentation se rapporte à deux termes dont elle est distincte, savoir, ce qui est représenté, c'est-à-dire sa cause extérieure, et ce qui représente. Far là, Reinhold, en développant l'idée de la représentation et de ses formes (variété et unité), s'attacha à déterminer les lois et la constitution propre de la conscience et de la connaissance , et en général tous les résultats de la critique de la raison. Cette théorie, dite de la faculté représentative (i), parut 4onner à la philo-

(i) Essai d'une nouvelle théorie de la Ëicallé représentative. Prague et Jéna , 1789, iti-8, et 1795 (ail.). — Sur les destinées de la philosophie kantienne depuis son origine jusqu'aujourd'hui. Jëna I 1789, in-8 (ail.). Sur le fondement de la science philosophique. Jéna , 1791, in-8 (ail.). Mémoires sur les moyens de remédier aux malentendus en philosophie, 1. 1 et ii. Jéna, 1790- 94, in-8, contenant une nouvelle exposition des points princi^pauxde la philosophie élémentaire (ail.)* Choix d'oeuvres mêlées, QL parties. Jéna, 1796, inr-8. |lfémpire couronné sur cette question : Queb progrès la métaphysique a-t-elle faits depuis Leihnitz et Wolf ? ( joint à d'autres mémoires couronnés de Schwah et Âbichl ). Berlin, 1796, in-8 (ail.). Prélipoinaires d'une conciliation des principes en matière de morale d'après le point de vue du sens commun et du bon sens ; 1 vol. Lûbeck, 1798, in-8 (aU.).

Sophie critique ce qui lui manquait eu unité et en liaison , tout en la rendant moins difficile et moins embarrassée par une lumière jetée en même temps sur ses principes et sur ses résultats. Mais ces appariences étaient illusoires : la théorie n'était pas sans mérite ni sans utilité^ mais elle ne pouvait répondre à toutes les prétentions de Fauteur. Elle fut attaquée successivement par des adversaires dogmatiques et sceptiques, par Fiait ^ Hejrdenreich ^ Beck (voyez le paragraphe suivant)^ et en particulier par l'auteur d'^nésidème (i). Reinhold, frappé des objections

(i) (Gottlob Ernest Schulze)^ £nésîdème, ou Des fondeinenls donnés à la philosophie élémentaire par le professeur Reinhold, avec une défense du scepticisme contre les prétentions de la critique de la raison. (Helmstadt) , 1792, in-8 (alL).

Contre £nésidème : J. H. Ahickt, Hermias, ou Solution des doutes d'£nésidéme relativement à la validité de la philosophie élémentaire. Erlangen, 1794, in-8 (ail.).

J. C. G. F'isheck, Points principaux de la philosophie élémentaire de Reinholdy envisagés par rapport aux attaques d'^Ënésidéme. Leipz., 1794, in-8.

Jacq. Sigism. Beck, Exposition de l'amphibolie des idées de réflexion, avec un essai de réfutation des principales objections dirigées par £nésidème contre la philosophie élémentaire de Reinhold. Francfort, 1795 , in-8 (ail.).

Du mène, contre la Théorie de la faculté représentative : Détermination du seul point de vue possible d'après leqod la philosophie critique doive être jugée. Riga, 1796, in-8 (ail.).

Reinhold, Fichte, Schelling, par Jacq. Pries, Leips., 1803, in-8 (ail).

qu'on lui opposait , ces^a insensiblement de compter sur la solidité de sa théorie; il tâcha de la maintenir tantôt en améliorant les termes , tantôt en écartant les points contestés , jusqu'à ce qu'enfin il l'abandonna tout-à-fait, en se déclarant d'abord pour Fichte (i), ensuite, pour Bardili (2), Dans ses dernières années ^ cet ami sincère de la vérité , dans le but de contribuer à établir l'accord des idées entre tous les philosophes, s'était consacré à une critique du langage, qu'il considérait comme la source de tous les malentendus en philosophie : il appliqua cette critique à la synonymie des mots, se proposant de démêler les équivoques et les in-

( 1} Lettre à Lavater et à Fichte sur la crojance en Dieu. Hambourg, 1799, in-8 (ail.).

Sur les paradoxes de la nouvelle philosophie. Hambourg , 1799, in-8 (ail.).

(2) Coup d'oeil rapide sur l'état de la philosophie au commencement du XIX* siècle. Hambourg, 1801-3 , 3 cahiers, in-8 (ail.).

Introduction à la connaissance et à l'appréciation de la philosophie dans tous ses divers systèmes. Vienne, 1805, in-8 (ail.).

( Anonjrme ) Essai de solution d'un problème dont l'objet est de caractériser nettement et d'approfondir la nature de l'analyse et de la méthode analytique en philosophie. Muaich , 1805^, în-8 (ail.).

Correspondance de Bcff'dili et de Ch. Léonard Reinhold sur la réalité de la philosophie et la vanité de la spécukition, publiée par Reinhold. Munich , 1804, in-8 (ail.).

262 TROISIÈME PÊKIODE.

conséquences de la Ic^que dans ses formes traditionnelles et comniunément admises, et, par là, de donner la raison du reproche adressé à la philosophie d'avoir si long-temps prétetidu à deve- DÎr une science sans pouvoir y réussir (i). Une autre entreprise de sa vieillesse fut Tessai d'une nouvelle théorie de la faculté de penser > théorie destinée à compléter, par rapport au fondeinent scientifique de la philosophie , les recherthes qu'il avait commencées dans sa théorie de la faculté re* préseiitative (a). Le fils de ce philosophe, Ernest Reinholdy poursuit aujourd'hui les travaux de son

(1) Priocîpes élëmentaîres de la eoimatssaoce de la vérité, ramenés à l'A, B, C. Kiel , 1808, îd-8 (ail ).

Réclamation contre une singulière confusion de langage parmi les philosophes. Weimar, 1809, în-8 (ail.).

Principes d'une sjnonjmîque applicable au langage des sciences philosophiques. Kiel, 1812, in-8 (ail.).

De la connaissance humaine , considérée sous le point de vue des rapports établis par le langage entre la sensibilité et la pensée. Kiel, 1816, in-8 (ail.).

(2) Sur l'idée et la connaissaffee de fa rente, etc. Kiel, 1817 (ail.). ( Cet ouvrage n'a point été mis eu Vente. )

Examen sérieux de cette ancienne question : Qu'est-ce que la vérhé ? à l'occasion des débats renouyelés depuis )>eu sur la révélati<m dWine et la raîion faamarne. Ahona, 1820, 2h-8. Voyez partleuliércfment la remarie servant èe conclnsion à éet ouvrage, p. 164.

Contre cet examen : le comte H. W. A. de Kalkreuth: Qu'est-ce que la vérité? Dissertation à FocGHsion de l'ouvrage de Reinhold, etc. Breslau, 1821, in-S. (ail.).

père dw» ses recherches sur les rapports de la logique et du langage (i).

Jacques-âigismond Bedc, professeur k Halle, et depuis à KostocL y se distingua comme disciple de Kant, eii donnant un utile extrait de ses ouvrages^ et s'efforça d'en rendre Fintelligence plus facile en faisant ressortir le point de vue critique^ comme étant le point de Tue primitif de la perception ellemême. Mais, faute d'habileté dans l'art d'exposer ses idées y cet écrivain obscurcit les problèmes qu'il aurait pu éclaircir : il commença par donner ses résultats, et omit ce qui devait les amener, l'analyse de la faculté de connaître. A d'autres égards, comme il ramène tout à l'unité de l'entendement ou à la représentation primitive, et prétend que c'est l'entendement lui-même qui , au moyen de la notion de grandeur, engendre l'espace et le temps , il ef&ça une ligne de séparation qu'on ne peut méconnaître entre l'intuition sensible et la pensée , et prépara les voies à l'idéalisme transcendental.

Jacq. Sig. Beck , Extrait des ouvrages criti^ies da prof. Kant, propre à en donner une intelligence facile. Riga, 1793- 94 , 1 et 2ifol. Le 3* vol. (contre la théorie de Reinhold) sous ee titre : Détermination du seul point de vue possible d'après

(i) Ernest Reinhold, Essai de nouveaux principes et d'une exposition nouvelle des formes logiques. Leips., 1819, in-S (ail.)- Esquisse d'on système comprenant les théories de la connaissance et de la pensée. Sdileswig, 1822, in-S (alL).

lequel la pbilosophie crilique doive être jugée. Riga , 1796, in-8 (ail.)* — Esquisse de la philosophie critique* Halle, 1796, in-8 (ail.). Propœdeutique à toute étude scientiflque. Ibid., 1796 (all.)« Commentaire sur la métaphysique de la morale selon Kant, r* part. 1798, in-8. fieck a publié depuis les ouvr. suiv. : Principes de législation. 1806 (ail.). Un Manu^ de logique. Rostock et Schwerin, 1820, in-8 (ail.), et un Manuel de droit naturel. Jéna , 1820, in-8 (ail. ).

Fichtt. Doctrine de la science.

Pour la bibliographie , voyez au §. 398.

Ces divers lassais furent surpassés par les travaux philosophiques de J.-Gottlieb Fichte. Il était né le 19 mai 1762, à Rammenau, dans la Haute-Lusace; il étudia à l'école de Pforta , aux universités de Jéna et de Leipsick; il passa plusieurs années en Suisse et en Prusse, devint ^ en 1793, professeur de philosophie à Jéna ^ résigna ses fonctions en 1 799^ et se retira à Berlin; en i8o5, il occupa une chaire à Erlangen; ensuite l'université de Berlin, récemment fondée, lui en offrit une autre qu'il accepta, et il mourut dans cette dernière ville le 29 janvier i8i4- Fichte entreprit d'élever la philosophie critique au rang des sciences exactes fondées sur l'évidence (Idée de la doctrine de la science, Préf., p. v. Bases gén. de la doct. delà science, p. xii), d'en bannir à jamais tout sujet de malentendus et de disputes , afin de terrasser le scepticisme , dont plusieurs défendaient la cause , entre autres Schulze et Salomon Maimon.

Encouragé par l'attention qu'avait excitée son Essai (tune critique de toute révélation y Kœnigsberg, 1792; 2' édit.^ >793» et P9I* l'exemple de la théorie de la faculté représentative , il consacra à la philosophie un esprit éminemment original, profond , énergique , attaché avec une fermeté imperturbable^ presque voisine de l'entêtement , à toutes les idées qui lui paraissaient vraies y et capable de les professer franchement dans toute leur portée. Il se proposa donc de donner un système destiné à développer, dans un seul et même principe, la matière et la forme de toute science , à rétablir l'unité négligée dans le système critique, et à satisfaire la raison sur le problème si difficile du rapport de nos représentations avec leurs objets. De là naquit sa Doctrine de la science ( Wissenschaftlehre\ selon laquelle ni la conscience j ni ses objets, ni la matière de la connaissance, ni ses formes, ne sont présupposées comme donnée», mais sont produites par un acte du moi , et recueillies par la réflexion. Fichte ne part point, comme Kant, d'une décomposition de la faculté de connaître, de la raison pratique et du jugement, ni , comme Reinhold , d'un fait primitif dans l'histoire de la conscience ; il part d'un acte primitif du sujet, acte qui Êiit la conscience elle-même ainsi que tous ses phénomènes. Voici maintenant de quelle manière il procède : il commence par expliquer ce que c'est que la science : C'est, dit-il, un système de connaissance déterminé par un principe supérieur, lequel exprime la valeiu* et la forme

de notre savoir ; la doctrine de la science est celle qui expose la possibilité et la validité de toute science, qui démontre la possibilité des principes quant à leur forme et leur valeur, enfin qui* démontre les principes eux-mêmes , et par là Tensemble et rbar* monie de tout le savoir humain. Cette doctrine doit avoir un principe qui me relève d'aucune autre science , car la doctrine de la science est par ellemême la plus élevée de toutes les sciences ; elle est eu soi, elle se pose elle-même comme possiUe et comme valable; elle est, parce qu'elle est. Far une double conséquence, formant an cercle inévitable, si la doctrine de la science existe, il existe aussi un système; et s'il existe un système, il existe aussi une doctrine de la science et un principe premier et absolu. U y a eu général trois principes de la science : i"". l'un absolu et pour le fond et pour la forme ; l'autre absolu pour la ftirme et non pour le fond; l'autre enfin absolu pour le fond et non pour la forme. — La doctrine de la. science est la philoso|>hie ; elle comprend les modes d'action auxquels l'esprit humain se conforme nécessairemeot dans la liberté même de son action. Telle ou telle4étermination particulière de m^ modes d'action nécessaires peut donner l'objet d'une science particulière» comme la logique , la géométi*ie ; or, toute «deoce particulière présuppose «ne application arbitraire, contingente de l'actitité libre, et par conséquent n'est point susceptible d'être complète ^n soi. La doctrine de la sciçnoe, au contraine» est absolument complète ; c'est un tout achevé. Ette

PHILOSOPHIE MODERIVE. DEUXlÈHE ÉPOQUE. PHIL. ALL. ^7

a donc pour objet lés actes primitifs de l'esprit humain^ aciés qui otit lieu selon un certain mode. Ces actes et leurs modes deviennent des objets de la conscîjettce par la réfle)[ion , laquelle consiste à abstiiiire et à dégaglêr en toutes choses l'élément de conscietoce. C'est ainsi qu'on parvient à une unité absolue qui comprend toutes les connaissances et les rend possibles f c'est-à-dire au moi pur. La réflexion et l'abstraction sont soumises à des règles logiques^ qui sont les bases de la doctrine de la science.

Premier principe ; A = A. On représentera par X la liaison du tout> le système. A et X étant donnés dâûs le mo/ y on peut leur substituer cette formule : moi tsi nu)ù Tel est le principe certain par lui* même de la philosophie et de tout savoir exprimant la forme nécessaire et le coni^enu nécessaire de ta conscience. C'est «n Tcrtu de ce principe que tout jugement a lieu; or> juger est «m fait actif , un acte propre du moi; le moi se pose donc absolument luitnéttie; il est l'agent et en même temps le produit "et l'acte, ^t c'^st ce dMble r6le qui 6ît la o»n- ^ence. L'activité primitire du 7m>e consiste en une Téflexion rar lui-mditfe^ qui a sa raison dans un obstacle ou arrêt néeessaiM éprouvé par l'activité jtisque-4à indéfinie. Le moi se pose comrmfe sujet , en ifiéme temps «(u'il s'oppose isomme objet à ce point de résistance. Second principe y déteraainé pw le plumier : h moi n'est pas non-^moi. H reste k

268 TROISlàME PÉRIODE.

éyoqaer encore, par un nouvel effort de l'art philosophique, un troisième principe absolu quant à sa valeur, et contingent quant à sa forme. A cet effet , il faut trouver un acte du moi où puisse . se rencontrer dans le mci l'opposition du moi et da non-mjoiy sans que le moi y périsse. Or, la réalité et la négation ne sauraient se trouver réunies que dans ce qui est fini , limité. La limitation est donc ce troisième principe que nous cherchons. Maintenant, la limitation nous conduit à la divisibilité : tout divisible est une quantité; par conséquent, dans le moi, sujet à limitation, doit être contenue une quantité divisible , et ainsi le moi comprend en luimême quelque chose qui peut y être mis ou retranché sans que pour cela le moi cesse d'exister ; de là un moi divisible et un moi absolu. Le moi oppose au moi dhisible un non-moi diçisible. Tous deux sont posés dans le moi absolu et par lui, comme étant appréciables et déterminables l'un par l'autre. De là ces deux propositions : i®. le moi se pose comme déterminé par un non-^moi, comme lîtoite de l'activité absolue en lui ; a**, le moi se pose comme déterminant le non^moi. La réalité de l'un sert de limite à la réalité de l'autre. C'est là-dessus que porte toute la lutte de l'idéalisme et du réalisme, et c'est là aussi qu'on peut chercher le moyen de les concilier. Le grand problème de la philosophie spéculative est d'opérer cette conciliation y et d'expliquer le rapport de nos idées avec les objets. la première des deux propositions que nous venons

d*établir est nécessaire ; car^ sans cette opposition , il ne pourrait y avoir de conscience ; sans objets point de sujet. Le moi ne peut se poser qu'autant qu'il est déterminé par un nonr-moi. Mais réciproquement sans sujet y point d'objet. 11 faut donc que le moi se pose encore comme déterminant le non-moi. Le premier fait est manifesté par une passion , le second par une action du moi. La représentation des objets comme hors de nous est un acte du moi, par lequel il s'ôte à lui-même une réalité, pour transporter cette réalité dans un non^-moi. Par là , le non-moi devient pour le moi quelque chose de réel , mais en tant seulement que le moi lui fait part de sa propre réalité. Reconnaître une action exercée par les choses extérieures sur le sujet pensant , ce n'est réellement que poser nous-mêmes ces choses comme non^-moi, en opposition a notre moi, et limiter par là notre mx>i, bien que ce soit toujours nous qui agissions en cela , et non les choses. De là se déduit , premièrement, la réciprocité du mx)i et du non-^moi : l'activité et la passivité du moi ne sont, relativement au non-moi^ ^ qu'une seule et même chose; secondement, l'activité du 77102 contient en soi un seul et même principe, idéal et réel à la fois, qui explique le fait de notre €^oyance aux choses extérieures. Tout se réduit à concevoir le moi comme actif, ou le non-moi comme passif, ou le contraire. Ainsi se trouvent conciliées les prétentions du réalisme et de l'idéalisme ; ainsi le vrai système de la science philosophique serait trouvé. — La théorie transcendentale de la faculté

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représentative infère de ces principes les propositions suivantes : i^. la représentation (vorsleUung') n'est possible que moyennant une action réciproque du moi sur le non-moi; a"", la direction du moi par i^pp6rt au non-^moi est opposée a la direction du non- moi par rapport au moi. Dans le fait de la re^ présentation^ le mot' éprouve une sorte d'hésitation et de chancellement entre deux directions contraires* Ce chancellement est un effet de l'imagination qui reflète également la passivité et l'activité du moi, c'est-à-dire les élève à la conscience; 5"". ce chancellement est rétat de contemplation en général (anschauen), état dans lequel on démêle à peine quel est le sujet contemplant et l'objet contem|>lë; ce n'est point la réflexion , dont le mouvement est tourné vers le dedans , c'est une activité exclusivement portée vers le dehors, = une production; 4''. la faculté, de contempler donne une contemplation particulière en se fixant, ce qui se fait par l'opération de l'entendement; 5*. le jugement réfléchit à .son tour les objets donnés par l'entendement , et dé^ termine leurs rapports; ô"". la contemplation de l'activité absolue du moi est la connaissance rationnelle elle-même et la base de toute science.

Passage au point de vue pratique de la doctrine de la science. Jusqu'ici deux faits nous ont été nécessaires comme postulats ou données fondamentales , savoir : l'action réciproque du moi et du non-moi;

PHILOSOPHIE MODERNE. DEUXIÈlfE EPOQUE. PHIL. ALL. 271

et rachof^^nent du moi, arrêté dans l'exercice de son activité , et posant le non-moi. Si l'on ne pouvait tirer du fond même du moi la cause intégrante de cet aehoppement, dès lors la doctrine de la science manquerait, de base et de consistance ^ attendu que la réalité du tooî^ lequel pose le non^moi, est ellemême fondée sur cet achoppement. Or^ ce n'est point la partie spéculative ^ mais la partie pratique de la doctrine de la science , qui peut à cet égard lui fournir la garantie dont elle a hesoin. La doctrine de la science dans le point de vue pratique a pour objet le moi absolu , le moi pratique , lequel détermine le non-moi y et ainsi devient lui-même le prin* cipe de Fachoppement^ de la limitation de son activité. Ce moi eêt libre , infini^ indépendant; il est la seule y la vraie réalité , tandis qu'au contraire le moi y comme intelligence , déterminé par le non-moij est fini 9 limité. En vertu de son énergie illimitée, le moi conunence par se déterminer lui-même. Par le même acte, il se conçoit comme une force déterminante. Or, cela même suppose nécessairement Vexistence de quelque chose de déterminable. Par conaéquent le moi se pose implicitement comme une force déterminatrice de ce qui est déterminable, c'est-a-dire déterminatrice du non-moi j telle est Tactivité objective. Elle a sa cause dans l'activité pure dont elle est l'effet immédiat, he moi absolu est essentiellement et infiniment actif : cette activité n'est qu'un perpétuel besoin de produire, d'être cause de quelque chose. Avec ce besoin , le moi se

lance dans un mouyement illimité ; mais il n'atteint jamais le but vers lequel il tend; il ne devient point cause. De cette impossibilité d'atteindre au but^ résulte un retour du principe d'activité sur lui-même pour trouver où s'exercer (réflexion). En vertu de son activité 9 le moi ne pouvant satisfaire directement le besoin dont il est dominé, oppose à son mouvement un contre-mouvement. Ainsi se produit ce que nous avons appelé l'achoppement, autrement un non-moi. Le non-moi une fois posé, dès lors le moi prend à son égard, dans la lutte qu'il soutient contre lui, un rôle pratique; il détermine, il est cause. Cependant le non-moi ne cesse de réagir à son tour ; et dans cette réaction il détermine aussi le moi y et forme un contre-poids à son mouvement; lui-même devient cause par rapport au m,oi. Percevoir la limitation de l'activité libre du moi, c'est sentir. Par là nous arrivons nécessairement à la relation et à l'opposition réciproque du moi et du monde : d'une part, le moi se produit comme enchaîné, comme dépendant du monde ^ ou comme intelligence ; mais d'autre part aussi , il se manifeste comme libre dans ses rapports avec le monde, en tant que pratique. Ainsi, autant le moi est démontré, autant l'est le monde; et autant le monde, autant le moi. Il suit encore que le monde ne peut avoir de réalité que pour un moi, dans un moi y et par un moi. La proposition dominante de cette théorie est celle-ci : le moi est l'activité absolue; tout ce qui existe hors du moi est un produit du moi comme

posé par lui^ oppoflé à lui^ c'esUà-dire le limitant;

le rhoi est sujet-objet^ et c'est sur cette base que ^

s'élève hardimejit tout l'édifice de l'idéalisme trans-

cendetital.

De plusieurs parties secondaires de la philosophie traitées par

Fichte.

L'auteur de la doctrine de la science s'appliqua à constituer, d'après les principes de cette doctrine ^ certaines branches de la philosophie^ telles que la morale et le droit naturel. Ces deux systèmes, savamment déduits et fortement liés, présentent dans leur ensemble, plus conséquent en apparence qu'en réalité, et sans base solide, des idées originales et grandes à côté de beaucoup de propositions paradoxales. En morale, Fichte ^^ après avoir détruit, par l'idéalisme, la croyance au monde extérieur, etn'avoir laissé subsister qu'un enchaînement de pures illusions phénoménales, s'attache a fonder, parla croyance à la conscience (ï ), la croyance à la réalité du monde sensible, celle à un monde intelligible indépendant du premier et placé au-dessus, enfin, la possibilité de rapporter nos actes à un but qui devra se réaliser. Il part de la notion de la liberté, c'est-à-dire de cette activité indépendante et absolue, qui est la tendance primitive du moiy et sur laquelle se fonde Tidée de

(i) Entendez ici la conscience morale, Gewissen et non Bewustseyn.

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la personnalité. En conséquence^ le principe de la morale oa la loi morale (la loi de la liberté) consiste dans cette nécessaire conception de l'intelligence ^ qu'elle est appelée à maintenir sa liberté d'une manière absolue^ conformément à l'idée même du moi; en termes populaires, c'est de suivre rigoureusement et absolument. la conscience (i). C'est là ce qui constitue le devoir. La vertu consiste dans une conformité parfaite de l'agent libre à sa nature. — Le droit naturel, que Fichte a traité le premier comme une science entièrement indépendante de la morale, expose le rapport de droit ou l'action réciproque des êtres libres entre eux, et la déduit de la conscience du moi, comme en étant une condition nécessaire. L'homme ne peut se concevoir comme un être raisonnable, qu'auiant qu'il s'attribue une causalité libre; il ne peut s'attribuer cette causalité qu'à condition de l'attribuer aussi à d'autres êtres, dont un certain nombre lui apparaissent doués de raison ainsi que lui : dès lors il faut qu'il se recon-

(i) Dans V Instruction pour pmvenir à la vie bienheureuse, p. 133 et suiv., ce point de yue , en tant que se rapportant a la moralité proprement dite, est envisagé comme supérieur à celui de la légalité objective ou de l'impératif catégorique ;' d'un autre côté , l'auteur subordonne ce même point de vue à celnî de la religiosité, et à un cinquième, qu'il appelle le point de vue de la science. Selon cette doctrine , la vie en Dieu est la seule véritable vie; elle est aussi l'amour : elle engendre la m<Hralité snpérieure : c'est elle enfin qui ouvre un monde nouTean et le réalise.

naisse arec ces derniers dans un certain rapport, rapport de droit, en vertu duquel il limite sa propre liberté par celle d'antrui. Fichte nie l'existence d'un droit primitif, et ne l'admet que comme une fiction nécessaire de la science. Tout droit, selon lui^ se rapporte à la communauté, et n'a d'existence que par elle; d'où il suit que des êtres raisonnables doivent immédiatement entrer en état de société. L'idée de l'état ^st la réalisation au dehors du droit de la raison* Dans la dernière exposition de son droit politique, Fichté considère l'idéal d'un état véritablement conforme à la raison, comme la réalisation du royaume dé Dieu sur la terre , ou une théocratie fondée ^ur cette vue claire et manifeste que Dieu est .apparu et qu'il apparaîtra dans l'humanité. En général , le précepte qu'il ne cesse de recommander, c'est de soumettre toutes choses à l'idée de la raison. De là son projet d'une éducation du peuple universelle et d'une école permanente de savants. — La philosophie religieuse de Fichte a été aussi très remarquée. 11 considère Dieu immédiatement comme Tordre . moral du monde , que le moi conçoit au moyen de la conscience qu'il a d'être obligé, dans t'exercice de son activité libre, pat* l'idée du devoir. En s'eâbrçant de réaliser le devoir, le moi, du sein de ce monde qui n'est que son ouvrage , tend vers un autre monde , vers celui de Tordre moral : par là il s'approche de Dieu, il acquiert la vie qui vient de Dieu. Dsjois ce monde de Tordre moral , le souverain bien s'accomplit par la vertu. — Ce souve-

276 TROISIÈMB PÉRIODE.

rain bien n'est pas le bonheur^ lequel n'existe point, et ne peut exister, exclusion qui écarte d*ayaitce tout motif d'eudémonisme. Nous n'avons aucan besoin de concevoir Dieu autrement que par Tidëe de cet ordre moral du monde , quel que soit d'ailleurs notre penchant à l'imaginer comme un être à part y auquel nous rapportons la cause de cet ordre; car, 1^. il n'est pas possible d'attribuer à Dieu Tintelligence et la personnalité sans en faire un être fini semblable à nous; 2"". c'est une superstition en contradiction avec l'idée même de Dieu que de le concevoir comme une substance à part , attendu qu'une substance signifie un être doué de sensibilité, placé dans l'espace et dans le temps ; 3**. nous ne pouvons lui attribuer l'existence, qui ne convient qu'aux êtres doués de sensibilité; 4°. on n'a encore rien dit de raisonnable sur la manière dont il faut entendre que le monde a été créé par Dieu ; 5"*. l'attente du bonheur est une chimère, et un Dieu conçu au profit de cette idée est une vaine idole au sein^ice de nos passions ; ce n'est que le roi de ce monde. — Cette manière de voir, développée dans un esprit paradoxal (i), quoique jointe à un sentiment profond de la conscience morale, fut considérée comme une sorte d'athéisme , et attira à l'auteur de sérieux dés-

(0 Voyez spécialement la Dissertation sur le principe de notre croyance à un ofdre du monde établi par Dieu ( indiquée au §. 398 ). Dans son ouvrage sur la Destination de l'homme , p. 287 , Fichte prend le ton d'un théiste mystique.

agréments qu'il n'avait pas .entièrement mérités : aa reste, il finit plus tard par y renoncer (voyez le §.598).

Jugemetit sur r ensemble de la doctrine de la science. Le système de Fichte se distingue par une rigoureuse unité et une forte conséquence logique ; il lève bien des difficultés, mais il en fait naître beaucoup d'sHitres. L'école critique peut lui adresser le reproche suivant : i"". Il met en avant, cdmme étant du ressort de la philosophie, un grand problème sans commencer par s'enquérir s'il est possible de le résoudre. Il veut tout expliquer, et son explication n'est que l'apparence illusoire d'une déduction transcendentale appuyée en dernière analyse sur des affirmations aussi gratuites que hardies auxquelles elle revient toujours. 2". Les principes dont se prévaut ce système sont bien les lois logiques; mais précisément ce sont des lois incapables de faire jamais arriver notre connaissance jusqu'à l'existence réelle et la constitution essentielle ni du sujet ni de quelqvie objet que ce soiL Ces lois sont des formes de la pensée, vides en elles-mêmes de toute substance. C'est par surprise qu'on prétend en faire sortir des entités, spécialement lorsque, dans le premier principe (§* ^94 > ^^ commencement) on substitue le moiii l'objet indéterminé. Levicedeceà fausses réalisations .est habilen^ent dissimulé par l'artifice logique de toutes cçs positions, oppositions et compositions,

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qui ne donnent après tout qu'un échafaudage traire en place de la connaissance réelle qu'elles annoncent. En dehors de Técole critique où fait d'autres objections au système de Fichte. Ce système fait du moi un être absolu et indépendant : il détruit la Tie, l'existence indépendante de la nature > et sa participation propre aux lois de L'ordre ratiohhel. Il contient un vice intérieur de contradiction : le mai n'est rien autre chose qu'une activité infinie; il s'oppose comme limitation un nonrmoi^ et par là il produit tous les objets ainsi que l'espace; mais, qu'est-ce qui oblige le moi à se limiter lui-même en posant un non-moi, tandis qu'il est illimité et infini dans son activité? Dira-t>on que c'est parce que sans cela il n'arriverait jamais 4 connaître des objets? Mais quelle nécessité y a-t-il qu"il connaisse des objets, dès qu'il est en luirméme infini et illimité? -— L'activité du moi par laquelle il pose le monde objectif doit être un fait primitif; mais elle ne tombe point dans l'histoire des faits d'expérience dont nous avons conscience; on n'y parvient que par une contemplation intellectuelle , dont on fait un postubt rigoureux , c'est-k-dire, que l'on impose illégitintement à la théorie. — Fichte confond le procédé de l'imagination transcendentale dans la construction des figures géométriques avec la production des objets déterminés ou du monde , sans expliquer' comment la construction de la forme dans l'espace peut donner toute la multiplicité des objets et de leurs qualités. — Cet achoppement par lequel le moi, dans l'exer-

PHILO&OPHIB MODBRlfB. MUXlàME ÉPOQUE. PHIL. ALL. S79

cice de son infinie activité, est ramené au-dedans de lai-méipe, ce choc dont on veut faire jaillir la conscience de lar nécessité de certaines représentations , ne s'explique lui-même ni par le moi ni par le non-mai. — Enfin , ce système ne fait que substituer à des mystères de plus grands mystères encore , en prétendant éclaircir les uns par les autres* Il veut rendre compte de ce qui est inexplicable, et finit lui-même par déclarer tel son propre principe. -— Ce témoignage d'impuissance est devenu plus saillant dans la nouvelle exposition de la doctrine de la science y telle que l'auteur l'a reproduite. Là, pour expliquer le fait du sentiment de nécessité inhérent a certaines représentations , on dit que le moif ce moi dont on fait pourtant une activité infinie, une action absolue, est toutefois contenu dans l'exercice de son activité entre certaines limites déterminées. On qualifie ces limites d'inconcevables et d'inexplicables y et pourtant c'étaitià précisément ce que l'on avait commencé par considérer comme le point de mire, l'objet propre des solutions demandées a la doctrine d.e la science , c'est-à-dire à la philosophie. Concluons que cet idéalisme nous offre l'exemple de la spécuFation poussée à son dernier excès , et aboutissant ainsi à s'absorber et à se détru'u^e elle-même avec toute science et toute activité.

Faire la comparaison de eet idéalisme Iranscendental : 1*. avec l'idéalisme supernaturaliste de Berkeley \ î°. avec le réalisme de Spinoia.

280 TROISIÈME PÉBIODE.

Fichte s'efforça de concilier les esprits à sa doctrine en la reproduisant sous diverses formes (i); mais il varia lui-même sur plusieurs points^ entre

(i) I. Ouffrages de Fichte relatifs à la doctrine de la science

en général,^

Idée de la doctrine de la science. Weimar, 1794, in— 8 ; 2* édit. angm., Jéna, 1798. Principes fondamentaux de toute la doctrine de la science. Weimar, 1794, in-8; 2* édit, 1802, in-8. Esquisse des principes propres à la doctrine de la science. Jénaet Leips., 1795, in-8; 2* édit. corr.y Uid., 1802. Ces deux derniers ouvrages réunis , sans changement. Tubingae , 1802. Essai d'une nouvelle exposition de la doctrine de la science , et Introduction nouvelle à cette doctrine ; dans le Journal philosophique publié par Nielhammer et Fichte , 1797, 1** cahier, p. 1 ; 4* cahier, p. 310; 5^ cahier, p. 1 , et 6* cahier. Réponse à G. L. Reinkold au sujet de son Essai sur le moyen d'apprécier facilement l'état de la philosophie au commencement du xix« siècle. Tubingue, 1801, in-8. Explication plus claire que le jour ( Sonnenklarer) sur le vrai sens de la nouvelle philosophie, etc. Berlin, 1801, in-8. La doctrine de la science dans sei linéaments généraux. Berlin, 1810, in-8. Les faits de conscience ; leçons données à Berlin, 1810-11. Stuttgardt et Tubingue , 1817, in-8 .

II. Ouvrages relatifs à la philosophie de la religion en particulier.

Essai d'une critique de tonte révélation, 2 édit. augm. et corr. Koenigsberg, 1793 , in-8. Du. principe de notre croyance à un ordre divin qui gouverne le monde ; Journal philosophique, vui« vol., 1798, 1*' cahier. Voyez aussi ibid. : Développement de ridée de la religion , par Fr. Gh. Forberg, Appel au publie

PHILOSOPHIE MODÉKNE: DEUXIÈME ÉPOQUE. PfTlL. ALl! 2St

autres sur l'accord qu'il avait prétendu établir entre son système et la critique de la raison , ainsi que sur lé moyen de saisir dans la conscience l'activité primitive du moi : d'abord ,il avait cherché Ce mo^n dans les lois de la pensée; ensuite il eut recours à la contemplation intellectuelle (voyez son Explication plus claire que le jour, etc. ). La différence la plus frappante que l'on remarque

sur les prétendues propositions athëes qui lui ont été adressées. ' Jéna et Leip^.? 1799, in-8. Réponses juridiques des éditeurs du Journal philosophique contre les imputations d'athéisme. Jéna, 1799, in-8. {Forberg, Apologie relativement à son prétendu athéisme. Gotha, 1799, în-8). Instruction pour parvenir à la vie bienheureuse , ou Théorie de la religion , etc. Berlin, i806,in-8.

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