DÉCADENCE DB LA SCHOL ASTIQUE
S- ^^' Gabalistiqae. Magie.
SiMe y Hist. de la philosophie cabalistique , aux xv* et xn* siècles, dans son Hist de la philosophie moderne , u, i, p. 360 (ail.)'
Jean BeucMin, qui avait; traduit lui-même son nom en Caprdo^ né en 1 455 à Pforzheim, professeur à Tubingue^ et mort en i523 y zélé promoteur de la philologie et de la littérature classique ^ voyagea en Italie , où ses relations avec Ficin et Pic rattachèrent aux opinions pjthagorico-pla toniques, et à l'étude de la cabale (i) qu'il répandit en. Allemagne par ses livres De verbo mirifico (a) et De arte cahalistica (5). — L'ouvrage extravagant du moine franciscain Fr. George Zorzî, dit Venetus, comme natif de Venise, qui florissait au commencement du xvi"" siècle (4) , parut sans doute
trop rempli de rêveries capricieuses, et n'exerça pas autant d'influence que ceux de Henri Cornélius
}. F. Buddeus, Hal., \70% in-S. Examen doctrinae vaoitatis gentiUaià; de prsenotioniLus ; de providentia, etc., dans les 0pp. utriusque Pici , ci^dessus. Epîst. éd. Qipli. Celiarius. Jen., 1682,in-8.
(i) Biographie de Reuchlin , dans l'ouvrage de Meiners , déjà cité !'• partie, n*. 2. — Siegm. Frîedr. Gehres , Vie de Jean ReucUin, etc. Garlsrube, 1815, in-8 (ail.).
(2) Libriiu, Bas., 1494, in-fol.
(3) Libn m, Hagen., 1517— 1530 > in-fol.
(4) De harmonia mnndi istius, cantica tria. Venet., 1525. II. n
18 OEUXlàMB PBM09B.
ji grippa de Netteskeim, né à Cologne en i486. Ce dernier joignait à un talent remarquable des connaissances de tous genres; mais son ayidité de réputation et de richesse , et son attachement à des arts mystérieux donnèrent un caractère d'inconstance et d'indécision à sa yie ainsi qu'à ses travaux. Il fit, à Dôle , avec le plus grand succès y des leçons publiques sur l'ouvrage de Reuchlln, De verho mirifico. D'après le conseil de Tritheirriy qui était le plus fameux adepte du temps ^ il composa son traité De occulta philosophia (i), système rempli des chimères d'une philosophie enthousiaste. Dans ce livide , la magie , appelée le complément de la philosophie et la clef de tous les secrets de la nature, est représentée sous ses trois formes de magie naturelle, céleste et religieuse ou cérémoniale , selon la diversité des trois mondes , corporel , céleste et intellec-tuel ; là sont énumérées , avec un appareil scientifique purement extérieur, les forces cachées que ks choses d'ici-bas ont reçues de Dieu par l'entremise de l'esprit du monde. D'ajM-ès cette manière de penr ser, il était naturel qu'Agrippa devint fauteur du grand art de Raymond Loille (§« :27o)i et il l'expliqua dans un commentaire. Cependant son humeur le jetait quelquefois dans des dispositions contrairas, et alors il refusait toute confiance à la science humaine. C'est sans doute en de pareils moments qu'il composa la dissertation qu'il appelle cynique, c'est-à-
(1) Lib. I, 1531, lib. m, Colon., 1533, inrS.
decadbucb im ljl sciumastiqub. 19
dire mordante : De incertiiudiHe et vanUate sden-^ iiaram (i). Ce liTre, qui obtint en son temps im très grand succès ^ présente tantôt des raisons sophistiques 9 tantôt d'excellentes yues sur les défauts réels des sciences : le but de l'auteur est de démontrer l'incertitude et la Tanité de toute curiosité scientifique (2). Agrippa et son disciple^ Jean fFier, né à GraYe en Brabant en i5i&,morten i588y ren* dirent usi utile service en combattant la croyance à k sorcellerie. Après une yie très aventureuse^ Agrippa mourut 9 en i555, à Grenoble.
ThéoMphie.
Le médecin etthéosophe Philippe Bombeuî de Ho^ henkeirriy néà Marien Einsielden, en Suisse, en i^g'S, niort en i54i à Salzbourg, qui s'était surnommé lui-même emphatiquement Aureolus Theophrastus Paracdsusy associa la chimie et la thérapeutique au mysticisme néoplatonicien et cabalistique. Charlatan original , avec beaucoup de connaissances pratiques et un coup d'oeil d'observateur assez pénétrant^
(1) GoL 1527, Paris, 1S89. Antwerp., 1530, în-4.
(2) Yoyes sur cet Àsrivaûi, Mdners^ Biogr., etc., et Schel^ Ikom, dans les Amœnîtates Htt., t. 11 , p. 553. Vues philoso-* phiques de H. G. Agrippa de Mettesbeim , sur le monde et la rie; par Ed. Mûneh, Deutsch. Musetnn, 1. 1*'. Fribourg, 182i(alL).
Ejti9 Opéra in duos tomos digesta. Lvgd. B. sans date , iii»8 , réimpr. en 1550 et 1600.
âO DEUXIÈME PÉRIODE.
d*ailleurs sans préparation ni études scientifiques^ il aspira à la réputation d'un réformateur de la médecine. Dans ce but , il crut devoir faire usage de la cabale, qu'il s'efibrça de rendre populaire , et qu'il exposa avec une certaine vivacité d'imagination. Une lumière intérieure , une émanation de Dieu , considéré comme l'être fondamental, l'harmonie universelle des choses y l'influence des astres sur le monde sublunaire, la vie de toute la nature, les éléments envisagés comme des esprits auxquels les corps visibles servent d'enveloppe : telles sont les principales idées théosophiques et théurgiques qu'il développe au hasard de mille manières différentes , et souvent en termes inintelligibles. Use fait particulièrement un grand principe d'un archœum mystérieux , pi^tendue harmonie entre le sel , le corps et la terre ; le mercure , l'âme et l'eau ; le soufre , l'esprit et l'air. Ses extravagances trouvèrent un bon nombre d'adhérents (i). — Comme mystique et
(i) J. J. Loes, Théophraste Paracelse de Hohenheim, dissert., dans les SttuUen de Greuzer et Daub., 1. 1 (ail.). Cf. Sprer^ gel, Histoire de la Médecine , 3* partie (ail.). Vie et Opinions des plus célèbres physiciens de la fin du xvi* et du comm. du XVII* siècle , publ. par Thaddei Anselme Rivner, et Thaddeî Siber, 1*' cahier. Theophr. Paracelsus, Sulzbach , 1S19, in*8 (ail.).
Phil. Theophrasti Paracelsi Volumen niedicinse paramiram. Argent., 1575, in-8. — (ouvres de Paracelse, publ. par Joh. Htuer, Bas., 1589, 10 vol. in-4. Strasb., 1616-18 , 3 vol. infol. Genève, 1658, 3 vol. in*fol.