DEGADBNCB DE LA SCHOLASTIQUE
doete fgnoranti® , lib. i. — De oonjecturis , lib. ii. De sapientia, hb. m.
L'un de ceux qui abandonnèrent les premiers l'ornière de la scholastique fut le cardinal Nicolas Cusanus, Nicolaus ChrjpfTs de Cuss (d'où Cusanus)^ ddns le pays de Trêves , né en 1 4oi ^ mort en 1 464 ; esprit d'une rare sagacité et mathématicien habile , très attaché aux idées de Py thagore qu'il arrangeait et reproduisait d'une manière originale par le moyen des mathématiques. Il considérait Dieu, en tant qu'unité absolue, comme l'infiniment grand et l' infiniment petit, engendrant de sa propre essence Tégalité, et ce qui unit l'égalité à l'unité (le Fils et le Saint-Esprit). Il est, selon lui, impossible de connaître directement cette unité absolue, parce que nous ne la connaissons que par le moyen du nombre ou de la pluralité. En conséquence , il ne nous accorde sur Dieu que des notions incomplètes, obtenues a l'aide de symboles mathématiques. Quelle que soit l'inconséquence qu'on puisse reprocher à la manière dont il expose ces idées, et l'obscurité de celles qu'il y rattache au sujet du monde , l'infiniment grand devenu fini, et de l'unité dans laquelle se réunissent lé créateur et la création; quelque malheureuse que soit sa tentative pour expliquer la Trinité et la formation du genre humain par ce théisme panthéiste > on ne laisse pas de rencontrer dans ces écrits , à coté de tout ce mysticisme , des vues profondes ^ mais sans développements , sur la faculté de connaître. C'est ainsi qu'il observe que
les principes de notre connaissance sont contenus dans nos idées de nombre ( ratio explicata ) et dans leurs rapports, que la vérité absolue est au-deasus de notre portée (prœcisîo veritaiis inaHingibilis ^ opinion qu'il appelait â?oc/a ignorantia)y et qu'une connaissance yraiseûiblabje est tout ce qui nous ^ été accordé. Aussi , en vertu de cette doctrine , s'exprimait-il avec un grand dédain sur la philosophie de Fécole.
Commenlarius de Platooicœ philosophie post renatas litteras apud Italos restauratione , sive Mars. Ficiai yita , autore Joh Corsio ejus familiari et discipulo. Nudc primum in lucem eruit Angélus Maria Bandini. Pis., 1772.
J. G. ScheVioruy Comment, de Yita, moribus et scriptis « Marsilii Ficini , dans les Amœnitat. litterar. , 1. 1.
Ficini opéra in 2 tomos digesta. Bas., 1561 ; Par., 1641, in-fol.
Biographie de J. Pic , comte de la girandole , dans il/ei-: nersy Biographie des savants célèbres, 2 vol. (a|l.). Pici opp. 1496; Bonon., 1496, in-fol. Opéra utriusquePici. Bas., 1573 et 1601, 2 vol. in-fol.
L'exemple donné par Piéthon et Bessarion fut encore surpassé par Marsile Ficiriy né à Florence en i435| mort en i499> médecin^ qui serait avec ardeur et avec talent la philosophie platoni* cienne, tant par ses traductions de Platon , Plotin^ Jaitiblique^ Proclus^ etc., que par ses écrits originaux consacrés à Téloge de cette philosophie. Gosnie de Médicis, mort en i464> ^^ servit de lui pour