A. HISTOIRE DE PYTHAGORE ET DE SON INSTITUT
SOMMAIIiE.
1. Les colonies de la Grande Grèce. —2. Vie de Pytliagore. —Son origine.— Ses voyages. —De quelle manière il a développé son esprit. — Ses rapports avec rOrient et avec la civilisation grecque. — 3. Doctrines secrètes de l'école. 4. L'institut pylhagorique. — Division des disciples. — Autorité du maître. — Règlements et usages de la communauté. 5. Son influence sur le dévelo[)pement scientifique. 6. Division de la philosophie en ésolérique et en exotérique.— Elle est inadmissible. 7. Destinée de Tinstitut. 8. Persécutions dirigées contre les Pythagoriciens. 9. Leur nombre exagéré pour quatre causes. — 10. Philolalis. — Eurytus. — Lysis — Archytas. 11. Les différentes phases de l'école pythagoricienne.
1. Lorsque Pylhagore, fondateur de l'école pythagoricienne, parut dans la grande Grèce, les colonies fondées dans ce pays par les Doriens et les Achéens avaient déjà atteint un haut degré de civilisation. Aussi existait-il des relations fréquentes de tout genre entre elles et les villes de Sicile, oii la poésie et l'éloquence étaient cultivées avec quelque succès. Crotone possédait une école de médecine ; les législations de Zeleucusetde Charondas avaient (.onsolidé dans d'autres villes les institutions publiques. Un grand nombre de citoyens de ces villes avaient déjà été couronnés aux jeux olympiques. Leur prospérité était même si grande à celte époque, que le luxe et la mollesse commencèrent à s'emparer d'elles, il est donc très-remarquable que, dans ces colonies, la philosophie ne se forma pas d'abord de la pensée indigène, mais qu'elle emprunta le fond étranger de l'Ionie , et qu'ensuite, aussitôt que la première impulsion avait été donnée, elle trouva un grand nombre de partisans et d'admirateurs parmi les indigènes.
2. Un grec d'Ionie, Pythagore, né à Saraos, issu des Pélasges Tyrrliéniens, se fixa à Crolone. L'histoire de la vie de cet homme célèbre est entourée de beaucoup de fables. Le cycle traditionnel le représente comme un homme extraordinaire, comme un sage , comme le père des sciences mathématiques, enfin comme un serviteur mystérieux des Dieux,
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Aussi sa renommée fut-elle immense dans l'antiquité. Il serait donc d'un haut intérêt pour nous de connaître la manière dont ce grand homme s'est formé. Mais les documents authentiques nous manquent, et tous les détails que nous possédons à ce sujet nous ont été transmis par des auteurs d'une époque beaucoup postérieure à Pylhagore. Ces auteurs nous racontent qu'il apprit la géométrie des Egyptiens, l'astronomie des Chaldéens, l'arithmétique des Phéniciens et la morale des Mages. D'autres le font passer pour disciple de Créophile et d'Hermodamas , sages inconnus , de Thaïes , de Bias et même dePhérécyde. Mais si Pythagore a fait des emprunts aux nations citées plus haut, ils ne paraissent pas avoir eu beaucoup d'influence sur sa doctrine puisque toutes les connaissances dont nous venonsde parler, étaient dans l'enfance chez ces peuples, et ce qu'on sait de certain sur ces emprunts , concerne des choses sans importance pour le développement de la philosophie. Nous croyons donc que la doctrine de Pythagore est le fruit de ses propres méditations et de la culture intellectuelle de sa nation. En efifet , les éléments des sciences citées plus haut étaient déjà connus des Grecs à cette époque. La poésie grecque, surtout la poésie gnomique, florissait alors. La contemplation religieuse des choses était vivace et puissante parmile peuple grec. On fità cette époque des efforts extraordinaires pour saisir le saint par des pratiques religieuses et par intuition, et même plus tard, puisque nous voyons apparaître d'abord Epiménide et ensuite Empédocle, deux hommes célèbres sous ce rapport dans l'antiquité. L'esprit religieux de Pythagore trouva donc un aliment abondant dans la tendance religieuse de son temps. La tradition grecque elle-même nous confirme dans notre opinion ; elle rapporte que Pythagore fut initié aux mystères du mont Ida , qu'il reçut la plupart de ses principes moraux de Thémistocleia , prêtresse de Delphes. On peut d'ailleurs présumer que Pythagore put recevoir de ses ancêtres, Pélasges Tyrrhéniens , une tradition sacrée qu'il ne développa que d'une manière conforme à ses idées.
3. Pylhagore exposa ses vues religieuses dans une doctrine secrète ; c'est ce que nous prouvent le mot Orgies qu'Hérodote emploie au sujet des assemblées de Pylhagore et le principe
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qu'avaient les Pylhagoriens de ne pas faire connaître tontes choses à tous. C'est à leurs doctrines secrètes, répandues dans presque toute la Grande Grèce , que semblent devoir être attribuées la grande influence des Pythagoriciens sur les colonies de ce pays, spécialement sur Crotone, la direction politique qu'ils leur donnèrent et la révolution morale qui s'y opéra promptement. C'est encore aces mêmes doctrines que se rattache l'Institut pythagorique.
4. Cet institut avait un caractère tout hiératique et religieux. Avant d'être pleinement initié aux doctrines secrètes, il fallait passer par des épreuves , se soumettre à un examen du raatlre et à un silence très-long {tx,t/^<-'j^i^v). Il y avait dans cet institut au moins deux classes de disciples. L'autorité du maître était absolue {'^uro?t'^«). On y admettait aussi des femmes. L'union des Pythagoriciens est devenue célèbre : elle dépendait d'un genre de vie commun , de l'uniformité des exercices de tous genres, soit corporels, soit intellectuels. Les règlements de la communauté étaient composés de sentences symboliques et de règles de conduite exprimées clairement, dont un certain nombre est peut-être arrivé jusqu'à nous sous le nom si connu des vers dorés de Pythagore. Les Pythagoriciens avaient des repas communs, où l'on servait des aliments prescrits par le maître. Enfin ils semblent avoir eu aussi des usages particuliers pour la sépulture des initiés. Ce qu'on dit de la communauté des biens doit être considéré comme une exagération des Pythagoriciens plus récents.
5. L'institut pythagorique devait être favorable au développement scientifique. Les principaux objets de ses recherches étaient les mathématiques et la musique ; on ne sait pas quelle est la part que Pythagore lui-même eut à leur perfectionnement.
6. La division de la communauté pythagoricienne ne semble pas avoir eu de rapport à la philosophie. Ce qu'on rapporte d'une philosophie ésotérique et exolérique des Pythagoriciens ne paraît donc pas être fondé. Car si nous remarquons qu'il est, question, à la vérité, dans les anciens témoignages, des mystères des Pythagoriciens, mais non pas de mystères philosophiques, tandis que les écrivains postérieurs, amis des mystères, même dans la science, parlent d'une philosophiesecrète, chacun reconnaîtra facilement la source impure de cette tradition. Ce qui
se ratlachait intimement à la doctrine religieuse des Pythagoriciens devait bien être tenu secret; mais, au contraire, iln'y avait aucune raison de tenir secret ce qui pouvait être exposé librement et d'une manière intelligible pour tout le monde, comme quelque chose de purement scientifique. Or il est naturel qu'à mesure que la philosophie se développa parmi les Pythagoriciens, sa physionomie scientifique ait brillé d'un jour plus pur. Dans les premiers temps, au contraire, elle se perdait dans les sources de son origine, dans les traditions et les les maximes religieuses et par conséquent elle était tenue plus secrète dans l'inlérieur de la communauté. C'est ce que confirment les traditions qui nous représentent Pylhagore et ses premiers disciples comme n'ayant rien écrit qui ait pu faire connaître au public leurs doctrines, et qui nous attestent qu'un temps assez long s'écoula avant que les doctrines pythagoriciennes se répandissent en Grèce.
7. C'est ce que nous confirme la destinée de l'institut pythagorique ; les causes qui amenèrent sa fin furent toutes politiques. Les Pythagoriciens s'étaient acquis une grande influence sur les affaires publiques à Crotone, à Sybaris, àlMétaponte et dans d'autres villes de la Grande Grèce. Telys s'étant élevé à la tyrannie dans la ville de Sybaris, un grand nombre de citoyens du parti aristocratique ou pythagoricien , avaient pris la fuite et s'étaient réfugiés à Crotone. Comme les Croloniates ne voulaient pas satisfaire aux réclamations du tyran , qui demandait l'extradition des réfugiés , une guerre s'alluma entre les deux villes. Les Croloniates, sous le commandement du Pythagoricien Milon, remportèrent la victoire et détruisirent Sybaris. Une dispute s'étant élevée sur la division du butin entreles Pythagoriciens et le parti populaire, ce dernier, commandé par Cylon, attaqua les Pythagoriciens, réunis dans la maison de Milon, où la plupart d'entre eux périrent. Pylhagore lui-même échappa , dit-on , à ce danger et trouva plus tard la mort à Métaponte. Après sa mort , les Grecs d'Italie l'eurent en grande vénération, et Cicéron put encore voir le lieu même où l'on croyait que Pythagore avait succombé à Métaponte.
8. Par suite des persécutions que les Pythagoriciens eurent à essuyer dans la Grande Grèce , ils quittèrent ce pays et un grand nombre d'entre eux se rendirent dans la Grèce propre-
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raent dite. D'autres cependant restèrent en Italie, et y eurent la plupart une grande influence politique.
9. Ces persécutions ne contribuèrent pas peu à obscurcir l'histoire des Pythagoriciens. Si l'on s'en ra[)portait à certaines traditions, leur nombre aurait été très-considérable. Mais ce nombre semble avoir été outré par plusieurs raisons : d'abord par l'effort que faisaient les Pythagoriciens pour accumuler tous les genres d'honneurs sur leur institut; ensuite parce qu'on a confondu ceux qui prenaient part aux orgies pythagoriciennes avec ceux qui s'adonnaient à la philosophie de Pythagore ; enfin parce qu'on disait dans le même sens, philosophe italien etphilosophe pythagoricien. Ajoutons encore que le grand nombre d'ouvrages apocryphes compo ses vers le temps de Jésus-Christ et plus tard , fut une quatrième cause très-puissante sous ce rapport.
10. Ce n'est que vers l'époque de Socrate que l'on commence à trouver quelques renseignements certains sur les Pythagoriciens. On voit alors apparaître les noms de Philolaiis, d'Eurytus, de Lysis et d'Archytas, qu'on nous représente comme des hommes fort honorables et d'une conduite parfaite. Quelques-uns d'entre eux, par exemple Archytas , exercèrent une grande influence sur les mœurs de leur temps. On doit bien distinguer ces Pythagoriciens de ceux qui introduisirent des superstitions etune science magique en Grèce. Peut-être faut-il compter parmi ces derniers Cercops et Bronlinus. Quoique les opinions des Pythagoriciens nous soient transmises par d'anciens écrivains, on n'en doit pas moins examiner, si ces Pythagoriciens étaient des philosophes, ou s'ils n'étaient que des jongleurs religieux, comme ceux dont nous venons de parler.
J 1. L'école des Pythagoriciens a du présenter différentes phases de développement ; mais les renseignements historiques nous manquent pour les constater d'une manière satisfaisante. En général nous ne pouvons parvenir qu'à connaître les traits principaux des doctrines pythagoriques. Les fragments de l'ouvrage de Philolaûs et les passages d'Aristote relatifs aux Pythagoriciens doivent être les sources principales de nos recherches. Mais aussi pouvons- nous regarder comme les résultats les plus élevés des spéculations de cette école les points de doctrine que nous trouvons chez ces auteurs. Ce sont particulièrement ces résultats qui ont exercé une grande influence êur la philosophie platonicienne.
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B, Doctrines des Pythagoriciens.
Sommaire.
1. Doctrines des Pythagoriciens comparées à celles des écoles dionie et d'EIce. En quoi consiste leur supériorité. — 2. Ils étudientla faculté de connaître, pour mieux comprendre l'activité de la cause première. — 3. Leurs études mathématiqueslesguident dans cette recherche. —4. Principe suprême exprimé par différentes formules mathématiques. — 5. Sous ce rapport une distinction à faire entre la limite et le non-limité — 6. Unité de ces deux principes. — 7. Le multiple sort de l'unité par la séparation des éléments de celle-ci. —8. Comment se réalise cette séparation. Activité du principe limitant.— 9. Rôle passif du non-limité. Idée de Dieu. Il ne peut pas rendre tout parfait.— 10. Rôle de Tharmonie relativement aux principes opposés. — 11 . Comment cette théorie se distingue de celle des Ioniens. 12. Recherches des Pythagoriciens sur l'harmonie du monde. Importance de la décade sous ce rapport. — 13. Et aussi de la triade et de la tétrade. — 14. Harmonies des sphères. — 13. Deux régions dans le monde. — 16. Le monde est un être animé. — 17. Oi'igineet nature de l'âme. Sa destinée après la mort. — 18. Ses facultés. — 19. Théorie de la connaissance. —20. Morale. Qu'il faut ressembler à Dieu. Harmonie des facultés de l'âme. Rôle de la musique sous ce rapport. —21. Définitions de vertus particulières.- 22. Principes politiques.— 23. Règles de conduite. — 24. Résumé.
1. La philosoplile pythagoricienne fut aussi célèbre dans l'antiquité qu'importante pour le développement de l'esprit grec. Indépendante de l'école d'Ionie, elle -tâcha de donner une explication plus satisfaisante du monde ; elle s'éleva audessus de l'empirisme ionien et de l'idéalisme de l'école d'Elée qui vint après elle. Les Pythagoriciens s'éloignaient desEléates en ce qu'ils admettaient la réalité delà pluralité phénoménale et l'existence simultanée de l'être variable et fini et de l'être invariable et infini; ils pensaient avec les Ioniens , que cette réalité dérive de principes primitifs éternels. Mais ils s'élevaient au-dessus du point de vue oh. s'étaient placés les Ioniens, puisqu'ils ne se contentaient pas d'admettre une matière primitive , pour en dériver d'une manière quelconque la multiplicité des phénomènes , des propriétés et des états sensibles des choses, à l'aide d'une force inhérente ou étrangère à la matière.
2. Les premiers ils firentattention au mode du rapport qu'il y a entre l'être primitif et l'existence du monde. Ils se demandèrent comment l'action de l'intelligence , qui embrasse
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toutes choses . se manifeste conformément au caractère de ia raison et aux propriétés des objets de la nature. Mieux que les précédents , ils saisirent la nature de la faculté de connaître, et se fondant sur ce principe généralement admis par les anciens : que le connaissant doit être de môme nature que le connu , ils en déduisirent les modes d'activité de la cause première et la nature des êtres dérivés.
8. Or les Pythagoriciens ayant étudié et même approfondi la science des nombres , la faculté de connaître se manifesta à eux comme une représentation mathématique, comme une activité déterminant le multiple par la mesure. Et comme le nombre était regardé par eux comme fondement de toute détermination de mesure, ils le considéraient aussi comme fondement de nos connaissances et de la possibilité de connaître les réalités du monde.
4. De là découlait pour eux le principe cosmologique suprême ; que le nombre , ou l'essence du nombre , ou les éléments du nombre sont le principe de toutes choses; que ces éléments sont le pair et l'impair , le limité et le non-limité ; et que l'activité de la cause primitive , qui renferme en elle la raison de la possibilité et de la réalité de toute existence, n'a consisté qu'à limiter et ordonner harmouiquement les êtres au moyen du nombre.
5. D'après ces explications l'on voit qu'il faut faire une distinction entre l'être délerminabie et le principe déterminant. Ils désignaient l'être délerminabie sous le nom de non-limité, le principe déterminant sous celui de limite, de borne ou de mesure. Toute détermination des êtres par rapport à leurs qualités ou à leur quantité provient de la réunion du principe limitant avec l'illimité; ces deux principes pénètrent dans la nature intime des choses. De-là il suit que chaque chose est déterminée , limitée par le nombre , et c'est sous ce rapport que les Pythagoriciens appelaient les choses des nombres ; en effet le nombre en est , selon eux , l'essence ; sans lui elles ne seraient pas.
6. Ces deux principes opposés, quise réunissent dans les choses sensibles, remontent à un principe supérieur, à l'unité primitive, dont ils dérivent immédiatement , et dont dérivent aussi les objets qui composent l'ensemble harmonique de l'univers.
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Ils ramènent donc nécessairement notre esprit à l'être primitif, qui existe par lui-même et qui est le fondement de toutes choses, puisqu'elles ne présentent que le moyen et le mode dont la toute puissante divinité se sert pour donner l'existence au monde.
7. Mais puisque les Pythagoriciens ramenaient tout à une unité primitive , ils devaient nécessairement examiner comment une multiplicité d'unités pouvaient résulter de cette unité. Ils concevaient Vun primitif ou l'impair . dont ils ne recherchaient pas l'orijjine, comme entouré de l'infini, du non-limité ou du vide ; l'infini est pour eux le lieu de Vun. 3Iais ils admettaient aussi en même temps une tendance à la séparation entre les contraires, pour s'unir d'homogène à homogène.
8. Par conséquent, Vun limitant attire à lui et en lui ce qui est le plus près de lui dans l'infini et le limite en mêmetemps. C'est ce que les Pythagoriciens appelaient l'acte de respirer l'infini, ou bien encore une respiration infinie, par laquelle le vide pénètre dans le monde et sépare les choses les unes des autres. On voit que , d'après ce mode de représentation , Vun des Pythagoriciens est primitivement conçu absolument comme un composé non-séparé ; comme une grandeur solide et indivisée , mais qui est en même temps susce[)lible de se décomposer en une infinité de choses, au moyen de l'espace vide qui vient le séparer. Il en est de même du non -limité; il est en lui-même indivisé, et ne devient divisé en plusieurs parties qu'autant qu'il pénètre dans le limitant.
9. Le rôle joué dans la formation du monde par le principe non-limilé n'est done que passif; car il ne forme rien dans le monde même que l'intervalle vide entre les unités , qui sont les parties constitutives premières de l'unité primitive et éternelle , tandis que la limite constitue la véritable existence des choses. Cette limite est conçue , d'une part , comme unité , et d'autre part, comme le véritable principe de la multiplicité; elle représente l'unilé du monde déterminée en elle-même , c'est-à-dire , le tout complexe ; et à ce titre , Vun est aussi considéré par Plulolaùs , comme principe de toutes choses , comme Dieu , qui gouverne et régit tout , être déterminé , éternel , permanent et immuable , semblable à lui-même et différent de toutes les autres choses. Mais comme le monde