DÉCADENCE 1>£ LA SGI10LA8TIQUE
foTMler une académie platonicienne , vers 1 460 ( i )« M<» Ficin envisageait le système académique du point de Tue des néoplatoniciens, en y mêlant quelques doctrines aristotéliciennes, et il regardait i'Hermès Trismégiste des Alexandrins comme T inventeur de la théorie des idées. Dans sa Theologia plaionica y il exposa aveu habileté un certain nombre d'arguments en fav^cir de l'immortalité de l'âme (2), et combattit l'hypothèse d'une source commune d'intelKgence pour tous les hommes, imaginée par Averroës et soutenue par les aristotéliciens. En général , ses efforts avaient pour but de tirer parti du platonisme tel qu'il l'entendait , en faveur de la reli* gion chrétienne. Son enthousiasme gagna Jean Pic, seigneur de la Mirandole , comte et prince de Concordia, né en i463, mort en 1494^^^^"^ ^^ ^ talents supérieurs , mais d'une imagination exaltée. Il avait étudié la philosophie des* scholastiques , et était fermement convaincu que celle de Platon était puisée dans les livres de Moïse, trésor commun de toutes les sciencea et de tous les arts (5). De là le zèle qu'il mit k étudier les langues orientales , et par* ticulièrement les livres cabalistiques, d'où il tira la
(i) R. Sievekingy Hist. de l'Académie platonicienne de Florence. Gcetting. 1812, in-8 (ail.).
(2) Theologia platonica s. de iramortalîtate animorum ac aetema felicitate , lib. xtiii. 1d. in 0pp., t. I9 Paris, 1641 > in-fol.
(3) Heptaplns, p. i. Ba^il.» 1601.
plupart des thèses destinées à cette grande dispute publique qu'il avait annoncée à Rome, et qui ne put avoir lieu (i). De là encore son essai d'une philosophie mosaïque dans son Heptaplus. Il mit eiî honneur la cabale , pour bquelle il avait une extrême prédilection ; il y voyait la sagesse de Dieu même , une véritable révélation , Tunique moyen de démontrer la divine mission de Jésus^hrist et les mystères du christianisme ; enfin il y supposait une entière harmonie avec la philosophie de Fythagore et de Platon (2). Son plan favori , mais qu'il n'eut pas le temps de réaliser, était de parvenir à faire voir l'accord des philosophies platonicienne et aristotélique (3). Dans sa vieillesse, duirant laquelle il s'affranchit de plusieurs préjugés répandus de son temps, il composa une excellente réfutation des superstitions astrologiques. La' réputation du comte de la Mirandole, ses ouvragés et ses nombreux amis, concoururent à étendre le crédit de la philosophie platonicienne et cabalistique. Son neveu , J. Fr. Pic de la Mirandole; tué en 1 533, marcha sûr ses traces, mais sans posséder tous ses talents; attaché plus exclusivement au pur mysticisme (4)» ^ combattit à la fois la philosophie païenne et les scholastiques.
(i) Gonclusiones dcogc, Rom., 1486, in-foL, Col. 1619, în-8.
(a) Apol., p. 82—110—116.
(3) Joh. Pici epist. ad Ficin., 1. 1, p. 753.
(4) On a de lui : De studio divinae et humanae sapientiae. Edid.