‹ Manuel de l'histoire de la philosophie ancienneChapitre 16 sur 90 · RÉSUMÉ DE I,& PREMIÈRE PÉRIODE · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ DE I,& PREMIÈRE PÉRIODE

Résumons ici brièvement les résultats de la philosophie grecque de cette période , pour embrasser d'un coup-d'œil les divers degrés de ses d(;veloppements.

Dansla physique dynaniiquedes Ioniens, Thaïes, regardant le monde comme rempli de la vie divine, en cherche le principe dans un germe qui se développe et s'élève à une vie plus parfaite. Mais déjà Anaximène se fait une idée moins indigne du principe de toutes choses. Il trouve que ce principe doit être l'infini , quelque chose d'inaccessible à l'intuition sensible , une âme qui embrasse et gouverne tout , de la même manière qire notre âme nous fait vivre et nous dirige. A quoi Diogène d'Apollonie ajouta que, puisqu'il y a toujours harmonie en toutes choses , le principe en doit être unique ; que ce principe est infini , quoique les choses qu'il produit par sa transformation soient limitées et d'une nature particulière. Ce principe , il le trouve , comme Anaximène , dans l'air que nous respirons. L'esprit audacieux d'Heraclite s'élança plus haut : ce monde est éternel, c'est un êtreconstanunent vivant; mais dans la vie même est la tendance aux ;contraires. Telle est la destinée du feu ; il le voit passer tantôt du besoin à la satiété, tantôt de la satiété au besoin; comme un fleuve , ce monde s'écoule toujours, change toujours et ne trouve nulle part un point de repos. Ce besoin et cette satiété produisent, par leur rencontre , cette phénoménalité extérieure , que nos sens croient réelle , mais qui n'est qu'une illusion ; celte lutte incessante au sein de la nature , qu'Heraclite appelle combat. Ce combat est soumis à une loi constante et produit ainsi l'harmonie la plus ravissante. Le monde est ainsi l'œuvre d'une raison suprême, à laquelle la raison humaine doit s'unir constamment, si elle ne veut tomber dans l'erreur.

La physique mécanique était toute différente. Déjà Anaxi-

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