‹ Manuel de l'histoire de la philosophie ancienneChapitre 17 sur 90 · RÉSUMÉ. J · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ. J

mandrealtaehuit ses regards aux cliangements des phénomènes de composition et de décomposition, produits [)ar le mouvement des parties élémentaires du tout. Il regarde comme principe de ce mouvement, un être infini, immortel et divin, qui, dès le corn, mencement, disposa les éléments immuables de manière à ce qu'aucun nedûtparaîlre prédominant. Tout est, <à la fin du monde, ramené à la nature homogène de son état primitif. Anaxagore proclama déjà posilivement ce principe de la physique méca" nique: que toute nature est permanente pour l'être qui la reçoit, que par conséquent rien ne peut changer. Ce principe fut pour lui le résultat d'une réflexion abstraite. Aussi ne regarda-t-il îa perception sensible que comme un moyen de parvenir à la connaissance du vrai en soi. Il distingua aussi clairement le mobile de la chose mue* et comme l'ordre règne partout dans l'univers, il en conclut que la cause motrice doit être intelligente. Cette intelligence est entièrement différente et indépendante de la matière; elle connaît tout ce qui a été, tout ce qui est, et tout ce qui sera. Elle sépare, par l'impulsion qu'elle donne à la masse primitive, les éléments en de grandes masses opposées, d'où sortent, par des décompositions continuelles' toutes les choses de la nature, sans que pourtant l'action de l'intelligence y intervienne directement. De là, la critique de Socrate de Platon et d'Aristole dirigée contre le système d'Anaxagore. Dans les êtres vivants, dont l'organisation corporelle est une production postérieure de l'activité intellectuelle, l'esprit se montre immédiatement, et ne forme, pour ainsi dire, qu'une seule chose avec le corps. Quoique le système d'Anaxagore perde ainsi beaucoup de sa valeur, il a dû néanmoins, par sa théorie de l'intelligence, diriger les recherches des philosojthes postérieurs vers l'étude de l'esprit humain lui-même et, sous ce rapport, devenir la cause d'un progrès réel de la spéculation philosophique.

Archélaûs, disciple d'Anaxagore, a peu d'importance en comparaison de son maître. Nous ferons seulement observer qu'il est le premier de cette école qui se soit occupé de morale.

Empédocle, dualiste comme Anaxagore, se rapproche néanmoins d'avantage d'Anaximandre par l'idée qu'il se fait de la

dlÔ PUEMIÈRE PÉRIODE.

réunion primitive des cléments dans le sein du Sphérus, qui est sa divinité. Selon lui, un trouble est survenu dans l'état primitif de éléments par la faute d'un démon 5 ils ont été détachés de leur unité , et deux principes ont commencé à les pénétrer : ce sont l'amour et la haine. De là des luttes incessantes au sein de la nature. Les hommes , conduits par la haine , méconnaissent la pureté de toutes choses et se plongent par là dans d'affreuses calamités. Quels moyens employer pour en sortir, pour s'en délivrer ? En homme initié aux mystères de son époque, Empédocle recommande aux malheureux mortels de purifier leurs âmes de tous vices, afin de pouvoir participer de nouveau à l'union bienheureuse de toutes choses dans le divin Sphérus.

Les Atomistes allèrent plus loin que les autres physiciens mécanistes , car les premiers ils isolèi'ent l'explication mécanique du monde de toutes les hypothèses dynamistes admises jusqu'alors, puisqu'ils rejetèrent toute différence de qualités et toute intervention d'une force quelconque dans la composition ou la décomposition des éléments. Les atomes, inertes de leur essence, se meuvent fatalement et produisent ainsi cet univers qui s'offre à nos yeux avec toutes ses magnificences et toutes ses beautés. Point de Dieu , point de providence , point d'âme immatérielle et immortelle dans ce système; et dans la morale l'égoïsme avec toutes ses conséquences.

Les Pythagoriciens, d'accord avec les écoles précédentes sur l'origine suprasensible des choses sensibles, s'en distinguent néanmoins avantageusement, en ce qu'ils ont rapporté à un but moral, à une véritable vertu intérieure, les phénomènes du monde. Une autre chose qui leur est propre , c'est d'avoir réduit toutes les propriétés sensibles à la forme mathématique des choses , forme qui résultait d'une unité primitive. Cette unité respire le vide dont elle est entourée, se divise et produit les éléments des choses ou les nombres. Ceux-ci, combinés avec le vide, forment des intervalles déterminés par trois dimengions, suivant la longueur, la largeur et la profondeur, en sorte que le corps est formé d'une triple limite, ou d'unités numériques qui sont séparées entre elles par trois intervalles. Il y a

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