‹ Manuel de l'histoire de la philosophiChapitre 6 sur 37 · DÉCADENCE DE LA SCUOLASTIQUE · texte numérisé non relu

DÉCADENCE DE LA SCUOLASTIQUE

thëosophe, Valenlin JVeigel (i)y né à Hajue en MisDÎe, t553, ministre luthérien à Tschopau en Misnie , mort en 1 588 , suivit l'exemple de Paracelse et de Tauler; mais les doctrines du premier furent surtout étudiées et propagées par la société des Rose-Croix , formée au xm"* siècle^ probablement à l'occasion d'un poëme satirique (2) du théologien Valeniin Andréas ^ né en Wurtemberg en i586, mort en i654-

Cardanus de vita propria \ dans la v^ part, de ses 0pp., éd. Car. Spon. Lugd., 1663, 10 vol. in-fol. — Voyez Bayle, Dicl. Sa Yie, par W. R. Bêcher ^ dans le journal trimestriel (Qo^irtalschrift) de Canzler etMeiners, 3* année, .troisième tri*

(i) HilUger, De vita, fatis et scriptis Val. Weîgelii, et Foertsck de Weiçelio, dans les Miscell. Lips., t. x , p. 171.

Weigelii tractatus de opère mirabili ; arcanum omnium arcanomm. Le manclie d'or, on direction pour connaître toutes choses sans se tromper^ etc., 1578, iii-4, et 1616 (ail.). Instruction et introduction pour étudier la théologie allemande ; philos, myst., etc., 1571. Studium universale; uosce te ipsum s. theologia astrologizala, 1618, et autres années.

(2) Le Mariage chjmique de Christian Rosenkreutz , 1603 (ail.). Du mÙM (Andreae) : Réformation universelle du monde an moyen de hifamafrtUemiteUis des rose-croix. Ratish., 1614, in-8 (ail.). Autobiographie d'Andreœ, tirée de la biblioth. de Wolfembuttel , dans le Mercure allemand , 1782, mars. Traduct. de ce morceau dans les Autobiographies des hommes célèbres de Seybold. Wînterthur, 1799. — Hofsbach , J. V. Andréas et son siècle. Berlin, 1819, in-8 (ail.).

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BuesCre, 5* cahier. Id. dans les ties et opinions des physiciens célèbres, etc. 2« cah. Sulzbadi, 1820, in-8. (aU.)*

Jérôme Cardan, né à Pavie en iSoi, mort en 1576 y célèbre médecin ^ nataraliste et mathématicien^ se rapproche de Paracelse par ses singularités; mais il lui est très supérieur par les ressources de sou instruction. Pendant sa jeunesse ^ une disposition valétudinaire et une éducation 1yrannique retardèrent les développements de son génie f en même temps que les préjugés de l'astrologie et d'un prétendu démon familier lui donnèrent une fausse direction; de là une fpule de contradictions étranges dans sa vie et son caractère ^ ainsi que dans ses écrits où l'on ne trouve aucune forme systématique et qui traitent de toutes sortes de sujets (i). Tantôt il enseigne^ tantôt il combat les superstitions de l'astronomie et de la cabale, et il mêle des observations fines , des vues élevées et ingénieuses avec les folies les plus J)izarres« Les théologiens de son temps, qui le censurent comme hétérodoxe, r<Nit firaasement «ocosé d'athéisme.

Renouvellement de la nhilosoiiliie d'Arislote. Âdveraaires de cette

philosophie.

YoroE l?oii¥ragede J. l4umoy,Ji^ varia Acist. fDrt, etc., iiidiqiié au $. 243.

(i) Vojezparticuliérenient ses traites : De rabtîikate, lih. xzi ; De renim varietate, lib. xvii.

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W. L. G. Baron de Eberstein, Sur le caraclére de la logique et de la métaphysique des purs péripatéticiens. HaDe, 1800, 10-8 (ail.)- .

La philosophie d'Anatole troaTa cependant en-cor» de nombreux défenseurs. Dès long-temps la scfaolastique avait accoutumé les esprits à une ex« tréme vénération pour Tauteur de VOrganum, et les habitudes de l'éducation les disposaient à recevoir «es idées. Quand on posséda tous ses ouvngçs dans le lexte original ^ on s'empressa de les étudier^ de les expliquer, de les traduire , d'en faire des extraits et des abr^és. Il se forma une nombreuse école de pé^ rîpatéticiens parmi les théologiens et les médecins* Ces derniers , qui étaient plus portés vers le naturalisme , pouvaient, sous ce manteau, développer avec plus de sécurité diverses opinions particulières aippartenant à la philosophie de la nature. La dis*tinction de la vfrité j^ilosophique et de la foi de l'Église leur servait d'abri contre le zèle des orthodoxes, prompts à soupçonner l'hérésie. Les partisans d'Aristote se divisèrent, aux xv* et xvi' siècles, en deux partis principaux : les oMerroïstes, attachés k l'întei^xrétatîoii donnée par Averroês(§. ^58),. et lesa£0a:'am/m(éifOusucees0eursd'AlezaBdred'Aphrodisée (§• 1 83). Ces deux partis attirèrent si vivement Tattention publique par leur débat sur le principe de la pensée et sur l'immortalité ^ que le concile de Latran, en .i5iâ, crut devoir trancher la quereUe dans l'intérêt de l'orthodoxie.

Entre les plus célèbres péripatéticiens de l'Italie on distingue Pierre Pomponat, de Mantoue, né en 146^, mort en j5a5 on i55o(i). L'attachement qu'il professait pour les doctrines d'Âristote ne Fempécha pas de découvrir par lui-même une foule d^idées neuves ^ de discerner les côtés faibles du système aristotélique et de provoquer des recherches plus approfondies^ par une discussion pleine de force et de sagacité^ sur divers sujets particuliers, tels que l'immortalité de l'âme^ la liberté, le destin, la providence^ ainsi que sur les enchantements , ou , en d'autres termes , sur la question de savoir si les phénomènes merveilleux de la nature sont dus à l'influence des esprits, comme le prétendaient les platoniciens, ou à celle des astres. Ayant avancé que, suivant Aristote , il n'y a point de preuve qui démontre l'im-

(i) Pétri Poroponatîi opéra de naturalium effectuum admirandomm causis seu de incantationibus lîber. Basil., 1556, 1567. •— De fato , libero ai4>itrio , praedestinatione , provîdentia Deî , lib. V, in qaibuA difficillima capita et qusestiones théologie» et philosopbicflB ex sana orthodoxie fidei doctrina explicantur et mnltts rarishistoriis passlm illustrantor per auctorem , qui se in omnibus canonîcae scripturte sanctorumque doctorum judicio submittit. Basil., 1525 — 1556—1567, in-fol. — Tractatus de immortalitate animae. Bonon., 1516. La dem. édit. de cet écrit publ. par Qiph. Gottfr. Bardili contient une notice sur la vie de Pomponat. Voyez encore : Jo. Gfr. OUarU Diss. de Petro Pomponatio. Jcn., 1709, in-4.

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mortalité de Tàme , Pomponat s'attira une q^eteUe Tiolente et dangereuse y dans laquelle il se défendit par la distinction entre la foi positive el la science naturelle • De son école sortirent plusieuss excellents esprits 9 tels que Simon Porta ou Ponius{i)y de Naples, mort en i555; Paul Joi^e^ Paolo Gîotîo^ né à GcMno en 1 483^ mort en 1 55:2 ; Jules Cœs. «Sra- Ugevy Délia Scala ^ né à Ripa en 14849 mort en 1 559, qui deyint aussi l'adversaire de Cardan (2); lecandinal Gasparo Coniareni , mort en 1 5^2 ; Augustin Ni' phusj né en i473> mort en i546 (5); ces deux derniers prirent part à la querelle suscitée à Pomponat et rappelée ci-dessus ; l'espagnol Jean Genesius Sepulifeda^ né en 1491 à Cordoue, mort en iSya; enfin le paradoxal et libre penseur Lucilio f^a-nini (4), ou Jules-César Vanlni, né à Naples eu 1 586,

(') Porta, de rerum naturalibus principiis, de anima et mente àiumana. Flor., 1551, în-4.

(2) Dans le Ime intitulé : Liber exotericarum exercitationnm de subtilitate ad H. Cardanum. Paris, 1567. Cardan y répondit dans l'apologie insérée à la fin de rédition du livre : De sobtilit. Bas., 1582.

(3) Libri vi , De intellectu et dsemonibns. Yen., 1492 , in-fol. Opéra pbilos. Yen., 1559, 6 vol. in-fol. Opusc. moralia et politica. Paris, 1645, in-4,

(4) Ampbitbeatrum aetemae proTÎdentiae , etc. Lugd., 161 5, in-8. De admirandis naturae, arcanis, etc., lib. it. Paris, 1616, in-8. Yie et malbeurs , caractère et opinions de Lucilio Yanini , athée du xvii« siècle, etc., par W. D. F. Leipz., 1800, în-8

(ail.).

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brAlé à Toulouse en 1619. Outre Pomponat^ qui fut le chef des alexandristes pérîpatétîci^is , ^oette secte compta encore d'autres .savants distiiiguié5 non sortis de son ëcole , savoir : Nto(das Leonicus dit Thomœus^ né à Venise en 14^7^ mort en i533, Jacques Ztoharella (i), né à Padoue en i532, mort en 1589, qui s'écarta sur quelques points d'Ariatote, François Piccolomini , né à Sieane en iS^o, mort en i€o4^ qui le combattit en morale pour la méthode y Gœsar Cremoruni (2), né à Genti , dans le duché de Modène, en i552, mort en i63o. Du côté des averroïstes, après Alexandre AchiUini de Bologne y mort en i5i2y qu'on appelait le second Aristote^ Bfarc-Antoine Zimara, de San Pietro^ dans l'état de Naples, mort en 1 532,, et le fameux aristotélicien André Cesedpini (5), né à Arezzo en i Sop, mort en 1 6o3 , on ne rencontre que des noms moins célèbres. Cesalpini fit de l'aveproïsme un panthéisme formel , en représentant Dieu -* — ■ — ~ --... , ■ ■ ,. .--

(1) De anima. Fcf., 1607. Opéra logica. Fcf., 1608. De doctrinae ordioe apologla. Ibid. De rehoB naturalibus. Lîb. xxz, 1589. Fcf., 1617. De inventione primi motoris. Fcf., 1618, iii-4. Op. pbilosophica, éd. J. J. ffat^enreuter. Fcf., 1623, în-4.

(2) Gaes. Cremonini liber de Paedia Aristotelis. Diatjposis uniyersae oaturalis Aristotelicae pbilosopbiae. Dlustres contemplatîones de anima. Tracta tns très de sensîbus extemis, de intemîs et de facultate appetîtiva.

(3) Andrese Cesalpini' Quaestion. peripatetic». LIb. v. Venet., 1571, in-fol. Dsemonum investigatio peripatetica. Yen., 1593, in-4.

DEGADBSGB OB M. MBOUkfiTIQUS. i7

non oemiDe la canse efEoiente^ hmis oonuMe la orase eoosti tuante du nonde 6t .la.&iiiMtance des choaesy et l'intelligence aolive «iniYeraeUe (XMMne^fonnant une Mole et même substance ayee ks âmes des hommes st des animaux. Il maintenait l'înunovtalité sur ce motif que la conscience est insëpuraUe de la pensée. U admettait aussi Texistence des démons.

PéripatétidieB» en AUeiMgiie

Voyez la dissertât, de Elswich citée aa §. 243.

A. H. G. ^eeren ^ Quelqaes mots sur les suites de la réformatien par rapport A la plillosopbie , Reformadons'-aJma^ nach de K^fser, 1819^ p. 114 sait.

Bien que Luther et Mélanchihon ^ né à Bretten en .i497> niort en i56o^ eussent conçu^ au commen^^cement de la réformation , un préjugé défavorable contre la philosophie d'Âristote , par le même mouvement qui leur avait fait rejeter la scholastique , tous deux cependant finirent par renoncer à cette prévention ^ et Mélanchthon , en particulier, ne se contenta pas de reconnaître l'indispensable nécessité d'une philosophie pour la théologie, mais encore il recommanda celle d'Âristote par-dessus toutes les autres, sans se borner à la dialectique (i). Tou-

(i) MeùmeéUhonù Ovàtie de vite iàrîstOteliB kabita a. 1M7, t. II déclamât., p. 381 sq., et t. m, p. 351 sqq. Dîakctîca, 'Vîteb., 1534. Initia dsctriii»piiysic«, 1547. Epitome philoso*

tefois^ dans la morale, il s'écarta des principes d'Aristofce, et prit la yolonté de Dieu pour principe ; pour lui la loi morale est l'étemelle sagesse et justice en Dieu. La philosophie d'Âristote, prise à sa source même, dégagée des subtilités scholas tiques qui furent, il est vrai, bientôt remplacées par d'autres , dut à l'autorité de M élanchthon la faveur qu'elle obtint dans les universités protestantes , et on y voit paraître une foule d'abrégés et de commentaires sur Âristote , qui eurent du moins l'avantage de tenir la pensée en haleine. Ici se présente, par exemple, Joachim Camerarius , moct à Leipsick en 1574. Ainsi se rétablit la domination d' Aristote , pour subsister jusque vers le milieu du xvii^ siècle. L'autorité que lui donnèrent l'esprit du temps et le sufirage d'un grand nombre d'hommes alors célèbres, comme J. Schegk, professeur de physique à Tubingue, mort en 1 SSy ; son élève, Philippe Scherb, mort professeur de logique et de métaphysique à Altdorf, en i6o5; Jac. et Gom. Martini ^ le dernier mort professeur à Helmstadt, en 1621; cette autorité fut à peine ébranlée par quelques esprits indépendants qui osèrent s'écarter un peu des doctrines du maître, tels que Nicolas Taurellus (i), né

pliîae moralis , Yiteb., 1589. De anima, 1540, in-8. Ëthîcx doc* trinae elementa , Yiteb., 1550. Ces divers ouvrages , réimprimés plusieurs fois , et réunis dans ses Op. éd. Gaspar Peucer, Viteb., 1562, 4 vol. in-fol.

(i) Nie. Taure/Zi Philosophia: triumphus. Basil., 1573, in-8.

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