‹ Manuel de l'histoire de la philosophiChapitre 8 sur 37 · OÉCADEKCE DÉ LA SCHOLASTIQUE · texte numérisé non relu

OÉCADEKCE DÉ LA SCHOLASTIQUE

mort en 1649» ^^^^ le rôle philosophique n'est pas non plus très décidé, publia des extraits des ouvrages de Juste Lipse. L'anglais Thom. GatUicker^ né à Londres en 1674^ mort eu 1654» s'occupa de ce système sous le rapport historique , ainsi que Claude Saumqise et Dan. Heinsiusy mort en i655 (1).

Essais originaux et corpbinaisons particulières de

systèmes philosophiques,

/ 1*. Divers essais.

Au milieu de ces tentatives pour ramener les systèmes philosophiques de l'antiquité , pendant cette latte de l'ancien et du nouveau , et ces efforts déployés par la philosophie jusqu'alors dominante^ non seulement pour se défendre contre les attaques surveni^es de divers côtés , mais encore pour acquérir une autorité plus générale en composant ses dé^ mêlés intérieurs (2), on voyait néanmoins paraître de temps à autre quelque génie plus libre ^ plus original^ qui osait s'écarter des ancienties voies et se frayer un chemin à part^ mais malheureusement sans principes .'capables de le bien conduire^ et en

(1) Dan. Heinsii Orat. —Pour les ouvrages de Scioppios et de GatUicker, voyez la Bibliogr., aux §§. 158 et 163.

(a) Sn ce sens, un écrivain qui se distingua particulièrement lut le thoniiiste (§. 265) Fr. Suarez, mort en 1617, par ses Dispuiationès metaphjsica, Mogunt, 1614, in-fol.

34 DBUXfàMB PÉRIODE.

tombantclans des aberration» inévitables. Ici encore tiennent se placer, parmi les Allemands, Nie. Tmâ^ relias, déjà mentionné (§• ^9^)» lecpel essaya d'établir une démarcation plus fixe entre la philosophie et la théologie , et considéra la raison comme la source de la connaissance philosophi^e; parmi les Italiens, Cardan (§. 390), F'anini (§• ^92), et en France P. Ranius qui ayait en vue une réforme de la philosophie. Or, comme la méthode jusque-là en usage, et qui consistait à obtenir la connaissance philosophique par de pures formules logiques , ne paraissait plus satisfaisante , on tâcha de parvenir à des résultats plus sûrs par la voie de l'expérience. Ce nouveau besoin se manifesta principalement chez les écrivains politiques et les naturalistes. Parmi les premiers, Nicolas Machiavel {\)j Niccolo Macchîavelli , né à Florence en 149^» mort en i5a7, homme d'état formé par la lecture des classiques et par l'étude du monde , avait exposé ^ avec une habileté supérieure, dans le Prince (i5i5), un tableau de la politique telle qu'elle s'offrait ordinairement à ses regards ; et Jean Bodin , né à Angers vers 1 55o , mort en iSgô (2), abandonnait dans ^République les doctrines de PJaton et d'Âristote , avait tenté

(1) Joh. Fr. CAmftVDeNlc. Macchiavello , lib. m. Lips. et Hal., 1731, m-4.^0pere. 1550, in-4, etc. Milan, 1805, 10 vol. in-8. Flor., 1820 , 10 vol. in^.

(2) De la Répitbltquc- P»n«> 1576, et 1578, inUbl. En latin, 1586,in-rol.

DÉCADEIIICB DB I.A 8CBOLASTIQUE. 35

d^ottyrir ane roilte moyenne entre la justice rigoiH reiue et la prudenoe sans garanties légales , entre la mooarcbie et la démocratie.

2*. Telesio.

Fr. foco , De principiis et orighiibas s^undum tabulas Cnpidinis et Oo^ , siye de Pairnénidls et Telesii et prscipue Democriti phUosoptiia traetata in flifaila de Gopidiiie. C^. , t. m, éd. Eb, p. 206.

Jo. Ge. Loftteri Diss. de Beroardiiii Tdesii philosopU Itali Tita et philosophia. Lips. , 1726-1733, m-4.

Vie et opinioDS des plus célèbres physiciens à la fin du XYi* et au commencemeDl du XwV siècles ; puU. par Th. Aug. Rixner etSiber, 3* cah. Sulzb., 1820, iD-8 (ail.).

Une réforme fat tentée dans la philosophie natn* relie par Bernardin Telesio. Né en i5o8 à Cosenza dans Fétat de Naples^ il reçut de son oncle, à Milan, et ensuite à Rome , une instruction classique.; puis il s'adonna a^ec ardeur, a Padoue > aux études phi* losophiques et mathématiques j et conçut y dans ces divers, travaux , de Téloignement pour la doctrine d'Aristote. Dans un âge plus avancé , il publia avec un grand succès un livre De nutura juxia propria principia (i). Il enseigna à Naples la philosophie

(l) Les deux preifiîers livres parurent à Rome en 1565, iii-4. L'ouTrage entier iut ensuite publié à Naples en 1586 , et à Genève en 1588. Yarii ()e rébus naturalibus libri , ab An t. Persio edit. Ven., 1690, in-4.

36 DEUXIÈME PÉttlODE,

naturelle, et fonda une académie dite Telesiana ou Consentina, consacrée à Tabolition de la philosophie ainstotélique. Les persécutions des moines le forcèrent de se réfugier à Cosenza, où il mourut en i588. Son système présente un pur naturalisme, qui se rapproche des vues de Parmenide et d'Anaxagoras (S' 99)- ^^ m^*^^ reproche surtout à la physique d' Aristote , c'est de donner pour principes de pures abstractions y cAsiracta et non enUa. Pour lui, il admet deux principes , incorporels et actifs , la chaleur et le froid , et un principe corporel passif, la matière, comme l'objet auquel se rapporte l'activité des deux autres ; il fait provenir de la chaleur le ciel, du froid la terre, et rend compte, d'une manière fort insufiisante , de Torigine des choses de second ordre par un perpétuel conflit entre le ciel et la terre. Ayant d'abord attribué la sensibilité h ses deux principes incorporels^ il fut induit à donner des âmes aux plantes et aux bétes. Mais l'âme immortelle de l'homme est essentiellement distincte de celle des animaux , et elle lui est donnée directe* ment par Dieu au moment de la génération ( i)« La sensation n'est pas une pure passivité, c'est une perception des changements propres de l'esprit (3). La connaissance par voie de raisonnement est ane sensation incomplète. H(m*s de ces hypothèses, Telesio est empirique et sensualiste. Ses adversaires.

(0 De rcr. nat., 1. v, c. i sq.

(2) Ib.y VIII, 21.

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